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La question de l’infini - in « Le rire de Rome »

Entretien Philippe Sollers - Frans de Haes

D 1er décembre 2015     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« Le rire de Rome », un livre d’entretiens de Philippe Sollers avec Frans de Haes manquait dans notre Bibliographie (signalement d’Eric [1]). L’ajout a maintenant été réalisé. Signalons, toutefois, que le livre était cité dans plusieurs articles d’A. Gauvin (voir les liens en note [2]).

C’est, aussi, une occasion, d’ouvrir le livre et de vous en proposer un extrait. Nous avons choisi, le premier des neuf chapitres qui constituent le livre, celui relatif à « la question de l’infini » ; un sujet qui nous intrigue et nous hante tant il dépasse notre entendement. Le choix de la spirale comme icone récurrente sur ce site en est une manifestation.


Wim DELVOYE [3], Coquille de Nautilus,
acier corten, découpé au laser
ZOOM... : Cliquez l’image.
Du Nautile à l’envolée des cathédrales gothiques ! Sacré raccourci.

Que peut nous dire Sollers de la question de l’infini ?

Situons le contexte : le livre a été publié en 1992, mais les entretiens ont été réalisés entre le 13 septembre 1982 et le 24 décembre 1985 comme le précise Frans de Haes dans son avant-propos. Sollers n’a pas oublié sa période expérimentale qui s’est achevée en 1983 avec la publication d’un roman-essai, « en clair », il s’agit de Femmes, tableau de la société dans laquelle il vit.
Période expérimentale qui aura duré près de vingt ans, et qui ne s’oublie pas. Sollers a encore le cerveau plein des incandescences et des fumerolles de cette période : une pensée à l’image d’un volcan en activité : des jets de magma en fusion, jaillis du cœur de la terre, de l’infini de l’univers qui l’a engendrée, des fumées sulfureuses… Une immersion incommensurable dans les fondements premiers du langage, de la conscience et des grands mythes qui ont façonné notre pensée.


La citation de Sollers, commentée ICI…

Avant-propos de Frans de Haes (extrait)

L’interview avec Sollers […], je l’avais déjà pratiquée à trois reprises et à des moments très différents. Cela n’avait pas manqué d’intérêt mais il fallait en remettre, donner au dialogue une ampleur et une durée qui fussent plus ou moins à la mesure de l’invention de Paradis.

[…] En mars 1981, à l’issue d’une intervention à Bruxelles, Sollers me dit bruquement, au milieu du brouhaha : « Et si on refaisait quelque chose dans le genre de l’Auguste Comte ? »

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[…] Je passe l’été 1982 à relire Paradis, à l’écouter sur cassettes, d’abord d’une seule traite, puis par petites plages quotidiennes. Butées, jouissances, trouées, tâtonnements. Dans le volume et en détail. J’esquisse une dizaine de questions et les envoie à Sollers. Finalement, douze sessions de 2 à 3 heures auront lieu, le matin, à Paris, entre le 13 septembre 1982 et le 24 décembre 1985. A chaque coup je dactylographie la question principale et l’envoie à Paris une quinzaine de jours avant la rencontre. Sur place, le magnétophone installé, je reprends la question en la formulant au maximum, c’est-à-dire en jouant chaque fois mes propres frontières subjectives dans une lecture informée, certes, mais suspendue à divers points d’interrogation, autrement dit à l’écoute de ce qui va constamment perturber les coordonnées mises en place. Cette écoute, silencieuse ou presque, est l’essentiel de mon apport. Dans un temps suffisamment long et libre, elle permet à Sollers de coïncider avec la parole et la pensée qu’il travaille, joue et développe dans tous les sens. De se taire aussi, un moment, de rire ou de soupirer en regardant la fenêtre ouverte par où affluent les bruits de la ville.

Ce sont ce rythme et ce plaisir d’invention que le livre présente aujourd’hui, d’un seul tenant.

Frans de Haes
Bruxelles, mai 1986

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Le rire de Rome, Gallimard, L’Infini, 1992
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Chapitre 1 : L’analyse infinie

L’llustration en début de livre
Nota : illustration en noir et blanc dans le livre.

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Picasso, Violon accroché au mur, 1912-1913
Huile et sable sur toile, 65 x 46 cm
Kunstmuseum, Berne. Fondation Hermann et Magrit Rupf.

Frans DeHaesCe qui touche l’oreille d’un lecteur-auditeur un peu exercé, c’est l’étendue des variations rythmiques et prosodiques dans Paradis, de même que sa technique (que l’on « sent » mais que l’on ne « saisit » pas toujours) d’emboîter et dedésemboîterles syntagmes dans un phrasé à la fois très fluide et constamment interrompu. C’est là qu’on entre au cœur de la jouissance infinie que Paradis propose et travaille. C’est là aussi que les résistances surgissent, travaillent aussi... Je suis ici particulièrement sensible à l’alternance entre des plages au phrasé plus ou moins « normal » (apte au récit, à la citation, à la démonstration) et un rythme abrupt-accumulatif (martèlement dramatique et satirique) où s’insèrent souvent les fameux catalogues ou les « congeries » pour reprendre un terme au traité de Du Marsais ; où jouent à fond aussi le détournement, le détraquage des signifiants (ex. p. 53 : « échappant aupharau pharaon de l’on-dit aux momies cryptées ducigypte » — séquence se terminant sur un rythme ïambique [4] ou anapestique [5] très récurrent dans Paradis)... Entre ces deux patrons rythmiques (l’un plus discursif ou « romanesque », l’autre plus abrupt ou « poétique ») il faut, je crois, en placer un troisième que je qualifierai approximativement de « juxtaposition rimée des déterminants » ; ainsi dans le passage, p. 141 : « ils sont tracés ils le sentent ils retombent frileux en attente neuvième cercle giudecca glacée personnages rectomés avalés broyés de nouveau mastiqués... » (je souligne). […]

L’approche que je suggère ainsi n’est pas « formaliste » et ne pourrait l’être en aucun cas puisqu’à cette batterie rythmique complexe correspond une énonciation constamment paradoxale, qu’ il s’agit d’analyser et dont le modèle de base serait l’affirmation : Je suis là et je ne suis pas là.Je prends quelques exemples, plus ou moins au hasard : p. 53 : « écrivant l’écrit s’écrivant au bruit des paroles n’écrivant rien tout en écrivant sansarrêt n’écrivant que ce qui était écrit en train de s’écrire » / p. 81 : « comme si on reculait comme ça sans bouger tout en avançant » / p. 114 (à propos des saints) : « ils se sont immergés en eux et hors d’eux » / p. 118 : « et ainsi peu à peu nous arrivons à une antiperception de l’imperception à l’impôt renversé de l’interception » / p. 215 : « je suis moi dégagé de moi bien en moi... » / p. 238 : « c’est-à-dire ne pas t’arrêter ou plutôt comme si tu n’étais pas là mais branché alpha oméga c’est-à-dire ni là ni pas là au-delà du là du pas là » / p. 241 : « pente à voix jamais là se tressant dérapant au-delà du là » / Etc. Alors, deux questions. Premièrement : que signifie cette manière d’être là/ pas là dans Paradis  ? Deuxièmement : pareille enfilade d’affirmations, de négations et de négations des négations rappelle bien entendu la logique théologique qui s’exprime notamment dans la séquence de la Fête-Dieu (Lauda Sion) :

Un seul le reçoit, mille le reçoivent
celui-là reçoit autant que ceux-ci ;
tous le reçoivent sans le consumer
[...]

N’est-ce pas à la lueur de cette passion de la contradiction comme langage et du langage comme contradiction qu’il faut lire aujourd’hui votre traversée du matérialisme dialectique, de la pensée chinoise et de la théologie ? Pareille logique — mais que signifie-t-elle à chaque coup ? — travaille déjà votre référence à Chi-Tsang, Essai sur la théorie de la double vérité, dans La Science de Lautréamont et votre référence aux Cahiers de Lénine dans le même texte ; mais elle n’est sûrement pas étrangère à la logique de l’inconscient freudien... Il y a là, visiblement et audiblement, une fidélité à un projet bien au-delà des vicissitudes politiques, communautaires. Comment voyez-vous ce projet et sa logique aujourd’hui ?

Philippe Sollers La question est celle de l’infini. De l’approche de cette question dépendent toutes les formes et toutes les transformations à l’intérieur de ces formes. L’expérience de l’infini, c’est cela qui rassemble toutes les subordonnées... et par conséquent le problème est tout à fait différent selon qu’on inscrit, ou non, le chiffre de l’infini dans le langage.


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Il y a un abîme entre se placer par rapport à un infini externe et être en train de parler dans l’infini lui-même. Batterie rythmique, intensité, pulsation, fréquence... ou bien : logique en expansion de la négation, ça revient strictement au même, en ceci que si le poudroiement corpusculaire du langage saisi par l’infini n’était pas susceptible d’un traitement logique extrêmement rigoureux, on aurait tout simplement à faire à la simulation psychotique. L’être parlant (parlant peu, car il s’imagine toujours avoir des organes silencieux), lorsqu’il découvre, ça ne lui arrive pas souvent, que son corps lui-même, substantiellement, est une erreur d’un langage qu’il ignore, devient fou. A être fou on peut s’encanailler... Par là je veux dire qu’on peut feindre la folie, c’est-à-dire que la question est posée de plein fouet de l’imposture poétique. La définition du corpscomme erreur d’un langage que le sujet ignore est posée de façon beaucoup plus insistante dans le deuxième volume de Paradis qui traite plus frontalement que jamais ce rapport de l’infini à lui-même bousculant toute place organique. Il est logique que la psychose soit de l’ordre strict de ce qui est bien connu par les cliniciens : la langue de fond qui se représente pour le sujet divisé à vif sous forme de langue étrangère. Entre parenthèses : cette division du sujet à vif, qui n’est autre que ce qu’on pourrait appeler sa blessure d’infini, dessine la possibilité — ou non — pour un sujet de passer à travers toutes les langues, et il est repérable au premier coup d’oeil si dans quelque texte que ce soit on a cette possibilité... La différence entre Paradis et Finnegans Wake est là. Je dirais que Paradis est une machine (le terme est impropre mais enfin...) à traduire la traduction. D’où cet effet assez étrange que tous les textes quels qu’ils soient pourraient s’y retrouver améliorés, saisis dans leur nombril... à la fois rythmique et logique. Nombril des rêves, disait Freud..., qu’est-ce que c’est que ce nombre de l’infini dans ce qui se dit ?

L’infini, dit Hegel, c’est l’affirmation elle-même. Pourquoi ? Parce que, ça saute aux yeux, c’est la négation de la négation. « Omnis determinatio est negatio »...Spinoza... Voilà ce qui se lit à la porte du Paradis : Vous qui entrez, laissez toute espérance, toute détermination est une négation, tout fini n’existe que de nier, plus ou moins passionnément, sa Cause. Ceci est essentiel, car c’est bel et bien de la volonté forcenée — je dis bien : forcenée, infernale, se relevant sans cesse, comme aurait dit Rimbaud, de la flamme avec son damné —, de la volonté forcenée de nier la négation de la négation que les corps s’empaquettent et font parade. Le hurlement des corps qui sont là, si on sait l’entendre..., ils ont l’air comme ça d’aller, de venir, de s’occuper mais... ce sont des hurlements n’est-ce pas... Certains, de temps en temps, s’entendent hurler en rêve : ça les réveille pendant deux secondes. Le plus habituel c’est quand même qu’ils ne s’entendent pas ronfler. Leur conjoint peut éventuellement les avertir... qu’ils étaient là sans aucunement s’en douter sous forme pure et simple de groin. Les mourants font un boucan du tonnerre. Où sont-ils pendant qu’ils font ce bruit ? Nulle part. Si on entend ce hurlement on voit bien à quoi il s’adresse et de quoi il est fait. Il s’adresse à l’infini. C’est ce que nous avons à lui dire, à lui hurler que non, nous n’accepterons pas que lui, l’infini, nie la négation que nous sommes. J’écris en partant de la fureur contre le bruit qui feint d’être lui-même Histoire et de cette fureur naît, spontanément, le rythme qui convient. Qui convient à quoi ? A la récusation de cette parole folle et très raisonneuse (comme toute folie) consistant à nier l’infini. Ouvrez des livres, regardez-les penser, voyez comment ils se situent par rapport à l’infini et vous savez tout d’emblée. A un moment ou à un autre il est fatal qu’ils prennent tous position sur cette affaire, le plus comique dans le malentendu étant par exemple celui qui vous fait le coup de...l’infini turbulent.A tous les coups, la confrontation à l’infini dévoile la niaiserie sexuelle. A tous les coups. Le miroitement hallucinatoire que vous pouvez vous donner selon la dose expérimentale qui vous convient, le flash Schreber si ça vous chante, le mi-froid mi-chaud à la douche écossaise relevée de champignons hallucinogènes, la peur d’un virus verbal chamanique ou extraterrestre (Burroughs), ou alors la répétition, l’usure, l’horizon métaphysique gris (Beckett) qui vient là se ruminer seul dans une sorte d’entretien infini avec l’ombre de plus en plus vidée de l’envers.

F.D.H. —Ne serait-ce pas là la confusion entre la « rumeur » et « l’infini » ?

Ph. S. — C’est cela. N’entre pas dans l’infini qui veut. L’infini est catégorique. « L’infini est l’affirmation absolue de l’existence d’une nature quelconque » (Spinoza). Son bon côté c’est qu’il ne vous lâche pas l’incarnation comme ça. Rien de plus pathétique et, encore une fois, de comique — d’où ces deux dimensions constantes dans Paradis— récit ou scansion — que ces tergiversations.

Il y a une expérience qui me permettra tout de même d’aller un peu plus au cœur de ce sujet, c’est celle qui s’est faite en français de façon tout à fait spectaculaire (c’est le cas de le dire) pour inscrire l’infini au point où le joueur de son propre corps calculerait comment il doit jouer exactement ce corps. Déjà Dante le précise dans un moment tout à fait clé du Paradis, n’est-ce pas, il ne peut aller plus loin dans ce fameux voyage qui a commencé par la porte infernale dont j’ai parlé tout à l’heure, il ne peut aller plus loin dans le Paradis qu’à condition, dit-il, de s’offrir lui-même (lui qui parle, lui voyageur qui parle au moment même où il dit ce qu’il nous dit) de s’offrir, donc, en holocauste. Ce qui veut dire qu’il doit décider de l’abandon de toutes ses facultés physiques dans un anéantissement sans reste. Holocauste, ça veut dire sacrifice sans reste. Du grec holos, tout entier, d’où vient d’ailleurs le mot latin Sollers... Un hologramme, c’est bien ce que je fais... C’est la raison pour laquelle l’ombre portée du Paradis qu’on lit n’est que la représentation en trois dimensions visuelles de la voix qui traverse cette sculpture... Eh bien, ce sacrifice à l’intérieur de la parole qui le raconte a été reposé sous une forme parfaite pour l’époque (c’est toujours parfait pour l’époque si on s’y prend bien... l’infini a ses époques... il faut trouver celle qui correspond au moment où l’on se trouve) par...Biaise Pascal. Pascal dans son pari. Texte tellement ahurissant que personne ne le lit, encore qu’il soit là sous nos yeux si nous voulons. Il ne faut pas oublier que Pascal, mathématicien et théoricien des jeux, spécialiste des cycloïdes et de la roulette, tellement en avance sur les calculs de son temps qu’il finissait par se fatiguer de la médiocrité du débat dans ce domaine, a décidé par conséquent de pousser plus loin en se mettant lui-même en jeu... C’était plus drôle que de spéculer sur les courbes... Eh bien, le petit mémorial cousu dans son vêtement — que j’ai déjà comparé à la lettre volée par excellence — on pourrait repartir par Poe, mais enfin... Ce mémorial, vous vous en souvenez, évoque deux heures de feu où le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, vient pulvériser — quelle pâque ! — ce penseur au point qu’il en écrit fébrilement la trace sur ce petit bout de papier qu’il coud dans son vêtement et qu’on trouve après sa mort... tout ça est bien connu... Mais qu’est-ce qu’il écrit là-dessus ? Qu’il a trouvé le point de certitude qui implique qu’il sera, comme il a été et qu’il est, « éternellement en joie pour un jour d’exercice sur cette terre ».Ça s’explicite dans le pari où les commentateurs voient en général une mise en scène apologétique ingénieuse et un peu pénible, mais parce que lesdits commentateurs ne comprennent pas que ce qui leur parle là s’adresse bel et bien à leur déchet inconscient, à leur merde même. Et que fait Pascal ? Eh bien, il revient toujours, comme tous les autres, avec un raisonnement sur la négation. Ce sera toujours d’un raisonnement sur la négation que, d’autre part, viendra le feu dont j’ai parlé en même temps que la trouvaille que l’infini déclenche dans le forçage d’un sujet qui à ce moment-là échappe enfin à la folie qui constitue son corps. Combien de fous pour que cet événement se produise ! C’est incalculable mais les générations humaines n’ont pas d’autre sens.

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Nous avons quoi, dans le pari ? Le jeu de pair et d’impair, la convocation du hasard, la scène métaphysique elle-même, sous la forme du « Croix ou pile ». « Croix ou pile », on disait comme ça au XVIIe siècle [6]. « Pile ou face »... « Croix ou pile », ça dit bien ce que ça veut dire, si on veut recharger deux secondes ces mots... piles atomiques... « Croix » comme forme minimale de la signature aussi : si vous ne savez pas écrire, signez votre testament par une croix. Un trait ne suffirait pas pour signer. Ça peut tout au plus vouloir dire que quelqu’un a été là, ça serait le trait unaire. Mais pour marquer qu’un nom aura été là — un nom !pas« quelqu’un » ! — il faut au moins deux traits... croix ou pile... « Notre proposition, dit Pascal, est dans une force infinie, quand « il y a le fini à hasarder, à un jeu, où il y a pareils hasards de gain que de perte, et l’infini à gagner... » C’est très clair et parfaitement obscur. Vousvous rappelez, je n’aipas le texte sous les yeux mais vous me ferez l’amitié de le retrouver... [7] Il faut voir comment Pascal démontre quelque chose à quoi on ne peut échapper que par la mauvaise foi. Tout lecteur du pari devrait, s’il était de bonne foi, ressortir autre de la démonstration qu’il lit, sauf celui qui en passant se dirait : eh bien, oui, ce Pascal il est tout à fait dansl’ un des coups possibles ! Ce qui suppose qu’on comprenne parfaitement le raisonnement.

« Si bornée que soit la nature humaine, elle porte pourtant en elle, c’est inhérent, une très grande part d’infini. » [8]

Georg Cantor 1883
(Celui-là même qui développa une théorie mathématique des ensembles infinis)

Mais faites l’expérience, faites lire le pari de Pascal et puis demandez ensuite à qui vous voudrez de vous réexposer le raisonnement tenu. C’est drôle : personne n’y comprend rien : le fini à hasarder, à jouer à croix ou pile, la proposition qui est faite pour parler trivialement de se manger soi-même là tout de suite de telle façon qu’il n’en ressorte pas autre chose que l’infini, laisse le sujet pantois. Pourquoi ? Parce qu’il est obligé à ce moment-là d’avoir, s’il osait, la perception de lui-même comme merde. Les gens croient au squelette, que voulez-vous... Le squelette... charmant... nécessaire aux ébats érotiques... comme l’ont compris tant de peintres... […]

oOo

[1Fidèle lecteur de pileface. Anime, par ailleurs, le site www.biblioparfum.net

[3Wim Delvoye est un artiste plasticien belge, né à Wervik le 14 janvier 1965. Il vit et travaille à Gand

[4En poésie scandée, comme en grec ou en latin, l’iambe, ou ïambe est un pied composé d’un esyllabe brève suivie d’une longue (note pileface)

[5Enmusiqueet enscansionpoétique, unanapesteest une cellule rythmique comportant deux valeurs brèves suivies d’une valeur longue (uu), ou encore (en poésie) deux syllabes non accentuées suivies d’une syllabe portant l’accent tonique (note pileface)

[6D’alembert y consacrera un article "Croix ou pile" dans le tome IV de l’Encyclopédie (note pileface)

[7Frans Haes l’a retrouvée ! La citation imprimée est exacte (note pileface)

[8ajout pileface

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