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La Divine Comédie en Pléiade

Parution : 14-10-2021

D 14 octobre 2021     A par Albert Gauvin - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Trad. de l’italien par Jacqueline Risset. Édition publiée sous la direction de Carlo Ossola avec la collaboration de Jean-Pierre Ferrini, Luca Fiorentini, Ilaria Gallinaro et Pasquale Porro

Édition bilingue
Collection Bibliothèque de la Pléiade (n° 659), Gallimard
Parution : 14-10-2021

Ce volume contient
L’Enfer - Purgatoire - Paradis - Lectures de Dante au XXe siècle. Anthologie.

La lecture de La Divine Comédie est un voyage. Claudel le définit à merveille : « De celle qu’il aime, Dante n’a pas accepté d’être séparé, et son œuvre n’est qu’une espèce d’effort immense de l’intelligence et de l’imagination pour réunir ce monde de l’épreuve où il se traîne, ce monde des effets, qui, vu d’où nous sommes, semble le domaine du hasard ou d’une mécanique incompréhensible, au monde des causes et des fins. » Le lecteur n’est jamais seul au cours de son ascension. Si Dante a besoin de guides – Virgile, Béatrice, saint Bernard -, il est lui-même l’accompagnateur et le complice de qui le lit. Les expériences qu’il évoque, il considère qu’elles sont communes à tous. Il apprivoise l’imagination en l’entourant d’objets familiers. Une fois encordé au poète, et captif de sa voix, on ne peut demeurer en arrière. « On n’avait pas entendu cette voix depuis l’Antiquité latine », disait Saint-John Perse. Plus qu’un autre sans doute, le lecteur du XXIe siècle est sensible à la conscience artistique qui habite Dante, à la manière dont il invente et manie d’un même geste la langue dont il use – « un acte qui vaut pour tous les temps, celui par lequel la poésie accède à soi » (Yves Bonnefoy). Dans cette édition, publiée à l’occasion du 700e anniversaire de la mort du poète, la traduction de Jacqueline Risset, d’une limpidité sans égale, voisine avec le texte original et bénéficie d’un appareil critique nouveau qui prend appui sur sept siècles de lectures aussi bien que sur les recherches les plus récentes.

TABLE DES MATIÈRES

Préface par Carlo Ossola IX
Chronologie par Luca Fiorentini XXXI
Notes sur la présente édition XLIII
Note sur le texte italien XLV
Jacqueline Risset traductrice de « La Divine Comédie » XLVI

LA DIVINE COMÉDIE

L’ENFER p. 5-271

LE PURGATOIRE p. 273-539

LE PARADIS p. 541-805

Lectures de Dante au XXe siècle. Anthologie. p. 807-855

EZRA POUND, « Dante » (1910)
PAUL CLAUDEL, « Introduction à un poème de Dante » (1921)
MAURICE BARRÈS, « Le Sixième Centenaire de Dante » (1921)
SAMUEL BECKETT, « Dante... Bruno. Vico.. Joyce » (1929)
OSSIP E. MANDELSTAM, Entretien sur Dante (1933) [1]
JORGE LUIS BORGES, « Le Dernier Voyage d’Ulysse » (1948)
T. S. ELIOT, « Ce que Dante signifie pour moi » (1950)
GIUSEPPE UNGARETTI, « Dante le Juste » (1952)
SAINT-JOHN PERSE, « Pour Dante » (1965)
EUGENIO MONTALE, « Dante hier et aujourd’hui » (1965)
PHILIPPE SOLLERS, « Dante et la traversée de l’écriture » (1965)
PIER PAOLO PASOLINI, La Divine Mimesis (1975)
EDMOND JABES, L’Enfer de Dante (1991)
YVES BONNEFOY, « Dante et les mots » (2009)

NOTES p.859-1380

BIBLIOGRAPHIE p.1381-1414

JACQUELINE RISSET TRADUCTRICE
DE « LA DIVINE COMÉDIE »

La première édition de la traduction de La Divine Comédie par Jacqueline Risset (Besançon, 1936 - Rome, 2014) a paru entre 1985 et 1990 chez Flammarion. Près de trente ans plus tard, à l’occasion du septième centenaire de la mort de Dante, nous pouvons considérer qu’avec cette nouvelle édition bilingue la traduction de Jacqueline Risset parvient à une sorte de couronnement.
Dès 1963, Jacqueline Risset s’installe à Rome, où elle est lectrice de littérature française à l’université « La Sapienza ». Un facteur biographique non négligeable . Avant de traduire Dante, elle a traduit sa propre vie en Italie et en italien. Pendant cette période, elle entre en relation, par l’intermédiaire de Francis Ponge, avec Marcelin Pleynet et publie dans la revue Tel Quel (n° 22, été 1965 ) ses premiers poèmes. Dans le numéro suivant, que la revue consacre à Dante (n° 23, automne 1965), elle traduit une lettre de Giambattista Vico sur la « nature de la vraie poésie » et trouve dans le texte de Philippe Sollers, « Dante et la traversée de l’écriture », une approche novatrice. Plus que le contenu du poème, Sollers interrogeait « le rapport profond que Dante entretient avec le langage [2] ». Si Ezra Pound, T. S. Eliot, James Joyce, Ossip Mandelstam ou Jorge Luis Borges avaient déjà renouvelé au début du XXe siècle notre lecture, on commençait seulement en France, dans ces années-là, à lire Dante en privilégiant davantage la question de l’écriture à partir notamment de l’apport des sciences dites humaines. « Nous étions dans une période intellectuellement inventive, et les recherches linguistiques, sémiotiques, psychanalytiques ouvraient sans cesse des horizons », écrivait Jacqueline Risset dans la présentation de sa traduction lors de la dernière réédition parue de son vivant, en 2010 [3]. L’auteur de la Comédie se mettait ainsi à résonner avec toute une avant-garde littéraire (le Gruppo 63 d’Edoardo Sanguineti, les revues TXT de Christian Prigent ou Po&sie de Michel Deguy).
L’autre élément, plus décisif encore, est l’édition que Giorgio Petrocchi publia de la Commedia seconda l’antica vulgata (1966-1967), une édition qui donna à Jacqueline Risset l’impression de retrouver l’origine, l’original de la langue de Dante, son âpreté, un « élan nouveau », relevait-elle dans l’hommage qu’elle rendit à Giorgio Petrocchi après sa mort, en 1989. « La philologie , modestie, inapparente, devenait le moyen d’une nouvelle perception, comme si le travail concret de Dante, le corps de son texte, était soudain rendu accessible. C’est, je crois, cette émotion brutale qui m’a donné envie de me rapprocher de Dante. La certitude de pouvoir compter sur sa lecture en tant que grand dantiste, critique avisé, ami généreux et rigoureux, a été déterminante dans ma décision de traduire la Comédie en français [4]. »
Jacqueline Risset aura pourtant eu besoin d’un long temps de maturation avant que la traduction commence... Durant les années 1970, parallèlement à son enseignement à « La Sapienza » puis à l’université de Rome 3, elle continue d’écrire des poèmes et d’introduire en Italie la littérature française contemporaine, en traduisant Sollers, Ponge ou Claude Esteban. Elle consacre encore un essai à Maurice Scève, relie Joyce et Proust, explore un vaste champ d’expérimentation, qui passe par Gramsci et Georges Bataille, Fellini ou Jacques Lacan.
L’épreuve critique a également été nécessaire avec Dante écrivain, qui date de 1982, et qui précède donc la traduction, bien que soient traduits à la fin de cet ouvrage le premier chant de chaque cantique ainsi que le chant XXXIII du Paradis ; des traductions qui, si nous les comparons à la dernière édition de 2010, ont peu varié [5]. Giorgio Petrocchi, dans une interview qu’il a accordée à la radio en 1984 à propos de la traduction italienne de Dante écrivain [6], soulignait l’aspect novateur de cet essai, qui s’attachait en particulier à révéler la dimension formelle de l’œuvre de Dante, un Dante plus « écrivain » que « poète ». A la fin de l’interview, Petrocchi, qui se réjouit d’un tel renouvellement, encourageait Jacqueline Risset à poursuivre son entreprise de traduction. « Je voudrais mettre ici en relief — mais nous parlons toujours de Jacqueline Risset — la fluidité extraordinaire, la finesse, la modernité dont elle a déjà amplement fait preuve dans les traductions qu’elle a données [7] et qu’elle pourra je l’espère continuer à donner a la France, par voie de conséquence à l’Italie, avec une traduction très moderne de toute La Divine Comédie et, pourquoi pas, de toute l’œuvre poétique [8]. »
Si Jacqueline Risset n’a pas traduit tout Dante [9] nous savons, par les documents qui ont été conservés dans les archives, que Petrocchi suivit attentivement l’avancement de la traduction de La Divine Comédie [10]. Collègues à l’université « La Sapienza », l’un et l’autre entretenaient une complicité amicale et Jacqueline Risset, au fur et à mesure qu’elle traduisait, envoyait à Petrocchi des états de son travail. Lorsqu’elle publia en 1985 la traduction de l’Enfer, elle le remercia de sa « générosité irremplaçable » et de son « attention efficace » [11]. Dans une lettre du 20 mars 1988, en vue de la réimpression de l’Enfer, Petrocchi propose une vingtaine de modifications, se limitant principalement à des corrections lexicales. Il ne subsiste cependant de leur collaboration que des annotations sur la traduction du Paradis. « Tutto benissimo : un’ affascinante traduzione. Mi rallegro di vero cuore » (« Tout est très bien : une traduction fascinante .Je m’en réjouis de tout cœur »), lui écrit­-il dans une autre lettre du 28 novembre de la même année en lui retournant avec ses commentaires la dactylographie des chants V, XXII et XXIII. Petrocchi suggère par exemple : pour « a suo piacer » « pour son caprice », mais Jacqueline Risset préfère garder « pour son plaisir » ; « transformé » ou « transmué » pour «  trasmutato », à la place de « remué », un mot, ajoute-t-il, qu’André Pézard avait aussi choisi, et Jacqueline Risset opte pour « transmué » [12]. A la place de « s’efface », elle suit de nouveau Petrocchi qui suggère « s’éteint » pour « si flingue » [13] On pourrait presque lire, entre ces lignes, une marque de reconnaissance :

Quand j’entendis cette offre, digne
d’une gratitude qui ne s ’éteint jamais
du livre où s’enregistre le passé [14].

La traduction de l’Enfer paraît en 1985, celle du Purgatoire en 1988 et en 1990, celle du Paradis un an après la mort de Giorgio Petrocchi. Cette traduction connut ensuite plusieurs rééditions : dans la collection de poche « GF Flammarion » en 1992, puis une seconde fois en 2004, le texte bénéficiant à chacune de ces rééditions de corrections minimes et inévitables. Une traduction qui trouva une forme d’achèvement en 2010, là encore revue et corrigée de la main de Jacqueline Risset, dans la dernière réédition, toujours en « GF Flammarion », en un seul volume, non bilingue, à la différence des publications précédentes [15]. Quant à l’édition que nous publions, elle n’a été modifiée que dans un tout petit nombre de cas, l’appareil critique ayant, parmi ses diverses fonctions, celle de préciser la traduction sans qu’il soit nécessaire de la modifier.

La traduction de Jacqueline Risset [16] repose en premier lieu sur le parti pris d’un vers résolument libre afin de ne pas enfermer le texte dans un carcan métrique souvent arbitraire, tout en s’efforçant de restituer le rythme et la vitesse de la terza rima, l’innovation la plus caractéristique de Dante. Dans le même ordre d’idées, la langue, simple et sobre, reste la plupart du temps contemporaine de celle de la traductrice, une langue que Jacqueline Risset a forgée en écrivant elle-même de la poésie [17]. Nous ne saurions mieux dire qu’Yves Bonnefoy saluant les mérites de la traduction de Jacqueline Risset : « Il faut évidemment traduire dans la langue même que l’on parle, quitte à visiter celle-ci dans ses obscures mais belles profondeurs, lesquelles, pour n’être pas reconnues par les emplois quotidiens, n’en sont pas moins prêtes à répondre a l’appel de la poésie. Et quant à la forme, ainsi la terza rima chez Dante, il est de toute importance que le traducteur s’autorise à penser qu’il a en lui, en lui personnellement, de quoi en produire une en sa propre langue capable du même rôle, et qu’il peut accéder, par ses propres rythmes et assonances, à des pouvoirs semblables par des moyens différents. Ce qui signifie que de notre temps, où les règles ont fait la preuve qu’elles ne reflétaient plus que de vaines orthodoxies de pensée, on traduira en vers libre [18]. »
Qu’il nous soit enfin permis de rappeler que dans l’édition de 2010, la dernière qu’elle ait relue, Jacqueline Risset dédiait sa traduction à Umberto Todini, son mari, latiniste, spécialiste d’Ovide, et évoquait fidèlement la mémoire de Giorgio Petrocchi, celle d’Achille Tartaro, un éminent spécialiste de Dante, celle enfin de Louis Audibert [19], qui publia la toute première version chez Flammarion entre 1985 et 1990. Nous la restituons dans son intégralité :

J’évoque avec gratitude la mémoire de Giorgio Petrocchi et d’Achille Tartaro, de l’université de Rome, et celle de Louis Audibert, des éditions Flammarion.
Je dédie cette nouvelle édition à Umberto Todini, pour l’attention précieuse qu’il prête depuis toujours à mes travaux dantesques.

JEAN-PIERRE FERRINI.

Dante et la traversée de l’écriture

Le Pléiade ne reprend que le début du texte de Sollers publié en 1965. Vous pouvez lire le texte complet ici.

Peu d’œuvres sont aussi séparées de nous que la Divine Comédie : plus proche dans l’histoire que l’Éneide, où elle prend sa source, elle nous paraît cependant plus lointaine ; commentée et répétée avec une érudition maniaque, elle garde à nos yeux son secret. Mais c’est sans doute qu’elle est dissimulée au plus profond de notre culture comme une tache aveugle : une énigme indéfinie dont la proximité même nous rendrait inattentifs et bavards.
La question qu’elle pose est d’une telle ampleur que sa visibilité, encore problématique, s’annonce peut-être seulement pour nous. L’humanisme l’a très vite immobilisée et réduite à une référence culturelle dont seul un peintre, Botticelli, semble avoir secoué la torpeur. Le classicisme, malgré Milton, n’a aucune idée de ce qui est en jeu dans ce grand poème qui lui paraît barbare. Au XVIIIe — mis à part Vico qui, en marge de son époque, élabore la Scienza Nuova dont le titre est déjà un hommage à celui qu’il appelle "l’Ho­mère toscan" — un tel texte n’est déjà plus qu’une monstruosité illisible, inhumaine (illisible veut toujours dire inhumain), un "salmigondis", précise I’Encyclopédie. A ce moment, on pourrait dire sans paradoxe que Dante est aussi invisible que Sade dont l’œuvre est probablement la seule à être à sa mesure. Le XIXe est déjà plus hésitant : grâce à Schelling, Dante fait aussitôt partie de la mythologie romantique qui, en France, en gardera surtout une image décorative et spectaculaire où Dante et Enfer sont deux termes synonymes confondus dans la catégorie du visionnaire et de l’effrayant. Pourtant, c’est la rupture désormais traditionnellement marquée par la seconde moitié du siècle dernier qui va faire de la Comédie une présence formelle ("homérique"), le fond sur lequel va se dérouler un déplacement et un renversement décisifs, liés à l’apparition du signifiant comme tel, au langage comme question de plus en plus radicale.
Présence qui se manifeste de façon contradictoire : Joyce et Pound en accentuent ce qu’on pourrait appeler le projet microcosmique et globalement linguistique ; Claudel, bien qu’il y trouve l’occasion de ses meilleures formules sur la poésie (qui ne "plonge pas dans l’infini pour trouver du nouveau mais au fond du défini pour y trouver de l’inépuisable "), veut, comme d’habitude, rassurer le parti catholique qui n’a que faire d’un auteur aussi encombrant (aussi universel). Dante, à vrai dire, se prête à tout ce qu’on veut : l’université, l’académisme et le modernisme peuvent chacun le revendiquer sans grands risques. Or le problème, bien entendu, n’est pas là (il n’est pas là non plus pour Hölderlin, Lautréamont ou Mallarmé, et il y a longtemps, on le sait, que la pensée a déserté ces classifications superficielles). S’il y a un "mystère" Dante, si le surgissement archéologique de cette œuvre peut nous apprendre quelque chose qui n’a pas cessé de déterminer invisiblement notre histoire, ce n’est ni son apparence ni son contenu qu’il nous faut interroger, mais le rapport profond que Dante entretient avec l’écriture. La Divine Comédie — qui ne s’appelle ainsi de façon révélatrice que depuis le XVIe siècle ; Dante, lui, dit simplement : "poème sacré" — va donc être pour nous un texte en train de s’écrire, et plus encore le premier grand livre pensé et agi intégralement comme livre par son auteur.

LIRE SUR PILEFACE :
La Divine Comédie (Première mise en ligne le 21-03-08)
Jacqueline Risset, traductrice de Dante (Première mise en ligne le 27-02-14)
Les instants les éclairs de Jacqueline Risset (Première mise en ligne le 24-02-14)
Dante et les Rimes (Mis en ligne le 13-09-2014)

ET AUSSI : Bruno Pinchard, Jumeaux d’exil (sur le « Pour Dante » de Saint-John Perse)

Carlo Ossola, entretiens

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Carlo Ossola

Carlo Ossola, Lectura Dantis II. Purgatoire

Dante, "La divine Comédie" par tous les temps (FI. Intelligence service, 18 septembre 2021, avec Carlo Ossola)

Carlo Ossola : Introduction à la Divine Comédie

Extraits de la présentation de l’ouvrage « Introduction à la Divine Comédie » (Editions du Félin) par Carlo Ossola, le 28 novembre 2016 à l’Institut Culturel Italien de Paris en collaboration avec le Comité de Paris de la Società Dante Alighieri. Vidéo réalisée pour le site L’Italie en direct. Novembre 2016.Vidéo postée sur le site L’Italie en direct : italieendirect.italieaparis.net

Dante 700 : Itinéraires autour d’un poète

2 mai 2021

Fidèle à sa vocation de “passeur de culture italienne”, Altritaliani diffuse avec plaisir cet entretien vidéo de 17 minutes entre Fabio Gambaro, journaliste culturel et essayiste, ex directeur de l’IIC Paris, et Carlo Ossola, président du Comité national pour les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante Alighieri, professeur au Collège de France et auteur notamment de « Introduction à la Divine Comédie » (2016, Éditions du Félin).

Il s’agit du premier rendez-vous de la série « Dante Alighieri : Itinéraires autour d’un poète », proposée par l’Ambassade d’Italie en France avec des écrivains, traducteurs, historiens et experts littéraires passionnés par Dante Alighieri, interviewés par Fabio Gambaro. D’autres suivront.

Ambassade de France en Italie

En présence de Dario Nardella, maire de Florence, Christian Masset, ambassadeur de France en Italie, accueille au Palais Farnèse le mercredi 6 octobre à 18h30 Carlo Ossola, philologue et critique littéraire, académicien des Lincei, à l’occasion de la publication de l’édition bilingue en italien et en français de la Comédie de Dante à la bibliothèque de la Pléiade traduite par Jacqueline Risset.

NOTE sur DEUX TRADUCTIONS :

1. La traduction de La Divine Comédie par Jacqueline Risset est splendide. Elle a fait date. C’est par elle que j’ai découvert Dante il y a plus de trente ans. Je ne me lasse pas de la relire. Elle est contemporaine de l’aventure poétique et métaphysique de Tel Quel — dont Risset fut membre jusqu’en 1982 — et de L’Infini, ainsi que des lectures que, très tôt, Sollers a proposées de Dante (cf. Dante et la traversée de l’écriture) et a poursuivi toute sa vie (cf. La Divine Comédie, entretien avec Benoît Chantre, 2000), en s’appuyant, pour l’essentiel, sur la traduction de Risset. La publication en Pléiade de cette traduction historique est une reconnaissance amplement méritée. On ne peut que regretter que Jacqueline Risset ne soit plus là pour la voir.
2. La traduction de La Divine Comédie par Danièle Robert est également splendide. Je crois lui avoir consacré l’accueil mérité dès la publication de l’Enfer (cf. Dante de nouveau : l’Enfer traduit par Danièle Robert). Elle ouvre des perspectives nouvelles qu’un écrivain comme Haenel a salué dans un article admirable consacré à la traduction du Paradis (cf. Le rire embrasé de l’étoile). Sur des points importants comme la traduction du fameux trasumanar, Danièle Robert reprend explicitement le néologisme de Sollers (cf. Philippe Sollers, « Transhumaner »).
3. Pourquoi choisir ? Celui qui a le mieux posé la question est encore Marcelin Pleynet, en 1996, dans Le plus court chemin : « Il n’y a pas de bonne traduction. Il n’y a de traduction que celle qui donne accès au trait initialement formulé. La meilleure édition que l’on puisse lire de Dante est bilingue. » Selon l’âge et les hasards de la vie, on tombe sur telle ou telle traduction, elle vous illumine ou pas. L’illumination peut se répéter, quand une nouvelle traduction s’impose par sa beauté.
— A.G. (17 juillet 2021)

PS : Personne ne s’étonnera donc que je défende tour à tour et incite à lire les deux traductions en cette année dantesque. (14 octobre 2021)


[1Cf. Extraits.

[2Tel Quel, n° 23, automne 1961, p. 13. « Dante et la traversée de l’écriture » a été repris avec de légères variantes dans Logiques (Seuil, 1968) puis en poche dans L’Écriture et l’expérience des limites (Seuil, 1971).

[3« Histoire d’une traduction », dans La Divine Comédie, Flammarion, 2010, p. XXXIII.

[4« Una vita per la Commedia ». (E morto G. Petrocchi, filologo) », Il Messaggero,
9 février 1989.

[5Dante écrivain ou l’Intelletto d’amore, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 1982.

[6Traduction de Marina Galletti, Milan, Mondadori, 1984.

[7Jacqueline Risset était en train de traduire l’Enfer.

[8« Il semble que l’opération engagée par Jacqueline Risset est extrêmement heureuse pour rapprocher la culture française et son public de la lecture de Dante. » Nous avons consulte la retranscription de cet entretien dans le fonds des archives de l’Associazione Archivio Risset Todini (A.A.R.T.) : « Dante inédit et très vivant », entretien avec Giorgio Petrocchi à propos de la parution de la version italienne de Dante écrivain (« Dante inedito e molto vivo », RAI 3, 1984).

[9À la Comédie elle ajoutera toutefois les Rimes, qui furent publiées deux mois après sa disparition (Flammarion, 2014).

[10Associazione Archivio Risset Todini. Nous remercions Luca Fiorentini pour son aide précieuse, tout comme Umberto Todini et Giuseppe Iafrate pour la mise à disposition de ces documents. Un premier inventaire sommaire des archives a été effectué en 2015 par Marie-Odile Germain, conservateur général au Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. Celui-ci été publié dan le numéro 2 de la collection Proteo / Risset sur Georges Bataille (Marie-Odile Germam, « Inventaire sommaire des manuscrits des œuvres de Jacqueline Risset, 1965 - 2014 », dans Jacqueline Risset, Georges Bataille, Marina Galletti et Sara Svolacchia éd., préface d’Umberto Todini, Rome, Artemide, 2017).

[11« Traduire Dante », La Divine Comédie, L’Enfer, Flammarion, 1985, p. 24.

[12Voir respectivement Paradis, V, 84, et XXII, 10.

[13Voir Paradis, XXIII, 3.

[14Paradis, XXIII, p-44.

[15Nous mentionnons deux autres éditions : Diane de Selliers, 1996, avec des illustrations de Botticelli, et France Loisirs, 2003. avec des illustrations de Miquel Barcelo.

[16Elle s’en est expliquée à de nombreuses reprises, notamment dans « Traduire », Dante écrivain ou l’Intelletto d’amore, p. 235-240 ; « Traduire Dante », La Divine Comédie, L’Enfer, Flammarion, 1985, p. 17-24 ; « Histoire d’une traduction », La Divine Comédie, GF Flammarion, 2010, p. XXXIII-XLI. Voir aussi 33 écrits sur Dante, Caen, Nous, 2021.

[17Sept passages de la vie d’une femme (Flammarion, 1985) paraît la même année que la traduction de l’Enfer. La notion d’« instant » est : une des clefs de la poétique de Jacqueline Risset ; en traduisant Dante, elle aura su retrouver les « instants » de La Divine Comédie. « Le temps de l’instant se meut dans les fractures, parmi les fragments. Il est l’élan dans lequel la vie se rallume, se recentre et saute, se souvenant du mot "vie" à travers la forme du néant. Il ne s’agit pas d’un grand départ — valises et programmes. C’est la vie subtile, silencieuse, s’insinuant, non pas dans l’instant, mais à travers celui-ci » Jacqueline Risset, note introductive à Il tempo dell’istante. Poesie scelte (1981-2010), Turin, Einaudi, 2011, p. V-VI).
LIRE sur PILEFACE : <I>Les instants les éclairs<:I> de Jacqueline Risset.

[18Yves Bonnefoy, « Le Paradoxe du traducteur », dans Jacqueline Risset, Traduction et mémoire poétique. Dante, Scève, Rimbaud, Proust, Hermann, 2007, p. 8.

[19En 2004, lors de la réédition de La Divine Comédie (GF Flammarion), Jacqueline Risset remerciait Louis Audibert, qui venait de mourir, rappelant qu’il lui avait demandé, vingt deux ans plus tôt, cette traduction et qu’il en avait suivi « avec constance et affection le cheminement » (p. 21).

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2 Messages

  • Albert Gauvin | 21 octobre 2021 - 17:55 1

    Entretien

    Le philologue italien Carlo Ossola, titulaire de la chaire Littératures modernes de l’Europe néolatine au Collège de France de 1999 à 2020, est président du Comité national pour les célébrations dantesques. Déjà auteur de plusieurs essais sur Dante, il a dirigé la nouvelle édition de La Divine Comédie dans La Pléiade (1).


    Le philologue italien Carlo Ossola.
    ZOOM : cliquer sur l’image.

    La Croix : Quelle est votre histoire personnelle avec Dante Alighieri ?

    Carlo Ossola : Les jeunes Italiens, tous, étudiaient autrefois La Divine Comédie au lycée, un cantique entier pour chacune des trois années finales. Je découvris alors non seulement le texte de Dante, mais aussi la longue et riche histoire de sa réception. Mais la rencontre décisive eut lieu à l’université, quand mon maître Giovanni Getto me proposa, comme sujet de thèse, les chants de l’Antipurgatoire (Purg., I-VIII), les chants les plus humains, les plus recueillis, réunis dans le signe de l’amitié (Belacqua, Casella).

    → DÉCOUVRIR. Dante Alighieri : notre sélection de livres et d’expositions

    En quoi vous impressionne-t-il le plus ?

    C. O. : Dante réunit le savoir des universels du Moyen Âge et l’expérience individuelle que nous croyons souvent être le fruit exclusif de l’humanisme ; cette valeur, si précieuse, de l’expérience est pourtant affirmée dans l’un des chants les plus troublants de l’Enfer, dans la célèbre oraison d’Ulysse à ses compagnons : «  “Ô frères” – dis-je – “qui par cent mille/périls êtes venus à l’Occident/et à cette veille si petite/de nos sens, qui leur reste seule :/ne refusez pas l’expérience, en suivant le soleil, du monde inhabité” » (XXVI, 112-117). Nous avons aujourd’hui besoin de valeurs universelles capables d’exalter, également, la dignité de chacun des hommes sur Terre.

    → PORTRAIT. Le jour où « j’ai traduit La Divine Comédie de Dante »

    Sa poésie, avez-vous écrit, est « un théâtre, une danse, qui saute les versets divise les mots ». Quelle est cette singularité ?

    C. O. : Le titre même du poème, Comédie, ou « scène de village » – comme Dante le dit dans son épître à Cangrande della Scala, son protecteur –, suggère un ensemble de personnages, de lieux géographiques et mythiques, de narrations historiques et familiales, de mémoires du vécu et de traditions régionales. Il s’exprime par une pluralité linguistique impressionnante : l’italien des savants, les variantes humbles et populaires des patois, le latin liturgique, le latin de Virgile et d’Ovide, le provençal, et même des formules diaboliques incompréhensibles… Tous ont droit de parole.

    Comment Dante nous parle-t-il, sept cents ans après sa mort ?

    C. O. : Ossip Mandelstam invitait à lire Dante «  in futurum », « projeté vers le futur ». Dante en effet nous devance toujours. Son intemporalité s’explique par le point de vue depuis lequel il nous parle : tandis que nous sommes dans un temps qui évolue, lui parle à partir d’un temps définitif, embrassant toutes les époques depuis le Jugement dernier. Ainsi, il est plus contemporain que le contemporain, quel que soit le présent depuis lequel on le lit. Michel-Ange, grand admirateur de Dante, l’a très bien compris et restitué dans sa fresque du Jugement dernier. On disait d’ailleurs de lui qu’il était le nouveau Dante…

    → DOSSIER. Dante Alighieri : notre dossier sur ce poète italien

    Dans le panthéon des Italiens, on dit que Dante vient juste après Dieu et la Vierge Marie…

    C. O. : Si l’on considère le nombre de monuments, plaques qui lui sont consacrés, Dante cède la primauté à Garibaldi, le héros de l’unité nationale au XIXe siècle ; mais dans la mémoire collective des citoyens, La Divine Comédie est une sorte d’autre Bible, dont des chants sont souvent encore appris par cœur. Ce septièmecentenaire l’a confirmé avec des milliers de lectures publiques dans toute la péninsule. Et le Comité pour les célébrations a reçu plus de 500 projets artistiques de toutes les régions d’Italie et du monde.

    Et les Français ?

    C. O. : Il n’est qu’à voir la profondeur de la présence de Dante non seulement chez les grands auteurs du XIXe siècle (Balzac, Hugo, Baudelaire, Rimbaud…), mais aussi aujourd’hui la quantité de traductions françaises disponibles : André Pézard, Jacqueline Risset, Marc Scialom, Jean-Charles Vegliante, Lucienne Portier, René de Ceccatty, Danièle Robert, Michel Orcel… Dante semble être le porteur de ce besoin d’absolu et de réel que les Lumières n’assurent plus.

    Auteur d’une œuvre d’allure autobiographique, Dante s’est en réalité très peu livré, laissant inconnue sa vie même.

    C. O. : Nous n’avons que quelques bribes de la personnalité de Dante : nous ne connaissons aucun manuscrit de ses œuvres, pas même une signature ; nous n’avons de sa date de naissance que ce à quoi il fait allusion dans son poème. C’est comme si la Comédie était vraiment le poème d’« everyman » – comme Ezra Pound le voulait –, le poème de chacun et de tous, de l’homme exilé et pèlerin sur cette Terre.

    Dans votre essai Introduction à La Divine Comédie, vous écrivez : « La Comédie n’est pas un poème mystique, ce n’est pas un itinéraire sapiential ou initiatique, ni même une simple dette de fidélité envers Béatrice : c’est un accessus – aussi impraticable et limité soit-il – à la joie du regard. »]]

    C. O. : Vision et connaissance vont ensemble dans ce merveilleux itinéraire, qui est fait afin que l’homme, en le parcourant, « s’immegli », devienne meilleur et plus digne. Au sommet du Purgatoire, Virgile couronne Dante avec une formule de plénitude : « Per ch’io te sovra te corono e mitrio » (« Souverain de toi-même, je te couronne »). Il n’y a pas d’abandon mystique dans ce poème, mais une soif inlassable de connaître.

    Vous dites aussi que la Comédie est « un poème de la rencontre, de la conversation et de la prière »…

    C. O. : Ce sont les trois moments dans lesquels s’articule notre besoin de confiance : la rencontre avec autrui, l’ouverture à l’autre qu’est la conversation, et la conscience de notre « au-delà de nous » qu’est la prière. La Divine Comédie réunit admirablement ces trois formes de l’homme « animal sociable », elle met en scène notre commerce avec ce qui nous est proche et avec ce à qui nous songeons sans en avoir possession ni même conscience.

    La Divine Comédie trace un double apprentissage, de l’humilité et du libre arbitre. Comment l’écrivain invite-t-il à la conversion ?

    C. O. : Humilité et grandeur de la liberté humaine : c’est le paradoxe même de la tradition chrétienne, que Dante renouvelle, au sommet du Paradis, dans la prière de saint Bernard à la Vierge : « Vierge mère, fille de ton fils,/humble et haute plus que créature » (XXXIII, 1-2). Ce paradoxe descend, du reste, du cœur des Évangiles : « Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides  » (Luc I, 52-53). De même, dans la Comédie, les puissants sont souvent en Enfer, tandis que la pauvre veuve demandant justice à Trajan est représentée au Purgatoire et évoquée au Paradis.

    Que pensez-vous du qualificatif du pape François qui, dans sa lettre apostolique du 25 mars, parle de Dante comme d’un « prophète d’espérance » ?

    C. O. : Dans Candor lucis aeternae, le pape François définit en effet Dante comme « prophète d’espérance et témoin de la soif d’infini inscrite au cœur de l’homme » ; et il poursuit : « En ce moment de l’histoire particulier, marqué par beaucoup d’ombres, par des situations qui dégradent l’humanité, par un manque de confiance et de perspectives d’avenir, la figure de Dante, prophète d’espérance et témoin du désir humain de bonheur, peut encore nous donner des paroles et des exemples qui relancent notre marche. Elle peut nous aider à avancer avec sérénité et courage dans le pèlerinage de vie et de foi que nous sommes tous appelés à accomplir. » On ne peut qu’y souscrire.

    Quel est le passage de l’œuvre de Dante, de la Vita nova au Paradis, du Banquet à ses épîtres, qui a le plus votre faveur ?

    C. O. : « Et notre paix est dans sa volonté ;/il est cette mer vers qui se meut/tout ce qu’il a créé ou que fait la nature » (Paradis, III, 85-87 ; traduction de Jacqueline Risset).

    La Croix. Recueilli par Sabine Audrerie, le 13/10/2021

    (1) Dante, La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, Paradis), traduit de l’italien par Jacqueline Risset, préface de Carlo Ossola, suivie d’une anthologie des lectures de Dante au XXe siècle par Jean-Pierre Ferrini, La Pléiade, 1 488 p., 62 €.


  • Albert Gauvin | 17 octobre 2021 - 00:09 2

    Version bilingue de la Divine Comédie. Rencontre avec Carlo Ossola

    Par Agnese Paganini

    Lundi 18 octobre à 18h30, la Dante Alighieri – Comité de Paris, la Maison de l’Italie et le Lycée italien Leonardo da Vinci ont le plaisir de vous inviter à la conférence qui se tiendra en l’honneur du Sommo Poeta, « Quel commentaire pour la Divine Comédie aujourd’hui ?  », en présence de Carlo Ossola, professeur au Collège de France, philologue, historien de la littérature et critique littéraire.

    Cette rencontre se déroulera en français via zoom et Jean Musitelli, Président de la Dante Paris, présentera l’événement avant de dialoguer avec cet invité d’exception. A l’occasion de la parution de l’édition bilingue en italien et en français de la Comédie de Dante, traduite par Jacqueline Risset, dans la collection de la Pléiade (éditions Gallimard), Carlo Ossola nous parlera de l’accomplissement de ce grand projet éditorial. Au cours de cette année 2021 riche en célébrations pour le 700e anniversaire de Dante, ainsi qu’en cette période de pandémie qui a touché aussi bien la France que l’Italie, l’œuvre du Sommo Poeta a acquis une forte valeur symbolique, voire de "renaissance".

    C’est ainsi que le dernier vers, le plus connu et le plus évocateur de l’Enfer, « e quindi uscimmo a riveder le stelle » (et par là nous sortîmes, à revoir les étoiles) acquiert toute sa signification. C’est aussi sur ce nouvel aspect de la « Divina Commedia » que l’invité s’exprimera lundi 18 octobre au siège de la Dante à Paris, en zoom direct avec les participants. Ainsi donc, après avoir déjà présenté ce volume mercredi 6 octobre à l’Ambassade de France en Italie, en présence de l’Ambassadeur Christian Masset, au siège du Palazzo Farnese à Rome, Carlo Ossola nous parlera du « voyage » que Dante continue de nous faire faire entre l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis, en nous rappelant entre les lignes que commencer à lire, c’est déjà commencer à voyager.

    Carlo Ossola, philologue et critique littéraire, est membre de l’Accademia dei Lincei et de l’American Academy of Arts and Sciences. Il a enseigné au Collège de France "Littérature moderne de l’Europe néo-latine" entre 1999 et 2020. Il co-dirige les revues "Lettere italiane" et "Rivista di Storia e Letteratura Religiosa". Tout au long de sa carrière, ses essais abordent la culture de la Renaissance ainsi que des auteurs contemporains tels qu’Ungaretti et Calvino. Le ministère du la Culture italien (ministero dei Beni Culturali) l’a nommé Président du Comité National pour les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante Alighieri en 2021.

    Informations pratiques
    Link per info : https://ladante.fr/paris/évènement/carloossola18ottobre