vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE SOLLERS » Un vrai roman. Entretiens & Critiques
  • > SUR DES OEUVRES DE SOLLERS
Un vrai roman. Entretiens & Critiques

Sollers sur toutes les ondes

D 13 février 2008     A par Viktor Kirtov - C 10 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


créé le 22-10-07
mis à jour MP3 le 1-02-2015 par A.G.

ENTRETIENS VIDEO

Entretien à Esprits libres

Avec des images d’archives (le groupe Tel Quel au début des années 60)

*

Dans La Bibliothèque Médicis

*

« Plus personne ne sait lire »

Avec Grégoire Leménager et Aude Lancelin du Nouvel Observateur.

oOo


ENTRETIENS AUDIO

le site de l’émission

*

Philippe Sollers chez Mollat (le 7 novembre 2007, à Bordeaux :1h12’50)

*

1. Les matins de France-Culture (2 novembre 2007).

Partie 1. 21’39

Partie 2. 19’14

Partie 3. 20’29

*

2. Affinités électives, entretien avec Francesca Isidori (le 22 novembre 2007, 56’45)

*

3. Raison de plus, entretien avec Alain Veinstein, dans Surpris par la nuit
(le lundi 3 décembre, 1h 10.)

oOo

Enfin, ceux qui ne confondent pas "sérieux" et "esprit de sérieux" pourront écouter Le fou du roi, émission de Stéphane Berg, du 17 novembre 2007 (Sollers y imite Chirac, Mitterrand, etc...)

ou Les grosses têtes (avec Eric-Emmanuel Schmitt) (1h18) :

oOo


CRITIQUES


Philippe Joyaux avait cinq ans. C’était l’été, à la campagne. Sous ses yeux des voyelles, des consonnes, des mots, des phrases. Il articulait, il prononçait. Il enchaînait. Sa mère lui a dit, tout à coup : "Eh bien, tu sais lire." Il savait lire et il était comme ivre de fierté, de bonheur. "Je viens de m’emparer de l’arme absolue. Toutes les autres sont illusoires, mortelles, grotesques, limitées, ridicules."

Il est exact que Joyaux dit Sollers n’a cessé durant toute sa vie d’en organiser le cours, d’en fixer le rythme autour du livre et de la lecture. C’est un lecteur boulimique, affûté, exigeant. On ne peut être un écrivain ambitieux si on ne l’est pas dans ses lectures. D’ailleurs, lire, écrire et vivre, c’est du pareil au même. Comme à l’âge de cinq ans, les yeux et la mémoire ont ensuite continué d’enchaîner.

De comparer, d’interroger. L’intelligence et la beauté sont à foison. Il suffit d’aller là où elles se cachent. En ce sens, les Mémoires de Philippe Sollers sont une formidable leçon de lecture pour vivre et un optimiste traité de vie au milieu des livres.

Au fait, des Mémoires, de vrais Mémoires ? Mais oui. Le titre ? Un vrai roman. Ce qui avec ironie signifie ? Que le roman de sa vie est plus romanesque que ses vrais-faux romans habituels. Ça commence comme ça : "Quelqu’un qui dira je plus tard est entré dans le monde humain le samedi 28 novembre 1936, à midi, dans les faubourgs immédiats de Bordeaux, sur la route d’Espagne." Clair et net, chronologique. L’important dans cette première phrase est la fin : "sur la route d’Espagne". C’est du Pays basque que viendra celle que, dans son premier roman Une curieuse solitude, Philippe Sollers a appelée Concha. Elle a 30 ans, lui 15. Bonne chez les Joyaux - on ne disait pas encore femme de ménage -, belle, anarchiste, elle lui apprendra "la bouche et la langue, l’intérieur du corps féminin". C’est à Barcelone qu’il emmènera l’éblouissante romancière d’origine belge Dominique Rolin - elle a 45 ans, lui 22 - pour y lancer un demi-siècle bientôt d’amour fou. Au début de son existence, Sollers n’avait d’yeux que pour l’Espagne. Puis l’Italie et Venise prendront le relais. Et c’est de Bulgarie que débarquera une jeune étudiante "remarquablement jolie [...], la femme la plus intelligente que j’ai rencontrée", Julia Kristeva, que notre libertin, décidément très européen, épousera illico. Il s’étonne qu’aucun universitaire n’ait pensé à "faire le catalogue" de ses complicités féminines dispersées dans ses romans. On garde ça pour le posthume, non ?

Oh ! voilà que c’est moi qui brûle les étapes, qui chamboule la chronologie. Au vrai, la deuxième partie du livre est thématique : Dieu, les prix littéraires, la politique, Dante, Shakespeare, etc. Mais, dans la première, il y a tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Philippe Sollers et que vous pourrez maintenant me demander : ses parents bourgeois, son père antimilitariste, ses enquiquineuses deux soeurs aînées, sa caressante et si désirable tante Laure, son grand-père maître d’armes (est-ce de lui que Ph.S. tient son art de l’esquive et de la riposte ?), ses mauvaises notes au lycée (bon en latin, il y tient), ses otites à répétition, ce qui n’empêche pas ses oreilles de s’ouvrir au jazz et à la musique classique, passion chez lui indissociable de la lecture et de l’écriture.

Philippe Sollers raconte tout cela et la suite avec rapidité. Il est vif et drôle. Très joueur. Taquin et souvent insolent, rosse. Il est arrivé à un âge où l’on n’a plus à ménager grand monde. Alors, en quelques mots, il exécute. Qui ? Pêle-mêle Hallier, Robbe-Grillet, Blanchot, Gracq, Poirot-Delpech, Bastide, etc. "La vérité ? Kundera s’est mis à écrire en français. Silence."

Il y a aussi des aînés célèbres dont il a apprécié les rencontres, les conversations, parfois les livres et les enseignements : Mauriac, Bataille, Breton, Ponge, Barthes, Lacan, Claude Simon, Paulhan. Les nouveaux : Houellebecq, Jonathan Littell. Cette liberté de jugement, de mémoire, de vagabondage est épatante. Elle est malheureusement gâchée par une autocélébration continuelle. De ses livres, de ses revues, de ses positions, de ses conseils (il écrit deux fois que c’est grâce à lui qu’Antoine Gallimard a publié Sade dans la Pléiade), de ses travaux littéraires et philosophiques. Le lit-on ? Mais non. Ou très mal (moi, par exemple, en ce moment). Est-il considéré ? Pas du tout. Contesté ? Beaucoup, alors que Modiano est "idolâtré", Le Clézio "sanctifié", Quignard "encensé". Insulté ? Plus que BHL, c’est dire. Coupable de quoi ? "De n’être pas coupable". Victime ? Mais oui, de préjugés, de rumeurs, de malveillances.

Cher Philippe Sollers, vous avez séduit beaucoup de femmes grâce à votre culture, à votre gaîté, à votre humour. Elles aiment rire. Si vous leur aviez servi autant de pleurnicheries, elles vous auraient envoyé sur les roses trémières de votre île de Ré ! Vous croyez à la postérité ? Bravo. Avec une telle assurance-survie, pourquoi vous plaindre des injustices du Marché ?

Un roman vrai, Mémoires, de Philippe Sollers, Plon, 360 pages, 21 euros. En librairie le jeudi 25 octobre. Philippe Sollers publie également Guerres secrètes (Carnets nord), pour l’essentiel une lecture commentée de L’Odyssée. Réédition dans Folio du très intéressant texte biographique de Gérard de Cortanze, Sollers, vérités et légendes, qui accompagnait un album paru en 2001 sous le titre Sollers ou la volonté du bonheur.

le site du JDD

—oOo—


D’autres Critiques

Lagerfeld et Sollers, curieuses solitudes

La critique de jean-Paul Enthoven
et La critique de Bernard-Henri Lévy

Le surhomme pressé


Un vrai roman

Les Mémoires sélectives de Sollers

Deux ou trois images

Sollers avocat de Sollers

Chat avec Sollers sur Libération 25/10/07

Frondeur sur canapé

Sollers se tripote
désopilant

J.A. Miller dans Le nouvel Âne

La critique de Jacques Henric dans Art press N° 340, décembre 2007
le texte, ici

Sollers + Sollers= Sollers

Sollers, la légende ? par Raphaël Sorin Lettres ouvertes.(ou archive

—oOo—

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


10 Messages