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Baroque

D 21 avril 2007     A par Viktor Kirtov - Nush Meynieu - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Nush Meynieu fréquente le site pileface/sollers depuis quelque temps. Du plus lointain de la Corée où elle réside, actuellement, il lui arrive de parcourir les oeuvres de Sollers. Son temps libre entre ses activités professionnelles et personnelles est rare et précieux. Elle a cependant accepté de livrer à pileface, ses cueillettes dans les allées des textes « de et autour » de Sollers, au gré de ses lectures et du ciel du jour. Bouquet de ces simples qu’aimait Cocteau, ces fleurs sans prétention dont presque toutes ont une fonction médicinale, en 1950, il en a entièrement décoré la chapelle de Saint-Blaise-des-Simples, devenue son tombeau, à Milly La Forêt. A l’intérieur de cette minuscule chapelle, impression de quiétude et du temps arrêté lors de leur floraison. Intemporalité au sens de l’instant qui dure infiniment - une autre façon de penser l’éternité.
Cueillette ludique de N.M. pour son plaisir et le nôtre.
V.K.

« Je me suis promenée au hasard (ou presque l’inconscient n’est-il pas calculateur ?) et j’ai fait ma cueillette de printemps,

je vous livre pèle mêle quelques citations et impressions. Dans votre dictionnaire sollersien pourquoi pas y ajouter le mot baroque ? Dans un numéro de _l’Infini 83, Sollers accepte cette appellation d’écrivain baroque pour qualifier son oeuvre et vous avez déjà mis cette image de spirale sur votre page d’accueil... J’ai relu le chapitre de Don Juan dans Histoires d’amour de Julia Kristeva, le dernier mot est baroque... On peut aussi se souvenir du Don Juan de Mozart très écouté par Sollers. »

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« Dans Passion fixe, cette réflexion sur le roman de demain, mise en abyme de l’espace et du temps : " Un troubadour, un jésuite amoureux, une pincée de Pascal, le tout enveloppé de Lao-Tseu ? Voila un roman pour le troisième millénaire. Ou le cinquième. Ou le dixième. Ou rien." »

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Et impressions de Corée :

« Savoir se décentrer et saisir sa chance... Nouveaux parfums, couleurs, sonorités en Extrême-Orient, surtout la lumière beaucoup plus présente en Hiver. Quand j’aurai plus de temps libre, j’aimerais bien me trouver un maitre calligraphe. Je vis dans un petit village au milieu d’une métropole très occidentalisée. Des avantages à être étranger, le "contrôle social", vous pouvez plus facilement l’ignorer, on vous passe vos excentricités et vos maladresses ! »

Dans le prolongement du message de N.M. :

Une Oeuvre de Rubens considérée comme représentative de l’art baroque

L’Adoration des Mages, de Pierre Paul Rubens : une structure dynamique de formes qui s’enroulent en spirale autour d’un espace vide : d’éclatantes draperies, un souffle de mouvements éclairés par une flèche de lumière, peints avec une brillante maîtrise émancipée.

Le baroque désigne le style qui naît à Rome, Mantoue, Venise et Florence à la charnière des XVIe et XVIIe siècles et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe. Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture et musique
D’après Wikipedia

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Sollers et le Baroque... D’autres références

SACRÉ JÉSUITE !
Par Philippe Sollers
Le Nouvel Observateur, 13/11/05
A propos des « Traités » de Baltasar Gracián

Ce que les historiens, après le concile de Trente (1545-1563), appellent la Contre-Réforme catholique ouvrant sur le baroque est en réalité la fondation d’une nouvelle religion qui n’a plus que des rapports lointains avec l’ancien programme doloriste. Les puritains protestants et jansénistes auront réussi ce prodige : susciter une contre-attaque révolutionnaire dont nous sommes encore éblouis. Gracián, par ses traités, participe pleinement de ce débordement fulgurant. Jamais l’espagnol, comme langue, n’est allé à une telle splendeur. Concentration, concision, multiplicité des points de vue, intelligence, spirales, renversements, voltes, tout se passe comme si Dieu, qu’on a voulu cadrer, simplifier, asservir, canaliser, et, en somme, embourgeoiser, ressurgissait dans sa dimension insaisissable, incompréhensible, libre, infinie,[...]

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Baroque du Paraguay

1995 : Sollers préface Baroque du Paraguay, Hoëbeke / Musée galerie de la Seita, un livre d’art équilibré entre illustrations et textes qui retrace l’aventure jésuite et sa confrontation avec la culture du peuple guarani. Résultat : un art baroque guarani sous forme de magnifiques sculptures sur bois peintes. « Le caractère propre au baroque guarani s’affirme dans les limites logiques du système [ dans lequel il est né], des conditions défavorables et des moyens réduits » p. 78.
« Les jésuites ne purent éviter que, malgré eux, un espace pour l’expression des indigènes ne se développe, contre leur gré, dans cette marge de permissivité induite par la précarité des moyens .
C’est cet espace qui permet une validation esthétique de l’art missionnaire. C’est lui qui ouvre la voie et le sauve d’un destin imposé où il n’aurait été que la copie d’images [...] p.80.

La flexibilité baroque
Dans ces tâtonnements entre caractère propre et caractère étranger entre en jeu un autre facteur, dû aux caractéristiques même du baroque : sa disponibilité sémantique, tout autant que son élasticité formelle, permirent des croisements, des liens et des faits nouveaux.
Analysons en premier lieu cette générosité du baroque qui lui permet d’abriter des contenus divers [...] p80-81

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Ecoutons Sollers en parler dans sa préface intitulée « L’Aventure Jésuite ». Elle commence ainsi :
« Je regarde ces sculptures, leurs formes torsadées, recueillies ; leurs couleurs. Un enfant blanc, châtain, bouclé, vêtu d’une légère tunique bleue et jaune, s’avance dans le vide, le bras gauche tendu le long du corps, le bras droit replié sur la poitrine, mais esquissant déjà un geste énergique de départ. Ses yeux sont grands ouverts, et pourtant, ils semblent voir quelque chose que nous ne percevons pas, comme s’ils regardaient à l’intérieur deux-mêmes. Son sourire, surtout, est énigmatique : détermination ? confiance amusée ? certitude ? joie ? ironie ? On ne sait pas. L’affirmation qui l’anime, en revanche, est indubitable. On a l’impression qu’il pourrait dire : « Je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial la trouve complète. »
Où sommes-nous ? A Rome, Vienne, Naples, Prague, dans l’une des capitales du baroque et de la Contre-Réforme ? Non cette fraîche merveille enfantine nous vient du Paraguay, au XVIIIe siècle quand les Jésuites y poursuivaient leur expérience spirituelle et formelle, divine et humaine, politique et mystique. Une très étrange histoire, qui a fait beaucoup parler et rêver, depuis les philosophes jusqu’à nos jours [...] L’époque héroïque est sans doute passée, mais sa mémoire demeure. L’Europe, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Amérique ? Autant d’épopées souvent martyrologues, celle des « réductions » du Paraguay restant la plus singulière. En tout cas, l’enfant dont je viens de parler a été anonymement façonné là-bas. Il est âgé de deux siècles et demi, mais il est en réalité millénaire puisqu’il s’agit de l’Enfant Jésus. Si nous ne le savions pas, nous aurions du mal à l’identifier. Tel est l’étrange message que les Indiens Guaranis et la Compagnie de Jésus nous envoient par-delà le temps et l’espace.

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Adriana Varejão
2005, Sollers préface le catalogue d’exposition à la Fondation Cartier, d’Adriana Varejão, CHAMBRE D’ÉCHOS.

Nourrie de référence au baroque, à l’Histoire coloniale du Brésil, à la littérature libertine ou à la musique traditionnelle brésilienne, l’oeuvre d’Adriana Varejão développe une puissance visuelle exceptionnelle. Ses toiles éventrées, ouvertes sur des chairs à vif, ses oeuvres inspirées de la tradition portugaise des azulejos créent une tension entre peinture, sculpture et architecture. Pour la première fois en Europe, la Fondation Cartier présente une grande exposition personnelle de cette artiste qui s’impose comme l’une des figures les plus singulières de la création brésilienne contemporaine. Le texte du catalogue de l’exposition Adriana Varejão, Chambre d’échos est signé par Philippe Sollers.

Voir article, vidéo et oeuvres

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Sollers écrivain baroque :
Février 2006 Christian Ciocca de la Radio Suisse Romande, dans son émission L ?Horloge de Sable puise dans les trésors des archives de la radio pour présenter une spéciale Philippe Sollers. Le titre : « Sollers écrivain baroque »

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Sollers reconnaît à son écriture un caractère baroque :

_ « Dans la mesure où mon écriture essaye d’être immédiatement multiple au niveau des sensations, de jouer tout le temps entre la vue, le toucher, l’ouïe, de ce point de vue là, elle hériterait en effet du mot " baroque ". Parce que l’art baroque, cela veut dire " tout en même temps ". Le mouvement, la torsion, la spirale... Les cinq sens sont le plus possible en répercussion les uns par rapport aux autres. »

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écriture Passion fixe Kristeva (Julia) baroque Varejao (Adriana) Cocteau (Jean)