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Mysogine ...moi ?

Sollers et la télévision

D 13 juin 2006     A par D. Brouttelande - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Il est souvent reproché à Ph. Sollers de se montrer, notamment à la télévision. Peu d’ « échos » en revanche, de ces exhibitions dans les romans, comme le signe du prix qu’il leur accorde... aucun... tout en sachant qu’il faut laisser croire le contraire. Néanmoins, dans Portrait du Joueur, se trouve une rapide évocation d’un passage, début 1983 à l’occasion de la parution de Femmes, dans une célèbre émission de l’après midi « Aujourd’hui Madame » sur Antenne 2... roman qui ne pouvait qu’interpeller l’auditoire auquel ce programme était naturellement destiné.

- Je vous ai vu à la télévision, dit-elle.
- Oui ?
- Avec toutes les femmes, un après midi !
- Plutôt laides, non ?
Elle s’esclaffe...Si, si, muy feas ! El senor parecia aburrido !... Aburrido est le mot... Plus fort qu’ennui... Abruti de morosité... Une “rencontre avec les lectrices”... Toutes plus épaisses et connes les unes que les autres...

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Un vrai tribunal de concierges... Mais ma concierge portugaise, à Paris, est plus distinguée... « Majorité silencieuse »... Et qui devrait le rester... Incultes, brutales, renfrognées, sûres d’elles... Assises sur leur bon droit de consommatrices standard... Mon dernier roman leur paraissait trop osé, voyez-moi ça les chochottes... Trop précis dans les descriptions... Et l’amour, monsieur ! Et l’idéal, monsieur !... Elles étaient toutes allées chez le coiffeur, misenpli, laque, petit tailleur... Pero el senor estaba muy bien ! Parece Ud. muy joven !... Joven ? Allons, tout va bien...

Portrait du Joueur, p18, édition Gallimard
Dessins : Martin Veyron, édition illustrée Portrait du Joueur, Futuropolis-Gallimard


VOIR AUSSI :

Portrait du Joueur ,
Les Identités Rapprochées Multiples , Portrait du Joueur
Les Lettres de Sophie , Portrait du Joueur
Françoise Verny alias Olga Maillard , Portrait du Joueur
Critique , Portrait du Joueur


Le choix de la couverture de Femmes, édition Folio est un choix de Philippe Sollers. Quelles résonances ce tableau fait-il vibrer ?

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Les Demoiselles d’Avignon (détail)<BR>

Picasso, 20 ans fréquente les bordels de la carrer Avinyò (rue d’Avignon) à Barcelone d’où le nom du tableau. Les demoiselles d’Avignon, des prostituées. Sollers aura eu aussi ses habitudes chez ces dames. A Barcelone ? Il ne le dit pas. A Paris, si ! Cinq femmes nues qui sollicitent le spectateur de leur regard insistant. La scène du bordel à la fois imaginée et vécue marquant la naissance du cubisme.

Lorsque Picasso présente cette immense toile, c’est la consternation. Gertrude Sein en témoigne par ces mots : "ce fut un véritable cataclysme. Je me souviens de Stchoukine, qui a tellement aimé la peinture de Picasso, se trouvant chez moi, me dit en pleurant : "quelle perte pour l’art français !". Le tableau restera dans l’atelier de nombreuses années la face tournée contre le mur. C’est seulement trente ans plus tard, en 1937, que le tableau sera révélé au grand public.

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Les Demoiselles d’Avignon, 1907
Huile sur toile 244 x 234 cm
MOMA, New York

Mais avez-vous remarqué cette main isolée en haut, du tableau à gauche ? A qui appartient-t-elle ? Que fait-elle, que dit-elle, face tournée vers le fond du tableau. Quel avertissement veut-elle nous donner ? Quelle vérité veut-elle nous révéler ?
Peut-être celle-ci : « Sollers, ne fréquentez pas ces femmes. Vous allez y perdre votre âme » ? A moins que ce ne soit : « attention, ici on célèbre les corps et le « bonheur » de vivre. Plaisirs de la chair et de la chère... Remarquez la tranche de pastèque et les raisins en bas du tableau... »

De nombreux de passages de Femmes et du Portrait du joueur accréditent cette dernière thèse. Peut-être même que Sollers a décrypté la révélation cachée de Picasso ? Mais pas la peine de lui poser la question : il répondrait par une pirouette et un grand éclat de rire plein de mystère, ajoutant : « lisez-moi : tout est dans mes livres ».
V.K.

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2 Messages

  • Marie-Gabrielle | 27 février 2008 - 08:40 1

    " Trois ou quatre palmiers, le soleil aveuglant, une petite fille derrière une dune, l’atmosphère trouble de Paris occupé, un amour qui n’ose pas dire son nom, un balcon en forêt, soutenez-moi, je m’évanouis, j’en rêve... C(ç)a pour la littérature... Qui doit être bien sage, correcte, anesthésiée, dix fois essorée, ailleurs, une autre fois, il était une fois, pastel...". (Femmes, p. 26).

    "Fin du paragraphe. Non, ce qu’il faudrait, c’est la notation exacte de l’aventurier sur les sensations internes de son bout d’organe à la rencontre de la dérobade compréhensive de la chair pénétrée... Toute une palette à découvrir... Positive... Négative... Neutre... Vitaminante... Plombée... Les descriptions sont trop extérieures...". (Femmes, p. 30).

    Fait et vivre ?

    Voir en ligne : parasitage ?


  • valérie bergmann | 6 juin 2007 - 13:10 2

    Ph. SOLLERS est très loin de la mysoginie ! il joue, et les humains le croient ; il faut être trop humain pour saisir la nuance de vérité.
    Voilà pourquoi "<ble baiser orageux" définie parfaitement l’authenticité du verbe "aimer" ;dans "une vie divine", p.384, il décrit magistralement le concept amoureux et (non sexuel) même s’ il reste la finalité , l’acte passe par la bouche et surtout par la langue ; oui au cannibalisme, l"envie passe incontestablement par la respiration de l’ âme de l’autre : on possède, on a ...envie, oui j’ose le dire, Sollers surprend de par sa vérité extrème du sujet.
    "un baiser orageux et soudain avec une femme par ailleurs insoupçonnable vaut mille fois mieux qu’un bourrage vaginal primaire ou une fellation programmée. On s’embrasse encore sans préservatifs bucaux, n’est-ce pas, c’est possible". Par ailleurs les prostitués n’embrassent jamais, le jour où se produit la chose, son rôle n’est plus la péripatéticienne, mais bel et bien l’amoureuse éperdue !
    Ouf ! enfin quelqu’un d’absolument authentique, et tellement mois con que la moyenne des humains peuplant notre pauvre planète ;faut-il qu’il en existe qu’un qui est tout compris ,sans sentimentalisme ?
    L’"eucharistie " de l’amour dont on ne peut se lasser, pas même une femme malade, qui "ne peut être surpassée en raffinement, pour arriver à son but."