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Patti Smith achète la maison de Rimbaud à Roche (Ardennes)

D 21 mars 2017     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Patti Smith achète la maison de Rimbaud à Roche (Ardennes)

CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (ARDENNES) [21.03.17] - Patti Smith, la chanteuse de rock américaine, vient de racheter dans le plus grand secret la maison reconstruite de Rimbaud, située à Roche, village ardennais où le poète a écrit Une saison en enfer.
Tout s’est déroulé dans le plus grand secret. Mi-février, venue en France pour recevoir la médaille Grand Vermeil de la ville de Paris, la diva du rock, Patti Smith, cite Rimbaud. Ce qu’elle ne dit pas c’est que quelques heures la séparent d’un autre événement important pour elle : la signature du compromis de vente de la maison de Rimbaud, à Roche, village paisible de 90 habitants où le poète a passé une grande partie de son enfance.

Le Journal des Arts, 21 mars 2017

Patti Smith et Rimbaud

Rien d’un caprice de star dans l’achat de cette maison. Patti Smith vit depuis longtemps avec Rimbaud, un de ses compagnons de vie, qui l’inspire..

Le 10 novembre 2011, elle était déjà à Charleville Mézières où elle donnait un concert en hommage au 120ème anniversaire de la mort du poète né et enterré dans la viille.

La relation des Inrocks du 19/11//2011

Ce jeudi 10 novembre, on a suivi l’interprète de Because the Night, en déplacement dans la ville natale de Jean-Nicolas Arthur Rimbaud. Objectif : célébrer les 120 ans de la disparition du poète, source d’inspiration inépuisable pour elle, la fan absolue. Elle a donc fait les choses en grand. Au programme : performance à l’église, réception au musée et concert au théâtre. A 16 heures, à quelques pas de la place Ducale, copie quasi conforme de la place des Vosges, Patti Smith allume un cierge puis retrouve le pupitre préparé pour l’occasion.
Je connais Arthur depuis toujours, lance-t-elle, mystique. Je m’imagine dans cette église le jour de sa communion, et je le vois en colère. Je peux imaginer le jeune homme dans toute sa grâce. Il n’était peut-être pas parfait, mais qui l’est ? Et puis sa poésie l’était, et je remercie Dieu pour ça”, s’exclame l’ancienne compagne de Robert Mapplethorpe, les bras levés au ciel.

Portée par la célébration, galvanisée, Patti apparaît en grande forme, déclamant textes, poèmes et chansons en l’honneur du génie littéraire. Une heure plus tard, direction le musée Rimbaud. Photos de l’auteur, oeuvres d’art, ustensiles en tout genre, hommages venus d’ici et d’ailleurs : à l’intérieur, l’expression poétique est à son paroxysme. “Arthur incarne le changement”, rappelle la chanteuse, comme amoureuse transie d’un homme né en 1854, le 20 octobre. Photographe à ses heures, elle offre des clichés pris à Charleville-Mézières, avant de recevoir le titre de marraine du musée, décerné par la mairie à l’occasion de son passage dans les Ardennes. Une médaille à la saveur particulière.
Je suis venue ici pour la première fois en 1973”, confie-t-elle, alors. A l’époque, encore inconnue du grand public, recroquevillée dans un coin, elle dessine un portrait de son idole qui deviendra vingt ans plus tard l’une des pièces les plus prestigieuses de la collection.

Ce bâtiment m’est cher, et je sais qu’il va être rénové. A ce propos, il ne faut pas oublier que Rimbaud était un visionnaire, passionné par le futur. Il faudra en tenir compte.
De la poésie à la chanson, il n’y a qu’un pas. Le soir venu, Patti Smith joue au Théâtre de Charleville, à guichets fermés. Là encore, l’émotion est grande, et le clin d’oeil à son amant, lui, un peu plus prononcé. “Je suis allée me recueillir sur la tombe d’Arthur aujourd’hui. Un jeune homme qui passait par là m’a demandé un baiser.” On n’en saura pas plus.

Romain Lejeune (texte et photo)

Crédit : http://www.lesinrocks.com

Aussi dans Le Parisien du 11/11/2011 :

Après Marseille lundi dernier, Patti Smith s’est offert un nouveau pèlerinage, en Terre-sainte, à Charleville-Mézières, pour rendre hommage à Arthur Rimbaud, son poète fétiche, né et enterré dans la ville. Hier soir, c’est au théâtre de la ville qu’elle donnait, à guichets fermés, un concert anniversaire. Voilà cent vingt ans qu’Arthur Rimbaud a poussé son dernier soupir à l’hôpital de la Conception de Marseille, le 10 novembre 1891.

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Ecouter ICI

Patti Smith a découvert Arthur Rimbaud au hasard d’une lecture de la biographie de Modigliani. Hier après-midi dans une église de Charleville, elle a chanté et lu quelques-uns de ses poèmes. La rockeuse rimbaldienne avait déjà donné un concert ici en 2004, année de la célébration du 150e anniversaire de la naissance du poète. Cette fois, elle a un peu plus levé le voile sur cette histoire intime qu’elle vit avec celui qu’elle surnomme « son ami imaginaire » : « Il est avec moi à tous mes concerts. Je peux l’imaginer et ressentir toutes ces choses qu’il a vécues, les moments de souffrances à la fin de sa vie. Aujourd’hui, c’est un anniversaire heureux, celui de la délivrance de ses soucis, de sa souffrance… Je ne suis pas triste, je me sens très heureuse d’être ici avec vous. »

Sa passion dévorante pour l’auteur l’a amenée très tôt dans les Ardennes. « C’est en 1973 que j’ai traversé l’océan pour découvrir toutes les collections fabuleuses exposées à Charleville. Ce qui est ici est exceptionnel. »

Elle a été nommée hier marraine du projet de restauration du musée Rimbaud de la ville.

Crédit :http://www.leparisien.fr/

Patti Smith - Charleville - Eglise St-Rémi, 10 novembre 2011.

Patti Smith au Théâtre de Charleville-Mézières, 10 novembre 2011.


La ferme familiale à Roche

De la ferme familiale à Roche, où Rimbaud est toujours revenu se ressourcer., il ne reste plus qu’un mur aujourd’hui, celui qui était contigu au grenier dans lequel Arthur a écrit une "Saison en Enfer". Les allemands en avaient fait leur quartier général pendant la première guerre mondiale et l’ont rasée quand ils sont partis. A la place du grenier qui était au-dessus du porche (voir le dessin de Paterne Berrichon), il y a maintenant une sculpture pour commémorer "Une Saison en Enfer", érigée et payée par Paul Boens, un admirateur de Rimbaud. L’homme, également chercheur d’or, a vécu de nombreuses années à Roche dans la nouvelle maison construite à l’emplacement de la ferme des Rimbaud, cherchant le trésor d’Arthur !

En effet, dans l’une de ses lettres à sa famille, écrite du Caire le 23 Août 1887, Rimbaud parle de 16 000 et quelques cents francs qu’il porte continuellement dans sa ceinture, soit 8 kilos d’or : toutes ses économies réalisées par un dur labeur à Aden et Harar. Paul Boens est persuadé que cet or est toujours caché à Roche, et il n’est d’ailleurs pas le premier à essayer de le trouver. Il oublie juste un détail : dans une lettre à sa mère, écrite le lendemain (Le Caire, 24 Août 1887), Arthur explique qu’il a finalement déposé l’argent au Crédit Lyonnais du Caire pour en percevoir les intérêts par l’intermédiaire de négociants pendant ses voyages. C’était trop dangereux de toujours porter cette somme sur lui, et si lourd que "ça lui flanquait la dysenterie". Aussi il demande à sa mère un prêt de 500F pour partir à Zanzibar et ne pas toucher à son dépôt où bien il perdrait les intérêts.

Crédit : http://www.mag4.netl

oOo

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3 Messages

  • Viktor Kirtov | 29 décembre 2017 - 11:29 1

    Merci Vincent de nous faire partager ces précisions puisées à une bonne source. Une occasion aussi de revisiter « Enfance », un de ces textes des Illuminations (avec "Vies", "Jeunesse", "Veillées") qui, sous un titre unique, rassemble plusieurs poèmes.

    Enfance II

    C’est elle, la petite morte, derrière les rosiers. — La jeune maman trépassée descend le perron. — La calèche du cousin crie sur le sable. — Le petit frère — (il est aux Indes !) là, devant le couchant, sur le pré d’œillets. — Les vieux qu’on a enterrés tout droits dans le remparts aux giroflées.
    L’essaim des feuilles d’or entoure la maison du général. Ils sont dans le midi. — On suit la route rouge pour arriver à l’auberge vide. Le château est à vendre ; les persiennes sont détachées. — Le curé aura emporté la clef de l’église. — Autour du parc, les loges des gardes sont inhabitées. Les palissades sont si hautes qu’on ne voit que les cimes bruissantes. D’ailleurs il n’y a rien à voir là-dedans.
    Les prés remontent aux hameaux sans coqs, sans enclumes. L’écluse est levée. Ô les calvaires et les moulins du désert, les îles et les meules.
    Des fleurs magiques bourdonnaient. Les talus le berçaient. Des bêtes d’une élégance fabuleuse circulaient. Les nuées s’amassaient sur la haute mer faite d’une éternité de chaudes larmes.

    Enfance III

    Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.
    Il y a une horloge qui ne sonne pas.
    Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
    Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
    Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
    Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.
    Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse

    Plus ICI sur l’analyse de ces poèmes

    Et, en bonus, Patti Smith sur le plateau de Frédéric Taddéi nous parlant de Rimbaud :

    oOo


  • Vincent Hamon | 28 décembre 2017 - 14:56 2

    Paul Boens que j’ai rencontré autrefois sur place, m’a expliqué que le mur qui reste aujourd’hui, devait correspondre à la phrase du poème en prose "Enfance" des Illuminations : "Les vieux qu’on a enterrés tout droits dans le rempart aux giroflées." Il supposait aussi qu’il existait en face de la maison le parc d’un château avec un cèdre et un bassin, correspondant à la phrase :" Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte."


  • A.G. | 21 mars 2017 - 19:11 3

    Il ne reste qu’un mur de la ferme de Roche, détruite en 1918 par les Allemands après avoir été occupée par la Kommandantur, c’est donc la maison reconstruite au même endroit après la guerre qu’a achetée Patty Smith. VOIR De Charleville à Roche.