vous etes ici : Accueil » THEMATIQUES » Les lieux de Sollers » La Cité absolue : Venise, le lieu et la formule
  • > Les lieux de Sollers
La Cité absolue : Venise, le lieu et la formule

Documentaire vidéo et textes en situation

D 21 novembre 2013     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Message d’Anna Livia, une amoureuse de Venise, que l’on peut suivre dans ses Carnets Vénitiens

« ...J’espère que vous allez bien. Je vous fais un petit coucou pour vous signaler une video mettant en scène Sollers à Venise. voici le lien : http://vimeo.com/70043229# »

Il s’agit d’une vidéo en italien, mais Sollers s’y exprime en français et les images sont universelles.
Son titre : « LA CITTÀ ASSOLUTA : Venezia, il luogo e la formula »
LA CITE ABSOLUE : Venise, le lieu et la formule.
Les parties où s’expriment Sollers sont tirées du film de Pierre-André Boutang, « A chacun sa Venise », 2006, pour Arte On Line Production.

En 1963, Sollers découvre Venise, en compagnie de Dominique Rolin. La version de Pascal Louvrier, auteur de « Philippe Sollers, Mode d’emploi », Editions du Rocher, 1996 :

Automne 1963. Place Saint-Marc. La scène se déroule de nuit. Personne. Silence. Sollers arrive de Florence. Il ne connaît pas Venise. Révélation ! « Je sais, d’emblée, que je vais passer ma vie à tenter de coïncider avec cet espace ouvert, là, devant moi. J’ai ressenti une émotion du même genre, mais moins forte, en pénétrant, à Pékin, dans la Cité interdite et surtout, en allant aux environs visiter le temple du Ciel au toit bleu. C’est un mouve-ment bref de tout le corps violemment rejeté en arrière, comme s’il venait de mourir sur place et, en vérité, de rentrer chez soi. »

Mais la mort n’est qu’apparente. Sollers rejette vigoureusement l’idée que la Sérénissime serait l’ultime étape du voyage commencé à la naissance. Il s’écrie : « Elle respire, elle bat, elle s’annule, elle est modelée comme un souffle. Au fond, c’est la ville du Saint-Esprit. Tout y parle de corps glorieux, d’allègements, d’ascensions, d’envols, d’assomptions, de piqués, de glissades, de lévitations, de suspens (...). Comment une telle évidence de splendeur a-t-elle pu échapper à la main du diable ? Il lui fallait bien une protection spéciale, une bénédiction cardiaque, un signe d’élection. »
Sollers marche dans les ruelles humides de la cité éter-nelle, il songe à Casanova, voit le vieux Ezra Pound, sous sa fenêtre, « perdu comme une ombre », regarde le trafic du canal, écoute le rire aigre des mouettes, va à la messe, deux fois par jour, cinq minutes, s’allonge sur l’herbe d’une petite place où s’agitent trois acacias, et surtout écrit, le cerveau excité par les Particules euphoriques circulant dans la buée rose du soir. « Venise est un acte qui se confond avec celui d’écrire. » C’est pour cela qu’elle est au cœur de la plupart de ses romans. Sollers encore : « Elle modèle les différents narrateurs, les délègue en son nom sur la scène, les reprend en elle, les cache, les berce, imprègne leurs sommeils, corrige leurs perceptions, affine leur vision et leur audition, leurs réflexes. »
En somme, Venise leur donne vie.

Philippe Sollers, Mode d’emploi, par Pascal Louvrier, Ed. du Rocher, 1996, p.141-142.

1. Le chérubin - L’ange gardien

(extrait 1 de « LA CITTÀ ASSOLUTA : Venezia, il luogo e la formula »


Extrait 1. Le chérubin - L’ange gardien

Chérubin, enfance et recomposition avec Tiepolo
Alice Granger-Guitard, 20 février 2005 :

Alice Granger, commente le Dictionnaire amoureux de Venise de Sollers. Dans cet extrait, elle commence par évoquer l’arrivée de Sollers à Venise, en 1963. Il est place St Marc avec sa valise. Dominique Rolin est à ses côtés. C’est la première fois qu’ils découvrent la ville, descendus de leur bus venu de Florence. Mais laissons la parole à Alice Granger

« Philippe Sollers, à propos de cette même première fois : "Je sais, d’emblée, que je vais passer ma vie à tenter de coïncider avec cet espace ouvert, là, devant moi... C’est un mouvement bref de tout le corps violemment rejeté en arrière, comme s’il venait de mourir sur place et, en vérité, de rentrer chez soi."
Rentrer chez soi, donc ! "Il n’y aurait que du dedans et nous nous acharnerions à ne pas le savoir". Ou bien, Philippe Sollers, par cet amour vrai, s’est exceptionnellement trouvé dans les conditions de cette "évidence intime". Alors, il se trouve en condition de faire cette lecture de Venise : c’est une ville dominicaine, forcément, et c’est, forcément aussi, la ville chérubinique par excellence, célébrée par Tiepolo au plafond de l’église des Gesuati. Chérubin, enfance et recomposition. Là, ils se trouvent dans une Grèce déplacée, tournée autrement. "On garde ce qu’il faut de Byzance, mais on évolue à l’intérieur de l’aventure romaine." Très exactement ! »

Voir aussi :
Le chérubin voyageur du ponte della Calcina

2. Le miroir


Extrait 2. Le miroir

Poursuivons notre flânerie dans le livre de Pascal Louvrier :

J’ouvre Le Lys d’or en collection de poche, à la page 198, où le narrateur nous conseille de nous promener longuement dans Venise, plus particulièrement aux alentours du palais Vernier dei Leoni qui renferme la collection Peggy-Guggenheim, pour déboucher sur le Campiello Barbaro, une petite place avec une fontaine basse, en bronze. Eh bien, j’y suis sur le Campiello, en face du vieux palais Dario. Façade rouge, fissures, fenêtres asymétriques. Les assauts du temps. La lutte d’un parkin¬sonien courageux. Je remarque la plaque dédiée à Henri de Régnier, « poeta di Francia », lequel « in questa casa antica, venezianamente visse e scrisse ». Sollers, dans Le Lys d’or, devenu pour la circonstance guide touristique, cite les quatre vers suivants gravés dans le marbre

Car sinueuse et délicate
Comme l’œuvre de ses fuseaux
Venise ressemble à l’agathe
Avec ses veines de canaux...

Je lis la même chose que lui, et remarque, comme lui, que les autorités locales ont écrit « agathe », le prénom, au lieu d’« agate », la pierre. Le problème, c’est que je ne peux pas admirer la fontaine. Elle est entourée d’une palissade en bois de couleur ocre derrière laquelle tra¬vaille un ouvrier. Il essaie de la restaurer. Je m’avance vers lui, sa tête poussiéreuse apparaît au-dessus des lattes de bois, il semble inquiet. Peut-être pense-t-il que je viens surveiller les travaux.

Sollers signale le Ponte Cristoforo. C’est exact. Il est là, le petit pont, avec ses neuf marches à monter afin de pouvoir plonger « les yeux dans le canal d’eau ridée vert-noir ».

À cet instant précis, je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai décidé de compter les marches arrondies du pont. Neuf marches. Vérification de l’enquêteur. Deux, quatre, six, huit... Huit marches. Pas une de plus. Huit marches ! Vive émotion. Je me penche pour voir couler l’eau sombre. Tiens, je n’entends plus le chant du rossignol. Silence profond. Vent frais. Voile de lin devant le soleil. Huit marches. Je vais les compter dans l’autre sens. Je descends. Une, deux, trois ... sept, huit. Je monte à nouveau, je redescends, l’esprit agité, les jambes coupées, le souffle court. Amer constat, cruelle vérité : il n’y a pas neuf mais huit marches. Et moi qui ai toujours cru Sollers, moi qui lui ai fait naturellement confiance. Bon sang, quel coup dur ! Je n’en reviens pas. Étourdi. Oui c’est cela, je suis étourdi. Il ne cesse pourtant d’affirmer qu’il n’invente rien, que tout est puisé dans la réalité, que ses romans sont des anecdotes à clef, des chroniques, qu’il est un chroniqueur, comme Joinville, comme Céline...
L’ouvrier est sorti de derrière la palissade, il me regarde. Bien sûr, il ne comprend pas mon désappointement. Je ne peux l’en blâmer. Qui pourrait d’ailleurs comprendre ce que je ressens présentement ?

Au fait, pourquoi Sollers a-t-il voulu amener le lecteur sur le Campiello Barbaro ? Je consulte à nouveau Le Lys d’or. « Oui, oui, écrit-il, quelque chose s’est passé là ... » Pfuittt l Que va-t-il encore nous annoncer ? Méfiance. « L’événement du Campiello Barbaro ? Vous me soupçonnez déjà d’avoir baisé, là, sur le pont, de nuit, une sinueuse et délicate amie vénitienne ? Eh, eh... Jambes fuselées, cul d’agate, veine mordue au creux du genou ?... » Ben voyons... Ça sent le fantasme à plein... Ne plus tomber dans le piège... Huit marches au lieu de neuf... Ne pas oublier ce détail qui change tout ... « Voyez comme la trouée du canal, presque entièrement recouverte de feuillages, se prête à une perspective enfoncée, discrète ... Ah non, je ne dirai rien. » Et pour cause ! Et vous l’auriez levée où la vénitienne éthérée, libertin fabulateur ? « ...Si vous êtes passé par Peggy-Guggenheim, vous avez sûrement aperçu deux ou trois charmantes hôtesses... » Non, j’ai emprunté le chemin qui part de la Salute et, pour le retour, je vais prendre la même direction. Fini de jouer. L’enquête est terminée pour aujourd’hui. Car, si je l’écoutais, « le » Sollers, je devrais trouver à un tournant, encastré dans la brique, à peine caché par le lierre, un miroir. Un miroir que je n’ai pas remarqué en venant ici. Bon d’accord, vous avez raison, je devrais accepter ce dernier test. Au fond, qu’est-ce que je risque ? Soit, marchons en observant attentivement. Tiens, j’aperçois déjà le tournant, puis le lierre grimpant le long du mur. Arrêt. Dois-je l’avouer ? Il est là, le fameux miroir. Rectangulaire, pas très propre, piqué par endroits. Il réfléchit mon visage stupéfait. Je ne bouge pas pendant au moins une minute, des touristes me frôlent, un bourdon se pose sur une feuille de lierre. Tout à coup, je crois apercevoir dans la glace la tête ronde et radieuse de Sollers. Je me retourne. Personne. Puis je me mets à entendre son rire puissant qui envahit la ruelle menant à la Salute, Je cours jusqu’à l’embarcadère du vaporetto. J’attends quelques instants sur les marches luisantes de l’église. Clapotis des vaguelettes. Le soleil décline. Flots de feu sur le Grand Canal. Les palais semblent se redresser. La mort attendra.

Le vaporetto est à quai. Je prendrai le suivant, je pré-fère rester assis tant mon trouble est grand. Je ferme les yeux. Ronde d’images... Farandole de bruits. Ponte San Cristofolo... Présence du miroir... Visage fantomatique de Sollers... Son rire... Seulement huit marches... Doute dissolvant... Et si Sollers, c’était le diable ?

Philippe Sollers, Mode d’emploi, par Pascal Louvrier, Ed. du Rocher, 1996, p.143-146.

3. Linea d’Ombra, Pensione La Calcina...


Extrait 3. Linea d’Ombra, Pensione La Calcina...
</p

Le Linea d’Ombra, aujourd’hui restaurant sur les Zattere, l’ancienne boîte de nuit, à proximité de la Pensione La Calcina, le quartier général de Philippe Sollers à Venise, face au canal de la Giudecca. Là où passent les grands paquebots. La Calcina et Le Linea d’Ombra ont chacun leur ponton-terrasse sur le canal. C’est, ici, du ponton de la Calcina que Sollers commente Venise.

« Après un déjeuner rapide au Linea d’ombra, j’achète quatre roses rouges que je dépose sur le sol aux Gesuati, à San Vio, à San Agnese, à San Trovaso, les endroits où j’ai été le plus heureux dans ma vie. Temps très bref et très long, trésor de mémoire. »
Ph. S., Trésor d’amour, Gallimard, 2011, p. 75

Minna, sur le ponton du Linea d’Ombra

« [Liana, une des élèves de Minna qui veut faire une thèse sur l’amour chez Stendhal] est venue en week-end à Venise, avec Minna et sa fille, une nuit, quatre chambres, dîner très gai, à côté, au Linea d’ombra, dans l’angle gauche au bout du ponton sur l’eau, celui qui fait face, de l’autre côté de la Giudecca, à San Giorgio. Liana est très jolie, brune aux yeux bleus, réservée, pudique, le contraire de sa génération intermédiaire, bruit, fric, boîtes, rock, people. À l’opposé, donc, du modèle gouvernemental général, parade, pub, télé, escort girls, coke, ecstasy, bavardage, sécurité, mariage. La subversion, aujourd’hui, est dans le retrait, le goût, les détails. Retour inattendu de Stendhal et des « happy few », contradiction avec la porcherie ambiante. Liana admire Minna et me voit à peine. »

Ph. S., Trésor d’amour, Gallimard, 2011, p. 75

Que nous évoquent ces lignes, après avoir enquêté sur place, nous aussi :
« Liana admire Minna et me voit à peine »
...tandis que l’ombre portée du Linea d’ombra recouvre le quai et le ponton, tandis que dans la trouée entre le restaurant et la douane de mer, la lumière inonde le quai et le canal. La ligne d’ombre est matérialisée, là. Le pignon du Linea d’ombra dresse sa frontière, projetée sur le sol. Affrontement de l’ombre (devant le restaurant) et de la lumière (juste après). Ligne immatérielle mais nette. Confrontation journalière quand le soleil est là. C’est bien la preuve de la suprématie de la lumière qui dicte le tempo de ses corps à corps avec l’ombre.

« Liana admire Minna et me voit à peine » ... le temps du "suffrage à vue" [1] n’est plus... L’ombre du temps qui passe !


Guy Debord. Ponton du Linéa d’Ombra. Au fond, San Giorgio.
La seule photo couleur connue.
ZOOM... : Cliquez l’image.
La seule photo en couleur connue de Guy Debord (je l’ai glissée sur fond de musique dans un film sur lui) permet de le voir, à la fin d’un déjeuner, sur le ponton du Linea d’ombra. Il fait très beau, une bouteille de vin rouge est posée sur la table. Debord n’aime pas être photographié, il se tasse un peu sur la droite, San Giorgio, derrière lui, au loin, resplendit au soleil. C’est Alice, sa femme, qui m’a prêté, pour le film, cette photo unique. L’intraitable Debord, dévot du noir et blanc, a fini par faire sur moi une fixation négative, au point d’écrire, dans une lettre étrange, un an avant son suicide, que je ne connaissais pas Venise, alors que j’y ai passé quarante ans incognito, printemps et automne, et souvent, comme aujourd’hui, au Linea d’ombra. Debord, en écrivant cette lettre, est pour la dernière fois à Venise, et je suis invisible pour lui à deux pas. »
Ph. S., Trésor d’amour, Gallimard, 2011, p. 89-90

« et je suis invisible pour lui à deux pas. »... une ligne d’ombre se creuse sur le front de Sollers.

JPEG - 58.3 ko
Le ponton du Linea d’ombra sur le canal de la Giudecca
En arrière plan, l’église de la Salute

Se reporter aux articles :
L’homme lumière à la frontière de sa ligne d’ombre
La chambre aux trois fenêtres de La Calcina

4. Les cloches, les églises


Les Gesuati, La Salute, San Giorgio, Le Redentore...
Les cloches : « une très bonne nouvelle permanente »


Extrait 4. Les cloches, les églises...
</p

Transcription du commentaire de Sollers depuis le ponton de La Calcina

Les cloches sonnent pour sonner
en fonction d’un certain nombre de petites cérémonies
et je suis très sensible à ça.

C’est la présence, sacrée, en exercice, à Venise.
Si on ne ressent pas ça, on passe totalement à côté de la ville.
...Voilà, là, c’est La Salute qui sonne
mais San Giorgio ou le Redentore répondent.
Alors, il y a un dialogue aussi entre les différents lieux,
très très chargés d’histoire,
et de spiritualité de Venise.

Derrière nous, il y a les Gesuati,
Là bas, c’est la Salute, plus loin San Giorgio,
là, le Redentore.
Et par conséquent, vous entendez
que ça fait déjà un concert
qui est fait pour occuper l’air d’une certaine façon.

Ces cloches annoncent quoi ?

Eh bien, en général - sauf si c’est le glas -
de très bonnes nouvelles,
une très bonne nouvelle permanente,
toute la journée.
Encore une bonne nouvelle,
encore du carillon,
encore un hommage à l’eau, l’air et à la liberté
qui est là chez elle.
Magnifique, les cloches !

Mais le fait qu’il puisse y avoir ce rapport
entre l’air, l’eau et la lumière,
en pleine culture, magique -
l’air de Venise, vous l’avez dans la musique et dans la peinture -
vous sentez que les gens qui ont créé, ici,
ont respiré d’une certaine façon, marché d’une certaine façon,
navigué d’une certaine façon.
Voilà, c’est la fois extrêmement vif,
comme nature,
et fabuleux, comme culture.
Les deux, à égalité.

[Sollers regarde le ciel, un oiseau passe...]
Et quand un goéland ou une mouette passe,
ce sont des signatures, raffinées, de l’air.

*

On pourra aussi consulter l’article pileface :
Aux Gesuati Sur les pas de Sollers à Venise

L’intégrale du documentaire
Vous pouvez visionner le documentaire dans son intégralité, ici :
Outre Philippe Sollers, vous y trouverez des évocations de Guy Debord, Thomas Mann, Alice et Claude Monet, Marcel Proust, Arthur Rimbaud.
_


[1« Bien que n’ayant plus, depuis longtemps, ce que Casanova appelle joliment "le suffrage à vue", je n’ai pas eu grand mal à amener Sophie, 25 ans, dans mon studio d’expertise » Ph. Sollers, Les Voyageurs du Temps, Gallimard, 2009.

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


1 Messages

  • A.G | 22 novembre 2013 - 11:59 1

    Nous sommes loin de Venise, mais quand même plein sud. La fin du documentaire italien se termine par la citation de la fin ultime de Pierrot le fou de Godard (1965). Souvenez-vous : Belmondo-Pierrot-Ferdinand vient de se faire sauter la tête. Panoramique sur la mer et le ciel. Voix off : « Elle est retrouvée. Quoi ? — L’éternité. C’est la mer allée avec le soleil. » La célèbre formule de Rimbaud (1ère version) est dite par la voix d’Anna Karina (musique d’Antoine Duhamel). Godard croyait avoir trouvé la formule, mais pas le lieu.