Sur et autour de Sollers
vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE SOLLERS » 31 Janvier 2020 : un jour triste pour l’Europe et sans doute pour Ph. (...)
  • > SUR DES OEUVRES DE SOLLERS
31 Janvier 2020 : un jour triste pour l’Europe et sans doute pour Ph. Sollers ?

D 2 février 2020     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


ETRE OU NE PAS ETRE
…EUROPEEN !
Les Britanniques ont choisi.


La presse et l’opinion publique lassées par le lent processus de mise à exécution du Brexit ont vite tourné la page. Ainsi, le Journal du Dimanche du 2 février qui consacre une page à la disparition de la reine du polar titre « Mary Higgins Clark, fin du suspense », mais pas une ligne consacrée à la fin du suspense du Brexit. Aussi, est-ce bien téméraire, et aller à contre-courant, que de consacrer, aujourd’hui, un article au 31 janvier 2020 !.

Pourtant l’Histoire retiendra la date du 31 Janvier 2020, comme celle du jour où le Royaume Uni a quitté l’Union européenne. Divorce officialisé après 47 ans de vie commune : une relation « à l’anglaise » que l’on ne peut guère qualifier d’idyllique.
Malgré tout, c’est un jour triste pour l’Europe et nous n’avons pas fini d’en mesurer les conséquences pour nous Européens.
L’Europe a été amputée d’un de ses membres.
Un corps devenu infirme, quoi !
Nombreux sont les accidentés de la vie qui peuvent témoigner que l’on peut continuer à vivre après une amputation. Mais à quel prix ?


31 Janvier 2020

British Prime Minister Boris Johnson did it
ZOOM : cliquer l’image

Séquence nostalgie au Parlement européen

Aussitôt après le vote, qui a scellé le départ des eurodéputés britanniques, nombre d’élus se sont donné la main dans l’hémicycle et ont entonné le chant écossais Auld Lang Syne (Ce n’est qu’un au revoir), certains brandissant des écharpes aux couleurs des drapeaux britannique et européen.

Un chant écossais qu’il faut entendre avec ses mots de la version originale, ceux que je veux garder à l’esprit.

Il appartiendra toutefois au Parlement européens de tirer les leçons de ce divorce : une Europe qui n’a pas su rester assez attractive pour que les Britanniques aient envie d’y rester.

Auld Lang Syne

(Devenu « Ce n’est qu’un au revoir » en français.)

Faut-il oublier les amis
ne pas s’en souvenir ?
Faut-il oublier les amis
les jours du temps passé ?

Refrain
Aux jours du temps passé, ami
Aux jours du temps passé
Buvons ensemble à l’amitié
Et aux jours du temps passé.

Nous avons voyagé tous deux
chaque jour d’un cœur léger
Tours et détours un long chemin
depuis le temps passé.

Nous avons galéré tous deux
du lever au coucher
Océans nous ont séparés
depuis le temps passé

Voici ma main ami fidèle
donne ta main à l’amitié
Et nous boirons encore longtemps
aux jours du temps passé.

Et tu offres le premier verre
et j’offre ma tournée
Buvons ensemble à la l’amitié
Et aux jours du temps passé.

Should auld acquaintance be forgot
And never brought to mind ?
Should auld acquaintance be forgot
And days of auld lang syne ?

Refrain
For auld lang syne, my dear
For auld lang syne
We’ll take a cup o’kindness yet
For auld lang syne

We twa hae run about the braes
And pou’d the gowans fine
But we’ve wander’d mony a weary fitt
Sin’ auld lang syne.

We twa hae paidl’d in the burn
Frae morning sun till dine
But seas between us braid hae roar’d
Sin’ auld lang syne.

And there’s a hand, my trusty feire
And gie’s a hand o’ thine
And we’ll tak a right gude-willie waught
For auld lang syne.

And surely ye’ll be your pint-stowp
And surely I’ll be mine
And we’ll tak a cup o’kindness yet
For auld lang syne.

Florilège anglophile chez Sollers

Philippe Sollers n’a plus de tribune médiatique dans les journaux. A défaut, nous avons rassemblé le petit florilège qui suit, extrait de ses dits et écrits.

L’anglophilie de Sollers trouve sa source dans l’Histoire de sa région natale, le bordelais, l’Acquitaine qui a été terre anglaise, les relations avec l’Angleterre qui se sont alors poursuivies avec le commerce des vins de Bordeaux que les Anglais avaient appréciés chez nous. Quant à Sollers, il écoutait Radio Londres pendant la deuxième guerre mondiale et il n’oublie pas le sacrifice des aviateurs anglais…

Le « carré des Anglais » à Ars en Ré

JPEG - 86.1 ko
Cimetière d’Ars-en-Ré
Le carré des aviateurs anglais
1998, Tournage "L’Isolé absolu" dédié à Sollers.
Un documentaire de A.S. Labarthe
Pour la série "Un siècle d’écrivains>" (France 3)
« Vous avez sûrement vu que je comptais être enterré à Ars-en-Ré, près du carré des aviateurs anglais, néo-zélandais et australiens qui sont venus se battre au-dessus de cette île entre 1940 et 1942 pour ma liberté. J’y tiens d’autant plus que l’ancienne maison de mes parents a été rasée par les nazis pendant cette période. (Dialogue avec Philippe Sollers, »


Forum du Nouvel Obs du 13/02/2006)

PLUS ICI

Dans « Philippe Sollers, Vérité et Légendes »

JPEG - 141 ko
le livre sur amazon.fr

Un texte de Gérard de Cortanze. On peut y lire :

« …Bordeaux vit désormais sous le joug nazi. Le ciel de Bordeaux devient le lieu de batailles aériennes féroces. Nous sommes en 1941, le petit Philippe Joyaux, âgé de cinq ans, est un témoin halluciné du drame qui se joue sous ses yeux. Ouvrons Femmes : « Maîtrise des airs... RAF [ Royal Air Force] ! Comme pendant la dernière, quand on regardait ça depuis les jardins, boum-boum, flocons de la DCA, battements scintillants d’ailes, traînées noires, explosion en mer. C’est S., là, qui me raconte son enfance, dans le Sud-Ouest de la France occupée. » Ouvrons Studio, l’enfant témoin n’oublie pas certains mots opposés à d’autres, sonorités contre sonorités, spitfires, Royal Air Force d’un côté, stukas, Luftwaffe de l’autre : « Pour l’instant, je comprends quand même que le sort du monde se joue entre aviateurs, à un contre quatre, là-haut sur la carte, au-dessus de l’eau. » Et Philippe Sollers d’ajouter, se promenant entre les tombes du petit cimetière d’ Ars, dans l’île de Ré, où il souhaite être enterré :

«  La chose qui me paraît la plus respectable, dans cette affaire, c’est l’Angleterre, seule contre tous, et l’héroïsme suprême de ces pilotes venus de partout. À l’époque, j’avais lu énormément de biographies d’aviateurs, Guynemer, Closterman, Saint-Exupéry. Oui, l’histoire de la Royal Air Force me touche tout particulièrement. Cette immense bataille aérienne, ces jeunes aviateurs néo-zélandais âgis de vingt ans qui viennent mourir ici, c’est le fait que j’admire le plus après le débarquement.  »

Moins d’un an après l’arrivée des Allemands à Bordeaux, la RAF, en relation avec les premiers réseaux de Résistance, entame sa longue série de bombardements. « La nuit je marche là-dedans j’écoute chuchotement sous les bombes », lit-on dans Paradis, et plus loin : « Voilà les bombardements il faut descendre à la cave ma mère emporte toujours son édredon elle tombe dans le jardin elle reste allongée sous les fusées les balles traçantes elle est belle comme ça dans le noir sous le laurier avec le ciel en feu explosé moi je la crois morte je crie elle dit mais non on est bien simplement par terre y en a marre d’aller s’enfermer comme des rats. » Dans Portrait du Joueur : « Une scène revient parfois me réveiller en sursaut... Météore... Je suis dans mon berceau, sans doute, près de leur lit... Je sens mon visage arraché par un bruit de meurtre... Décollation, explosion... Ce moment semble enfoncé dans les bombardements aériens de l’époque, chasseurs, DCA, fusées éclairantes ... Enfance de guerre... Naissance dans le feu ambiant... » Et dans Studio, encore : « Je ne dîs rien, j’observe. Certains matins, les toits, les pelouses, les allées, les bassins sont couverts de rubans de papier argenté tombés des avions pour brouiller les ondes. On dirait du givre en plein soleil. Mes sœurs et moi nous ramassons cette manne. Presque chaque nuit, à l’appel des sirènes, on descend en courant du côté des caves inoccupées. Les femmes rient. Si on regarde le ciel, les yeux sont traversés d’explosions cotonneuses, violettes. Les livres restés dans les maisons continuent leur vie propre, surtout les gravures, les peintures. Aucun choc ne parvient à les faire trembler. » La guerre, lorsqu’on est un enfant, peut être un spectacle :

« Quels souvenirs que ces batailles aériennes, ces bombardements considérables, incroyables ! Il fallait se lever précipitamment en pleine nuit, courir vers la cave se cacher. Mais aucune frayeur, plutôt un enchantement. Mon Dieu que c’était beau ! On apportait les édredons dans la nuit, on traversait le jardin. C’était très amusant au fond, absolument féerique, ce jeu étrange, et la DCA, et les avions, et les tracts "Français résistez" qui tombaient du ciel, et les éclairs, une sorte d’immense feu d’artifice.  »

Si, dès juillet 1940, il faut faire passer en zone libre, puis en Espagne, les soldats anglais non rapatriés à Dunkerque, dès l’année suivante, et notamment dans la région de Bordeaux, les bombardements effectués par la RAF entraînent la nécessité de récupérer les équipages tombés de leurs avions abattus. Tandis que les uns, membres ou sympathisants du PPF girondin de Doriot, distribuent des tracts intitulés « Assez », dirigés « contre les raids assassins de la RAF », les autres décident de faire passer les équipages de l’autre côté des Pyrénées en créant des filières d’évasion pour les aviateurs. C’est le choix de la famille Joyaux. Studio, page 45 : « Chez nous, des types blonds, des Anglais, vivent parfois cachés dans les caves. D’où viennent-ils ? Comment se débrouille-t-on, en tombant du ciel en parachute, au milieu des projecteurs, des fusées éclairantes, des tirs d’artillerie ? Chut, tais-toi, tu n’as rien vu, il n’y a personne. » Engagement. Anglophilie. C’est la piste à suivre..

« Mon père a été arrêté un soir par les Allemands et est revenu le lendemain matin sans rien dire Il devait se balader de façon un peu trop voyante du côté de la base sous-marine pour transmettre des renseignements à Violet l’Anglaise… » <:div>

L’anglophilie de Sollers aussi dans l’amour de la langue

Celle de Shakespeare, celle de Joyce notamment :


Féerie de Shakespeare


William Shakespeare
ZOOM : cliquer l’image
« Merveilleuse Pléiade : à gauche, le texte anglais de Shakespeare, à droite la traduction française. Vous entendez la musique d’une oreille, vous la déchiffrez de l’autre. Vous êtes au Théâtre du Globe, sur une autre planète. Les tragédies vous empoignent, les comédies vous tournent la tête. Shakespeare est comme Dieu : il fait ce qu’il veut.

Reste le problème des traductions, même si la plupart sont excellentes. Shakespeare accumule les répétitions, les allusions, les jeux de mots sexuels, les roulements de rythmes, les travestissements, les troubles d’identité, les équivoques.
[…]

Tout est musique chez Shakespeare, et c’est d’ailleurs la conclusion du Marchand de Venise… »

PLUS ICI

James Joyce

Sollers est un fan de Joyce. Dominique Rolin le prénommait Jim dans ses romans, en référence justement à James Joyce. Il lui a d’ailleurs consacré un numéro double de L’Infini (N° 49-50, Printemps 1995) avec en illustration de couverture, celle de Tel Quel N°83, (Février 1980) qui avait déjà consacré un premier dossier à Joyce :

JPEG - 245.7 ko
la revue sur amazon.fr

Une vénération pour Joyce qui va du sublime monologue de Molly Bloom à la fin d’Ulysse, en passant par le Joyce amoureux et obscène. Ou bien pour son Finnegans Wake, où il fait exploser la langue anglaise et en rassemble les éclats dans une nouvelle langue, au-delà de la langue originale.
On pourrait presque parler ici d’ outreanglais comme on dit de Soulages qu’il est le maître de l’outrenoir. Un outreanglais avec des constituants et des sonorités anglaises.
Un héritage qui va rester européen. Dublin, la ville natale de Joyce, capitale de la République d’Irlande, indépendante, n’est, en effet, pas concernée par le Brexit.

Nota : Seule l’Irlande du Nord l’est. (Et certains observateurs politiques pensent que le Brexit peut même conduire l’Irlande du Nord à se réunifier avec la République d’Irlande - Boris Johnson a fait la part du feu, sans état d’âme, en laissant tomber les Irlandais du Nord dans ses négociations avec le Parlement européen)

Le sublime monologue de Molly Bloom dans Ulysse

Le monologue intérieur ou soliloque de Molly Bloom constitue la dix-huitième et dernière partie du roman Ulysses de James Joyce. Le texte est composé de 25 000 mots divisés en huit blocs. Pour imiter la pensée de cette femme, Joyce a écrit le passage sans ponctuation (si ce n’est un point final. Cf. aussi la phase d’écriture de Sollers, sans ponctuation, notamment dans Paradis)…

Nous n’en publions ici qu’un l’extrait (traduit en français et suivi de sa version originale). Il s’agit de la toute fin du monologue, qui est aussi la toute fin du roman.


ZOOM : cliquer l’image
« je l’ai poussé à me demander en mariage oui d’abord je lui ai donné le morceau de gâteau à l’anis que j’avais dans la bouche et c’était une année bissextile comme maintenant oui il y a seize ans mon dieu après ce long baiser je pouvais presque plus respirer oui il a dit que j’étais une fleur de la montagne oui c’est ça nous sommes toutes des fleurs le corps d’une femme oui voilà une chose qu’il a dite dans sa vie qui est vraie et le soleil c’est pour toi qu’il brille aujourd’hui oui c’est pour ça qu’il me plaisait parce que j’ai bien vu qu’il comprenait qu’il ressentait ce que c’était qu’une femme et je savais que je pourrais toujours en faire ce que je voudrais alors je lui ai donné tout le plaisir que j’ai pu jusqu’à ce que je l’amène à me demander de dire oui et au début je voulais pas répondre je faisais que regarder la mer le ciel je pensais à tant de choses qu’il ignorait à Mulvey à Monsieur Stanhope à Hester à père au vieux capitaine Graves et aux marins qui jouaient au poker menteur et au pouilleux déshabillé comme ils appelaient ça sur la jetée et à la sentinelle devant la maison du gouverneur avec le truc autour de son casque blanc pauvre vieux tout rôti et aux petites Espagnoles qui riaient avec leurs châles et leurs grands peignes et aux ventes aux enchères le matin les Grecs les juifs les Arabes et dieu sait qui d’autre encore des gens de tous les coins de l’Europe […] et O ce torrent effrayant tout au fond O et la mer la mer cramoisie quelquefois comme du feu et les couchers de soleil en gloire et les figuiers dans les jardins d’Alameda oui et toutes les drôles de petites ruelles les maisons roses bleues jaunes et les roseraies les jasmins les géraniums les cactus et Gibraltar quand j’étais jeune une fleur de la montagne oui quand j’ai mis la rose dans mes cheveux comme le faisaient les Andalouses ou devrais-je en mettre une rouge oui et comment il m’a embrassée sous le mur des Maures et j’ai pensé bon autant lui qu’un autre et puis j’ai demandé avec mes yeux qu’il me demande encore oui et puis il m’a demandé si je voulais oui de dire oui ma fleur de la montagne et d’abord je l’ai entouré de mes bras oui et je l’aï attiré tout contre moi comme ça il pouvait sentir tout mes seins mon odeur oui et son cœur battait comme un fou et oui j’ai dit oui je veux Oui.

I got him to propose to me yes first I gave him the bit of seedcake out of my mouth and it was leapyear like now yes 16 years ago my God after that long kiss I near lost my breath yes he said I was a flower of the mountain yes so we are flowers all a womans body yes that was one true thing he said in his life and the sun shines for you today yes that was why I liked him because I saw he understood or felt what a woman is and I knew I could always get round him and I gave him all the pleasure I could leading him on till he asked me to say yes and I wouldnt answer first only looked out over the sea and the sky I was thinking of so many things he didnt know of Mulvey and Mr Stanhope and Hester and father and old captain Groves and the sailors playing all birds fly and I say stoop and washing up dishes they called it on the pier and the sentry in front of the governors house with the thing round his white helmet poor devil half roasted and the Spanish girls laughing in their shawls and their tall combs and the auctions in the morning the Greeks and the jews and the Arabs and the devil knows who else from all the ends of Europe and Duke street and the fowl market all clucking outside Larby Sharons and the poor donkeys […] and O that awful deepdown torrent O and the sea the sea crimson sometimes like fire and the glorious sunsets and the figtrees in the Alameda gardens yes and all the queer little streets and the pink and blue and yellow houses and the rosegardens and the jessamine and geraniums and cactuses and Gibraltar as a girl where I was a Flower of the mountain yes when I put the rose in my hair like the Andalusian girls used or shall I wear a red yes and how he kissed me under the Moorish wall and I thought well as well him as another and then I asked him with my eyes to ask again yes and then he asked me would I yes to say yes my mountain flower and first I put my arms around him yes and drew him down to me so he could feel my breasts all perfume yes and his heart was going like mad and yes I said yes I will Yes.

Crédit : https://compagnieaffable.com/

« Three quarks for muster mark » dans Finnegans Wake

La langue de Finnegans Wake a aussi inspiré un physicien américain Murry Gell-Mann, un découvreur de particules élémentaires nouvelles au cœur de la matière. Il fallait leur donner un nom et Murray-Gell-Mann se souvint de cette phrase : « Three quarks for Mister Mark » la phrase chantée par un ch#339 ;ur d’oiseaux de mer qui signifie « trois croassements pour M. Mark » ou - d’après les notes de Joyce - « trois railleries ».
C’est ainsi que ces croassements – railleries, ce mot quark inventé par James Joyce dans Finnegans Wake fut donné à ces particules élémentaires. On sait aujourd’hui que les protons et les neutrons, sont en fait constitués de quarks. En choisissant ce nom Murray-Gell-Mann fit son renom. S’il est bien le découvreur de ces particules, il faut rendre à César ce qui appartient à César : c’est à James Joyce que l’on doit l’invention du nom.
Plus ICI

Joyce amoureux et obscène ICI

Des traductions en langue anglaise de ses livres

Notamment :

Casanova the irresistible (2015)
Mysterious Mozart (2010)

Traduction en langue anglaise et introduction due à Armine Kotin Mortimer, une familière de Sollers, alors Professeur d’université (University of Illinois).

Même après le brexit, les Britanniques pourront continuer à lire Sollers dans la langue anglaise, ainsi que la colonie anglaise établie en Dordogne. Selon un agent immobilier, qui voit ses affaires augmenter. elle continue à croître. Certains Britanniques se dépêchent d’acheter avant la fin de la période de transition du brexit prévue pour un an. Et ceux qui sont installés n’ont aucune envie de partir. Douce France ! Sylvain Tesson : « La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer »

Casanova l’irresistible

PLUS ICI

Mysterious Mozart

An audacious portrait of Mozart’s genius, available in English for the first time

Both a beguiling portrait of the artist and an idiosyncratic self-portrait of the author, Mysterious Mozart is Philippe Sollers’s alternately oblique and searingly direct interpretation of Wolfgang Amadeus Mozart’s oeuvre and lasting mystique, audaciously reformulated for the postmodern age.

With a mix of slang, abstractions, quotations, first- and third-person narratives, and blunt opinion, French writer and critic Philippe Sollers taps into Mozart’s playful correspondence and the lesser-known pieces of his enormous repertoire to analyze the popularity and public perceptions of his music. Detailing Mozart’s drive to continue producing masterpieces even when saddled with debt and riddled with illness and anxiety, Sollers powerfully and meticulously analyzes Mozart’s seven last great operas using a psychoanalytical approach to the characters’ relationships.

PLUS ICI

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
Ajouter un document
  • Lien hypertexte

    LIEN HYPERTEXTE (Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)


2 Messages

  • Viktor Kirtov | 4 février 2020 - 16:41 1


    Courrier international
    ZOOM : cliquer l’image

    […] “Le Royaume-Uni se sépare enfin de l’UE après 47 ans d’adhésion”, se réjouit le Financial Times.“NOUS L’AVONS FAIT !”, titre The Daily Express, citant “des Brexiters en liesse”, ravis de voir le Royaume-Uni entrer “dans une nouvelle ère de liberté”. “Got Brexit done ! (Nous avons réalisé le Brexit !)”, s’enthousiasme The Daily Mail. “Le Royaume-Uni est désormais seul au monde”, observe pour sa part The Mirror, quand The Times voit dans le divorce un “point de départ”.

    “Émotions mitigées”

    A travers le pays, “des millions” de Britanniques ont “célébré l’un des plus grands moments de l’histoire de la nation”, “après des années de tergiversations et de retards”, décrit The Sun.

    La BBC livre un récit plus contrasté : la soirée a été marquée à la fois par “des célébrations et des protestations” anti-Brexit : “des veillées aux chandelles ont eu lieu en Écosse, qui a voté pour rester dans l’UE, tandis que les Brexiters faisaient la fête sur la place du Parlement à Londres”. The Guardian dresse un constat similaire, faisant état “d’émotions mitigées (…) montrant que le Royaume-Uni n’est pas encore à l’aise” avec ses différentes composantes. Pour une partie des Britanniques, l’heure était au deuil : “alors que certains descendaient dans la rue pour célébrer leur départ de l’UE, d’autres pleuraient la perte d’un vieil ami.


    C’était la tristesse de dire au revoir non pas à une institution, mais à une idée –celle de l’amitié par-delà les mers, d’harmonie entre les nations, de détermination à ce qu’un continent qui a été rongé par les guerres les plus sanglantes vive son avenir dans la paix.”

    A Londres, “des milliers de personnes sont descendues sur Parliament Square”, aux abords du Parlement de Westminster, rapporte The Independent. La fête y était “turbulente” avec “des politiciens pro-européens hués” et des pancartes demandant aux autorités de mettre en prison“les traîtres”, note le journal, précisant toutefois que “l’événement était largement bon enfant”.

    Sky News retransmettait les images de partisans du Brexit exultant, agitant des drapeaux britanniques, criant “bye bye EU !” ou encore “Boris ! Boris !” pour acclamer le Premier ministre Boris Johnson, et chantant l’hymne national. Peu après minuit, un partisan de la sortie de l’UE témoignait de son bonheur d’être “libéré des chaînes de l’Europe”. A ses côtés, un ami portant un nœud papillon motif Union Jack se disait lui aussi “extatique”, sur fond sonore de feux d’artifice.

    Johnson se pose en rassembleur

    Dans un discours à la nation prononcé peu avant la sortie de l’UE, M. Johnson, a promis de faire du Brexit un “succès éclatant” et s’est posé en rassembleur, proposant de “guérir les divisions britanniques”.


    La chose la plus importante à dire ce soir, c’est que ce n’est pas la fin, mais le début, le moment où l’aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte.”

    Reste que si “Johnson affirme que Brexit permet au Royaume-Uni de libérer tout son potentiel”, note le Financial Times, pour l’UE, l’heure n’était pas à la fête, la chancelière allemande Angela “Merkel se (plaignant) d’une ‘rupture profonde’”. Le chef du gouvernement prévoit d’imposer des contrôles douaniers et frontaliers complets sur les marchandises européennes, anticipe quant à lui The Telegraph, qui note “un changement radical” par rapport à ses annonces pré-électorales.

    Pour l’heure, en tout cas, “rien n’a matériellement changé” pour les Britanniques, souligne The Guardian.

    Le Royaume-Uni qui se réveillera samedi devra encore se conformer aux règles de l’UE et contribuer au budget de l’UE, bien qu’il n’ait pas son mot à dire, jusqu’au 31 décembre. (…) Les choses ne se concrétiseront qu’au premier jour de l’année 2021.”

    Crédit : Courrier International

    oOo


  • Viktor Kirtov | 3 février 2020 - 17:39 2

    Vie et mort d’une oeuvre symbolique


    ZOOM : cliquer l’image

    ZOOM : cliquer l’image

    Cette œuvre du street artiste Banksy avait été créée en mai 2017 pour dénoncer la sortie du Royaume Uni de l’Europe.

    Le drapeau européen fissuré
    Sur plusieurs mètres de haut, la fresque représentait un drapeau européen fissuré sous les coups portés par un homme, posté au sommet d’une échelle, en train de casser une de ses douze étoiles à l’aide d’un marteau et d’un burin

    Douvres

    Banksy avait choisi d’investir une façade de cette ville anglaise la plus proche de l’Europe continentale, d’où partent quotidiennement des ferries vers la France. Cette fresque anti-brexit était un symbole, mais elle a été recouverte à la chaux blanche, en août dernier…

    Le projet de Banksy


    ZOOM : cliquer l’image

    Sur Instagram, Banksy a publié une photo de la fresque modifiée qui était censée apparaître le jour du Brexit, a-t-il précisé. Le drapeau européen effacé du centre de la fresque devait être représenté froissé et déchiré sous l’échelle, alors que l’ouvrier devrait continuer à enlever l’étoile symbolisant le Royaume-Uni.

    Ca n’a pas d’importance, le drapeau blanc exprime la même idée

    Cependant, la fresque a finalement été blanchie à la chaux, donnant l’impression d’un drapeau blanc, signe de paix. Après qu’elle ait été cachée derrière un échafaudage en août, elle a disparu, (sans explications) a précisé la BBC


    L’échafaudage devant le Banksy à Douvres, image © David Joseph Wright

    Un échafaudage a été érigé devant la peinture le samedi 24 août et, le lendemain matin, seule une surface blanche pouvait être contemplée. Les représentants de la ville n’ont pas été en mesure de révéler ce qui s’est vraiment passé (ressemble bien pourtant a une opération commando, commanditée, qui n’a rien d’une opération de vandalisme improvisé sur une œuvre)

    Banksy s’est exprimé sur la destruction de sa fresque sur le Brexit : « Ca n’a pas d’importance, je l’aurais modifiée le jour du brexit et je pense que le grand drapeau blanc exprime la même chose », a déclaré Banksy (Beau joueur !).

    .Sur Tweeter, le député de Douvres, Charlie Elphicke a exprimé sa déception de voir disparaître « une icône culturelle de notre temps ». « Nous avions demandé au gouvernement de placer l’œuvre sous protection, mais il avait refusé. Voilà le résultat », poursuit-il.
    (L’Angleterre est bien redevenue maître chez elle. Exit les grapheurs qui ne le comprendraient pas !)

    Crédit : D’après différents articles du Parisien (M.P.) notamment de 2017 et 2019 et du Figaro, et commentaires personnels subjectifs.

    Dans cette surface blanche on peut aussi voir un linceul blanc, un linceul mortuaire, recouvrant la mort d’une idée.
    Dommage de ne pas avoir sauvé la fresque d’une manière ou d’une autre !

    oOo