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Couvertures

Sollers en Folio

D 3 novembre 2006     A par A.G. - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Articles de quotidien. Publication en revue. Première édition. Réédition en "livre de poche" : c’est le même texte et, pourtant, à chaque fois, différent, nouveau. Selon la typographie, la pagination, il change de volume. Chaque lecture apporte une nouvelle découverte.

Que dire du choix des couvertures* ? Sollers choisit souvent des reproductions de tableaux de peintres. Picasso bien sûr (" J’aurais pu dire (...) que, dans tout l’art moderne, je n’aimais qu’un seul nom : Picasso. " dit le narrateur dans "Portrait du joueur") mais il n’est pas le seul.
Le choix n’est jamais insignifiant. Ces tableaux sont souvent une "entrée" privilégiée.

Les voici. Quels sont ces tableaux ? De qui ? Pourquoi ? Et pourquoi celui-là ? C’est aussi dans les livres. A vous de trouver.




* Comme toujours, le dictionnaire est ici précieux. Qu’est-ce qu’une couverture ? Chacun en connaît les sens usuels (pièce d’étoffe, toit, partie extérieure d’un livre). Mais une couverture c’est aussi : en géologie, " l’ensemble des terrains sédimentaires recouvrant un socle selon une discordance. " ; "ce qui couvre, garantit, protège" ; mais surtout, sur un plan militaire, " le dispositif de protection d’une zone ou d’une opération. Ex : couverture aérienne " ou, mieux encore, " une activité qui dissimule des opérations clandestines, illicites ". CQFD.




Poche

« J’ai obtenu, grâce à l’amicale complicité d’Antoine Gallimard et d’Yvon Girard, la permission de choisir moi-même les couvertures de mes livres en Folio, là encore, excusez-moi, la meilleure, et de loin, collection de poche. Même livre, mais autre livre, public plus jeune, autre typographie, autre rapidité d’effet.

Pour Femmes, Les demoiselles d’Avignon [1] ; pour Le coeur absolu, des roses de Manet ; pour Les folies françaises, un détail de La Grande Odalisque, d’Ingres ; pour Le secret, un détail de La Flagellation, de Piero della Francesca [2] ; pour Théorie des exceptions, un portrait enlevé de Fragonard [3] ; pour La Guerre du goût, un Dionysos empourpré et volant de Titien [4] ; pour Eloge de l’infini, une tête de pirate de Picasso ; pour Passion fixe, un nu de Picasso (encore lui) ; pour L’étoile des amants, un détail de Gilles de Watteau [5] ; pour Carnet de nuit, Le jeune peintre, du tout dernier Picasso (toujours lui) [6] ; pour Une vie divine, un flambant portrait de Titien, le jeune et futur cardinal Ranuccio Farnese [7].

Ces couvertures sont tout simplement belles, elles sont très à contre-courant (c’est-à-dire dans un courant futur), elles parlent d’elle-mêmes, elles sont très affirmatives. Ma préférée est peut-être celle de Studio, un Shitao de méditation détachée et intense [8]. On entrera ici dans la "ténuité" chinoise :
« La ténuité est ce qu a quitté le non-être pour entrer dans l’être. Elle a une norme sans avoir encore une forme. »
Ou, si vous préférez :
« Le sot ne voit même pas ce qui est achevé. Le sage aperçoit ce qui n’est pas encore en germe. »
Le tableau s’appelle Clair de lune sur la falase. Deux petites maisons aux toits bleu clair, éclairées comme dans un plein jour légèrement brumeux, au pied d’un précipice vertical, et, dans l’une des maisons, à peine visible, sans doute l’auteur du tableau lui-même. La pluie de callgraphie, à gauche, est admirable. On peut voir ce chef-d’oeuvre, aujourd’hui même, au musée du Palais, à Pékin. »

Un vrai roman , Plon, octobre 2007, p.211-212.

Portfolio

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