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Baudelaire érotique

D 22 janvier 2007     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook




En quatrième de couverture :

" Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t’aime.
"
Charles Baudelaire

Les Fleurs du mal paraissent en juin 1857 et déchaînent les foudres de la justice, Sont précisément mis en cause six poèmes, parmi les plus sulfureux du recueil, que le procureur impérial Ernest Pinard — déjà en guerre six mois plus tôt contre Madame Bovary — tente de faire interdire au nom de la morale publique.
Baudelaire est condamné, les poèmes censurés.
Commence alors près d’un siècle de purgatoire pour Les Bijoux, Lesbos, Le Léthé, À celle qui est trop gaie, Femmes damnées et Les Métamorphoses du vampire qui devront attendre 1949 pour être officiellement réhabilités.
Loin du scandale et des rumeurs tapageuses d’une cour de justice, ce que révèlent les pièces condamnées, ici rassemblées, c’est le génie d’un poète pris au piège de ses fantasmes. En proie à des fascinations toujours plus noires, Baudelaire repousse les limites de la transgression et plonge dans les profondeurs de l’âme humaine, en quête d’un art absolu.

« Ce que Proust imagine, Baudelaire le voit. »

Philippe Sollers

La préface

Le procès des « Fleurs du mal » s’ouvre le 20 août 1857.
Il a été précédé, comme c’est souvent et encore le cas, d’un bombardement de presse. Gustave Bourdin, dans « le Figaro » du 5 juillet : « L’odieux y côtoie l’ignoble, le repoussant s’y allie à l’infect. » Ça ne suffit pas : nouvelle attaque le 12 juillet dans le même journal, car le ministère de l’Intérieur fait du journalisme et même de la critique littéraire. Il est à noter que Flaubert a été acquitté un peu plus tôt pour « Madame Bovary », mais Flaubert bénéficie d’un bon environnement social. Baudelaire, pas du tout, et d’ailleurs son beau-père, le puissant général Aupick, vient de mourir. La réputation du beau-fils est très mauvaise. Il est à découvert.

L’accusation porte sur l’atteinte à la morale religieuse d’un côté, et sur l’atteinte à la morale publique de l’autre. Atteinte à la morale religieuse : « le Reniement de saint Pierre », « Abel et Caïn », « les Litanies de Satan », « le Vin de l’assassin ». Curieusement, ces pièces ne seront pas condamnées, comme quoi l’époque faiblit déjà sur l’orthodoxie religieuse (presque plus personne n’y croit).

En revanche, la morale publique tient encore le coup. Sont donc visés les poèmes suivants : « les Bijoux », « Sed non satiata », « le Léthé », « A celle qui est trop gaie », « le Beau Navire », « A une mendiante rousse », « Lesbos », « Femmes damnées », « les Métamorphoses du vampire ». Plus important que la religion, il y a le mystère de « la Femme ». Il est en danger.

La condamnation portera sur six poèmes de cette liste, les immortalisant du même coup. La Cour de Cassation réhabilitera Baudelaire le 31 mai 1949. Vous avez bien lu : quatre-vingt-douze ans après, sans parler des désastres de deux guerres mondiales.
Ernest Pinard (qui a déjà requis contre Flaubert) défend la morale publique, c’est-à-dire la morale tout court. Son discours est épatant. Jugez-en :

« L’homme est toujours plus ou moins infirme, plus ou moins faible, plus ou moins malade, portant d’autant plus le poids de sa chute originelle qu’il veut en douter ou la nier. Si telle est sa nature intime tant qu’elle n’est pas relevée par de mâles efforts et une forte discipline, qui ne sait combien il prendra facilement le goût des frivolités lascives sans se préoccuper de l’enseignement que l’auteur veut y placer. »

Notez bien « mâles efforts » et « forte discipline ».
La discipline est la force principale des armées. Il y aura beaucoup de mâles français à faire massacrer.

Ernest Pinard, c’est évident, adore faire ce réquisitoire. On peut supposer que, la veille, il a lu ces poèmes osés à Mme Pinard. On entend celle-ci : « Arrête ces cochonneries, Ernest ! » C’est tout émoustillé par cette chaude soirée que monsieur le substitut arrive à l’audience. Là, il se déchaîne, il récrit les poèmes, il les résume en faisant saillir, dans son style, les sujets scabreux. Dans « le Léthé », il voit « une vierge folle dont la jupe et la gorge aiguë aux bouts charmants versent le Léthé ». Pourquoi « vierge folle » ? On n’en sait rien, mais l’expression ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd, ce sera Rimbaud (qui a 3 ans à l’époque) dans « Une saison en enfer ». Dans « les Bijoux », Pinard voit une « femme nue, essayant des poses devant son amant fasciné » (a-t-il demandé ce service à Mme Pinard ? C’est probable). « Les Métamorphoses du vampire », surtout, l’inspirent. Il voit une « femme vampire étouffant un homme en ses bras veloutés, abandonnant aux morsures son buste sur les matelas qui se pâment d’émoi, au point que les anges impuissants se damneraient pour elle ». Bien entendu, tous ces mots se trouvent dans le poème, mais une fois transcrits par Pinard ils deviennent des clichés piteux. Des bras « veloutés » ? Mais non, Baudelaire a écrit « redoutés ». Mme Pinard avait peut-être des bras un peu veloutés, mais devait cacher avec circonspection sa nature de vampire.

Nous rions de Pinard, et nous avons tort. De même que les vampires se métamorphosent, la censure se déplace, se rhabille, se grime, change apparemment de but, mais conserve la même structure. Je me fais fort, aujourd’hui, de rendre les poèmes de Baudelaire scandaleux ou insignifiants pour des professionnels de la publicité, du porno, de l’Audimat, des conseils d’administration, des marchés financiers. Ils sont trop compliqués, ces poèmes, élitistes, contraires aux « gay and lesbian studies », on peut même y discerner une vieille composante religieuse malsaine. Le Mal avec une majuscule est intolérable, et je me demande même s’il n’y a pas dans ces élucubrations une atteinte à la bonne morale laïque, ou plus exactement des propositions métaphysiques insensées. La sexualité est saine, épanouie, obligatoire, rentable. De quoi nous parle cet aristocrate pervers ? Baudelaire n’a aucun succès aux Etats-Unis, c’est prouvable.

En réalité, il s’agit de poésie, donc de musique, donc de complexité physique, donc d’intelligence, donc de désir, donc d’érotisme impossible à vulgariser. Quand Baudelaire, dans « Lesbos », parle de « baisers chauds comme les soleils » ou « frais comme les pastèques », de baisers qui sont « comme les cascades », « orageux et secrets, fourmillants et profonds », j’ai, ou je n’ai pas, l’expérience personnelle de ces féeries de bouche. Des « filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses » ? Baudelaire les a rencontrées. Il sait quelque chose de l’autre sexe replié sur lui-même, et c’est là sa découverte, son extraordinaire nouveauté :

« Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre
Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs,
Et je fus dès l’enfance admis au noir mystère
Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs. »

Selon la loi de composition du poème, Baudelaire répète le premier vers qui devient ainsi, solennel, le dernier d’un quatrain qui passe ainsi à cinq :

« Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre. »

Voilà une proposition considérable : entre tous, sur la terre. Et cela, dès l’enfance admis au noir mystère. Baudelaire se présente donc comme un élu (pour qui se prend-il ?). Un élu en-dehors de la métaphysique et de son homosexualité masculine implicite :

Laisse du vieux Platon se froncer l’oeil austère.

(Ce vers est d’un humour délicieux).

Le premier titre des « Fleurs du mal » (après celui de « les Limbes » vite abandonné) était « les Lesbiennes ». Le mot n’avait pas encore de connotation sexuelle marquée. On disait « tribades » (c’est d’ailleurs le terme que Pinard emploie à l’audience). Mais on sait que Proust était plus qu’intrigué par Baudelaire, et qu’au fond il ne voulait pas admettre son hétérosexualité spéciale. A l’ombre des jeunes filles en fleurs ? Les voici. Elles protègent un « noir mystère », et Baudelaire a été choisi pour le chanter, ce qui est éminemment condamnable. Un mystère doit le rester, surtout s’il est « noir ». Mais Baudelaire, ici, se dit le continuateur de l’admirable poésie de Sapho, et donc d’Aphrodite. « Mère des jeux latins et des voluptés grecques ». Aphrodite ou Vénus ? Aphrodite, Sapho. La « mâle Sapho » est à la fois « l’amante et le poète » :

« Plus belle que Vénus se dressant sur le monde
Sur le vieil Océan de sa fille enchanté. »

Baudelaire affirme quelque chose de très précis : jusqu’à lui, tout le monde s’est trompé sur Vénus et ses alentours, alors que lui, dès l’enfance, est entré dans le « noir mystère », dont personne, au fond, ne veut entendre parler. Il ne s’agit pas seulement de « lesbiennes », même si (voir Proust) c’est de ce côté-là que quelque chose résiste et peut s’éclairer.

Ce que Proust imagine, Baudelaire le voit. Le narrateur de la « Recherche » passe son temps à essayer de pénétrer dans le « noir mystère », objet de sa jalousie. Peu importe, ici, que l’homosexualité féminine soit un déguisement de la masculine, c’est elle qui attire le récit, le charge, le fait brûler. Dans une conversation avec Gide, Proust va même jusqu’à dire que Baudelaire devait être lui-même homosexuel. Eh non. Il est ce très étrange hétérosexuel admis au « noir mystère ». Albertine et Andrée, chez Proust, ne se dévoilent jamais, alors que Delphine et Hippolyte, dans Femmes damnées posent en pleine lumière. De là, on le sait, vient le tableau de Courbet, Le Sommeil ou Les Dormeuses, ou encore Paresse et luxure. On connaît les rapports étroits entre Baudelaire et Courbet.

Mais c’est Manet qui fera le portrait de Jeanne Duval, la maîtresse de Baudelaire, celle qui illumine Les Fleurs.

L’amour entre femmes implique, on le sait, le rejet et l’exclusion de l’homme conçu comme brutalité déflorante et bestialement reproductrice. C’est dans ce « pas d’homme » radical que Baudelaire s’introduit, en faisant parler comme jamais les actrices de cette récusation fiévreuse. Leurs baisers sont « légers comme des éphémères, qui caressent le soir des grands lacs transparents ». Leur plaisir est un désir d’oubli, d’enfouissement, de sommeil, de néant, de mort. Mais le prix à payer est une rage stérile, sans cesse renouvelée, comme s’il s’agissait de fuir un infini intérieur. On est donc bien en enfer, mais dans la révélation inouïe que la mort, au fond, jouit fémininement d’elle-même. Qu’elle vienne sur scène pour le dire n’est pas du goût de la Société, on s’en doutait.
Condamné.

Jeanne elle-même est une « âme cruelle et sourde », un « tigre adoré », un « monstre aux airs indolents ». Son beau corps est « poli comme le cuivre ». De nouveau, il s’agit d’abîme et d’oubli, de baisers profonds comme un fleuve. On peut s’abreuver à ce courant comme un enfant, pourtant il ne s’agit pas de lait mais de léthé (Baudelaire, bien entendu, joue de l’équivoque sonore). Ce vin-là, il est exclu que les Pinard le boivent à travers les siècles. De plus, Jeanne est une métisse, une quarteronne, une femme de couleur, grâce à laquelle la poésie française trouve enfin ses plus éclatantes couleurs.
Condamné.

Gabriel Lefebvre , Illustration pour A celle qui est trop gaie , 2005. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Parmi les plus beaux vers de Baudelaire, ceux-ci, dans A celle qui est trop gaie :

« Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage,
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair. »

Cette fois, nous sommes avec une soeur (« mon enfant, ma soeur »), c’est-à-dire dans une autre dimension incestueuse que celle de la mère froide (Baudelaire en sait beaucoup sur ce sujet). La soeur est belle comme un voyage et un paysage, la santé rayonne de ses bras et de ses épaules, les couleurs de ses toilettes correspondent à son « esprit bariolé ». C’est une fleur de la Nature, insolente, qu’on a envie de « punir » (sadisme après la transe masochiste). Et là, les Pinard à travers les âges, voient avec horreur leur fille (qu’ils adorent), blessée d’un coup de couteau au flanc (plaie christique), et le poète malade, à travers ces « lèvres nouvelles », lui infuser son « venin ». Donc maladie vénérienne, syphilis, sida. Donc crime.
Condamné.

Baudelaire exagère : c’est maintenant le Cantique des cantiques (très peu lu, en général, par les Pinard), qu’il imite, qu’il parodie, qu’il souille.
Les Bijoux :

« La très chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores. »

Que voulez-vous, ces bijoux sont indiscrets, et le mot « bijou » lui-même, mêlant le faste à la nudité, ne me paraît pas, à moi, Pinard, à sa place. Diderot nous a déjà fait le coup, mais ce Baudelaire va plus loin, il flashe sur des négresses, et des étrangères (moue pincée des femmes Pinard à travers le temps). Par exemple, il voit une certaine Lola de Valence, et aussitôt, tac, « un bijou rose et noir ». C’est un obsédé dangereux, surtout à cause de son goût dépravé du luxe. Il l’avoue lui-même : il aime « à la fureur » « les choses où le son se mêle à la lumière ».
Donc la femme nue (avec ses bijoux sonores) est couchée et « se laisse aimer ». Le désir de ce pervers monte vers elle, comme la mer vers une falaise (encore du naturisme parfaitement déplacé). Là-dessus, face à son « tigre dompté », la négresse « essaye des poses ». Baudelaire se lâche : il accumule des mots qu’on préférerait ne pas voir : bras, jambe, cuisse, reins, ventre, seins — il fait onduler tout ça et ose même comparer l’ensemble aux « grappes de sa vigne ». Singulier vigneron, n’est-ce pas. Mais il ne s’en tient pas là : la danse féminine est comparée à celle des « anges du mal », venant déranger l’âme, calme et solitaire, assise sur son rocher de cristal. Un vers comme « sa taille faisait ressortir son bassin » est ici franchement obscène. Même chose pour :

« Sut ce teint fauve et brun le fard était superbe. »

Et que penser de ce feu, de ce foyer qui « inonde de sang cette peau couleur d’ambre ? » Sommes-nous encore chez nous ?
Condamné.

Le sieur Baudelaire, je tiens à le rappeler, a écrit, parmi tant d’autres incongruités insupportables, deux vers sur la prostitution qu’il faut effacer des bibliothèques et de la mémoire humaine :

« Une nuit que j’étais près d’une affreuse Juive,
Comme au long d’un cadavre un cadavre étendu... »

Mais le poème qui devrait définitivement disparaître, le plus abject et le plus vicieux, est certainement Les Métamorphoses du Vampire. L’auteur n’a pas hésité à dire qu’il s’agissait d’une de ses pièces préférées. C’est, bien entendu, quelle que soit l’époque considérée, la plus condamnable, un vrai crime contre l’humanité.
Non seulement Baudelaire dégrade les rêves de l’idéal et de l’éternel féminin, mais il prétend, en plus, avoir couché avec la mort elle-même, dégoûtante prétention, incroyable audace.
Jugez-en.
La femme, ici a une bouche de fraise, c’est une Sibylle en fureur. Elle se tord comme un serpent sur la braise, elle pétrit ses seins, est est en pleine crise oraculaire, et ses mots sont, paraît-il, « imprégnés de musc ». Elle se vante d’avoir « la lèvre humide », de « sécher tous les pleurs sur ses seins triomphants », de « faire rire les vieux du rire des enfants » (les grands-mères Pinard apprécieront), son délire n’a plus de limites :

« Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles ! »

Pas de doute, elle nous déclare qu’elle règne sur le monde humain, c’est une star, une super-star, une vamp. Cette madone des lits s’adresse à son « cher savant » pour lui révéler que, « docte aux voluptés », « les anges impuissants se damneraient pour elle ». Et où ça ? Sur des matelas.
Le « cher savant » se laisse faire. La femme à la bouche de fraise, tenez-vous bien, lui suce toute la moelle de ses os (ici, Mme Pinard a un hoquet de dégoût à travers les âges), mais voici le pire. Le cher savant se retourne, et sur quoi tombe-t-il ?

« Une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus ».

Au lieu du mannequin puissant de tout à l’heure, qui « semblait avoir fait provision de sang »,

« Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d’eux-mêmes rendaient le cri d’une girouette
Ou d’une enseigne, au bout d’une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d’hiver. »

J’arrête ici cette démonstration de pure démence. À moins de voir dans ce cas une mystification sarcastique de grande envergure, une sorte d’humour noir pour attirer notre attention sur le fait que, dans le « noir mystère » il n’y a aucun mystère, et que le fameux « continent noir » évoqué par un savant d’autrefois, est une faribole, je trouve cet étalage pseudo-poétique (car enfin, la poésie, n’est-ce pas, c’est tour autre chose !) aussi indigne que profondément inutile. Je sais que d’aucuns prétendent que Baudelaire a démasqué, à travers l’hystérie, la frigidité et l’impuissance originelles comme moteurs de la frénésie sexuelle ; je sais qu’il a revendiqué comme une découverte capitale que l’être humain, possédé par cette impasse, était en général indifférent à la poésie. Le gidien protestant Sartre, en 1946, peu avant la regrettable réhabilitation de ces fantaisies, nous a dit ce qu’il fallait penser de toutes ces histoires. Je m’associe à lui dans mon nouveau réquisitoire qui, lui-même, sera suivi de bien d’autres, je n’en doute pas.

Baudelaire a des visions et des hallucinations, soit. Elles ne sauraient en aucun cas troubler la science, le progrès, l’humanisme, l’évolution des moeurs, la paix des ménages. Pourrais-je vous dire, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, que ma mère, ma femme, ma maîtresse, ma soeur, ma fille, ma petite-fille ne sont que des outres pleines de pus, ou des débris de squelette ? Cette insulte à la dignité féminine élémentaire doit être sévèrement sanctionnée. Il n’est que trop évident que Baudelaire, sans être gay, ce qui le rendrait sympathique, n’est pas non plus lesbian, — mais que son trans-genre queer est une façon de dissimuler sa haine des femmes dans leur substance même, substance dont il se veut, au fond, sous prétexte de poésie, le vampire forcené.
Condamné.

Juin 2005

« Poèmes interdits », par Charles Baudelaire,
Complexe, coll. « la Plume et le Pinceau », illustrations de Gabriel Lefebvre, 96 p.


Préface de Philippe Sollers
Le Nouvel Observateur du 13-10-05 (extrait)
L’Infini 93, Hiver 2005, p. 34
Discours Parfait, Gallimard, 2009, p. 272.

*

Ajout A.G. :

Gustave Courbet , Les dormeuses , 1866. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

*

Conférence de Philippe Sollers à l’Institut du Monde Anglophone (Paris), le 22 juin 2001.

"L’enfer des femmes là-bas",

*

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1 Messages

  • Viktor | 23 janvier 2007 - 10:01 1

    On peut voir Le Sommeil de Courbet au Petit Palais, à Paris, dans la partie en accès libre.
    _ Tableau qui, au premier regard, frappe par le sujet, sa grande taille 135x200 cm, sa sensualité, le rendu très réaliste de la chair... Une commande du diplomate Khalil-Bey, suivie d’une autre livraison discrète et devenue célèbre : l’Origine du monde, objet d’un article sur ce site.