vous etes ici : Accueil » DICTIONNAIRE SOLLERSIEN » Mauriac ( la visite à )
  • > DICTIONNAIRE SOLLERSIEN
Mauriac ( la visite à )

D 22 mai 2005     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


1956, Philippe Joyaux n’est pas encore Sollers, il n’a encore rien écrit mais visite son grand voisin bordelais. Il raconte ici cette rencontre dans un entretien avec Clémence Boulouque, Lire, juillet/août 2003.

« Je suis allé voir Mauriac à Malagar. J’avais dix-neuf ans et n’avais encore rien publié mais je me proposais de faire son portrait pour un journal local, se souvient Philippe Sollers. Il m’a reçu très aimablement. Puis je publie Le Défi et, là, Mauriac s’enthousiasme, m’évoque en se souvenant comment Barrès avait célébré ses premiers écrits. Cet adoubement a été déterminant dans mon existence car il a fait un certain bruit. Mais, par la suite, Mauriac s’est rendu compte que je n’étais pas mauriacien, ce qui l’a un peu déçu. Mais je l’aimais beaucoup, il était très drôle - lucide, modeste, d’une grande fidélité à Proust, renouvelée et sincère, alors qu’entre 1930 et 1960, il avait disparu du paysage littéraire. »

Lorsque Sollers raconte ses autres visites, ce sont les noms de Céline, Bataille, Sartre, Aragon qui défilent - ou encore de Paulhan [...]Breton. [...]
« Il faut faire attention à la moindre chose publiée », a conseillé Mauriac à Philippe Sollers.”

Plus tard, Sollers reniera ce texte, Le Défi ainsi qu’Une curieuse solitude, d’une facture trop classique, à la façon de ses grands anciens, demandant même qu’ils ne figurent pas dans sa bibliographie. Dans un dossier qui est lui est consacré, du Magazine littéraire N° 65, de 1972, il s’en explique dans un entretien référence avec Jean-Jacques Brochier, toujours en ligne. Toujours publié aussi par le Seuil : Une curieuse solitude. Erosion plus grande des paroles, avec le temps, que celle des écrits. Un morceau du vitrail éclaté de Sollers, une face d’un portrait déstructuré de Picasso, la lumière blanche diffractée dans un prisme en sept couleurs. Arc-en-ciel. Le multiple dans l’un.


« Mauriac m’a répété au moins cinquante fois la phrase que Barrès avait dite à propos de lui : “ la belle affaire d’être une merveille à vingt ans !” »
Philippe Sollers, Carnet de nuit, p. 16.

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


Rechercher



Mots-clés

Bordeaux Carnet de nuit Mauriac (François) Une curieuse solitude