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Portraits de femmes par Philippe Sollers

Présentation, Extraits, Interviews, Critiques

D 5 janvier 2013     A par Viktor Kirtov - C 31 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


06/01/2013 : ajout entretiens et critiques et extraits au jour le jour.


Parution : 9 Janvier 2013,

Présentation

Vous avez une mère, des soeurs, des tantes : commencez par elles, en les entraînant de votre côté. Vous évitez tout conflit avec les pères, les frères ou les oncles, vous évitez de même les affrontements avec les éducateurs ou les professeurs. Vous n’aurez pas à écrire un jour l’enfance d’un chef, mais celle d’un déserteur. En un mot, vous n’êtes pas recrutable. Apprenez à discerner vos alliées et vos ennemies dans le continent féminin.
N’oubliez pas : elles sont doubles, les ennemies peuvent, à l’improviste, devenir des alliées (et même les meilleures), les alliées peuvent se transformer en ennemies (les pires). Scrutez, écoutez, devinez. Cette mégère veut être apprivoisée, cette dévote vous regarde avec un drôle d’air, cette mélancolique s’éclaire en vous rencontrant, cette femme savante adore les frivolités, cette précieuse ridicule est perdue pour vous à jamais.
Vous avez un grand maître pour jouer sur le théâtre du monde : Molière. L’amour est médecin, vous serez médecin dans cette région agitée et sombre. Des femmes-médecins vous aideront. Commencez tout de suite : vous êtes le garçon imprévu, rêveur, dissipé, renfermé, exubérant, ’terrible’, énigmatique. Aucune punition ne vous fait peur. Ils vont dans le mur, vous sautez par-dessus le mur. La vie est courte, vous décidez d’en avoir plusieurs
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Extraits

EXTRAIT DANS "LACAN QUOTIDIEN" N°264

Je n’aurais manqué un Séminaire pour rien au monde
PHILIPPE SOLLERS

« Amour ne tourmente que ces gens-là qui prétendent
lui rogner les ailes ou l’enchaîner quand il lui a plu de
venir voler à eux. Comme c’est un enfant, et plein de
caprices, il leur arrache les yeux, le foie et le coeur.
Mais ceux qui accueillent sa venue avec allégresse, et
qui le flattent et le laissent s’envoler quand il lui plaît, et
quand il revient l’acceptent volontiers, ceux-là sont
toujours certains de ses faveurs et de ses caresses, et de
triompher sous son empire. »

Nicolas Machiavel
Lettre du 10 juin 1514

On ne naît pas homme, on le devient, la plupart du temps à ses dépens. C’est un long chemin dangereux qui, le plus souvent, ne mène nulle part. On vous montre des directions, on vous les impose, c’est fou ce que le mot « homme » engendre comme bruit de valeurs. Il faut ceci, il faut cela, tenez-vous droit et marchez au pas, tu seras un homme, mon fils, comme moi j’ai été fils pour pouvoir commander des fils. Tables de la loi, catéchisme en bois, formules toutes faites, la plus sinistre étant un mannequin en képi, devant un cercueil décoré, faisant état de sa tristesse, mais aussi de sa « fierté » à l’égard d’un soldat « qui n’est pas mort pour rien, les armes à la main ».

Tableaux d’honneur, champs d’honneur, monuments aux morts, mémorials, sacrifices, bénédictions, exemples à suivre, « le vrai tombeau des morts est le coeur des vivants », transmissions, initiations, commémorations, cendres. La voie est tracée, il faut se courber, faire du sport, de la gymnastique, se pencher sur des livres, et encore des livres, que vous n’avez pas plus envie de lire que de courir à n’en plus finir.

Quand tout un système s’effondre, comme aujourd’hui, ce fameux homme n’est plus qu’un délinquant précoce, un terroriste cinglé, un trader scotché jour et nuit à son ordinateur. S’il n’a pas déjà divorcé deux ou trois fois, il rentre chez lui, subit la mauvaise humeur de sa femme, les demandes tapageuses et absurdes de ses enfants, les voix hallucinées de la télévision, l’affairement autour du Net, la société, quoi, qui vit chez lui comme chez elle. Il essaye de dormir un peu, la tête pleine de chiffres ou de chèques à faire.

Il a un travail, celui-là, encore heureux, il n’est pas chômeur, sans-papiers, ou sans domicile fixe. Il peut même faire partie d’une minorité influente, et croire peser (mais si peu !) dans les décisions du marché. C’est l’homme, enfin, ou ce qu’il en reste, dans la mondialisation en cours. De plus en plus de femmes se reconnaîtront d’ailleurs dans ce portrait rapide.

Supposons un réfractaire de naissance. Très tôt, il va être conscient d’un trucage massif. Sa famille est un montage hasardeux, son pays une fable, l’école une prison de futurs cadavres, l’armée une comédie pénible, la religion, quelle qu’elle soit, un opium de mauvaise qualité. Ce qu’il entend augmente ses doutes, la publicité incessante lui donne la nausée, les massacres organisés achèvent de l’édifer sur le règne d’une stupidité profonde. Plus on lui demande de faire l’homme, plus il a envie de faire le contraire.

L’église homosexuelle essaye de l’approcher, mais non, rien à faire, les ensembles, même latéraux, ne sont pas pour lui. S’occuperait-il d’argent ? Non. De politique ? Non plus. De la foire aux images ? Pas davantage, sauf, peut-être, comme moyen de survie au pays des fous et des folles. Il n’est donc pas « humaniste », cet homme ? Comme l’a dit quelqu’un, il n’aura pas la stupidité de se déclarer anti-humaniste. Il est donc athée ? Eh non, le rôle est ingrat, et réclame des convictions. Mais alors, Dieu, la foi, la vérité, l’avenir de l’humanité, la science ? La science, pourquoi pas, les mathématiques passant en premier.

Cet enfant, pourtant, promis à sa carrière d’« homme », a vite repéré une fissure dans ce beau programme mortel. Quelque chose lui fait signe dans un angle du faux décor. Cet angle a un nom : femmes. Il note de plus en plus que, même si elles disent le contraire (avec, parfois, un fanatisme d’homme), elles n’y croient pas. Écoutez, c’est un secret, n’allez pas le crier sur les toits. N’attendez pas qu’elles approuvent le moins du monde votre découverte. Servez-vous-en si vous en êtes capable, en restant un enfant, mais n’avouez jamais. Vous voyez que la reine est nue, mais silence. Vous êtes sur un terrain explosif, fantastique, au coeur de la comédie humaine et divine. Retenez-vous, cachez-vous, mettez les masques qu’il faut, vous approcherez peu à peu du but : savoir ce qui se trame vraiment sous l’étiquette immémoriale « homme ».

Vous avez une mère, des soeurs, des tantes : commencez par elles, en les entraînant de votre côté. Vous évitez tout conflit avec les pères, les frères ou les oncles, vous évitez de même les affrontements avec les éducateurs ou les professeurs. Vous n’aurez pas à écrire un jour l’enfance d’un chef, mais celle d’un déserteur. En un mot, vous n’êtes pas recrutable. Apprenez à discerner vos alliées et vos ennemies dans le continent féminin. N’oubliez pas : elles sont doubles, les ennemies peuvent, à l’improviste, devenir des alliées (et même les meilleures), les alliées peuvent se transformer en ennemies (les pires). Scrutez, écoutez, devinez. Cette mégère veut être apprivoisée, cette dévote vous regarde avec un drôle d’air, cette mélancolique s’éclaire en vous rencontrant, cette femme savante adore les frivolités, cette précieuse ridicule est perdue pour vous à jamais. Vous avez un grand maître pour jouer sur le théâtre du monde : Molière. L’amour est médecin, vous serez médecin dans cette région agitée et sombre. Des femmes-médecins vous aideront. Commencez tout de suite : vous êtes le garçon imprévu, rêveur, dissipé, renfermé, exubérant, « terrible », énigmatique. Aucune punition ne vous fait peur. Ils vont dans le mur, vous sautez par-dessus le mur. La vie est courte, vous décidez d’en avoir plusieurs.

Ma mère est la plus jeune de trois soeurs. Je lui dois beaucoup, en positif comme en négatif. Positif : beauté, désinvolture, rires fréquents, autonomie, et, surtout, deux yeux de différentes couleurs, le droit très brun, l’autre plus clair, doré, insondable. J’ai passé beaucoup de temps à fixer ses yeux, et à me demander si elle avait conscience d’être deux en une. Personne ne semblait remarquer que cette chouette pouvait être simultanément un bon ou un mauvais oeil. Ajoutez à cela une peau de soie, très mangeable, et vous avez le côté ensoleillé du tableau.

Négatif : autoritarisme, espionnage en douce, crises de colère fréquentes. Par chance, elle aime le confort, donc la tranquillité, donc son canapé avec sa belle lampe jaune, dans lequel (non, ce n’est pas possible !) elle lit. Elle ne fait pas semblant, elle lit vraiment. Se rappelle-t-elle ce qu’elle lit ? C’est moins sûr, elle n’est pas programmée pour ça, mais pour s’entourer d’elle-même à travers les mots.

Enfant, je n’ai aucune idée de ce « Proust » dont elle fait grand cas. Est-ce un modèle d’homme ? Peu probable.

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LES FEMMES DE SOLLERS

Sélection d’extraits par Jacques Drillon (Nouvel Obs.)

Mère

Ma mère est la plus jeune de trois soeurs. Je lui dois beaucoup, en positif comme en négatif. Positif : beauté, désinvolture, rires fréquents, autonomie, et, surtout, deux yeux de différentes couleurs, le droit très brun, l’autre plus clair, doré, insondable. J’ai passé beaucoup de temps à fixer ses yeux, et à me demander si elle avait conscience d’être deux en une. Personne ne semblait remarquer que cette chouette pouvait être simultanément un bon ou un mauvais oeil. Ajoutez à cela une peau de soie, très mangeable, et vous avez le côté ensoleillé du tableau.

Julia (Kristeva)

Des artistes de la vie, des femmes-miracles. On est ivres, on rit, on passe la nuit dehors, on s’embrasse, on se sépare, on se reverra bientôt. Tiens, qu’est-ce que je fais dans l’herbe de Hyde Park, entouré de canards et d’oies ? Je ne sais pas, il faut demander à Julia. Saveurs des petits matins à Paris, dans l’île de Ré, à Venise, déploiement silencieux des oiseaux. Une femme dort, on la laisse dormir, ou bien c’est elle qui vous réveille, thé pour elle, café pour moi. C’est le moment enfantin des joues, des yeux, des parfums. Il pleut, ou le ciel est rouge. La circulation commence, ou alors calme plat sur l’eau, pas un bruit.

Dominique (Rolin)

Ne nous dérangez pas, on est très forts, mais aussi très fragiles. Prendre tout Venise pour soi est une activité à plein temps, et la belle Dominique est une virtuose de la liberté calme du temps. Je la regarde, là, avec ses pendants d’oreille (elle en a une vingtaine, tous différents les uns des autres, ça lui va). D’où vient-elle ?

Elle a quelque chose d’indonésien, comme si ses ancêtres hollandais étaient passés par Java, Sumatra, par là, mais l’énigme juive polonaise reste entière. Vous allez me dire que je n’aime que des étrangères, tiens, oui, c’est curieux. La poésie, avec les Françaises, ne va pas de soi, sauf exception.

Encore Baudelaire, dont Dominique peut réciter des poèmes par coeur : « Tu fais l’effet d’un beau vaisseau qui prend le large. » « Entends la douce nuit qui marche. » Voix ronde, diction parfaite (venant de sa mère, Esther, professeur dans cette dimension). Le rire, la voix, le corps qui s’enveloppe dans le rire et la voix, la marche accordée au partenaire (très important), les mots sans cesse en éveil (et pour cause), l’humour désinvolte et cruel, l’oeil qui voit.

Prostituées

Je revois certaines prostituées dans le temps : ma reconnaissance les accompagne, leur humanité me touche. Expédier des corps, et parfois s’attarder sur l’un d’eux, fait partie de la science de la vie, donc de la mort. On veut interdire la prostitution ? Si la vraie raison est d’empêcher l’esclavage organisé et les filières criminelles mafieuses, elle n’est pas discutable. Mais quelque chose me dit qu’une source noire plus profonde est à l’oeuvre : on veut empêcher le débutant de faire ses études, d’apprendre le dessin, la couleur, la grammaire, la logique, et, tout simplement, ne serait-ce que par contraste, la pureté, la raison, le goût.

Cléopâtre

Non, non, Shakespeare, lui seul. Dès que j’ai lu, très jeune, « Antoine et Cléopâtre » (1606), j’ai cherché Cléopâtre partout. [...] Pas de doute, je suis Antoine, « infatigable luxurieux »à qui« aucune femme n’a jamais dit non ». Toute femme est une Cléopâtre en puissance. Elle est endormie, il suffit de la réveiller. Regardez bien ce nez, et encore ce nez. La séduction absolue, c’est elle, beaucoup plus que Carmen, Phèdre ou la Marquise de Merteuil. Elle vous veut, elle vous trouve, elle vous joue, elle vous retient, elle vous possède, elle vous trahit, elle vous aime, elle meurt si vous mourez, c’est parfait.

©Flammarion

LE PORTRAIT DE CLEOPÂTRE

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Elizabeth Taylor et Richard Burton dans le film Cléopâtre (1963 ) de Joseph L. Mankiewicz

Le nez de Cléopâtre a beaucoup fait rêver. Pascal pense que la face du monde aurait été changée s’il avait été plus court (autrement dit, ne pouvant pas séduire à ce point Antoine). Lautréamont le reprend ainsi :

« Si la morale de Cléopâtre eût été moins courte, la face du monde aurait changé. Son nez n’en serait pas devenu plus long. »

Cléopâtre ? Vous faites allusion au cinéma en Technicolor, à Elizabeth Taylor aux prises avec Richard Burton ? Au couple maudit d’Égypte ?

Non, non, Shakespeare, lui seul. Dès que j’ai lu, très jeune, Antoine et Cléopâtre(1606), j’ai cherché Cléopâtre partout. Elle passait dans les jardins de Bordeaux, je la suivais en Espagne et en Italie, je la poursuivais dans les rues de Paris, elle m’échappait toujours, comme l’Égypte elle-même. L’Égypte, ses mystères d’Isis... Ses pyramides, ses tombeaux, ses peintures magiques, ses chambres secrètes, ses ruses, ses philtres, ses drogues, son art sexuel immémorial, ses mariages royaux entre frères et sœurs, sa peau cuivrée, sa culture, ses caprices, son charme. Pas de doute, je suis Antoine, « infatigable luxurieux » à qui « aucune femme n’a jamais dit non ».

Toute femme est une Cléopâtre en puissance. Elle est endormie, il suffit de la réveiller. Regardez bien ce nez, et encore ce nez. La séduction absolue, c’est elle, beaucoup plus que Carmen, Phèdre ou la marquise de Merteuil. Elle vous veut, elle vous trouve, elle vous joue, elle vous retient, elle vous possède, elle vous trahit, elle vous aime, elle meurt si vous mourez, c’est parfait.

La suite (pdf)

Interviews

INTERVIEW PAR AUGUSTIN TRAPENARD ("LE CARNET D’OR", F.C.)

Chaque samedi (de 17h à 18h), un rendez-vous littéraire dédié aux romanciers. Autour d’un thème partagé, d’une vision commune ou d’une simple affinité, trois auteurs se rencontrent afin de présenter leur dernier opus, partager l’expérience de la création et composer à plusieurs voix ce drôle de carnet sonore à la gloire de l’écrit.

05.01.2013 ( Page 64 - Portrait)

Andreï Makine, Philippe Sollers et Julie Wolkenstein
sont les invités d’Augustin Trapenard.


Andreï Makine, Une femme aimée(Seuil)
Philippe Sollers, Portraits de femme (Flammarion)
Julie Wolkenstein, Adèle et moi(POL)

Leurs choix musicaux :
Andreï Makine : Rondo Caprioso, Saint-Saëns
Philippe Sollers : Quintet en sol mineur pour violon de Mozart, 1er mouvement
Julie Wolkenstein : "Dis-lui de revenir", Véronique Sanson

01. Introduction (5’12)

02. Sur Henry James (1’52)

03. Andreï Makine (1’34)

04. Philippe Sollers (44")

05. Julie Wolkenstein 2’02)

06. Andreï Makine avec des interventions de Ph. Sollers (14’03)

07. Julie Wolkenstein (11’00)

08. Philippe Sollers (14’15)

Merci à Elaine pour son signalement [1]

Crédit : http://www.franceculture.fr/emission-le-carnet-d-or

PH. SOLLERS ET SES FEMMES. ENTRETIEN AVEC LAURE ADLER

Emissions "Hors-champs" par Laure Adler (France Culture)

Sa mère lui a appris à lire, lui donnant son passeport pour la liberté. Eugenia, à l’âge de quinze ans, lui a ouvert le continent femmes, sa sensualité, sa sexualité, ses plaisirs. Avec Dominique et Julia il construisit une relation amoureuse sur la période d’une vie, une vie riche d’expériences et de plusieurs vies en une. Autoportrait d’un homme, auteur de plus de soixante livres, directeur de revues, découvreur de talents, inlassable lecteur, Sollers est aussi depuis plus d’un demi- siècle sur la scène littéraire française.

Juste avant la sortie de son prochain ouvrage, Portraits de femmes, conversations avec Philippe Sollers dans ses double et multiples vies, dans sa liberté et ses vérités.

Hors-champs 1/5 (45’10)

Premier entretien : l’enfance, la jeunesse, les débuts.


Hors-champs 2/5 (44’25)

Deuxième entretien : la bourgeoisie bordelaise, la période Mao, la période Paradis..., Paris, New York..., Georges Bataille, Jacques Lacan..., le temps, la mort, Dominique Rolin.

«  Je suis ce que je dis » (5’20) :
En final, lecture d’une page de Paradis, choisie par Laure Adler. C’est écrit à l’oreille :


Hors-champs 3/5 (44’)

Troisième entretien : avec Julia Kristeva

Partie 1 (25’30) :

Partie 2 : A propos de Sartre/Beauvoir (17’45). Le Bien et le Mal dans la pensée (archive sonore du 3 nov. 1947, extrait de l’émission "Les Temps modernes de J.P. Sartre"). L’écriture de la pensée... :


Hors-champs 4/5 (44’)

Quatrième entretien : avec Josiane Savigneau

Partie 1 (16’50) : J. Savigneau : J’aime ce qu’il écrit depuis l’université. J’aime Dominique Rolin, l’auteure et la femme. / Ce livre arrive 30 ans après Femmes. On se doutait que Philippe Sollers y reviendrait, mais pas qu’il serait capable d’écrire ainsi, "sans détour". Le portrait de Dominique Rolin est « bouleversant ». Il « m’a fait pleurer. »

Partie 2 (14’40) : Venise, la ville étrangère....

Partie 3 (12’30) : Hétérosexualité... Qu’est-ce qu’un homme, qu’est-ce qu’une femme ?


Hors-champs 5/5 (44’20)

Cinquième entretien

Partie 1 (7’50) : L’écriture à l’oreille.

Partie 2 (16’40) : Pensée et écriture. Influence de la philosophie à l’intérieur de sa littérature.

Partie 3 (19’40) : La forme et le contenu.

Partie 3-final (8’20) : Sollers et les médias (un dialogue serré entre Laure Adler et Philippe Sollers).

Crédit : "Hors-champs" France Culture

*

INTERVIEW PAR BONNAUD (PLAN B POUR BONNAUD)

Après la série d’entretiens de Laure Adler pertinente et pointue dans son dialogue parfois serré avec Sollers, difficile de rivaliser pour Bonnaud avec son plan B.
Plan B donc si vous n’avez pas écouté les entretiens De Laure Adler. Sollers raconte une nouvelle fois, les différents événements associés à son livre. Malgré la répétition, il le fait toujours comme si c’était la première fois en y ajoutant quelques commentaires du moment liés à l’actualité - Depardieu, famille (cf. mariage pour tous), DSK... - au contexte de l’interview, enfonçant au fil des associations d’idées, le clou des leitmotivs de sa pensée. Son expression orale est fluide, à l’image de celle de « Portraits de femmes ». Les formules ciselées ne sortent pas du néant, il les a déjà utilisées ou empruntées. Grand recycleur des mots, il enfonce le clou de ses convictions en forme de certitudes absolues, jouant de sa voix, des effets, des bonds et rebonds en conteur expérimenté, glissant ici : « ...En fait, c’est faux ! », là, « Qu’est-ce qui se passe sur le continent féminin ? Sur ce point très précis on peut juger une époque [...] Personne ne faisait attention à ça. Personne ! » pour noter quelques expressions relevées dans cet entretien. Elles abondent, comme dans tous ses entretiens.
Nul n’ignorera à la lumière de ses livres, articles et entretiens qui jalonnent sa carrière qu’il aura été un grand explorateur de ce continent dans son temps. Pas en prédateur, en homme de goût, ( en anti-DSK).
Ainsi parle Sollers sur le fil de l’ironie et de l’autodérision (voire forcée, en forme d’autodéfense ou provocation). L’homme est aussi lucide et considère qu’il y a une limite aux défauts, un seuil de tolérance : Jusqu’à 30% dit-il ! Traduire, c’est le seuil qu’il ne faut pas dépasser pour vivre des vies comme la sienne aux côtés de femmes d’exception telles que Dominique Rolin et Julia Kristeva. C’est sûr, Sollers devait être dans la limite du seuil de tolérance pour elles !
Non moins sûr qu’il faille des qualités et du talent pour vivre les vies de Sollers. Un fanfaron serait vite démasqué. Et le Sollers qui écrit dans ce livre ne l’est pas. C’est un livre intensément pudique et discret.

Partie 1 (14’15)

Partie 2 (15’21) :
Portraits de femmes : c’est à l’usage des jeunes générations.

Partie 3 (19’59) :

Crédit audio : Le mouv


RENCONTRE ENTRE CHIEN ET LOUP. ENTRETIEN AVEC LAURENCE GARCIA


dimanche 27 janvier, sur France Inter

Philippe Sollers revendique l’école des femmes.
Qu’elles soient mères, sœurs, cousines, amantes, ex ou futur, réelles ou imaginaires, prostituées ou bourgeoises, aimées ou jamais touchées.
« L’amour dure toujours, il faut simplement mieux définir ce toujours », écrit Sollers.

Derrière chacun de ses romans, il y a une femme.

Les hommes l’ennuient, ses héros sont des héroïnes, c’est ce qui fait le « dandysme Sollersien ». Ses héroïnes sont des peintures de Manet, des créatures de Shakespeare, des comédiennes d’Hollywood, des femmes de pouvoir comme Cléopâtre.

La femme est une muse pour le peintre Sollers qui écrit avec ses fantômes.

« Portraits de femmes », ce n’est pas tout à fait un roman, ce n’est pas vraiment un essai, c’est un portrait de lui à travers elles, toutes les héroïnes de sa vie. Portrait entre chien et loup de l’éternel amoureux Sollers.

La suite et les enregistrements audio, ici
- Dans le bureau de L’Infini.
- On ne naît pas homme, on le devient.
- Il nous suffirait d’être douze.
- Papa est un célibataire heureux.

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INTERVIEW PAR VINCENT ROY (Transfuge)

La mémoire retrouvée

Transfuge, février 2013

propos recueillis par Vincent Roy

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Bordeaux, 1937. Dans le parc de la propriété familiale : Philippe Sollers avec sa soeur Annie et sa mère

Voyez ma mère. Comme elle est charmante. Voici une photographie de bonheur intense, puisqu’elle a eu enfin un garçon après deux filles. J’ai un an et je ne suis pas mécontent de cette mère dont, dansPortraits de femmes, je signale que les yeux étaient de couleurs différentes. Pourquoi une femme avec deux yeux différents manifeste-t-elle la dualité, dure ou enchantée, de sa nature ? J’ai beaucoup observé son regard. J’insiste ici sur l’art de vivre qui se dégage de ce cliché, et sur l’art de vivre à Bordeaux, en anglophilie fondamentale - mais sur ce dernier point, on ne m’entend pas ! J’indique encore que nous sommes en 1937, juste avant la grande dévastation de l’Europe.

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Philippe Sollers le jour de sa première communion, Bordeaux, 1948

Je n’ai aucune idée de qui a pris cette photo, sans doute mon père. Ce qu’il faut comprendre tout de suite, c’est que nous sommes en présence d’un communiant issu de la bourgeoisie anglophile de Bordeaux : ainsi ce personnage avec son brassard n’a pas àportersur les épaules le sac de la collaboration, ou le sac pétainiste, ou le sac de Moscou qui arrive au pouvoir - nous sommes en 1948. Je suis, là, un Anglais de 12 ans, catholique - ce qui est une rareté. Ma posture est celle de quelqu’un de déterminé, mais sans arrogance. Voici l’enfance d’un déserteur obstiné. Le dieu catholique a, pour ce communiant, une attention particulière. Cette photo est pour moi révolutionnaire. Elle représente le contraire de l’intégrisme réactionnaire. Car celui qui se cache derrière cet habillage, c’est quelqu’un qui va rentrer en guerre très vite.

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E.S.M. été 1951

Ce portrait date de 1951. C’est la sensualité. Quand je rencontre E.S.M. qui est bisexuelle, j’ai 15 ans et elle 30. Pour moi, cette expérience est absolument fondamentale et m’a fait gagner beaucoup de temps - je le dis dansPortraits de femmesqui est un traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations bien affaiblies. Je conseille aux jeunes hommes de prendre des femmes plus âgées très tôt. Regardez l’oreille d’Eugenia. Voilà quelqu’un qui entend très bien. La boucle d’oreille me charme. Et cetœil, - Eugenia est très subversive - ne s’embarrasse d’aucun préjugé : passer à l’acte avec un garçon qui a 15 ans de moins qu’elle n’est pas évident et pourtant, elle le fait avec le plus grand naturel. Ce fut une aventure au cours de laquelle j’ai bénéficié de son indulgence. De toute façon, ma position fondamentale est toujours la même : ce n’est pas moi qui demande. Je suis le contraire d’un prédateur. Avant Eugenia, j’avais commencé par expérimenter les jeunes filles locales, les jeunes filles pas très en fleurs de la bourgeoisie. Mon enquête s’était révélée consternante : mariage, enfant, installation. Qu’est-ce qu’on me reproche, au fond, et sans oser le dire ? La bourgeoisie décalée c’est-à-dire offensive.Je couche à 15 ans avec une fille qui a le double de mon âge et qui n’est pas de mon milieu. La lutte des classes est la passion dominante en France.

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Dominique Rolin en 1960 à Paris

Dominique a 45 ans - mais elle en fait 12 de moins -, lorsque je la rencontre. Moi, j’ai 22 ans. Elle est d’une jeunesse étourdissante. Cette photo, c’est le charme et l’élégance. Cette femme se présente à l’époque comme belge (née à Bruxelles), avec beaucoup d’influences hollandaises. En fait, elleest d’origine juive polonaise. Sa beauté me frappe d’emblée. Là encore, les choses vont vite. Notre aventure est très antisociale - pas d’amis, pas de groupe, personne. Dominique faisait partie du jury Femina qu’elle va quitter car elle ne supporte plus les vieilles toupies qui sont là pour faire marcher le marché de la littérature. Elle était prête à couper tous les ponts. Nous sommes partis à Barcelone - les Ramblas, la corrida... Et puis ce fut Venise, printemps et automnes, pendant des années... Cette photo est très belle car ses yeux sont fermés et ça lui va bien car c’était quelqu’un qui était constamment dans un état de grande concentration. Venise, c’est elle. Le geste de la main gauche est charmant. Le placement des doigts. Quelle élégance. Pour ses derniers moments, j’ai repris la formule judicieuse d’un concile :L’âmeest la forme du corps.

Qui m’a téléphoné, il y a quelques jours, pour me dire du bien de Portraits de femmeset me parler avec enthousiasme d’un entretien filmé avec Dominique (l’entretien figure sur mon site internet) ? Christine Angot.

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Julia Kristeva et Philippe Sollers, 1968

Julia est arrivée en France depuis deux ans et nous sommes mariés depuis un an. Encore une étrangère... Comme c’est curieux ! Voilà ma partenaire de jeu ! Mon mariage a été très mal pris par la société française. Ne me dites pas que ce Sollers n’était pas un bon parti pour une Française ? Notre mariage d’ailleurs pèse aussi sur Julia. En effet, si vous regardez le sinistre palmarès des intellectuels français, vous constaterez qu’elle en est absente alors même que c’est une star aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, en Norvège... Je fais remarquer que Julia est citoyenne d’honneur de la ville de Shanghai ; si je voulais faire mon Depardieu, je pourrais demain me déclarer citoyen d’honneur de la ville de Shanghai. Ce serait chic. Bref, Julia n’a pas l’air d’une universitaire, je n’ai pas l’air d’un écrivain, l’étiquette sociale n’arrive pas à se poser sur nous.

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Philippe Sollers 1967 photo Gisèle Freund

Cette photo de Gisèle Freund est prise à Paris dans mon studio. Je ne suis pas pianiste, mais je peux frimer un peu de jazz. Cette image n’est pas posée, je m’installe au piano, Freund déclenche, elle comprend l’importance de la musique pour moi. D’où cette image. Une des meilleures de votre serviteur avec celle de Cartier-Bresson quand je sors des hôpitaux militaires. Ma première expérience de la musique remonte à l’enfance. Nous écoutions des concerts à la radio grâce aux postes que les occupants allemands laissent chez nous avant de s’enfuir. J’écoute du jazz très tôt. J’aurais voulu être clarinettiste.

PHILIPPE SOLLERS

propos recueillis par Vincent Roy

Transfuge n°65, février 2013

Photo : Sophie Zhang {JPEG}
Philippe Sollers,

Portraits de femmes,

Flammarion, 2013


Critiques

LA CRITIQUE DE BERNARD PIVOT

On peut aussi commencer l’année par la lecture d’un livre stimulant, qui donne des envies d’intelligence et d’amour : Portraits de femmes, de Philippe Sollers. Plutôt pas mal d’entrer dans le calendrier en compagnie de femmes belles, cultivées et libres qui ont élu domicile dans la vie ou dans les romans de l’écrivain. On peut faire confiance à Sollers : il a l’œil, il a le culot, il a les mots, il a la patience, il a le charme, il est vif, précis et amusant. Cruel, si le temps en est venu ; diplomate, silencieux ou retors quand il lui faut mener « une double vie » et des « vies parallèles mouvantes  ». Ce n’est pas par hasard qu’il a écrit Casanova l’admirable.

La séduction est dans le rythme. Le livre restitue bien dans ses cadences allègres le plaisir de la conquête et les bonheurs de la géographie amoureuse. Ça va vite. On prend, on se prend, on ne se méprend pas. On ne s’ennuie pas non plus. Vous imaginez un livre sur l’amour, un éloge des femmes, une célébration de la vie intime où, chemin faisant, on regarderait sa montre ? Philippe Sollers ne tombe évidemment pas dans ce piège. On ne va pas dire qu’il a le rythme dans la peau, ce serait vulgaire. Il ne l’est jamais. Le rythme est dans son écriture. « J’ai senti ton cœur passer dans le mien.  » Vite dit, bien dit. C’est parfait. C’était pour sa mère.

Mais ce pourrait être pour d’autres qui ont lu Proust. Ou qui ne l’ont pas encore lu. Tiens, voilà une question qui me vient à l’esprit : « Sollers, une femme qui n’a lu ni Stendhal, ni Baudelaire, ni Proust, la considérez-vous comme une amante perfectible ? »

Donc, la mère, « bourgeoise, décalée, éclairée (...). Avec elle, au moins, c’est clair : les "hommes" n’ont aucune importance, ils sont nécessaires, utiles, ennuyeux, payeurs, lourds.  » Pendant que son mari travaille, elle lit. C’est Sollers qui souligne pour que l’on comprenne qu’elle lisait vraiment et, peut-être aussi, pour que nous en déduisions que c’est d’elle qu’il tient son goût immodéré et sa science de la lecture.

Il a frôlé l’inceste avec deux de ses tantes. Puis, arrive chez les Joyaux — nom de famille de Sollers — une splendide Basque espagnole. Elle a été engagée comme femme de ménage. Elle s’appelle Eugenia. Sensuelle, bisexuelle, anarchiste, généreuse, elle a 30 ans, le fils de la maison 15. « On s’est aimés follement un peu partout ». Sans jamais se faire pincer. Cinquante-cinq ans après Une curieuse solitude (1958), son premier roman dédié à Eugenia, qui en était l’héroïne, Philippe Sollers sait trouver les mots justes pour lui dire ce qu’il lui doit. En particulier d’avoir été précoce, d’avoir senti, su, compris avant l’âge.

Cela servira au petit coq ambitieux de 22 ans, pour s’imposer à l’éclatante et rieuse Dominique Rolin, 45 ans, romancière qui a du talent et du prestige. Amour clandestin, parisien et vénitien, intermittent mais ponctuel, indestructible, fondé sur la liberté, la passion, outre de la littérature, de la musique (plutôt lui) et de la peinture (plutôt elle), et « une attitude antisociale constante  ». Dans ses livres, elle l’appelle Jim. « Je l’ai accompagnée jusqu’au bout de façon déchirante. Je vis sous sa protection de fée, et, si je lui demande de me faire signe, sa réponse est simple : écris, et je serai là. Et elle est là.  »

Et puis Julia. Julia Kristeva. Étudiante, 25 ans, arrivée de Bulgarie alors que Sollers a déjà bâti un petit empire intellectuel du haut de ses 30 ans. Elle est venue l’interroger sur l’avant-garde. Ils ne se sont plus quittés. Ils se sont mariés et ont eu un fils de santé fragile. Elle est devenue un écrivain et une psychanalyste de langue française, lue et étudiée dans le monde entier. Le flair et la constance de Sollers.

Et puis, toutes les autres femmes, les éphémères, les prostituées, les rêvées, les vraies-fausses qui ont toutes un prénom dans ses romans (sa préférée, Reine, dans Le Lys d’or), les historiques (« J’ai cherché Cléopâtre partout  »), les musiciennes, etc.

S’il faut recommander Portraits de femmes à une catégorie de lecteurs, ce sera aux jeunes hommes. Car ce livre est aussi un guide pratique de l’amour, de son usage, de ses raisonnables folies, de ses dangers, de ses bonheurs. Tous les conseils de Philippe Sollers. L’amour ou la liberté ? Non, l’amour et la liberté. Qu’est-ce qu’une femme moderne ? Une femme idéale ? Jusqu’à quel pourcentage accepter les défauts de l’autre ? Qu’est-ce que la VVB, vésicule vaginale biliaire ? Comment devenir, jolie ruse, l’enfant de sa femme ? Le fils de Philippe Sollers a tout compris. Un jour, il a dit à son père :

« Tu es un célibataire heureux.  » C’est parfait.

LA CRITIQUE DE JÉRÔME GARCIN

Sollers et ses femmes

Par Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur, 07-01-2013

Trente ans après "Femmes", Philippe Sollers publie "Portraits de femmes" (Flammarion). (©BALTEL/SIPA)
Il y a exactement trente ans paraissait « Femmes », de Philippe Sollers. Par curiosité, j’ai relu la presse abondante que ce roman de 570 pages avait suscitée. C’est édifiant. A peine est-il question de littérature, au mieux réduite à quelques « scènes pornos » (« le Point ») et à une « prose classée X » (« l’Obs »).
Non, ce qui passionne les critiques énervés de l’époque, c’est la réconciliation de l’auteur de « Paradis » avec la ponctuation — elle est applaudie comme le serait, aujourd’hui, le retour de Depardieu en France. C’est ensuite le déménagement bruyant d’un écrivain qui fait ses adieux au Seuil et son entrée chez Gallimard, « la banque centrale de la littérature ».
C’est enfin, et surtout, la liste des « personnages à clés » qui émaillent le roman : Lutz-Althusser, Fals-Lacan, Fafner-Hallier ou Werth-Barthes (à propos de ce dernier, Renaud Camus, dans « Gai Pied », dénonce « une répugnante et sinistre caricature »). En somme, de « Femmes », il ne resta, en 1983, que des hommes, et du gynécée, qu’une chambrée !
On souhaite sincèrement à Philippe Sollers de ne pas connaître pareille mésaventure avec « Portraits de femmes » [=> extraits à découvrir ici], ce beau livre du regret qu’il a souhaité publier chez Teresa Cremisi, la régente de Flammarion. Avec l’âge (il a 76 ans) et la disparition, au printemps dernier, de sa « fée », Dominique Rolin, l’écrivain autrefois triomphant et combatif est devenu émouvant et méditatif.
Pour la première fois, il évoque sa double vie amoureuse entre la Flamande de Venise aux yeux bleus (Dominique Rolin) et la Bulgare de l’île de Ré aux yeux noirs (Julia Kristeva), sans oublier la jeune Basque espagnole, Eugenia, qui fit découvrir à l’adolescent bordelais Philippe Joyaux la joaillerie de la sexualité et le prédisposa à s’enflammer pour les belles étrangères dans une langue, la française du XVIIIe, qui est toujours sa plus fidèle maîtresse. Preuve que l’homme est fidèle. [2]

J.G.

Crédit : Le Nouvel Observateur

LA CRITIQUE DE JACQUES DRILLON (Nouvel Obs)

Les femmes de Sollers

Par Jacques Drillon, Le Nouvel Observateur, le 07-01-2013

De sa mère aux prostituées, et de Dominique Rolin à Julia Kristeva, Philippe Sollers paie sa dette aux femmes.

Julia Kristeva, évidemment présente dans les "Portraits de femmes" que publie Philippe Sollers ce 9 janvier 2013 chez Flammarion. (©AFP PHOTO / TIZIANA FABI)
Les hommes sont atroces, c’est entendu. Ils ne comprennent rien, sont lourds et lâches, ils paient. Ils ne sont jamais là. Donc, pour élever une statue aux femmes, s’appuyer sur les hommes en leur marchant dessus. Cela fera le bruit que cela fera.
D’où vient qu’on prenne autant de plaisir, lorsqu’on est un homme, à entendre dire, ou dire soi-même, du mal des hommes ? Quand on pense à l’« envie du pénis » de Freud ! Le monde à l’envers ! Elles ne connaissent pas leur chance, de n’en pas avoir !
Bref, Sollers a réponse à tout. On attend que, trente ans après « Femmes », il revienne aux femmes de sa vie ; qu’il s’y colle ; et il le fait. Mes prisons, c’est Bloy ; mes poisons, c’est Sainte-Beuve. Mes femmes, c’est Sollers. Du grand, du beau Sollers, aigu, froid quoique lyrique, précis. Précis mais poétique, à la Debussy. Un Debussy qui aurait lu Guy Debord, bien entendu. Florilège.

Jacques Drillon

Sélection d’extraits de Jacques Drillon

Crédit : bibliobs.nouvelobs.com

LA CRITIQUE DE NATHALIE CROM (Télérama)

Portraits de femmes

Philippe Sollers

par Nathalie CROM

« On ne naît pas homme, on le devient », pose Philippe Sollers en préambule à ce beau livre vivant, intelligent, agissant, spirituel au sens fort et essentiel du terme - de tout cela, on en a l’habitude avec l’auteur duLys d’oret du Secret, qui à ce cocktail délectable ajoute ici une tendresse, une douceur qu’on lui connaît sans doute moins. Il faut dire que le sujet qui l’occupe en ces pages se prête à cette intimité délicatement examinée : voici venir, l’une après l’autre évoquée, remémorée, amoureusement convoquée, les femmes qui pour lui comptent, celles en qui ce« réfractaire de naissance », rétif dès l’enfance au« trucage massif »et général — comprenez : la famille, l’école, l’armée, la religion, le commerce, la foire aux images... —, sut repérer « une fissure dans ce beau programme mortel » : les femmes.

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Nathalie Crom-Telerama n° 3287

07/01/2013

LA CRITIQUE DE Fr. M. (La libre Belgique)

Philippe Sollers pourrait faire sien le mot fameux de Sacha Guitry à propos des femmes : "C’est un sujet sur lequel j’aime m’étendre". Elles sont, en effet, au cœur de bien de ses livres depuis un demi-siècle ; publié en 1983, "Femmes" est d’ailleurs le titre du plus connu d’entre eux. Dans ces "Portraits"-ci, l’influent auteur de "La Guerre du Goût" en célèbre trois qui lui sont particulièrement chères : la trentenaire Eugenia de ses 15 ans ; la lumineuse Dominique Rolin, naguère disparue, à qui sont consacrées nombre de pages émouvantes ; et son érudite épouse Julia Kristeva. Ainsi que, brièvement, la comédienne Glenn Close ou la "merveilleuse et géniale" cantatrice Cecilia Bartoli. Avec quelques coups de griffes : à Marguerite Duras, notamment.

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Fr.M.

Philippe Sollers, Flammarion, 160 pp.

Crédit : La libre belqique

LA CRITIQUE DE CLAIRE DEVARRIEUX (Libération)

Philippe Sollers à l’école des femmes

Libération, 9 janvier 2013

Critique « Portraits » souvenirs et autres médaillons

Par CLAIRE DEVARRIEUX

Sainte-Beuve, dans son recueil intitulé Portraits de femmes (1840), était plus tendre à l’égard de Mme de Duras que Sollers, dans ses Portraits à lui, envers « la sorcière Duras », la nôtre, Marguerite. Il l’avait déjà étrillée dans Un vrai roman, mémoires dont ce petit livre est le surgeon, parce qu’elle l’avait attaqué à la sortie de Femmes (1983). Peut-être même avait-elle fait pire. Dix ans auparavant, elle l’avait en effet enrôlé du côté du malheur, et ça, c’est impardonnable.

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LA CRITIQUE DU MASQUE ET LA PLUME

Fini le temps où le Masque et la Plume, étrillait Sollers, sans autre forme de procès, la critique de son dernier roman « Portraits de femmes », contient plus de louanges que d’anathèmes, et le Masque et la Plume perdrait de son intérêt sans son acide. Son mordant alchimique grave des portraits plus saisissants où eau-de-parfum de femmes et eau-forte font bon ménage.
Aux côtés de Jérôme Garcin, pour cette émission, Olivia de Lamberterie (Elle), Michel Crépu (Revue des deux Mondes), Nelly Kapriélian (Inrockuptibles) et Arnaud Viviant (Transfuge).

(14’35)

LA CRITIQUE DE JEAN-PAUL ENTHOVEN (Le Point)

Le Point N° 2106, 17 janvier 2013


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LA CRITIQUE DE FLORENT GEORGESCO (Le Monde des Livres)

"Portraits de femmes", la potion de jouvence [3] du Dr Sollers

PAR FLORENT GEORGESCO
LE MONDE DES LIVRES | 17.01.2013

Philippe Sollers publie Portraits de femmes.

Combien de femmes sont citées dans Portraits de femmes ? Combien l’étaient, déjà, dans Femmes (Gallimard, 1983), que celui-ci prolonge ? Enumérations, phrases précipitées, sautillant de virgule en virgule, adjectifs en rafale, accumulation d’idées, de souvenirs, de sensations, parfois de mots seulement, réduits à eux-mêmes, pour le plaisir de les ajouter, ou sans plaisir, par habitude, et, donc, accumulation de femmes : on retrouve dans ce petit livre tout ce qui fait que Sollers est Sollers, toute une vie, une pensée, un style, des manies aussi, resserrés autour du catalogue qu’annonce le titre, avec ses très utiles pluriels. Catalogue de femmes rencontrées, aimées, mais aussi de figures historiques, Cléopâtre voisinant avec Julia Kristeva, la comtesse du Barry avec les modèles des personnages féminins qui peuplent les romans de Philippe Sollers.

D’une page, voire d’une ligne à l’autre, le plaisir ou l’agacement l’emporte, constante oscillation qui sied au rythme soutenu du texte, comme à la matière disparate qu’il charrie. L’équilibre n’est atteint qu’une fois le livre fermé. L’irritation s’atténue, il y a parfois de la magie jusque dans la manie, un charme dans cette façon si sollersienne de faire de son livre un territoire souverain, gouverné au caprice, et ce charme persiste, accompagné d’un sentiment plus indéfinissable, qui serre un peu le coeur. Nostalgie ? Plaisir encore, mais plus sombre, plus conscient de sa fin ? Sollers est trop élégant pour se livrer à l’exercice balourd du livre testamentaire, mais comment appeler un livre qui rassemble tout ce qui a fait qu’une vie valait d’être vécue, quand la nuit tombe ?

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Critiques

LA CRITIQUE D’ALICE FERNEY (Le Figaro Magazine)

Philippe Sollers ne ranime pas la femme

Par Alice Ferney
Le Figaro Magazine, 17/01/2013

Philippe Sollers nous livre ici une sorte d’herbier féminin

Portraits de femmes, le dernier livre de Philippe Sollers, se veut une collection de figures féminines, dans un style suffisant et ennuyeux.

Le titre met au pluriel celui d’un roman de Henry James, et l’incipit au masculin la phrase la plus célèbre de Simone de Beauvoir, mais on ne trouvera pas dans Portraits de femmes la perspicacité psychologique ou la pensée révolutionnaire. Le nouveau livre de Philippe Sollers, ni roman, ni essai, se veut une collection de figures féminines, conservées aplaties entre deux feuillets, destinées à une étude approfondie pour l’instant reportée, avec nom, espèce, commentaires de l’auteur. Une sorte d’herbier.

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LA CRITIQUE D’YVES HARTE (Sud Ouest)

Philippe Sollers : dans les yeux de ses femmes

Par Yves Harté
Sud Ouest, 20/01/2013

L’écrivain publie un portrait de femmes.

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(archives « SO » /J.-J. saubi)

Pour Philippe Sollers, les femmes sont un miroir.

Pas de doute. Pour Philippe Sollers, les femmes sont comme des sœurs joueuses. Sinon toutes. Mais assurément celles qu’il élit et qui, en échange, lui manifestent quelque intérêt. Dans une logique qu’il est difficile de réfuter, son « Portraits de femmes » vient comme un appendice de son livre « Femmes », écrit il y a maintenant trente ans. En ces trente ans, un monde a changé. Venise n’est plus la même, le Bordeaux d’autrefois non plus, ni même Paris. Alors, que reste-t-il ?

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LA CRITIQUE D’ERIC NAULLEAU (Paris Match)

Philippe Sollers : parfum de flemme

Le coup de gueule d’Eric Naulleau. Dans « Portraits de femmes », Philippe Sollers ressasse ses obsessions nombrilistes. Affligeant.

Eric Naulleau
Paris Match, 22 janvier 2013

Nota (pileface) : E. Naulleau, pourfendeur de Sollers et quelques autres écrivains "établis" dans un ancien pamphlet [4]. L’exercice permet de briguer une petite notoriété mais le Grand Démolisseur a peu construit en propre ; la virulence ne confère pas, pour autant, un brevet de subtilité et de talent - ce n’est pas automatique. Ne s’est pas beaucoup renouvelé depuis.
Sa critique a cependant sa place, ici, dans les zones d’ombres du tableau.

Quarante et quelques années pour passer de Mao à Moâ, Philippe Sollers n’en finit décidément plus d’accomplir sous nos yeux la plus navrante des trajectoires littéraires. Contraction dans son titre de «  Portrait du joueur  » et de «  Femmes  », ses deux derniers romans à peu près lisibles (ce qui ne nous rajeunit pas), «  Portraits de femmes  » accentue encore la sensation de chute libre vers le néant textuel déjà éprouvée avec «  L’étoile des amants  » ou «  Trésor d’amour  ».

Le livre hésite pour commencer entre deux sortes de clichés  : ceux de l’album de famille qu’un vieux monsieur, aussi gentil que rasoir, entreprendrait de feuilleter à notre intention (maman, tata Maxie, tata Laure, Dominique, Julia...) et ceux d’un des innombrables sites où, pour l’édification des nouveaux clients, les touristes consignent leurs impressions de voyage  : «  On arrive dans le grand Barcelone d’autrefois, la ville qui ne dort pas, sauf, et encore, entre 5 heures et 6 heures du matin. L’hôtel s’appelle l’Oriente, sur la rambla de las Flores. Il est frais, couloirs blanchis à la chaux, le gaspacho est excellent. Dominique découvre la sangria et, le soir, aux Caracoles, à côté de la plaza Real, les gambas à la plancha.  »

DES CITATIONS COMME AUTANT D’HOMMAGES DU BLA-BLA A LA LITTERATURE

L’auteur tient ensuite à confirmer que délayage et remplissage sont les deux mamelles du graphomane.

lire la suite


LA CRITIQUE D’ERIC ROCHANT [5]



[1un petit coucou, Viktor, pour vous souhaiter une belle et douce année 2013.
Il semble qu’elle commencera bien côté sollersien. Vous êtes peut-être déjà au courant mais il sera à l’honneur la semaine prochaine sur France Culture,
notamment à l’émission Hors Champs et à l’émission Carnet d’or. Je ferai commander
ses deux derniers livres à mon retour à Montréal [...]

[3Existe aussi en comprimés et en gel :

[4Cf. Le Jourde et Naulleau : Précis de littérature du XXIe siècle, Ed. Mots & Cie, 2008

[5Blog Courrier International

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21 Messages

  • Albert Gauvin | 29 janvier 2016 - 20:36 1

    Cleopatra
    By Philippe Sollers, translated by Armine Kotin Mortimer. A lire ICI
    Et pour relancer la lecture... Deux critiques que vous pouvez retrouver dans Lacan Quotidien 278 avec leurs illustrations (Manet).


  • V. Kirtov | 11 novembre 2014 - 19:35 2

    A l’occasion de la réédition de Dictionnaire amoureux de Venise, chez Flammarion (oct. 2014) dans une nouvelle présentation illustrée, dont on se souvient que le livre est dédié à Dominique Rolin, Philippe Sollers publie, sur son site, une photo de la romancière, inédite pour nous, reprenant l’exergue du livre et une citation extraite de Portraits de femmes :

    Pour la Grande Petite Jolie Belle Beauté

    JPEG - 67.1 ko
    Dominique Rolin © D.R.


    Prendre tout Venise pour soi est une activité à plein temps, et la belle Dominique est une virtuose de la liberté calme du temps.

    (Ph.S.Portraits de femmes)


  • V. Kirtov | 3 octobre 2014 - 18:18 3

    Le 2 octobre 2014

    « Vous êtes le peintre et le musicien de ces femmes, elles deviennent des personnages centraux de vos romans, elles peuvent prendre d’autres formes, d’autres figures, elles sont parfois rejointes par celles dont on ne peut pas dire le nom. Ce moment où l’une ou l’autre sort des vagues est unique, ce foulard est unique, ce fou rire aussi. La poudre du temps leur appartient. »
    Le livre sur amazon.fr, 160 pages.


  • V. Kirtov | 1er juillet 2014 - 10:17 4

    BELLE COMME UNE IMAGE

    Des yeux masculins regardent un corps féminin : immense paradigme de notre espèce.

    Pendant les deux mille millénaires de la vie humaine sur Terre, le lien chez les mâles entre regard et désir a été une simple donnée de l’existence. L’homme regarde, la femme est regardée. L’homme appréhende le mystère du monde, la femme est ce mystère. L’homme peint, sculpte et dessine le corps fécond ; la femme est ce corps.

    Certes, les femmes regardent les hommes aussi et les hommes regardent les hommes et les femmes regardent les femmes... Mais le regard de l’homme sur le corps de la femme a ceci de spécifique qu’il est involontaire, inné, programmé dans le "disque dur" génétique du mâle humain pour favoriser ses chances reproductives, et donc difficilement contrôlable. Ses répercussions sont incalculables, et très largement sous-estimées.

    Une fois que l’on est sensibilisé à ce thème on le voit partout, pour la bonne raison qu’il est partout... Il fait l’objet de mille proverbes, expressions, expression populaires. "Elle m’a tapé dans l’œil", disent les hommes français ; [...]

    Si le lien regard-désir chez l’homme est proverbial, c’est qu’il remonte à la nuit des temps et repose sur un substrat biologique. Mais dans les discours intellectuels contemporains, il est farouchement nié, refoulé, oublié... parce qu’il implique l’existence d’un lien puissant entre la séduction et la reproduction : idée-anathème, chassée de l’esprit des Occidentaux depuis un demi-siècle.

    JPEG - 38.5 ko
    Sculpture de l’artiste coréen Choi Xooang (1975- )
    *

    « All the world’s a stage », comme dit Shakespeare. Le monde entier est une scène, la vie humaine c’est du théâtre. Au long de notre existence, selon les artéfacts mis à notre disposition par notre culture, nous apprenons nos rôles et les jouons de notre mieux imitant, improvisant, tâtonnant, cherchant l’approbation...

    Féminin, masculin : oui, aussi, en partie, du théâtre. Mais seulement en partie.

    Dans les sociétés traditionnelles, les femmes se sont toujours accommodées du regard des hommes sur leur corps. Grossièrement exprimé, les jeunes femelles humaines tout comme les guenons tiennent à séduire les mâles, car elles veulent devenir mères. Pour atteindre cet objectif, elles se font belles. Aveuglés par nos idées modernes sur l’égalité entre les sexes, que nous refusons de concevoir autrement que comme l’identité des sexes, nous pouvons faire abstraction un temps de cette réalité énorme mais, si l’on n’est pas totalement barricadé derrière nos certitudes théoriques, il y aura toujours un électrochoc pour nous la rappeler.

    A l’automne 2009, la lecture du roman « Putain » de Nelly Arcan a été pour moi un tel électrochoc. Ah oui ! me suis-je dit dès les toutes premières pages de ce livre, c’est vrai, ça : les femmes se font belles. Jeunes et moins jeunes, elles se livrent concurrence dans ce domaine, s’acharnant sur leur corps, le corrigeant, le charcutant, dépensant leur argent pour l’améliorer, pour être la plus jeune la plus mince et la plus jolie. Je le savais, bien sûr. L’écrivain en moi le savait ; la femme, l’adolescente et la petite fille le savaient ; seule la "penseuse" en moi refusait encore, par moments, de le savoir, en raison du dogme dominant de notre temps, aussi absurde qu’inamovible, dogme selon lequel toutes les différences entre les sexes sont socialement construites.

    *

    [...]

    Entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, deux événements ont infléchi la destinée des femmes en Occident de manière radicale et en sens contraire : l’invention de la photographie, et le féminisme. Les effets existentiels sur notre vie de ce double mouvement sont tantôt cocasses, tantôt sordides voire tragiques. Aucune société humaine, sans doute, ne s’est trouvée empêtrée dans une contradiction aussi inextricable que la nôtre, qui nie tranquillement la différence des sexes tout en l’exacerbant follement à travers les industries de la beauté et de la pornographie.

    Nous montrons du doigt les femmes qui se couvrent les cheveux ; nous, on préfère se bander les yeux.

    NANCY HUSTON
    Avant-propos (extrait) de « Reflets dans un œil d’homme »

    Le livre sur amazon.fr

    *


  • A.G. | 22 février 2013 - 14:57 5


    Manet, Jeune femme en négligé,
    pastel sur papier, 1882.
    Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

    éric Nulleau avait déjà écrit sur Portraits de femmes l’un des articles les plus bêtes de ceux qui font profession de "critique littéraire". Il a cru bon récidiver en invitant Philippe Sollers sur Paris Première, le 18 janvier 2013. à‡a devait balancer à Paris. Las ! Sollers déclina l’invitation et le pauvre Nullo, « consterné  », confondant de magnifiques pastels avec des « diapositives  », se trouva bien isolé. Seule une mauvaise scénariste, habile dans la fabrication du mensonge, l’approuva. Thomas Hervé, Philippe Tesson et Adélaà¯de de Clermont-Tonnerre dirent leur admiration. « La dictature Naulleau est terminée !  », alla même jusqu’à s’exclamer, téméraire, l’un des intervenants. Si l’on peut légitimement douter de sa prophétie, l’entendre dire avait quelque chose de rafraà®chissant.

    Regardez et oubliez vite, c’est là .


  • V. K. | 14 février 2013 - 11:24 6

    Critique fouillée du livre par Alice Granger Guitard :

    « Amour seul se trouve en situation de faire ces portraits de femmes, c’est ce qui se dit dans ce livre de Philippe Sollers. En exergue, la citation tirée de la lettre de Machiavel datée du 10 juin 1514 l’annonce : c’est un enfant, « ceux qui accueillent sa venue avec allégresse, et qui le flattent et le laissent s’envoler quand il lui plaît, et quand il revient l’acceptent volontiers, ceux-là sont toujours certains de ses faveurs et de ses caresses, et de triompher sous son empire. » Le tableau de Giorgione, « La Tempête », peint parfaitement ce dispositif ! Accueilli, allaité, l’enfant Amour s’envole et revient, quand il lui plaît. Les femmes dont il est fait portrait dans ce livre ont bien sûr toutes accepté ce dispositif dont le tableau de Giorgione témoigne à merveille. Elles ont compris qu’elles avaient tout à gagner, faveurs, caresses, ouverture sur l’infini. [...] »

    La suite sur e-litterature.net


  • A.G. | 30 janvier 2013 - 12:28 7

    Guerre et paix

    La critique de Jacques Henric, publiée dans son « feuilleton » du numéro 397 d’art press (février 2013) :

    « On le sait, Philippe Sollers est un grand lecteur de Clausewitz et de Sun Tzu. Il a su très tôt qu’une connaissance de l’art de la guerre était une efficace propédeutique pour qui nourrissait l’ambition d’écrire. De toute guerre, y compris celle du goût, qui n’est pas la moins violente. Et que dire de la guerre des sexes. Si nous doutions de la réalité de celle-ci, les affrontements actuels des pro- et anti-mariage gay nous la remettraient crûment en mémoire. La paix par l’unisexe ? Tu parles ! Guerre "fatale et immémoriale", rappelle Sollers, et ce ne sont ni Freud ni Lacan, ni l’antique tragédie grecque, ni les écrits bibliques, ni la grande littérature universelle qui le contrediront. Ce constat fait, après maintes enquêtes menées sur le terrain et dont rendent compte ses romans, de Femmes à L’Éclaircie (mais le tout premier, Une curieuse solitude, ouvrait déjà la voie), Sollers, lui, propose une méthode pour aménager au sein de cette guerre des "pauses, des intervalles, des éclaircies". "Mieux on fait la guerre, mieux on goûte la paix. La paix en pleine guerre, voilà le sujet." »

    La suite sur : le site de Philippe Sollers.


  • V. K. | 23 janvier 2013 - 21:06 9

    A VENIR : dimanche 27 janvier, sur France Inter avec LAURENCE GARCIA.


    Rencontre entre chien et loup avec Philippe Sollers}}

    Philippe Sollers revendique l’école des femmes.
    Qu’elles soient mères, sœurs, cousines, amantes, ex ou futur, réelles ou imaginaires, prostituées ou bourgeoises, aimées ou jamais touchées.
    « L’amour dure toujours, il faut simplement mieux définir ce toujours », écrit Sollers.


  • V. K. | 21 janvier 2013 - 12:12 10

    Les persiflages de J-A. Miller auraient manqué à la collection des critiques qui se veut la plus large possible. Ils sont maintenant là, en clair, et illustrent bien l’ambivalence des relations J-A. Miller/Sollers.
    D’autres expressions de cette ambivalence :

    Soirée Lacan de J.-A. Miller et Ph. Sollers
    La révolution Lacan : Ph. Sollers, J.-A. Miller
    sans oublier l’impertinent/pertinent "portrait en rond de ficelle" :

    « Un rond de ficelle, ça se tord, ça se tortille dans tous les sens, ça prend toutes les formes - à nous les métamorphoses, mon nom est personne, mon nom est légion - mais enfin, il faut que ça s’attache, sinon ça n’attrape pas grand chose. Un rond de ficelle, c’est une vraie passoire. Sollers en son jeune temps était comme ça, si j’ai bien compris le Vrai roman. Navigation par temps de brume, sans radar. Une jolie poupée, un gigolo, mais payé en caresses, le joli garçon des romans libertins dont les femmes d’expérience savent ouvrir la braguette. D’où nécessité vitale de passer au noeud. »


    Où l’on retrouve les arcanes du nœud borroméen cher à Lacan, celui au centre de son enseignement des dix dernières années !
    Anneaux borroméens dont la découverte l’enchanta tant qu’il y vit l’illustration de sa théorie trinitaire : une structure qui noue les trois dimensions de l’imaginaire, du symbolique et du réel.
    Derrière la logorrhée du jongleur de mots qu’est Lacan, il y a eu cette fulgurance de l’artiste et cette idée simple : un entrelacs de trois cercles noués entre eux, mais tels que si l’un quelconque des cercles est supprimé, les deux autres ne sont plus liés !


    • Cher VK,
      Ambivalence, n.f. (du lat. ambo, deux, et valere, valoir). 1. Caractère de ce qui a deux aspects radicalement différents ou opposés. 2. PSYCHOL. Disposition d’un sujet qui éprouve simultanément deux sentiments contradictoires vis-à-vis d’un même objet (amour et haine, par ex.). (Le Petit Larousse)
      « A relire aujourd’hui mes élucubrations d’hier, je vois éclater mon ambivalence à l’endroit de l’Eglise. Ou dois-je dire hainamoration ? » écrivait JAM dans un précédent persiflage. Si l’on veut bien oublier les interrogations lointaines de L’Infini (qui portaient sur la publication des Séminaires de Lacan), peut-on, aujourd’hui, parler d’« ambivalence » à propos « des relations J.-A. Miller/Sollers » ? Le terme me semble inadéquat s’agissant d’un lacanien, conseiller d’un Lacan Quotidien qui porte au fronton de chaque numéro cette phrase de Sollers : « Je n’aurais manqué un Séminaire pour rien au monde » et dont les lacaniennes et les lacaniens ont couvert d’éloges Portraits de femmes. N’est-ce pas, par ailleurs, JAM qui fut à l’origine, par son invitation, du Saint-Âne et qui dans sa postface à Lacan même (Navarin, 2005, p. 72) écrit : « Nous vibrons maintenant à l’unisson contre la "sociomanie" qu’il [Sollers] a su nommer » ?

    • Cher A.G.
      Ah voilà bien un mauvais docte procès qui m’est fait là ! Saluer d’une part et persifler d’autre part, ne-sont-ce-pas-là le pile et face de l’ambivalence ?
      Afin de m’assurer que j’étais bien éveillé, en même temps que je me pinçais, ai cliqué sur le lien persiflages 2 pour mon édification. Il y avait bien le début cité :
      « [Ce mardi 14 janvier 2003 ] A relire aujourd’hui mes élucubrations d’hier, je vois éclater mon ambivalence à l’endroit de l’Eglise. Ou dois-je dire hainamoration ».
      ...La suite ne manquait pas de sel :
      « [...] On sait par ailleurs que la religion catholique était pour lui la vraie religion,
      par quoi il faut entendre - quel ton pédant ! dès que je ne persifle plus, je pérore.[...] »

      Quel bel esprit Jacques-Alain Miller ! Leçon de persiflage et autodérision réunis - art de l’autodérision qu’il partage, d’ailleurs, avec Sollers. Belle leçon pour développer mon éveil et mon discernement. Je ne regrettais pas d’avoir cliqué : il y a des leçons de Molière chez cet homme là ! Bien aimé aussi le mot de la fin, ouvert, à propos de Lacan. « Etait-il sérieux ? Ou s’il bouffonnait ? »

  • A.G | 19 janvier 2013 - 12:01 11

    « [...] Quant au polyamour, il ne consiste pas dans ces pratiques orgiaques si bien peintes de l’intérieur, si je puis dire, par Catherine Millet. C’est l’art de mener de front plusieurs relations amoureuses. Cela ne suppose pas du tout que l’on s’épouse à plusieurs. Ni polygamie, ni polyandrie. Cela se passe de toute sanction légale. Cela relève du cœur.

    On a du mal à se représenter plusieurs objets d’amour également chéris ? Oui, tout comme il est difficile de penser, par exemple, que la substance au sens de Spinoza puisse ne pas être distincte de ses attributs, et toute entière en chacun d’eux. Mais sans entrer dans ces arcanes, pensez à Chateaubriand, ou, mieux encore, à Sollers, qui s’affiche en Hercule du polyamour dans ses Portraits de femmes, qui viennent de paraître. Voyez sur le Net le dernier des numéros de Lacan Quotidien : les analystes femmes en sont folles, au moins les lacaniennes, Lilia, Catherine, Aurélie, et quelques messieurs aussi. Or, Sollers, que je sache, est catholique, papiste, pilier du Couvent des Bernardins, en odeur de sainteté au Vatican — photos, dédicaces, tous les certificats, comme Montherlant pour sa corrida — et il a un préjugé contre les réformés, il ne laisse aucun de ses lecteurs l’ignorer. [...] »

    J’extrais ce passage des derniers persiflages de J.-A. Miller qui « plaide » longuement et subtilement pour le cardinal Barbarin dont les propos, en septembre 2012, avaient fait scandale.
    JAM revient aussi sur quelques articles publiés sur Portraits de femmes dans Le Point et Le Figaro. A propos de l’article d’Alice Ferney, dans Le Figaro, il écrit :

    Du Point au Figaro

    Je signale que le magazine Le Point, en kiosque ce matin, publie p. 40 mon examen de la question : « L’Eglise avec Freud ? ». On trouve dans le même numéro, p. 98-99, la lecture de Sollers, Portraits de femmes, par Jean-Paul Enthoven, lequel a lui-même, comme écrivain, laissé plusieurs fois entrevoir sa problématique personnelle avec l’autre sexe. En revanche, Le Figaro a confié à Alice Ferney (« Alice, d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, et Ferney du nom de la résidence de Voltaire, qu’elle admire beaucoup et qui est né le même jour qu’elle », dit sa notice sur Wikipédia) le soin d’exécuter le livre et l’écrivain. L’éloge qu’elle fait des soixante premières pages est d’autant plus précieux : « le mode d’emploi pour une vie merveilleuse », dit-elle, et on ne saurait mieux dire. Puis, dit-elle, le livre « se délite en catalogue ».

    jacques-alain

    Eh oui, Alice, les mille et tre ! C’est en effet un catalogue. La femme appelle le catalogue. Lacan l’a prouvé par raison démonstrative.

    alice

    Qu’est-ce qui vous fait penser que ce Lacan soit pour moi une référence ? Je conseille plutôt à Sollers de se plonger dans le Talmud.

    jacques-alain

    Ah ! mais il connaît, bien sûr. Il a tout lu ! Mais dîtes-moi, Alice, le Talmud, est-ce bien d’esprit voltairien ? et carollien ?

    alice

    Sollers est suffisant et satisfait. Comment ne pas être content pour lui ? Mais Henry Miller, tout de même, c’est autre chose.

    jacques-alain

    Autre chose, oui.. Mais comme c’est amusant : Enthoven, qui, lui, a aimé le livre, termine son papier sur la même proposition que vous, à l’affirmative : « On est bien content pour lui. »

    alice

    ....

    jacques-alain

    Vous lui recommandez aussi de lire Platon, la théorie des Idées. Mais l’Idée de la femme, justement, il n’y en a pas. C’est « l’absente de tout bouquet. » Or, Sollers, précisément, c’est le bouquet qui l’intéresse. Ou le catalogue, ou l’herbier, si vous voulez. Voyons, Alice, vous êtes-vous jamais penchée sur l’album des photos, clic-clac, que le Révérend Charles Dodgson prenait compulsivement de petites pré-pubères ?

    alice

    Ce que je reproche surtout à Sollers, voyez-vous, c’est sa facilité. L’auteur se devrait à lui-même d’avoir travaillé davantage.

    jacques-alain

    Pardonnez-moi, mais ces devoirs envers soi-même, c’est du Victor Cousin, ça, Alice, dans Du vrai, du beau et du bien. L’autre côté de la pièce de monnaie, ce sont les devoirs envers autrui, et pour moi ils comportent de lui dire la vérité. Eh bien, celle que je vous dis, Alice Ferney, c’est que le beau pseudonyme que vous vous êtes forgée ne vous va pas vraiment. Pourquoi ne pas redevenir plain Cécile Gavriloff ?

    alice

    Mon mari, Ivan, n’aimait pas ce que j’écrivais, j’ai dû prendre un pseudo. Pour sauver mon mariage, Jacques-Alain ! Mais vous vous en moquez, bien sûr, c’est une institution que vous voulez détruire.

    jacques-alain

    Ecrivant dans Le Figaro, vous reprochez à Sollers de tenir les gens pour « des bourgeois consternants », voire « des andouilles ». Premièrement, on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu. Deux, vous nous feriez oublier qu’il y a des gens d’esprit au Figaro, et de grand savoir, et de beaucoup de facilité.

    N.B. Tout ce dialogue est inventé, hormis quelques répliques d’Alice, qui se rencontrent en effet dans la critique publiée.


  • Tisiphone | 17 janvier 2013 - 16:53 13

    « Philippe Sollers ne ranime pas la femme ». « Portraits de femmes, le dernier livre de Philippe Sollers, se veut une collection de figures féminines, dans un style suffisant et ennuyeux. » « Une sorte d’herbier ». « L’abus de sentences est castrateur : impossible de faire la place aux idées ». « Ce n’est pas écrit. On trouve même une faute de français (page 121). Comment ne pas être déçu ? À Philippe Sollers, on demande forcément mieux. » A lire ici.


  • A.G. | 17 janvier 2013 - 12:11 14

    Pas moins de cinq articles sur Portraits de femmes dans le numéro 271 de Lacan Quotidien. LQ-271 pdf


  • A.G. | 14 janvier 2013 - 18:43 15

    Vous en redemandez ? Alors écoutez Plan B... pour Bonnaud, Le Mouv’.


  • Thelonious | 12 janvier 2013 - 20:31 16

    J’écoute les merveilleux entretiens de Sollers avec Laure Adler dans l’émission Hors-Champs (comme ce nom lui va bien, lui qui aime si peu le cinéma). Ce que j’aime chez lui c’est la répétition, et quel plaisir de pouvoir anticiper certaines de ses phrases ;je les connais par cœur comme des poèmes.
    La télévision est allumée dans la pièce, sans le son, sur une chaîne "tout info". Un bandeau (pour rendre aveugle)déroule les nouvelles du jour. Je lis qu’un homme a été condamné à plusieurs années de prison pour récidive. Je pense à Sollers qui lui aussi récidive mais pour le plus grand plaisir de l’auditeur que je suis.
    Ce qu’il raconte durant ces émissions (en cours d’écoute), je l’ai entendu de multiples fois, mais c’est toujours aussi percutant et vrai ( et j’entends déjà ceux qui lui reprochent de dire toujours la même chose, de ne pas innover, de ne pas être original). Dans son entretien avec sa femme Julia Kristeva, celle-ci, pourtant une professionnelle de l’écoute, confesse en le comparant à Lacan, que ce qu’il écrit est fait pour déranger et elle se demande donc si en tant que psychanalyste, elle dérange assez ses patients.
    La parole de Sollers est effervescente (Josyane Savigneau dit très bien qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale- c’est en effet le meilleur médicament que je connaisse)


    • Tokyo 3h50 am

      La voix de Sollers est sandoute l’une des plus sure,nette,claire,aeree,vide,une respiration Chinoise.

      Dans la vulgarite ambiante,le bruit et la fureur,Sollers parle d’Art.

      Et il rapelle au 21 siecle,que la plus belle voix du 20 siecle,la plus reelle,et la plus drole,a ete celle de Celine.

      Il parle du rytme de la Bible,c’est a dire de son souffle

      Ecouter Sollers,c ’est entendre une voix,un corps,Chinois,Universel,de forces,situations,secrets,Poetique

      Michel Alves

  • A.G. | 6 janvier 2013 - 13:08 17

    Philippe Sollers et ses femmes

    Hors-champs
    du lundi 7 au vendredi 11 janvier
    de 22h15 à 23h

    Laure Adler reçoit Philippe Sollers
    Avec Julia Kristeva (le 9 janvier)
    et Josyane Savigneau (le 10 janvier)

    France Culture.


  • anonyme | 6 janvier 2013 - 10:26 18

    En tout cas, du rachat de Flammarion par Gallimard et de la promesse d’intégrité de la ligne éditoriale de Flammarion, on sait désormais ce qu’il en est de facto...


  • Thelonious | 5 janvier 2013 - 23:42 19

    Je relis le journal de Sollers de 1998, "l ’année du tigre". À la date du 5 janvier, il note une phrase tirée du journal de Kafka : "je leur ai échappé. Je ne sais quel bond habile". J’écoute aussi une conversation avec sa femme Julia Kristeva où celle-ci relate un épisode ancien de leur vie, alors qu’elle traversait un moment difficile de son existence. Ils marchaient vers Montparnasse par temps pluvieux et alors qu’elle trouvait devant elle une flaque d’eau, il lui a dit de sauter par dessus, d’enjamber cette flaque.
    Je finis aussi le très beau livre de Ravier, Fantasque, récit de quelques saisons en enfer, où le narrateur rend un bel hommage au livre Femmes de Sollers. Derniers mots de Julien Mellismo(ou Ulysse) : "Je bondis".


  • Thelonious | 31 décembre 2012 - 16:54 20

    Pour "passer les fêtes de l’année", les dépasser ou encore s’en passer, on pourra lire deux superbes textes, celui de Y. Haenel "vers les animaux", sur le blog lignederisque ainsi que le texte de Y. Moix, "Hiver", sur le site de la règle du jeu. Moix dont je découvre depuis peu ses séminaires dont le dernier, superbe, sur Francis Ponge avec une analyse profonde et brillante du poème "l’huître" (de circonstance, non ?). A l’écoute des propos de Moix j’ai pensé à cet aphorisme de karl Kraus cité dans l’Année du tigre de Sollers : "Plus on considère un mot de près, plus il vous regarde de loin".

    Bonne année à pileface


  • Thelonious | 25 décembre 2012 - 18:06 21

    En attendant la parution de "portraits de femmes", on peut lire le superbe livre de Thomas A Ravier, Fantasque, avec un portrait ravageur du personnage principal féminin,une photographe suédoise nommée Oïga.