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L’avoir été de Hölderlin

Documents sur n° 2/3

D 1er juillet 2016     A par A.G. - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Zoom : cliquer sur l’image. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Dans le numéro 135 de L’Infini (printemps 2016) Marcelin Pleynet rend hommage à Jean-Louis Houdebine, récemment décédé. Il rappelle, entre autres, l’intérêt de Houdebine pour le poète Hölderlin — « voir dans la revue Documents sur n° 2/3, son "L’avoir-été de Hölderlin" »... Je me suis reporté au numéro de cette revue dont le titre ne doit pas évoquer grand chose aux lecteurs d’aujourd’hui et dont j’ai fait la présentation il y a quelques années dans un article sur Pierre Nivollet (cf. Documents sur). Le numéro 2/3 fut publié en octobre 1978. Il comporte un dossier de 26 pages sur « Picasso aujourd’hui » introduit par Marcelin Pleynet sur lequel je reviendrais (dossier qui précède donc de trois ans celui de la revue art press « Picasso a 100 ans » dont j’ai rappelé il y a peu l’importance).

On y découvre (p. 63), en réponse à un questionnaire, que Sollers, à la question « Peignez-vous ? Avez-vous peint ? », déclare :

Philippe Sollers, Peinture, 1975.
Zoom : cliquer sur l’image.
Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

« Un seul tableau, en deux heures, par terre, beaucoup avec les pieds : il se trouve en dépôt chez Louis Cane, qui a bien voulu le monter sur châssis. Personne ne semble l’avoir vu. Je voulais rapidement fabriquer une "pierre de rêve" taoïste »

et que le peintre qui est alors le plus proche de ses préoccupations est Tintoret. Logique. En 1978, « avec Paradis, je joue, au sens propre, sur un tableau, et c’est, bien sûr, le Paradis de Tintoret [1]. »

On y découvre surtout (p. 64-68), c’est ce qui m’importe ici, un texte — poésie ? — de Sollers daté de mars 1978 et intitulé significativement « Brot und Wein » (Pain et vin) qui précède le texte de Houdebine sur « L’avoir été de Hölderlin » — et la traduction de deux poésies tardives —, non moins significativement écrit en référence à l’entreprise poétique de Pleynet et dont l’exergue est un extrait de Comme [2]. Dans un entretien avec Jean Louis Houdebine et Philippe Sollers paru dans Promesse n°34-35, Pleynet ne déclarait-il pas en 1973 :

Ce qui a été décisif, ce qui m’a beaucoup appris, ce sont les derniers textes de Hölderlin, les textes dits "de la folie", dans la mesure où, justement, ils reprennent à la fois les textes plus anciens dans des séquences historiques très vastes, dans un retour et dans une syntaxe qui me semble très moderne ; j’y ai beaucoup appris, particulièrement quant à ce rapport, rapport fantasmé, de désir d’articulation au tout social, à ce qui se marque, à propos de Hölderlin précisément, dans Paysages en deux où Hölderlin figure sous la forme de l’évocation du récit d’une visite que lui fit Waiblinguer : "Nous prîmes congé. En descendant l’escalier, par la porte ouverte, nous l’avons vu encore une fois arpenter sa chambre à pas pressés. Un frisson d’horreur me parcourait. Je pensais aux fauves, qui dans leur cage vont d’un côté à l’autre. Plein de stupeur, nous sortîmes en courant de la maison." [3]

« Il est clair qu’on ne peut pas se promener dans Hölderlin comme ça », disait Sollers le même entretien [4]. J’ajouterai qu’on ne peut pas plus « se promener » dans Pleynet (ou Rimbaud) comme ça. Pourtant tout cela, qui demande beaucoup au lecteur, finira bien par être lu et déchiffré un jour.

*
« Pourquoi Hölderlin ? Parce que c’est la langue vivante la plus refoulée par notre culture, et toujours, en général, commentée par des philosophes idéalistes ou spiritualistes, alors que la force d’intervention de la langue d’Hölderlin, en même temps que s’est développée la philosophie de Hegel, prouve bien que quelque chose, dans l’éclatement du sujet occidental, se passe dans la poésie de façon irréversible. »

Philippe Sollers, L’avant-garde aujourd’hui, 1973.

*
« L’avoir-été n’est pas le passé. Il se conjugue d’abord au futur, hier n’est que le seuil de toujours. »

Philippe Sollers, Illuminations, 2003, Folio, p.167 [5].


Documents sur, n°2/3, octobre 1978.
Zoom : cliquez l’image.

Je précise que ces textes de Jean-Louis Houdebine sont repris dans le premier chapitre de son essai Excès de langages (Denoël, coll. L’infini, 1984), « La voix de Friedrich Hölderlin-Scardanelli » avec deux autres textes : Le chant (ou sens vivant) des langues, L’ivresse du temps dans les langues et d’autres traductions des poèmes de la dernière période de Hölderlin-Scardanelli.

LIRE : Jean-Louis Houdebine tel quel
H comme Hölderlin (1973).

*

« Scardanelli »

Stéphane Zweig

Extrait de Le Combat avec le démon : Kleist- Hölderlin- Nietzsche.

Mais lui est parti, il n’est plus là ;
Un céleste entretien est maintenant son partage.

Pendant quarante ans l’Hölderlin terrestre a été emporté par le nuage de la démence ; ce qui durant ce temps reste de lui sur cette terre, c’est sa pauvre ombre, son image vieillissante, Scardanelli, car c’est ainsi et ainsi seulement que sa main maladroite signe les feuillets confus de ses vers. Il s’est oublié lui-même, comme le monde l’a oublié.
Dans une maison étrangère, chez le brave menuisier [Zimmer], Scardanelli habite jusqu’à une période avancée du nouveau siècle. Sans qu’il s’en aperçoive, le temps touche de son aile sa tête en proie aux ténèbres et enfin, à son blême contact, blanchissent les boucles blondes de ses cheveux. Au-dehors, le monde se transforme à travers les vicissitudes des événements : Napoléon envahit l’Allemagne et en est rechassé ; de la Russie on le refoule jusqu ’à l’île d’Elbe et à Sainte-Hélène et là il vit encore des années, comme un Prométhée enchaîné, il meurt et devient légende, sans que le solitaire de Tübingen sache rien de tout cela, lui qui pourtant autrefois a chanté le « héros d’Arcole ». Schiller, le maître de sa jeunesse, est mis au tombeau de nuit par des ouvriers ; ses ossements pourrissent pendant des années, puis le caveau s’ouvre et Goethe tient pensivement dans ses mains le crâne funèbre de son ami si cher, mais le « captif céleste » ne comprend plus le mot « mort ».
Puis Goethe aussi s’éteint ; à quatre-vingt-trois ans, le sage de Weimar rejoint dans la mort Beethoven, Kleist, Novalis et Schubert. Waiblinger, lui-même, qui, étant étudiant, visita souvent Scardanelli dans sa cellule, est enfermé dans le cercueil alors qu’Hölderlin continue toujours de vivre « sa vie serpentine ». Une nouvelle génération surgit, et les fils oubliés d’Hölderlin, Hypérion et Empédocle, se voient enfin aimés et appréciés sur la terre allemande, qu’ils parcourent d’un bout à l’autre, mais pas la moindre nouvelle, pas le moindre pressentiment n’en parvient jusqu’à la tombe spirituelle du solitaire de Tübingen. Il est tout entier au-delà du temps, il est entièrement plongé dans l’éternité, dans le rythme et dans la mélodie.
Parfois, un étranger, un curieux, vient voir cet homme oublié, qui appartient plus à la légende qu’à la vie. Contre le vieux beffroi de Tübingen est adossée une petite maison et là-haut, dans l’échauguette, dont la fenêtre porte une grille, mais qui permet de contempler librement le paysage, se trouve l’étroit réduit de Scardanelli. Les braves gens qui le logent conduisent le visiteur jusqu’à une petite porte : derrière la porte on entend parler, mais à l’intérieur il n’y a que le malade, qui marmonne incessamment, pour lui seul, à haute voix. Ce tourbillon confus de paroles sans forme et sans signification sort de sa bouche comme une psalmodie. Parfois aussi le pauvre dément se met au piano et joue pendant des heures ; mais il ne trouve plus aucune suite, aucune abondance de sons, et ce n’est plus qu’une morne harmonisation, une répétition obstinée et fanatique de la même mélodie misérable et brève. Mais c’est toujours une musique, c’est toujours un rythme qui entoure ce paria de l’esprit : comme dans la harpe éolienne le vent sonore passe à travers un roseau creux coupé de sa tige, ici, à travers le cerveau brûlé par l’incendie retentit encore la musique éternelle des éléments.
Enfin, saisi d’une légère frayeur, l’étranger qui écoutait frappe à la porte : un « entrez » sourd, craintif et même véritablement effrayé lui répond. Une figure émaciée, un greffier à la E.T.A. Hoffmann, est au milieu de la petite chambre, la fine stature est très peu courbée par l’âge, bien que les cheveux tombent déjà blancs et rares sur un front au beau profil. Cinquante ans de souffrance et de solitude n’ont pas pu anéantir complètement la noblesse de l’adolescent de jadis ; une ligne pure, seulement plus accusée par le tranchant du temps, découpe encore la fine silhouette depuis les tempes à la courbure délicate jusqu ’à la bouche revêche et au menton arrondi. Parfois les nerfs font tressaillir brusquement son visage tourmenté : alors c’est comme une commotion électrique qui traverse tout son corps, jusqu ’à la pointe de ses doigts osseux. Mais l’œil, autrefois si éclatant, reste maintenant immobile et sinistre : sa pupille repose lourdement sous ses paupières, terne, effrayante et sans regard, comme celle d’un aveugle.
Cependant, quelque part, un peu de conscience et de vie couve et flamboie dans cette ombre qui paraît être un revenant : déjà le pauvre Scardanelli s’incline servilement et exagérément, avec d’innombrables courbettes et révérences, comme devant la visite du plus grand des personnages. Un flot de titres dévotieux — « Votre Altesse ! Votre Sainteté ! Votre Eminence ! Votre Majesté ! » — sort, comme un gargouillement, de ses lèvres émues et empressées et avec une politesse écrasante il accompagne l’hôte vers un siège, qu’il lui avance respectueusement. On ne saurait dire qu’alors s’engage une conversation à proprement parler, car l’esprit vagabond et confus d’Hölderlin est incapable de s’arrêter sur une pensée et de la développer logiquement ; plus il s’efforce convulsivement d’ordonner ses idées, plus ses paroles s’entremêlent en un sourd jaillissement de sons balbutiés qui n’appartiennent plus à la langue allemande, mais qui sont des formations verbales, baroques et fantaisistes. Il comprend encore avec peine certaines questions ; encore luit dans la pénombre de son cerveau obscurci quelque clarté, quand on cite le nom de Schiller ou bien qu’on évoque une figure du passé. Mais, si un imprudent parle d’Hölderlin, aussitôt Scardanelli se met en colère et s’emporte. Peu à peu, si l’entretien se prolonge, le malade devient inquiet et nerveux, parce que l’effort qu’il fait pour penser et la souffrance que lui cause la concentration des idées sont trop grands pour son cerveau fatigué ; et alors le visiteur s’en va, accompagné jusqu’à la porte par une infinité de courbettes et de révérences.
Mais, phénomène étrange, chez cet homme tout à fait plongé dans la nuit, que l’on ne peut plus laisser sortir librement (parce que l’élite intellectuelle de l’Allemagne, messieurs les étudiants, se moquent du malheureux et par leurs plaisanteries de buveurs de bière déchaînent en lui de furieux accès), dans cette cendre inerte d’un esprit effondré reste encore une étincelle qui brille jusqu ’au dernier jour : c’est la poésie. Elle seule, par un frappant symbole, survit à la chute intellectuelle. Scardanelli écrit des poésies, tout comme sans doute Hölderlin enfant en a écrit. Pendant des heures il remplit des feuillets entiers de vers et d’une prose fantastique (Morike, qui a dispersé ces manuscrits sans y prendre garde, raconte qu’on les lui a « portés dans des paniers à linge »). Et, quand un visiteur lui demande un autographe comme souvenir, Hölderlin se met sans hésiter à sa table et d’une main assurée (l’écriture, elle aussi, a été épargnée par la destruction), selon ce qu’on désire, écrit des vers sur les saisons ou sur la Grèce, ou bien une « pensée » comme, par exemple, ceci :

Tel le jour entoure les hommes de clarté
Et associe dans la lumière, qui jaillit des hauteurs,
Les phénomènes crépusculaires
Telle est la science qui parvient à la profonde spiritualité.

Et là-dessous, il écrit ensuite une date inexacte (car pour ce qui est des choses réelles, la raison le quitte aussitôt) et il signe « votre humble serviteur Scardanelli ».
Ces poésies d’une intelligence éteinte, ces vers de Scardanelli sont tout à fait différents de ceux du crépuscule intellectuel d’Hölderlin, de l’obscurité empourprée, des larges odes des « Chants nocturnes » : en elles s’opère une mystérieuse régression vers les débuts du poète. Aucune n’est écrite en vers libres, comme les hymnes composés au seuil des ténèbres ; toutes sont rimées (quoique souvent elles soient simplement assonancées) et distribuées en strophes bien distinctes ; toutes ont le souffle court, par opposition aux flots amples et mugissants des odes. Il semble que le poète fatigué et à l’esprit chancelant craigne de se lancer dans l’ode sans frein, dans l’irrésistible cataracte du rythme, et ainsi il se sert de la rime comme d’une béquille. Aucune de ces poésies n’est raisonnable, au sens de la clarté, mais aucune n’est complètement dépourvue de sens ; elles ne sont plus une forme logique, mais simplement une forme euphonique ; elles sont comme la transposition lyrique de quelque chose de vague, dont il ne peut plus démêler le sens logique.
Mais ces poésies de la démence de Scardanelli restent toujours des poésies, tandis que celles des autres poètes déments, par exemple celles de Lenau, à l’établissement de Winnenthal, ne font que serpenter dans le vide à la remorque d’une simple kyrielle de rimes (« Die Schwaben sie traben, traben, traben »). Encore chez Hölderlin s’amalgament des comparaisons, nuageuses et sans transparence ; encore souvent l’âme du poète se révèle dans un cri émouvant, comme dans cet incomparable quatrain :

J’ai joui des agréments de ce monde ;
Les plaisirs de la jeunesse se sont enfuis, au loin, oh ! combien loin !
Avril et Mai et Juin sont passés,
Je ne suis plus rien, et la vie n’a pour moi plus de charmes.

Ce sont là des vers moins d’un aliéné que d’un poète enfant, d’un grand poète dont l’esprit est retombé dans l’enfance ; ils ont la simplicité et l’aisance des pensées enfantines, jamais ils n’ont rien d’abrupt ni de monstrueux , jamais l’exaltation de la folie. Comme dans un abécédaire, les images se rangent l’une à côté de l’autre, et la ligne prononcée à haute voix rime avec la naïveté d’un vers de mirliton. Un enfant de sept ans peut-il voir un paysage avec plus de pureté et d’ingénuité que Scardanelli, lorsque celui-ci écrit :

Oh ! devant ce doux tableau
Où il y a des arbres verts,
Comme devant une auberge une enseigne,
J’ai de la peine à ne pas m’arrêter.
Car décidément, dans les paisibles journées,
Le repos me semble excellent.
Garde-toi de m’interroger,
Si je dois te répondre.

Sans arrière-pensée, poussés seulement par le vent fortuit du sentiment, c’est-à-dire d’une manière absolument improvisée, ces vers déroulent leurs images et leur musique, comme le jeu d’un heureux enfant, qui ne connaît du monde réel que les couleurs et les sons, la libre harmonie des formes. Telle une montre aux aiguilles brisées dont le mécanisme intérieur continue encore son tictac sans signification, Scardanelli-Hölderlin ne cesse d’être poète, dans le vide d’un monde pour lui éteint : respirer, c’est pour lui être poète. Le rythme survit en lui à l’intelligence et la poésie à l’existence : c’est ainsi que s’accomplit encore, dans une désagrégation d’un tragique terrible, le plus profond désir de sa vie, qui était de se livrer entièrement à la poésie et avec tout son être de se dissoudre sans aucune restriction dans l’œuvre poétique. Chez lui l’homme meurt avant le poète et la raison avant la mélodie ; et la mort et la vie, l’une et l’autre, élaborent pour lui, sous forme de destin, plastiquement, ce qu’un jour son désir prophétique a proclamé comme étant la véritable fin du vrai poète : « Etre consumé par les flammes, payer la rançon de la flamme que nous n’avons pu dompter. »

Le texte en allemand

*

Une interprétation (musicale)

Scardanelli-Zyklus

pour flûte solo, chœur mixte, ensemble et bande (1975-1991) .

par Heinz Holliger

« Der Dichter spricht » (Le poète parle)

« Plus on se rapproche de ces strophes qui, avec leur extrême simplicité apparente, ressemblent presque à des chansons (elles comportent des iambes à cinq et six pieds, et les rimes féminines n’ont de pureté que par l’orthographe), plus elles dévoilent l’interdiction qu’elles recèlent : "Noli me tangere". Une paroi de verre semble séparer l’observateur de la nature idyllique, au repos, ainsi que des êtres humains qui s’y déplacent. Rien du "bruissement de l’air doux" ne la traverse pour atteindre l’espace acoustiquement mort. L’"éclat de la nature" devient un rayon éblouissant et douloureux qui heurte la paroi, laquelle agit comme un verre ardent. L’ "homme qui contemple paisiblement" est exclu (un expulsé ?). Pour lui, le "calme de la nature" devient la rigidité cadavérique de la nature, le silence, un silence de mort : une scène idyllique figée et contrainte au mutisme, une véritable "nature morte".

Ces poèmes sobres, dont la paix respire un tel équilibre, ces poèmes contemplatifs, que Hölderlin rédigeait toujours "à la demande" de ses visiteurs "contre une pipe de tabac", sont en réalité des masques verbaux derrière lesquels le poète, "battu par Apollon", profondément atteint, tente de s’abriter. Il demeure caché, avec une telle opiniâtreté qu’il se débarrasse aussi de son propre nom et donne à ses poèmes des millésimes qui placent le lecteur dans une complète confusion. La datation de ces poèmes, écrits entre 1833 et 1843, va du "3 mars 1648" au "9 mars 1940" !

Ils sont le plus souvent signés du nom de Scardanelli, qui était, avec Buonarotte et Rosetti, l’un des pseudonymes derrière lesquels Hölderlin cherchait à se cacher. » Heinz Holliger, IRCAM.

*

Extraits

LIRE : ManiFeste : Holliger dirige son Scardanelli-Zyklus

*

[1Entretien avec J.-P. Enthoven, 1981. Cf. L’Infini 126, p. 44.

[2Seuil, coll. Tel Quel, 1965. Réédité dans Les trois livres (Seuil, 1984) avec Provisoires amants des nègres (Seuil, 1962) et Paysage en deux (Seuil, 1963).

[4Idem.

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3 Messages

  • laure.lootgieter @free.fr | 8 juillet 2016 - 11:18 1

    Cher Albert
    Voici ce que je lis à l’instant et au hasard :"quelques poèmes seulement portent la trace de ces 102. jours en Aquitaine "(p9 Holderlin,journal de Bordeaux (1er Janvier-14 Juin1802) Jean -pierreLefebvre bibliothèque Virgin)
    Intimidée par la pure humilité je ne savais comment vous remercier . Voilà que la chance le fait pour moi
    En toute confiance
    Laure Lootgieter


  • A.G. | 5 juillet 2016 - 12:01 2

    Chère Laure,
    "Pourquoi 102 années s’écoulent-elles entre l’hiver et l’été ?" demandez-vous. Difficile de répondre à cette question plus complexe encore que vous ne semblez le supposer. C’est l’énigme à dé-chiffrer. Entre le 21 janvier 1841 et le 7 juin 1843, date de sa mort, Hölderlin écrit 27 poèmes qu’il signe Scardanelli (pourquoi Scardanelli ?). Quatre d’entre eux s’intitulent L’été, cinq L’hiver, sept Le printemps, un seul L’automne. Tous sont datés de mois ou d’années différentes. Beaucoup sont datés d’un 24 mai. Il y a comme un éternel retour des saisons. La Nature y est plus que présente. L’un des derniers poèmes s’intitule Le génie du Temps. C’est peut-être une des clés de l’énigme. Je le cite dans la traduction de François Garrigue (Oeuvres poétiques complètes, Edition de la Différence, 2005) :

    Les hommes pour la vie se trouvent en ce monde,
    Tels sont les ans, tels les temps plus haut tendent
    Tel qu’est le changement, il reste donc bien vrai
    Que durée vient au divers des années ;
    La perfection à cette vie s’unit si bien,
    Qu’aisé s’y fait le noble effort humain.

    24 mai 1748, En humble serviteur, Scardanelli.

    En toute humilité. A.G.


  • laure lootgieter | 4 juillet 2016 - 15:05 3

    Bonjour cher Albert
    Pourquoi 102 années s écoulent elles entre l hiver et l été ??