vous etes ici : Accueil » THEMATIQUES » Sollers et son temps » Pour qui votez-vous Philippe Sollers ? Je vote De Gaulle !
  • > Sollers et son temps
Pour qui votez-vous Philippe Sollers ? Je vote De Gaulle !

D 4 octobre 2013     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


La revue Charles, créée il y a un an et demi par Frédéric Houdaille et Alexandre Chabert et dont le rédacteur en chef est Arnaud Viviant, se veut « une revue gaullo-marxiste baudelairienne » (tous des Charles) et ouvre chacun de ses numéro par un édito tiré des écrits de... François Mitterrand. Le n° 1 avait fait fort en imaginant — quelle idée ! — « un gouvernement d’écrivains » (c’était avant les dernières élections présidentielles). Le dernier numéro est, lui, consacré à « Journalisme et politique ». Invité principal : Jean-Luc Mélenchon avec un long entretien : « Les médias sont un traquenard permanent » (Ah bon ?). Interviews de Pierre Bergé qui règle ses comptes avec Le Monde, de Michel Bassi, de Daniel Schneidermann (arrêt sans images sur les journalistes politiques) et du fondateur d’Atlantico, Pierre Guyot. Éclectisme assuré. Un bel article d’Emmanuel Fansten sur François Mitterrand, Jean-Edern Hallier et... Joseph d’Aragon (la part d’ombre du règne mitterrandien et de son bouffon). Un petit dossier « Histoire graphique de l’écologie : du Larzac à N-D des Landes » avec plein d’affiches dont certaines laissent parfois dubitatifs.
Dans le même numéro, un entretien avec Sollers sur le thème : « Pour qui votez-vous ? ». La réponse finit par fuser : « Je ne vote pas, coco... ». Évidemment, l’intérêt n’est pas là. En fait, Sollers profite de l’occasion pour se lancer dans un plaidoyer pour « le grand Charles », entendez De Gaulle. On se rend vite compte que l’interview a été réalisé au moment où Sollers publiait son article pour Le Nouvel Observateur, De Gaulle surréaliste. Il en développe longuement les idées-forces et revient sur quelques événements biographiques marquants et certains « placards » refoulés de notre histoire contemporaine : Vichy, Moscou, la guerre d’Algérie, Mai 68. Bref, ceux qui ont déjà lu ça diront : il enfonce le clou...

*
JPEG - 66.8 ko
Photographie Patrice Normand/Temps Machine.


Petit bureau de Sollers dans les soupentes de Gallimard. Encombré de livres, bien évidemment. Sa fenêtre donne sur du vert : un peu de fausse pelouse installée sur un toit, semble-t-il. On ne voit pas de ciel, c’est très bas, mais de la lumière. Oui.

On joue un peu au con, comme on le fait toujours, dans la mesure où ça rassure tout le monde, en début d’interview. On explique :

Nous faisons une rubrique qui s’appelle Pour qui votez-vous ? à laquelle Houellebecq a déjà répondu, par exemple...

Sollers, à ce nom, intéressé.
Il n’a même pas encore allumé sa première cigarette.

Tiens, pour qui votait-il celui-là ?

On lui répond, tout en se rendant soudain compte de l’ironie de l’histoire.

Balladur...

Oh oh oh ! fait Sollers en envoyant dans le rouge les aiguilles de l’enregistreur.

Oui, on dit. Impossible de ne pas penser à vous, à votre article de 1995, « Balladur tel quel » dans L’Express qui vous a valu ensuite une volée de bois vert de la part de Pierre Bourdieu dans Libération.

Toujours pas de cigarette allumée de part et d’autre. Pas de stress. Pas de plaisir non plus. C’est l’avantage de deux gros fumeurs : cela se mesure, et cela se comprend, instinctivement, à cette addiction du moins.

Quand je pense à ce que j’ai pu prendre à cause de cet article, dont personne n’a compris la teneur ironique... Enfin, passons...

Ici, donnons quitus à Sollers. Personne sur le moment n’a compris son ironie à propos de Balladur, soyons honnêtes, et pas même nous, parmi les plus malhonnêtes qui soient. Pourtant, en retrouvant l’article sur Internet, on s’aperçoit que l’ironie était nettement palpable, ne serait-ce que dans cette phrase que L’Express n’hésite d’ailleurs pas à mettre en chapô :

« Balladur, quel nom ! C’est quand même mieux que Pompidou, de même que l’Orient de Smyrne fait plus rêver que l’Auvergne de Montboudif. »

On dirait du Molière ; et, à sa façon, ça en est. Le français est là, déjà mondialisé si l’on veut, mais toujours de voltairienne façon. Mais, foin de comparaison, revenons à nos moutons :

Bref, dans cette rubrique, nous parlons du rapport au vote...

Réponse immédiate du célèbre écrivain Gallimard :

Je ne vote pas, coco... Mais faut pas le dire !

Merde, se dit-on. C’est mal parti, l’interview.
On embraye vite.

Mais vous aviez dit au téléphone vouloir nous parler du général de Gaulle. Vous vous souvenez, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi de Gaulle ?

Et là, ça ne rigole plus.
Cette fois, Sollers prend une cigarette.
Et nous aussi, du coup.

JPEG - 57.3 ko
Photographie Patrice Normand/Temps Machine.

Puis Sollers (voix grave, presque empirique, genre) se lance :

De Gaulle. J’ai 5 ans, à Bordeaux. Les Allemands sont là. Zone occupée. Ils ont réquisitionné tout le bas des maisons. Donc, il faut s’appuyer sur un officier allemand. Dans notre cas, c’est un Autrichien. Allemand avec un bémol, donc. Lequel Autrichien se poivre le soir au Cognac tout en écoutant du Schubert, cependant que son ordonnance cire ses bottes dans le jardin. Ma famille est très anglophile. Ce que j’ai entendu durant mes plus jeunes années, c’est que les Anglais ont toujours raison. Cela peut se discuter sur l’Irlande notamment, mais enfin...
Si vous montez maintenant les escaliers, et que vous tendez l’oreille au fond des greniers, vous entendez Radio Londres. Messages brouillés.

Sollers parle.
Mieux : en réécoutant la bande, en la décryptant, on dirait vraiment qu’il écrit tout haut.

J’ai écrit un petit truc qui s’appelle De Gaulle surréaliste sur ces messages de Radio Londres, tous plus étonnants les uns que les autres. Ils ont été compilés dans un recueil publié par Omnibus. « Les renards n’ont pas forcément la rage, je répète... » « J’aime les femmes en bleu, je répète... » Ou encore, le plus magnifique : « Nous nous roulerons sur le gazon ! »... Ah bon ! Ah bon !

Il rit. Et, comme tous les grands fumeurs, Sollers rit quand il tousse, et tousse quand il rit. La fausse maladie des vrais Mousquetaires jaunis de nicotine : « Tousse pour un, un pour tousse ! ». D’aucun dirait aussi celle des communistes, mais qu’importent les extravagances malvenues, puisque Sollers est déjà reparti dans son sillon.

C’est de Bordeaux que de Gaulle s’embarque pour l’Angleterre. Comme vous le savez, ils étaient huit au départ, c’était un peu juste... Ce type paraissait vraiment très spécial... D’autant plus que je suis très sensible aux voix et que celle-là... À l’époque, à Vichy, ils avaient tous des voix blanches.

Sollers se met à les imiter.
Comme tous les grands écrivains, il est un immense imitateur. Plein de personnages. À se les tordre.

«  Londres, comme Carthage, sera détruite ! » Oh la la ! Ou alors (Sollers prend la voix pointue des informations de l’époque)  : « Ce matin, le maréchal Pétain est allé visiter les membres du jury Goncourt... ». Oh ! Oh ! De l’autre côté (Sollers imite maintenant l’organe gaullien)  : «  Je vous avais dit qu’il pleuvrait, eh bien il pleut ! »...

Il inspire un peu plus de sa Camel éternellement sans filtre.
Puis il continue.

J’ai assisté dans une embrasure de fenêtre à un discours de De Gaulle à Bordeaux. Ma famille avait rendu des services aux Anglais, bon... J’étais dans un petit costume de flanelle, très chic, n’en doutez pas. La Reine, qui s’est très bien comportée durant le Blitz était là... Ce sont tout de même les Anglais qui ont remporté la guerre... J’ai encore le goût de sa poudre de riz... Elle a commencé comme ça : « Nous voici rewenious dans notre bonne ville de Bordeaux »... Te deum le soir à la cathédrale, Le Messie de Haendel... Enfin, bref... Le choc des civilisations était violemment là, audible... Là-dessus, de Gaulle se fait remercier. Il a fait croire que la France qui avait voté à 90% pour Pétain était à 90% avec lui... Sublime acrobate !

Fin des souvenirs d’enfance. Ce chanteur d’opéra, virtuel, inabouti, qu’est Sollers, change alors soudain d’octave. La preuve : il nous appelle maintenant : « Cher Monsieur ». A-t-on vraiment mérité cela ?

Ensuite arrive quelque chose qui m’intéresse au plus haut point, puisque je suis corvéable : c’est la guerre d’Algérie, cher Monsieur... Qu’on n’avait pas même le droit d’appeler ainsi : il fallait parler de maintien de l’ordre. Exactement comme en 68, personne n’utilisait le mot qui convenait, c’est-à-dire celui de révolution... On disait « les événements »... Donc, premier placard de De Gaulle : parfait. Deuxième placard : à mon avis, très, très, très respectable. Le « Je vous ai compris », allez vous faire foutre, etc. Et puis tentative d’assassinat quand même, bon... Là, de Gaulle m’intéresse parce qu’il veut se venger. De qui ? Des Américains. De Roosevelt. Qui l’a fait chier à mort. Qui avait des plans pour la France, créer une autre monnaie, etc. Et puis, à Yalta, de Gaulle n’est pas là. L’Algérie, Monsieur, cela a signifié pour moi d’être réformé n° 2, sans pension, pour terrain schizoïde aigu, ce qui supposait une certaine solidité nerveuse et une grève de la faim qui a duré trois semaines dans un hôpital militaire... Arrondissement maudit pour moi que le XIXème, l’hôpital militaire Villemin, la gare de l’Est... Il faisait très froid. Mais on ne pouvait entrer à l’infirmerie qu’avec 40 de fièvre... « Nous avons le droit à 10% de déchets », me disait le médecin militaire... J’y serai encore si Malraux ne m’avait pas fait libérer... Je l’ai remercié par un petit mot. Ce n’était pas vraiment mon héros, mais enfin. Il m’a répondu par une carte de deuil, parce qu’un de ses fils venait de se tuer en voiture, tout à fait dans le style Malraux : « C’est moi qui vous remercie, Monsieur, d’avoir rendu pour une fois l’univers moins bête » [1]... Évidemment, si on s’écrit des lettres comme ça ! Puis arrive 1964. Reconnaissance de la Chine populaire par le général de Gaulle. Malraux va voir Mao Tsé Toung, et la première chose que Mao lui demande : « Parlez-moi de Napoléon » [2]... Drôle, non ? Je vous signale au passage que les Chinois vont célébrer en 2014, de façon grandiose, je ne sais pas, mais en tout cas remarquée, l’anniversaire de la reconnaissance de la Chine par la France. Fin du cordon sanitaire, alors que la Chine avait déjà rompu avec l’URSS... De Gaulle, toujours pour emmerder les Américains : le discours de Phnom Penh où il critique l’intervention américaine au Vietnam... Et puis un jour où il avait peut-être forcé sur la bouteille, on ne sait pas : « Vive le Québec libre ! » Le côté très drôle de De Gaulle... C’est Ubu ! « Françaises, Français, aidez-moi ! » Vous n’étiez pas né, cher Monsieur, mais j’étais étudiant à Paris quand, depuis ma chambre, j’entendis un fracas extraordinaire. C’était le putsch ! Les tanks prenaient position dans Paris, car on s’attendait à ce que des parachutistes putschistes sautent sur la capitale ! Le Pen était déjà là... Un jour il m’a agrippé sur le boulevard Saint-Michel parce que je manifestais... Donc, je vote de Gaulle sur les trois premiers placards... En revanche, pas sur le quatrième, celui de Mai 68... Cela dit, ce « non »-là à de Gaulle était très trouble. Vichy et Moscou, Moscou et Vichy, c’est toujours ça la France... Il y a un refoulé gaullien... Gaulliste, je ne sais pas ce que ça veut dire, je m’empresse de le préciser. Sa phrase la plus drôle, c’est : « Vous mettrez une croix de Lorraine à Colombey, cela fera réfléchir les lapins. »

Mais à l’époque, Debord et d’autres pensaient vraiment que de Gaulle, c’était l’arrivée du fascisme. Ce qui me paraissait peu vraisemblable. « Croit-on qu’à 68 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? » Les conférences de presse de De Gaulle, on peut les revoir en boucles pour s’amuser. Sans parler de Mitterrand que de Gaulle surnommait « l’arsouille »...

JPEG - 50.8 ko
Photographie Patrice Normand/Temps Machine.

Cela fait un bon moment que Sollers parle tout seul, en freestyle. On essaie de reprendre la main. Au simple nom de Mitterrand, on glisse ainsi :

En 1981...

Mais Sollers, pas fou, ne se laisse pas faire. Il reprend aussi sec :

Ah mais, Monsieur ! En 1981, je ne suis pas là.

Toujours ce vieux truc du « Monsieur » qui vous foudroie comme un vieux con soudain sous l’orage, alors que vous avez vingt-cinq ans de moins que lui. En même temps, on se souvient que c’est vrai. Qu’en 1981, pour ce qu’on en sait, Sollers était très certainement à New York en train d’écrire Femmes [3]. De toute façon, il s’en fout. Il a déjà ressaisi la parole :

En 1981, je déserte. Très vite. Ma mauvaise réputation est fondée, croyez-le. Mes mauvais rapports avec le Parti communiste, mes aventures mao... Très mauvaise réputation, Sollers ! Mais, je la conserve pieusement. Le nom de Malraux faisait tressaillir Mitterrand : il embrayait tout de suite sur Drieu la Rochelle. Je ne sais plus quel témoin racontait ça, mais c’est très clair. Après, Bousquet... « Il a rendu des services », disait Mitterrand... Ou Papon qui n’était pas Bordelais même si on l’a jugé à Bordeaux. Il fallait alors récupérer tout le monde...

Sollers inspire. Puis se relance.

Ce qui m’intrigue le plus, c’est à quel point la police de De Gaulle était mal faite pour n’avoir pas vu venir Mai 68. La police de Mitterrand était beaucoup plus efficace. Et ne parlons pas de celle d’aujourd’hui. Mon héros ces jours-ci s’appelle Snowden. Voilà un génie ! Ha oui ! Il faut le faire : prendre un billet pour Hong-Kong, ne pas se faire bousiller par les Chinois, alors qu’une triade de Hong-Kong, ce n’est quand même pas très cher et cela n’a pas de comptes à rendre à aucun gouvernement... Des Chinois qui renvoient ensuite Snowden à Moscou... Là, je crois entendre de Gaulle rire dans sa tombe ! Le fait que les États-Unis d’Amérique ne soient pas capables d’abattre un type aussi toxique, c’est la véritable information ! Tout ça, au demeurant, dans une gigantesque hypocrisie ! L’Europe qui dit : « C’est très grave, nous allons demander des explications. » Mais enfin, les États-Unis sont des alliés ! Donc l’Europe s’espionne elle-même... L’Europe, l’Europe, l’Europe ! Comme un cabri ! La politique ne se fait pas à la corbeille ! Même le premier pape jésuite semble vouloir aujourd’hui blanchir la banque ! On verra. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a ainsi, parfois, des individus qui surgissent, tel de Gaulle, et qui par leurs agissements, leurs discours, infléchissent le cours de l’Histoire. Alors oui, j’y reviens, de De Gaulle surréaliste. Les messages personnels à la Résistance... « Rodrigue ne parle pas l’Espagnol »... C’est tout de même de questions de vie ou de mort dont il s’agissait. Ces messages cryptés, cela voulait dire : il faut buter quelqu’un. Ou bien : il faut faire sauter un train. Eh bien, cette force symbolique dans le dire est la raison pour laquelle je vote aujourd’hui de Gaulle.

Propos recueillis par Arnaud Viviant, Charles n°7, octobre 2013. L’Infini n° 126, Printemps 2014.

Pour plus amples détails, voir : Enfance et jeunesse d’un écrivain français, la vidéo de la conférence-débat du 29 juin 2010 au Collège des Bernardins (avec Julia Kristeva).

*

« La guerre n’est pas finie »

PS : Voter ou pas pour De Gaulle, la question ne s’est jamais posée à moi. Mais, malgré Mai 1968, mon intérêt pour la figure du De Gaulle historique n’a jamais manqué. C’est pourquoi j’ai beaucoup aimé, en 1995, le De Gaulle, où est-tu ? d’André Glucksmann, dont la lecture de La cuisinière et le mangeur d’hommes, vingt ans plus tôt, avait été pour moi décisive. Une phrase du De Gaulle de Glucksmann m’a frappé : « Le leitmotiv de De Gaulle tient, selon moi, en une formule courte et banale : "la guerre n’est pas finie". » Cela reste vrai.

JPEG - 26.3 ko
Dédicace d’André Glucksmann, 1995.
JPEG - 23.7 ko
Première édition, février 1995.

« "On dressera une grande croix de Lorraine sur la colline qui domine les autres. Tout le monde pourra la voir. Comme il n’y a personne, personne ne la verra. Elle incitera les lapins à la résistance."
Ainsi parlait un général solitaire, le dernier grand homme que la France connut.
Qu’en est-il de la paix et de l’esprit de dissidence, dans le monde ravagé par les terrorismes ethniques, les fanatiques religieux et les pulsions génocidaires qui frappent à la porte ?
De Gaulle se réclamait du "pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde".
Pareille ambition est-elle trop grande pour nous ?
Ce livre est un anti-somnifère.
Paix froide, guerres chaudes. A l’heure où les allumettes nucléaires tombent entre des mains inconnues, Politiques, vos lèvres resteront-elles muettes ? » —

A.G. (16 mars 2014).

*

[2Cf. M. Pleynet, Mao et la Chine.

[3Erreur : Sollers était à Venise en mai 1981. «  Je suis à Venise, quand, trois jours avant l’attentat contre le pape, l’habile Mitterrand arrive au pouvoir en France. Ce n’est pas mon candidat, car je n’en ai pas. » Cf. Un vrai roman, folio, p. 176. A.G.

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document