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« Défilé de Fééries » suivi de « Les Annonciations de Manet »

Découverte d’un objet littéraire

D 7 août 2021     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


A propos du livre

Trouvé dans ma boîte aux lettres :

Une couverture sobre vert bouteille
un nom :
LUDIVINE SERENI

Un titre sur deux lignes :
DEFILE DE FEERIES
suivi de
LES ANNONCIATIONS DE MANET

Quatrième de couverture

Quelque chose vibre et s’étend sous la peau, dans le cœur multiplié : quelque chose d’aussi simple, je l’espère, qu’une phrase musicale..

Un carton d’accompagnement de quatre pages avec en couverture, détail de Manet, La Joueuse de guitare  :

Manet, La Joueuse de guitare,
Huile sur toile, 1867
66 x 82 cm ( la peinture a été coupée. À l’exposition de 1867, les dimensions étaient de 191 x 91 cm) ._

Edouard Manet a peint son modèle favori du moment, Victorine Meurent née en 1844, alors agée de 23 ans. Edouard Manet l’a déjà peinte dans des tableaux célèbres  : Portrait de Victorine Meurent, 1862, La Chanteuse de rue, 1862, Olympia, 1863, Le Déjeuner sur l’herbe, 1863. Avant la belle et délicate Berthe Morisot qui va s’imposer à partir de 1964. Son regard noir étincelant crève le tableau dans Le Balcon.

Une dédicace manuscrite, à l’encre bleue d’une petite écriture épaisse et régulière, mais difficile à lire :

« Cher Viktor,

Me faisant l’effet de K. voulant atteindre le château, j’ai finalement choisi le chemin de l’autoédition. Aussi, ce recueil, de la mise en page à la couverture, est le fruit de mon propre travail.

Mais ce qui importe, en vérité — et je vous parle ici plus particulièrement de la deuxième partie, Les Annonciations de Manet —, c’est l’ardeur, le flux sacré qui perdure dans l’encre après que le dernier mot a été écrit ; et qui vous parviendra, peut-être, sous la forme d’un tressaillement, d’une vibration.
[…]

Ludivine »

Dans l’avertissement du livre on trouve cette précision :

« L’instrument avec lequel j’écris, son corps lisse et bleu nuit, ciselé d’or, possède une plume japonaise rétractable. C’est la botte secrète, l’arme de pointe fatale. Lorsque je change la cartouche, je recharge mon barillet ; lorsque je presse le faîte du stylo, j’appuie sur la détente ; » (sic)

D’entrée de jeu, Ludivine Sereni apparaît comme une raffinée avec des rituels bien sollersiens : l’encre du stylo de Sollers est aussi une encre bleue Cobalt, qu’il ne trouve qu’à Venise. Mais L.S. ne nous précise pas son fournisseur .

Cependant, comment ne pas penser à Sollers avec un nom pareil : Ludivine Ludi, la divine, l’héroïne sollersienne d’« Une vie divine ».
Nous ne sommes pas assez familiers pour que je lui attribue les qualificatifs de Sollers mais ils sont présents sur pileface.

Et jusqu’à son patronyme qui évoque Venise, la Sérénissime, chère à Sollers

Impression qui ne se dément pas à l’évocation de ses influences dans l’avertissement du livre :

« On trouvera dès lors, au sein de ce recueil, des musiciens poètes penseurs, des poètes musiciens penseurs, des peintres musiciens penseurs ainsi que des écrivains musiciens penseurs poètes peintres. Quelques-uns ici, pêle-mèle : J.-S. Bach, Glenn Gould, Lennie Tristano, Zhu, Xiaio Mei, Charles Mingus, J. Joyce, Ph. Sollers, F. Nietzsche, L.-F. Céline, W. Shakespeare, A. Dante, Rûmî, Platon, A. Rimbaud, A. Artaud, F. Ponge, J. Kerouac, H. Melville, W. Faulkner, R. Barthes, B. Spinoza, G. Deleuze, G. Debord, M. Merleau-Ponty, M. Heidegger, et Velazquez, Pollock, Fra Angelico, A. Warhol, F. Bacon, Picasso et Manet. »

Le titre est ambitieux, à la hauteur des aspirations de l’auteure (je n’aime pas le mot autrice) : c’est bien dans les cimes que nous sommes conviés.

Oubliez vos préoccupations terre-à-terre, voguez dans les sphères de la pensée, du rêve, de l’art et de la poésie, autrement dit dans les sphères du Paradis. D’ailleurs le blog que tient Ludivine Sereni s’intitule « This Side of Paradise »

« Tout le monde le sait, mais pas suffisamment : l’écriture chinoise est unique. Ses idéogrammes, sa calligraphie, son pouvoir de suggestion vont à l’encontre de toute la tradition occidentale. Nous écrivons notre parole, les Chinois, depuis des millénaires, parlent leur écriture. »
Philippe Sollers

On pourrait ajouter dans les mantras de l’auteure : « cultive l’écriture », comme une hygiène et un art de vie, avec le souci esthétique et la perfection d’un calligraphe chinois, bien qu’elle ne l’ait pas exprimé sous cette forme. Par contre deux indices, encore dans l’Avertissement nous ont encouragé à l’exprimer ainsi :


Toutes les féeries que je publie ici furent d’abord travail d’écriture et d’encre, de ratures et de plume, de souffle et de rythme.

Et cette précision, aussi dans l’Avertissement en tête du livre :


Défilé de féeries est un recueil d’épiphanies écrites entre 2012 et décembre 2020 [1].

Ce titre est extrait du poème « Ornières », seizième illumination d’Arthur Rimbaud. »

EXTRAITS

Festin nu (Picasso) par Ludivine Sereni


Picasso, Le Baiser, 1969
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Festin nu (Elle veut faire de son amour un grand festin).
- Composition savante et géométrique, floraison des motifs : les mains-éventails s’impriment sur la taille, tandis que les seins, cœur inversé, renversé, se durcissent et blanchissent à l’enchâssement des formes. Mouvement concentrique : c’est par le baiser que tout se fait. - Elle veut faire de son amour un grand festin : yeux grand ouverts ; toujours ! - sans ça, impossible d’entendre les couleurs s’épanouirent. Nul embarras des corps ici : les formes se répondent en pénétration vive. Mutuelle dévoration : un, deux, trois nez (tels les satellites d’une orbite elliptique) pour lui ; et yeux ouverts et clairs sur visage sombre, ombre d’éclipse sous chapeau d’ocre jaune ; lui encore, lutinant sa belle, sa tourterelle. Ça ne tâtonne pas, ça sait parfaitement où ça va. Pas de fusion, pas de confusion - soudaine et habile découverte des solitudes ; des aptitudes.

Marseille, le 28 septembre 2014

STILL LIFE


Manet, Huitres et seau à champagne, 1876
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Insomnie, s’installer dans la nuit ; mais avant : se lever, prendre un cahier, celui-ci ; une plume, celle-ci ; un petit livre illustré des Natures Mortes de Manet aux feuilles-oiseaux dépliables - juste ce qu’il me faut : une fois déployées les feuilles-ailes laissent paraître la majesté d’un tableau. Je trouve là celui qui, dans l’entre-deux du sommeil, m’appelait. Non pas l’image du tableau mais son écriture, ses mots, leurs chair et couleurs : crépitement, nectar, éventail, nacre, citron, faïence, reflets, tintement, argent, or, cuivre, fleurs, murmures, rose poudré, plan resserré, treillage, coquillages, sel...

Dans l’eau glacée, le verre lourd et fumé retient le chant de l’élixir, le bouillon doré de l’excès. Des huîtres aux contours noirs tremblés, rivées à leur récif de faïence, ondoient et s’offrent en vert, violet, blanc, rose, tabac, gris perle, encre et soie. Un monde opiniâtrement clos ici même éclos.

Tout proches, au premier plan, les piquants citrons excèdent l’espace du cadre. L’un d’eux tranché net par un couteau dont le manche d’argent reflète la couleur juteuse de l’écorce fraîchement coupée, sa pulpe dévoilée, rayonne comme une pièce d’or d’un trésor naufragé, qu’avec patience le sel et l’eau polissent.

Les contrastes parviennent à l’œil par ressacs. Pas de vague à l’âme, plutôt l’échappée, le voyage de l’âme. Car pendant que la nacre bleutée de la faïence exhale des effluves de sel et de sable, que leurs grains craquent sous la dent de l’œil humide, les reflets, desdits contours se courbent, s’étirent et enveloppent enfin le ventre de métal givré.

Le seau à champagne devient un miroir concave où se peint l’autre tableau. Deux traits de pinceaux ramassés et vifs, couchés à l’horizontal. Le plus grand accueille et berce le second plus petit, plus charnu, couronné d’un point d’encre noire. Un signe, proche du sinogramme du cœur, émane de la surface d’acier. […]

VOIR ces signes et l’intégrale dans la version pdf ICI

ERRATA

Page 101. ligne 6. Je trouve là celui qui dans l’entre-deux du sommeil, m’appelait, corrigez, Je trouve là celui qui, dans l’entre-deux du sommeil, m’appelait.

Page 103. l. 6 comme un embrassement qui, après avoir
retenu […], corrigez, comme un embrassement qui après avoir retenu […]

Page 105. l. 24 Garder cela en soi ; ne redoute pas d’oublier cela, corrigez, Garder cela en soi ; ne pas redouter d’oublier cela.

Un peu plus loin :
« J’écris, la page bleuit et fleurit en tous sens. Je tourne à l’horizontal mon petit cahier à spirales et note cette formule extraite de « L’huître » de Francis Ponge : « C’est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l’ouvrir… »
L’accent circonflexe est un oiseau qui traverse le ciel du texte : blanchâtre, verdâtre, noirâtre. »

Découvrir la mise en page de la citation de Ponge dans la version pdf ci-dessus.


Manet, Huitres et seau à champagne, 1876,

huile sur toile, 55 x 35 cm. Collection particulière

L’éventail

(titre et illustrations de pileface)


Edouard Manet , La Dame aux éventails, 1873.
Huile sur toile H. 113,0 ; L. 166,5 cm. Don de M. et Mme Ernest Rouart, 1930. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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J’écris :


Manet, Lola de Valence, 1862 (détail)
ZOOM : cliquer l’image

L’éventail, le motif de l’éventail, ne cessera de déployer reployer ses ailes de papier dans la peinture de Manet, voilant tantôt un visage, un regard, où sommeille paisible, possible, une pensée de l’être, une présence au monde ; tantôt, peinture dans la peinture, éployé et accroché aux fleurs d’un papier peint qui, bien que jauni par les années, recouvre en l’instant une fraîcheur jamais égalée.

Ici encore, replié dans une main pince-de-crabe-blanc, l’éventail se repose indolemment de son vol sur un canapé couleur grenat ; ou bien là, saisi dans des mains plus décidées, il prend le frais sur un balcon, cependant que sa tranche laquée rouge souligne la blancheur nacrée et délicate d’une robe d’après-midi d’été ... Mais, toujours, dans ce « ici » et ce « là », Berthes M. un autre « M », celui de Victorine, modèle tout aussi précieux d’Édouard M., ce « M » pour « médium capable de capter le là de leur être et de lui donner, passant à travers son propre corps, un corps éternel : Manet et Manebit ».

Retrouver un peu plus loin l’objet dans les mains de Lola et d’une Carmen, quelques instants après avoir replié ses ailes blanches et noires d’oiseau rare : pic épeiche ? faucon blan c ? chouette harfang ? grive musicienne ? « A bratella de amor, campo de pluma » À vos plumes ! car « la vérité est que l’art doit être l’écriture de la vie ».

*

Le corps du peintre, et par là même sa peinture tout entière, puisque « le peintre apporte son corps », est semblable à ce motif.

Fermé, l’éventail est une puissante monade, contenant et pensant la multiplicité d’un monde qui se pense en elle, dans un mouvement perpétuel et réciproque de l’unité à la diversité. Denis D. le dit : « Je suis porté à croire que tout ce que nous avons vu, connu, entendu, aperçu, jusqu’aux arbres d’une longue forêt, jusqu’à la disposition des branches, à la forme des feuilles, et à la variété des couleurs, des verts et des lumières, jusqu’à l’aspect des grains de sable du rivage de la mer, aux inégalités de la surface des flots, soit agités par un souille léger, soit écumeux et soulevés par les vents de la tempête, jusqu’à la multitude des voix humaines, des cris des animaux, et des bruits physiques, à la mélodie et à l’harmonie de tous les airs, de toutes les pièces de musique, de tous les concerts que nous avons entendus, tout cela existe en nous à notre insu. »

Tout un univers enclos dans le cœur. Ce « cœur », moins battant du sentiment que, merveilleuse parole du merveilleux peintre chinois de la dynastie Qjng, Shitao, « siège de l’activité spirituelle et intellectuelle, ainsi que de toutes les forces conscientes ». Un cœur multiplié qui ne demande qu’à être exprimé. Tout un univers, vous dis-je, toute une multiplicité, toute une « nature à l’intérieur », dira Cézanne seulement quelques années plus tard. Mais il faut à l’être la chair, élément au sein duquel le monde et le peintre se rencontrent, s’imprègnent l’un de l’autre, dans un constant entrelacement ; il faut la sensation.

Ouvert, dans un déploiement aérien et minéral, l’éventail réveille les sonorités endormies dans chaque grain de matière. Autant de sensations imprimées au cœur d’un unanime pli, et qui resurgissent continûment sous d’autres formes : jardins, parcs, ateliers, bois et clairière, crapaud, chien, chat, bouvreuil, perroquet, voie ferré, roses lilas blanc bleuets clématites pivoines violettes œillets iris, oranges mandarines prunes raisin mirabelles, figues poires cerises, citrons et asperges trempées d’outremer et de rose à l’épi finement pignoché de mauve et d’azur, un peintre peut tout dire avec des fruits des fleurs ou des nuages seulement, carpes huîtres ouvertes ou opiniâtres, anguilles rougets, matadors, picadors, piano et guitares, mantilles, étoffe soie taffetas coton lin et satin, tissus et tapisseries, costumes, masques, paravents, robes divans arènes, et bancs bars balcon, livres lettres musiciens, anges aux ailes bleues, soldats et serpent, nappe verres vases carafe épées ombrelles, berge barque ou cuirasse ...

Ces formes transitoires, mais éternelles puisque déployant un même sujet, formulent le verbe d’une fleuraison de présences. Enveloppées d’une poussière miroitante de souvenirs, ces instants de joie profonde et de vérité, passés du cœur battant du peintre à la matière visible et palpable de la toile, ne jaillissent que sous l’égide d’un certain regard. Dès lors, cette poussière, jadis oubliée, étincelle et voltige de nouveau ; le souvenir de l’intime passation se retrouve, scellé dans le trait du peintre ; quelque chose comme une clef, la clef d’un amour trouvée et inventée par Manet : la peinture, toujours et à demeure, émane du cœur.

L’œil de Manet et ses Annonciations

(Titrage pileface)

Un regard, celui d’Éd. Manet, s’arrête sur un corps, une vie, et cela n’a rien d’ordinaire : les choses et les êtres de ce monde passent, affluent, se heurtent, se rencontrent et disparaissent, dans une indifférence et une surdité effarantes, cependant qu’une matière noire, patiente, invisible, œuvre sans discontinuer à l’éclosion du visible.

Or si le regard du peintre fait être, simultanément, il surgit lui-même, « hanté de certain noir », de ce néant. D’où ce noir, si lumineux, si singulier.

Mais Manet n’est pas un ténébriste : il ne part pas du noir, il le regagne au contraire comme un point, la substance d’une mémoire qui s’épaissirait, comme un retour après un long voyage en soi. Car, plus encore qu’une matière noire, s’agit-il, chez Manet, d’une énergie noire, créatrice, à la fois répulsive, lorsqu’elle préserve dans sa nuit l’inapparent en qui tout paraît, et expansive, lorsqu’elle délivre et dispense une immense opulence, les richesses jaillissant à chaque démarche.

Bataille verra d’ailleurs Le Balcon comme « une peinture hallucinée » où « le sujet est, dans le même temps, donné et retiré », ou, parlant de la douceur insaisissable de La Femme au perroquet ou de l’apparition spectrale de l’Angelina, que « quelque chose dans les plus simples de ces figures se détourne, se dérobe ».

Manet, son œil, sa main la pression sentie et claire, peint l’éclosion froide, cet instant de la sidération : le riche poudroiement du néant, son murmure et bourdonnement d’où l’être, ayant-été, se retire et se réserve, tout à la fois tendu vers un surgissement arrivé de toujours, qui s’en ira partout ; le nouvel amour, qui change le temps, le toujourise.

Ainsi, dans les noires pupilles de ses portraits de femmes ruisselle l’histoire, le roman d’un mouvement. Telle Korè cueillant les fleurs au cœur jaune safran entouré de pétales blancs, à son tour cueillie par la pupille de l’Invisible - Pupille plantée dans la pupille - le peintre recueille une fleuraison de présence, l’habite comme on habite une langue, et la cueillant (l’accueillant), lui ouvre un lieu d’être, d’apparaître, dans la clarté singulière de son exposition. Mais s’il s’agissait de consacrer seulement une venue en présence ! L’absence d’un être, en tant qu’avoir été et à venir, s’avance toujours dans la permanence, la promesse d’un séjour.

Cette absence, cet invisible, la peinture en a fait son défi d’être. La puissance, l’esprit, le mystère de la peinture, la vraie, tirent leur origine du figurable récit de l’Annonciation. L’espace sacré de la toile (mais cet espace peut tout aussi bien être un mur ou une voûte) offre un lieu d’apparition, un théâtre, à cet acte invisible qui émane du Verbe divin, à ce moment coïncidant avec celui de l’Annonciation manifeste et visible : l’Incarnation.

Et dès l’instant que L’Annonciation rend présent dans le visible l’invisible, qui en tant que tel le demeure, c’est la peinture même que les grands peintres portraiturent à travers elle.

[…]

Ce faisant, les tableaux de Manet recueillent et couronnent le poème de l’apparaître, qui s’égrène comme une prière et se module comme un chant.

Clef : de l’amour

Mode : ÊTRE-LÀ majeur.
Lieu et formule : Annonciations.
Vie : inventer bien autrement méritant que tous ceux qui l’ont précédé, un musicien même.

Oui, un musicien anime le clavecin des prés. C’est l’heure du plein midi, du déjeuner, sur l’herbe ou dans l’atelier ; l’heure de s’étendre dans le silence et le secret de l’herbe multicolore.

Les derniers mots du livre

« Reste à présent lecteur, sur ton banc,

en pensant à ce dont tu as eu l’avant-goût,
si tu veux une joie qui surpasse ta peine.

Je t’ai servi ; à présent nourris-toi par toi- même ;
cette matière dont je suis le scribe

demande pour soi tout mon soin. »

Dante, Paradis, Chant X, 22-27, trad. J. Risset

Ludivine Sereni sur Pileface

Figure 8 de Franz Kline

Celui-qui-ne-doit-jamais-se-lâcher-le-menton

PIZZICATI

Bartleby, ou l’être du rien


[1quelques unes publiées ont été publiées sur pileface.

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