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Enfance et jeunesse d’un écrivain français

« Je ne vois pas pourquoi je devrais oublier mon enfance » (Contre-attaque)

D 28 novembre 2016     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Philippe Sollers, né à Talence, près de Bordeaux, le 28 novembre 1936...

On lit dans Contre-attaque (Grasset, 2016, p. 204-206) :

Le génie du catholicisme ?

Absolument. Et ce n’est pas moi qui ai entraîné Proust à Venise. Il n’y est allé que deux fois, mais dans une adoration perpétuelle, notamment dans le baptistère de Saint-Marc, avec sa mère. Cette scène fameuse devrait être apprise par cœur dans toutes les écoles.
Moi-même, je ressens toutes ces choses extrême­ment fort et je ne vois pas pourquoi je devrais oublier mon enfance [1]. Je sais bien qu’on me le demande sans cesse, de l’oublier, de ne pas en tenir compte, comme si ce n’était pas un endroit extrêmement important pour tout artiste, pour tout écrivain. Mon enfance est menacée de falsification, d’incompréhension.
Pourtant, cette enfance est là, avec les sensations qui touchent à l’ensemble des perceptions dont est capable un corps humain.
Je n’ai aucune raison de renier, voire d’oublier, une enfance catholique. Bien au contraire, puisque je crois, en tout cas dans mon cas, que ç’a été une expérience très précise, une expérience qui permet la sortie de la religion.
Dans mon cas, cette sortie ne s’est faite ni par la répression, ni au moyen d’une loi qui s’imposerait, ni par des refoulements divers. La demande d’oublier ou de refouler son enfance est constante dans la société où nous sommes, mais je ne vois pas du tout pourquoi je lui obéirais. Bien au contraire. Plus on insiste, plus j’en parle. Et je le dis : le catholicisme a été pour moi une expérience de liberté.

Cette sortie de la religion a néanmoins été ren­due possible par le goût, l’art, la beauté...

Dans un endroit précis de la planète ...

... qui s’appelle la France...

Eh non ! Bordeaux ! (rires)
La sortie de la religion, pour moi, est passée par là. Et par les femmes. C’est ce mot encore une fois qu’il faut considérer si l’on veut s’intéresser aux religions. C’est là que ça se passe, et pas ailleurs.
Sur ce sujet, l’islam, malheureusement, laisse extra­ordinairement à désirer. Plus ou moins, ça dépend de là où l’on se trouve. Mais, quoi qu’il en soit, tout cela agite beaucoup la société, qui, je le rappelle, s’est débarrassée, au cours d’une révolution célèbre, du poids de sa religion d’État. À tel point, qu’aujourd’hui, le catholicisme est subclaquant. Bravo ! Très bien ! ça signifie en tout cas qu’il est, bel et bien, la moins dangereuse des religions.

C’est, tout de même, la seule religion capable de mettre des centaines de milliers de Français opposés au mariage pour tous dans la rue.

Cette question du mariage n’est pas digne d’être pensée comme problème. C’est juste un épreuve de liberté. Il est très difficile, tu sais, de trouver la moindre position réactionnaire dans mes propos.

Toujours la dialectique...

C’est le mouvement même !


Philippe Sollers à Bordeaux dans le parc de la propriété familiale en 1937 avec sa mère et sa sœur Annie.
Zoom : cliquez l’image.
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Enfance et jeunesse d’un écrivain français
La vidéo de la conférence-débat du 29 juin 2010
au Collège des Bernardins

Première mise en ligne le 8 novembre 2010.

Directeur des débats : Antoine Guggenheim
Présentation : Julia Kristeva
Intervenant : Philippe Sollers
Equipes KTO Télévision
Réalisateur : Henri de Mérindol
Chargé de production : François Klein
Copyright : KTO - Collège des Bernardins - 2010

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1. Introduction du Père Antoine Guggenheim

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2. Présentation de Julia Kristeva

Le texte de l’intervention de Julia Kristeva.

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3. Julia Kristeva (fin), lectures de Philippe Sollers

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4. Philippe Sollers

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5. Philippe Sollers

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6. Philippe Sollers

L’hôpital militaire
Après 8’50 : Lecture de Maître Eckhart : l’extrait de Un vrai roman est ici.

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L’INTÉGRALE

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Le compte-rendu de la conférence avec des extraits des interventions sur Pileface
Le point de vue de Marc Pautrel.
Le Collège des Bernardins
Podcast audio des cours d’Antoine Guggenheim, Pour une théologie chrétienne du judaisme

Interview :

Antoine Guggenheim, prêtre et chercheur au collège des Bernardins analyse le nouveau désir d’exposition de l’Eglise catholique :
« Je dirais que c’est mai 1968 qui a fait revenir Dieu. En proclamant le retour de l’Esprit et la fin du marxisme monolithique. Je crois que ça peut se démontrer. Un seul nom : Philippe Sollers ! Dieu revient, mais différent, mort et ressuscité ! »

« Etre minoritaires nous a libérés », Libération du 25 avril 2011.

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[1Je souligne. A.G.

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