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Extrait du faux JDD du mois d’avril 2007

D 9 avril 2007     A par D. Brouttelande - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Révélation dans la presse passée presqu’inaperçue : « La relique de Jeanne d’Arc est une momie égyptienne ».

« Dans le bocal de verre soufflé trouvé en 1867, dans le grenier d’un immeuble parisien appartenant à un apothicaire, il y avait des fragments de côtes noircies, un fémur de chat (on jetait des chats noirs sur le bûcher des hérétiques), d’autres os indistincts, des matières organiques et des éléments de tissus. Sur le couvercle, un vieux manuscrit indiquait « restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d’Arc, la pucelle d’Orléans ? ».
Le Figaro du 4 avril 2007

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Femmes, Mythologies

Imprimerie nationale, 1994
260 illustrations couleurs. Format 24 x 32 cm. 416 pages.
La femme à travers la sculpture et la peinture, depuis la plus haute antiquité jusqu’au 20e siècle. A signaler, la richesse iconographique de cet ouvrage.


C’est par contre, le genre de nouvelle que l’on verrait bien Philippe Sollers exploiter pour une entrée dans son journal du mois d’avril dans le JDD. Il y a là les ingrédients susceptibles d’alimenter sa verve ironique et amusée du spectacle auquel nous participons : une femme, symbole de l’identité nationale brandie par une autre femme de notre scène contemporaine, un détour possible par les Femmes
de Sollers et ses Mythologies (l’Egypte), sans oublier le rôle particulier de l’apothicaire dans cette histoire, et puique Rouen est évoqué, la plume de Sollers pourrait bien réveiller un vieil apothicaire républicain du nom de Homais, lequel s’entremet volontiers entre une autre femme célèbre Emma Bovary et son mari ou son amant, la Trinité de la Comedia.

L’histoire ne s’arrête pas là. Voici, en avant première, le faux journal du mois de Philippe Sollers, trouvé par Dominique Brouttelande, plus tard, dans le grenier du même apothicaire.
VK


Extrait du faux JDD du mois d’avril 2007

Vanille

C’est désormais prouvé : les restes supposés de la pucelle d’Orléans ne sont rien d’autre que les restes embaumés et non brûlés d’une momie égyptienne de la Basse Époque (entre le VIe et le IIIe siècle avant J.-C.). Deux « nez » de grands parfumeurs ont confirmé la découverte de l’équipe scientifique en identifiant une odeur, notamment, de vanille, signe de l’absence de toute crémation. A vrai dire, Ségolène Royal savait bien que la référence à Jeanne d’Arc n’était pas sérieuse. La fille de l’Est au destin national restait un symbole peu crédible. Il suffisait juste de l’évoquer, pour le côté royal, avant de très vite laisser la statue dorée à l’autre, pour sa fête annuelle, son rassemblement. Et en ces périodes de fraudes, redoutées, supposées, dénoncées, mieux valait ensuite passer à autre chose. Mais d’où nous viennent ces reliques conservées à Chinon et propriété de l’archevêché de Tours ? D’un bocal de verre soufflé trouvé en 1867 dans le grenier d’un apothicaire rue du Temple à Paris... Arrêtons-nous aux dates, aux personnages. Imaginons un pharmacien normand du nom de Homais pour qui l’histoire Jeanne d’Arc a toujours été très simple, passer un pacte vers 1857 avec un jeune écrivain également normand, ami de la famille, dénommé Flaubert. Son portrait dans le roman doit être le plus grotesque possible, c’est à dire aussi très plausible. La littérature sera ici au service de la parfaite couverture sociale. L’enjeu est la réussite d’un canular programmé pour durer 150 ans. Un bocal, quelques restes abandonnés dans l’arrière boutique ou piqués dans un musée local, un vieux manuscrit sur le couvercle, le tout à découvrir dans 10 ans à Paris dans une rue bien particulière. L’année même de la mort de Baudelaire. Avec pour dernier indice, environ 10 ans avant l’échéance, un président de la république, socialiste devenu lui-même un peu momie, toujours très proche des morts, qui finit par un ultime voyage à la Vallée des Rois en nous promettant l’avenir de sa présence. Ségolène Royal, encore novice, avait un peu tiqué sur le rôle réservé à l’ancien président, mais bon... Interrogés à l’aveugle, les nez ont donc parlé : pas d’odeurs de sainteté, fausses reliques. La référence à Jeanne d’Arc, c’était un clin d’ ?il de Ségolène à Monsieur Homais à travers le temps. Rien de plus. D’ailleurs, Ségolène Royal a prévu de relire aussi L’Education sentimentale. Elle sait que Monsieur Homais encore appelé Moreau lui destine cette phrase codée, à propos du canular Jeanne d’Arc : « C’est là ce que nous avons eu de meilleur ! » Voilà, la VI République peut maintenant commencer.

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