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Voici Sollers !

D 24 mai 2017     A par A.G. - C 5 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Photo Elsa Trélat.

Mon adrénaline me suffit

Voici : Vous avez dialogué avec les plus grands intellectuels du XXe siècle, Voici, ça doit vous changer !

Philippe Sollers : Il faut s’adapter ! On est dans le spectacle généralisé, il suffit de savoir ce qu’on dit, à qui on le dit, au moment où on le dit. La personne qui est là, c’est vous, et je vous remercie.

Fumer avec un porte-cigarette et arborer la coupe de cheveux de Jeanne d’Arc, c’est stylé, non ?

Allez-y, détaillez-moi, dépecez-moi ! (Rires) Non, c’est parce que je n’aime pas sentir le filtre sur les lèvres. J’ai bien d’autres manies, vous savez...

En 1999, vous avez écrit : « La France est très moisie, elle mérite Sarkozy. » Comment qualifieriez-vous l’ambiance d’aujourd’hui ?

Elle méritait la vulgarité et la bêtise de l’ancien président. Le FN est, lui, aussi inculte que ridicule. S’il était passé, cela aurait prouvé à quel point l’abrutissement était devenu général.

Vous avez un point commun avec Emmanuel Macron : les femmes mûres...

Attention, Mme Macron n’est pas un canon de beauté ! Moi, j’ai connu ça à 22 ans avec une très belle femme de 45 ans. A l’époque, c’était extrêmement tabou, c’était aussi refoulé que l’homosexualité.

En tant qu’éditeur, vous dites que deux pages d’un manuscrit suffisent pour être fixé. C’est comme ça que vous avez raté le premier roman d’Amélie Nothomb ?

Mais non, c’est l’histoire qu’elle propage ! Je lui ai demandé dix fois par voie de presse de montrer la lettre où je refusais son manuscrit ! Elle a son talent, son public, ouais... bon... Elle est surtout charmante, elle boit beaucoup de champagne.

Vous, pour éviter d’être mobilisé en Algérie en 1962, vous avez simulez la schizophrénie : trois mois d’HP...

Oui, j’ai abusé le psy qui me demandait de dessiner un homme et une femme. J’ai fait des sexes très apparents et pas de bras : « Terrain schizoïde aigu » ! Je dois la vie à Malraux qui m’a libéré. Je ne m’alimentais plus, j’avais une lame de rasoir dans mon pyjama. Je serais allé au bout. Je peux me suicider, hein, je n’en fais pas toute une histoire.

En 1973, le même Malraux avait salué la sortie de votre livre, H, un ouvrage écrit sous haschich. Le savait-il ?

Je ne sais pas, mais lui était rarement dans un état normal. Malgré le titre explicite, aucun journaliste ne m’a posé de question à part un Allemand, à qui j’ai expliqué que j’ai longtemps pratiqué le merveilleux haschich noir afghan.

Vous parlez moins des livres écrits sous coke ou speed, pourquoi ?

Le cannabis est plus établi. J’ai arrêté, je n’ai plus besoin que de mon adrénaline, la vraie. Mais j’ai été le premier à avoir expérimenté la drogue des tueurs de l’Etat islamique : le captagon. C’est une amphétamine extrêmement puissante qui m’avait été prescrite – interdite aujourd’hui. A mon avis, les tueurs du Bataclan en avaient pris : vous êtes le roi du monde, c’est comme la cocaïne en plus violent. Démarrage foudroyant et descente insupportable.

Vous êtes libertin et catholique. Quarante ans de mariage, ça s’entretient en restant coquin ou en passant au « compagnonnage », comme vous dites ?

La fidélité sexuelle est une absurdité, on est hyper réactionnaire sur cette question. Les femmes sont pour moi des camarades de combat. Il y a une fidélité intellectuelle profonde. Ma femme, Julia Kristeva, et moi avons écrit Du mariage considéré comme l’un des Beaux-Arts, qui analyse notre relation depuis notre mariage en 1967.

Ce mariage n’a pas interrompu votre relation avec une écrivaine belge. Comment faire accepter cette polygamie ?

Ça consiste à savoir se taire. Il ne faut RIEN se dire ! Pour cela, il faut un emploi du temps de militaire, c’est capital. La clandestinité est un art.

Vous avez un fils autiste de 41 ans...

Il n’est pas autiste, un journaliste a écrit qu’il était sourd-muet, pas du tout. Il a eu des ennuis neurologiques et les surmonte avec un courage considérable.

La dernière fois que je vous ai vu, vous tendiez la main comme pour un baisemain. Vous ne le faites plus ?

Non ! Vous confondez sans doute avec le pape ! (Rires)

Propos recueillis par Magali Aubert
Voici n°1540 du 12 au 18 mai 2017.

*

En marche !

Lu dans Lacan Quotidien 704 du mercredi 24 mai [1], après un éditorial rappelant que « Lacan pas plus que Freud n’étaient des révolutionnaires » et appelant à donner une majorité présidentielle à Emmanuel Macron (« la République en marche ») :

SCOOP

Philippe Sollers prend position

On peut lire dans le n°1540 du magazine Voici, du 12 au 18 mai 2017, pages 24 et 25, les propos de l’écrivain recueillis par Magali Aubert. Un extrait :

En 1999, vous avez écrit : « La France est très moisie, elle mérite Sarkozy. » Comment qualifieriez-vous l’ambiance d’aujourd’hui ?

Elle méritait la vulgarité et la bêtise de l’ancien président. Le FN est, lui, aussi inculte que ridicule. S’il était passé, cela aurait prouvé à quel point l’abrutissement était devenu général.

QUIZZ : quelle est la morale de cette histoire ? (plusieurs réponses possibles)
• A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
• Tout vient à point à qui sait attendre.
Il Duce ha sempre ragione.
• Tous les Français sont des abrutis / Sollers n’est pas un abruti / Mais Sollers est un Français / Donc, Sollers tient le discours du maître.
• Sollers est aussi cultivé que (antonyme de « ridicule ») : correct, imposant, sérieux, distingué, grand, effrayant, prestigieux, superbe.
• Il n’est qu’un pas du sublime au ridicule (Michelet).
• L’Église de France, inutile et incertaine.

Voilà pour le discours de l’analyste (?). Pour Lacan, il y a quatre discours : le discours de l’Hystérique, le discours du Maître, le discours de l’Université, le discours de l’Analyste. Vous ignorez ce qu’est l’envers de la psychanalyse, « le discours du Maître » que Lacan assimile au discours de l’inconscient ? Reportez vous ici.
Sollers, cet inconscient, penserait donc : « le Duce a toujours raison » ? Il se contenterait de reprendre le discours de « l’Église de France » ? Pareil mal-entendu laisse rêveur. Mal-veillance ? Il faut peut-être relire Requiem pour le catholicisme ? [2].

Lacan

Et le discours capitaliste ? Eh bien, surprise, il existe aussi. Lacan (Du discours psychanalytique, Milan, 12 mai 1972 [3]) :

« … la crise, non pas du discours du maître, mais du discours capitaliste, qui en est le substitut, est ouverte.
C’est pas du tout que je vous dise que le discours capitaliste ce soit moche, c’est au contraire quelque chose de follement astucieux, hein ?
De follement astucieux, mais voué à la crevaison.
Enfin, c’est après tout ce qu’on a fait de plus astucieux comme discours. Ça n’en est pas moins voué à la crevaison. C’est que c’est intenable. C’est intenable… dans un truc que je pourrais vous expliquer… parce que, le discours capitaliste est là, vous le voyez… une toute petite inversion simplement entre le S1 et le S… qui est le sujet… ça suffit à ce que ça marche comme sur des roulettes, ça ne peut pas marcher mieux, mais justement ça marche trop vite, ça se consomme, ça se consomme si bien que ça se consume. (je souligne)
Maintenant vous êtes embarqués… vous êtes embarqués,… mais il y a peu de chances que quoi que ce soit se passe de sérieux au fil du discours analytique, sauf comme ça, bon, au hasard.
À la vérité je crois qu’on ne parlera pas du psychanalyste dans la descendance, si je puis dire, de mon discours… mon discours analytique. Quelque chose d’autre apparaîtra qui, bien sûr, doit maintenir la position du semblant, mais quand même ça sera… mais ça s’appellera peut être le discours PS. Un PS et puis un T, ça sera d’ailleurs tout à fait conforme à la façon dont on énonce que Freud voyait l’importation du discours psychanalytique en Amérique… ça sera le discours PST. Ajoutez un E, ça fait PESTE.
Un discours qui serait enfin vraiment pesteux, tout entier voué, enfin, au service du discours capitaliste.
Ça pourra peut être un jour servir à quelque chose, si, bien sûr, toute l’affaire ne lâche pas totalement, avant [4]. »

Humour et lucidité de Lacan.

Lacan a certainement lu Rimbaud qui écrit dans « Démocratie » (Illuminations) :

« Au revoir ici, n’importe où. Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce ; ignorants pour la science, roués pour le confort ; la crevaison pour le monde qui va. C’est la vraie marche. En avant, route ! » (je souligne)

Lacan Quotidien, auquel je me suis référé à plusieurs reprises pendant la campagne contre le FN, a viré, je l’ai déjà signalé, la citation de Sollers qui figurait sur son chapeau jusqu’au n° 690 du lundi 8 mai 2017 – 09 h 45 — « Je n’aurais manqué un Séminaire pour rien au monde » - PHILIPPE SOLLERS — et l’a remplacée depuis son numéro 691 du lundi 8 mai 2017 à 19 h 18, par celle-ci, de Lacan : « Le maître de demain, c’est dès aujourd’hui qu’il commande. » (On retiendra que ce geste d’effacement/remplacement fut décidé un 8 mai.)

Mais qui commande alors ? Le discours capitaliste ?

Quatre discours + un, donc. Mais encore ? Qu’en est-il du discours du poète, de l’écrivain, de l’artiste ?

*

Rimbaud


Ernest Pignon-Ernest, Rimbaud, 1978.
Zoom : cliquez sur l’image.

Commentaire de Rimbaud (Mauvais sang, Roche, 1873) :

« Sur les routes, par des nuits d’hiver, sans gîte, sans habits, sans pain, une voix étreignait mon coeur gelé : "Faiblesse ou force : te voilà, c’est la force. Tu ne sais ni où tu vas ni pourquoi tu vas, entre partout, réponds à tout. On ne te tuera pas plus que si tu étais cadavre." Au matin j’avais le regard si perdu et la contenance si morte, que ceux que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu. »

[...]

« Assez ! voici la punition. — En marche !
Ah ! les poumons brûlent, les tempes grondent ! la nuit roule dans mes yeux, par ce soleil ! le cœur... les membres...
Où va-t-on ? au combat ? je suis faible ! les autres avancent. Les outils [5] les armes... le temps !...
Feu ! feu sur moi ! Là ! ou je me rends. — Lâches ! — Je me tue ! Je me jette aux pieds des chevaux !
Ah !...
— Je m’y habituerai.
Ce serait la vie française, le sentier de l’honneur ! » (c’est Rimbaud qui souligne)

Rimbaud a dix huit ans quand il écrit ces lignes. Il marchera beaucoup dans sa vie.

*

Rembrandt

Fini de rire.
Ce passage de Rimbaud, extrait d’Une Saison en enfer, m’est venu à l’esprit, le contexte politique aidant, en voyant ce dessin de Rembrandt au Louvre le lundi 22 mai. Il s’intitule Homme de profil à gauche, marchant.


Rembrandt, Homme de profil à gauche, marchant. Entre 1627 et 1630.
Plume et encre gris brun, lavis gris. Photo A.G., 22-05-17. Zoom : cliquez l’image.

La légende accompagnant ce dessin précise :
« Rembrandt explore fréquemment le thème des mendiants, des vagabonds ou des musiciens de rue jusqu’au début des années 1650. Dans ces années de jeunesse à Leyde, entre 1627 et 1630, il privilégie comme ici des figures isolées, le plus souvent des hommes vêtus de vieilles hardes et volontiers coiffés d’un haut chapeau. Il est l’un des premiers artistes à montrer de l’empathie pour ces vagabonds. Cette conception si personnelle est inspirée de l’idée protestante que l’homme sur Terre est un mendiant, comme le Christ. »
Rembrandt (1606-1669) a à peine plus de vingt ans quand il dessine ce vagabond en marche dans le capitalisme naissant.

*

Voltaire


Portrait de Voltaire par Nicolas de Largillierre (entre 1718 et 1724). Détail.
Château de Versailles. Zoom : cliquez sur l’image pour voir la toile intégrale.

Après l’intervention de Philippe Sollers sur Voltaire du 9 mai 2017 au Grand Orient de France, c’est-à-dire le lendemain du résultat des élections présidentielles, voici un mail de celui qui l’a reçu ce jour-là.

LIRE : Philippe Sollers : « Il manque, Voltaire, là ! » :

« On fait de la caricature, mais on ne fait plus de grande philosophie. Montrez-moi les penseurs français qui décryptent ce temps. On voit beaucoup de philosophes apeurés, des philosophes pour croisière, mais quels sont ceux qui pensent l’époque ? On s’étonne que le Front national et le fanatisme progressent. Mais que leur oppose-t-on ? Des caricatures. Est-ce que le fascisme français, le pétainisme, le nationalisme français ont été analysés à fond ? Non. Est-ce que le politiquement correct et l’anti-politiquement correct ont été analysés à fond ? Non. » (Le Monde du 9 avril 2015)

LIRE AUSSI : Rester Vivant pdf et Vivant Denon, le Cavalier du Louvre.

Crédit philippesollers.net

*

[1Suite du feuilleton que j’ai mentionné ICI.

[3Éd. La salamandre, 1972

[5« Les autels », écrit Rimbaud dans le manuscrit.

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5 Messages

  • Nadja | 31 mai 2017 - 06:41 1

    Cher AG,
    Citation de Lacan, mais c’est Miller qui parle. Et comme tout être parlant, il ignore sans doute ce qu’il dit. Dans ce contexte très particulier que vous avez si minutieusement décrit pour notre plus grand bonheur !
    Bien cordialement.
    N.


  • A.G. | 30 mai 2017 - 23:12 2

    Chère Nadja,
    Pardonnez-moi, mais c’est moi qui ne comprend pas votre remarque. En effet, Miller ou pas, la citation de Lacan, désormais en exergue de LQ, ne me semble pas du tout répondre à la question de la poésie ou de l’art, pratiques dont la dépense, d’ailleurs, me semble excéder les quatre discours (+ 1) relevés par Lacan.
    Au plaisir de vous lire. Bien cordialement,
    A.G.


  • Nadja | 30 mai 2017 - 21:06 3

    Cher AG,
    Vous avez écrit :
    "Lacan Quotidien, auquel je me suis référé à plusieurs reprises pendant la campagne contre le FN, a viré, je l’ai déjà signalé, la citation de Sollers qui figurait sur son chapeau jusqu’au n° 690 du lundi 8 mai 2017 – 09 h 45 — « Je n’aurais manqué un Séminaire pour rien au monde » - PHILIPPE SOLLERS — et l’a remplacée depuis son numéro 691 du lundi 8 mai 2017 à 19 h 18, par celle-ci, de Lacan : « Le maître de demain, c’est dès aujourd’hui qu’il commande. » (On retiendra que ce geste d’effacement/remplacement fut décidé un 8 mai.) Mais qui commande alors ? Le discours capitaliste ? Quatre discours + un, donc. Mais encore ? Qu’en est-il du discours du poète, de l’écrivain, de l’artiste ?"
    Je ne comprends pas cette dernière question. Il me semble que Miller, justement, y répond : "Le maître de demain, c’est dès aujourd’hui qu’il commande".
    Bien cordialement.
    N.


  • A.G. | 29 mai 2017 - 11:18 4

    La réponse de Sollers au "scoop" de Lacan Quotidien.

    SCOOP

    Macron lacanien

    Un garçon de 13 ans, né dans une famille provinciale française sans religion, décide brusquement de se faire baptiser catholique. C’est un brillant élève d’un lycée privé de jésuites, appelé Providence. Sa professeure de français, une blonde avisée, lui fait faire du théâtre. Elle a 24 ans de plus que lui, il a 16 ans, ils tombent amoureux l’un de l’autre, elle quitte son mari et ses trois enfants, il revient plus tard et l’épouse. De là, après un stage dans la banque et un poste de ministre de l’Économie, il fonde un mouvement politique, et se fait élire Président de la République.

    Son sacre est un triomphe. Sur fond de l’Hymne à la joie de Beethoven, il émerge des souterrains du Louvre et parle au pied de la Pyramide. Un ancien élève des jésuites est ainsi (providence !) promu au sommet de la religion républicaine. Les forces spectaculaires de l’esprit ont réussi ce coup d’état technique étourdissant. Dieu veille à tout, et vive le pape argentin jésuite, que les jésuites français avaient (c’est un comble !) oublié de prévenir.

    Les rares garçons, qui ont eu la chance d’être désirés et aimés par des femmes plus âgées qu’eux, sont très performants. Ils sont rapides, agiles, déterminés, très confiants en eux-mêmes, un nimbe incestueux les protège. Ils peuvent rassembler les individus les plus différents, rien ne les arrête, ils planent. Ils sont descendus chez les Mères, ont reçu leur bénédiction, sont remontés à la surface, avec une puissance de séduction globale. Ils sont très en avance sur les hétéros abusés et les gays illusionnés. C’est ainsi qu’on éduquait, autrefois, les rois de France. Le jeune monarque républicain renoue pour l’avenir avec le passé. Les garçons seront initiés à la vraie philosophie dans le boudoir, et les femmes divorcées, déjà mères, obtiendront enfin le mariage idéal pour toutes.

    C’est une révolution. Les femmes entre 40 et 50 ans tiennent la corde, elles n’ont qu’à choisir leur adolescent mâle doué, et j’en connais un, auquel personne n’a jamais fait attention sur ce point précis. Pendant que des arriérés (notamment des psychanalystes), s’effrayaient du risque populiste fasciste, il se taisait, et pour cause. On le lui a injustement reproché. Mais qu’importe ? Ad Majorem Dei Gloriam ! Providence ! Vive les corps informés !

    Philippe Sollers
    Venise, dimanche, 28 mai 2017, 19h16


  • Thelonious | 24 mai 2017 - 15:53 5

    Je ne manque une analyse de A.G pour rien au monde !
    Thelonious