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Mao était-il fou ?

A propos de « Mao Tsé-toung » de Philip Short

D 11 septembre 2006     A par Viktor Kirtov - A.G. - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Mao était-il fou ?

Mao était-il fou ? La scène se passe il y a une dizaine d’années au Maxim’s de Pékin, réplique exacte de celui de Paris, dans le quartier des affaires. Toute la nouvelle bourgeoisie chinoise est là : entrepreneurs privés, vedettes de l’industrie cinématographique, actrices aux cheveux bouclés, mannequins de luxe. Le sosie de Mao au cinéma est là aussi. Pour créer l’atmosphère de ce qui va suivre, on représente un des vieux opéras révolutionnaires de Jiang Qing, la dernière et redoutable femme de Mao, déchaînée pendant la Révolution culturelle. Plus ennuyeux et tocard, tu meurs. A la fin, le sosie de Mao et quelques amis, très allumés au champagne et au cognac, montent sur scène et chantent le refrain désormais préhistorique des gardes rouges : « La pensée de Mao Zedong éclaire le chemin. » Ils gesticulent ainsi dans l’obscurité comme des aveugles, et se cognent les uns contre les autres. Le public s’écroule de rire. Logique du spectacle. Photo.

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Shanghaï, 2006. Mao hante toujours la Chine.
Peints en 1968, ces portraits de Mao ont survécu au temps.
ZOOM : clic sur l’image.

Cette scène est une des dernières de la monumentale biographie de Mao écrite par un Anglais, Philip Short. Short a fait long, mais son livre, prodigieusement informé, se lit comme un roman d’aventures. Il sera difficile de faire mieux, sauf nouvelles et sensationnelles révélations, toujours possibles. Car Mao fait peut-être rire après avoir fait trembler de terreur, il n’en reste pas moins là, pas loin du Maxim’s, grande photo ouvrant sur la Cité interdite. Rien à voir avec les grands bouchers totalitaires du XXe siècle qui sont, depuis longtemps, en enfer. Staline est aux oubliettes décomposées, Hitler n’aura fait rire que Chaplin avant de glacer l’atmosphère, les figures sanglantes et secondaires de l’Histoire s’effondrent lentement dans le gris. Les dictateurs du passé sont en noir et blanc, Mao, le plus effarant de tous, reste en couleur. Ce fabuleux personnage (immortalisé par Warhol) n’a pas une ride. C’est monstrueux si l’on veut, mais explicable. Cette biographie, minutieuse et sans complaisance, y parvient.

Mao est mort il y a trente ans, mais ça pourrait être trois cents ou trois mille ans. Lui-même, dans sa mégalomanie inspirée, s’est comparé (en mieux, évidemment) aux grands empereurs d’autrefois. Lorsqu’il prend le pouvoir, en 1949, son discours est bref : « Le peuple chinois s’est levé, et son avenir brillera éternellement. » Le peuple chinois était donc couché ? Le mot est faible. Courbé, affamé, surexploité, méprisé, nattes pour les hommes et pieds bandés pour les femmes, seigneurs de la guerre, massacreurs, maîtres étrangers racistes, chaos global. Mao, né en 1893, est un fils de paysan aisé, sa mère est une bouddhiste fervente. Sa pente naturelle est la révolte, avec une fibre anarchiste qui ne faiblira jamais, d’où un désir périodique de semer le désordre, fût-ce dans son propre camp. L’Américaine Agnes Smedley, dans les années 1930, lui trouve un visage sombre et impénétrable, un front large et haut, une bouche féminine. Elle est frappée par son « armature en acier d’orgueil », avec un humour « sauvage et lugubre ». Sombres temps. Ce révolutionnaire professionnel, souvent dépressif, est déjà un stratège militaire hors pair et, plus étrangement, un poète nourri de poésie classique (son secret). La guerre et la poésie : même substance.


Mao Zedong en 1937 discutant avec des paysans. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

La misère est énorme : les paysans mangent des écorces et vendent leurs garçons (entre 100 et 200 dollars pièce). S’ils bougent, ils se font réprimer en masse dans des scènes d’une férocité inouïe. La terreur chinoise, y compris la communiste, est probablement la pire qui ait jamais existé. Mao voit tout ça, il s’engage, il emprunte le marxisme, ce qui va le conduire à des démêlés incessants avec les Russes. Il s’en sert comme d’un levier insurrectionnel, travail à plein temps, très risqué, qui débouchera sur la légende (la Longue Marche), mais aussi sur une folie gigantesque (le Grand Bond en avant [1]). De temps en temps, entre deux marches forcées dans des conditions effroyables, Mao descend de cheval, regarde le paysage et écrit un poème. Ça donne des choses de ce genre :

« Une centaine de bateaux fendent l’eau,
Les aigles frappent le vide infini,
Les poissons tournent en rond dans les eaux profondes. »

Ou bien :

« Le vent d’ouest est frais,
Au loin, dans l’air glacial, les oies sauvages traversent le clair de lune matinal. »

Après quoi, du haut d’un temple bouddhiste, il déclenche une offensive. L’action militaire prend la forme d’une chanson :

« Quand l’ennemi avance, nous reculons,
Quand il se repose, nous le harcelons,
Quand il se fatigue, nous attaquons,
Quand il recule, nous le poursuivons. »

Il ne faut pas croire que, pendant des années, Mao a eu la vie facile avec ses camarades (sans parler des trahisons de Moscou). On le destitue plusieurs fois, il déprime, il simule, il boude, il ruse, il revient, il sanctionne ses opposants, il organise son culte. Comme il remporte des victoires, on est bien obligé de le supporter. Quand ça va mal, le voici par exemple dans une hutte de bambou aménagée comme une retraite de lettrés, avec un panneau de bois au-dessus de l’entrée disant : « Salle de la Richesse des Livres. » Devenu président de la République future, dans la clandestinité, sa fortune est la suivante : deux couvertures, un pantalon, une chemise de coton, un pardessus, un parapluie cassé, un ballot de livres. Des livres, toujours. Pendant ce temps-là, l’Europe et le monde sont à feu et à sang.

La révolution n’est pas un dîner de gala ni une université socialiste. C’est la violence, la mort reçue et donnée, l’absence de morale et, très vite, la terreur et la torture portées dans son propre camp. Mao a cautionné les pires pratiques. Sa vie personnelle est d’ailleurs tragique : deuxième femme décapitée par les nationalistes, tombe de ses parents profanée, troisième femme grièvement blessée pendant la Longue Marche, enfants abandonnés en cours de route chez des paysans, un fils malade mental, un autre tué en Corée, etc. Réponse : le lit, les femmes, les livres.

Le lit de Mao. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Le lit de Mao est un tapis volant. Il est très vaste, et il le suit dans tous ses voyages. Il est encombré de livres et, de plus en plus, avec l’âge, de jeunes femmes venant se presser là à cinq ou six, selon les soirées. Mao a ses orgies taoïstes, sa recherche d’immortalité personnelle (pas besoin de clonage, c’est ici, tout de suite). Tout cela se passe, entre deux complots, dans la Cité interdite, dans le Bureau au Parfum de Chrysanthèmes. Tout en faisant l’amour, Mao n’a qu’à tendre le bras pour lire des textes anciens, celui-ci, par exemple, de la dynastie Han, dont le titre est évocateur : « les Méthodes secrètes de la jeune fille ordinaire ».


1er août 1966. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Mao était-il fou ? C’est probable, mais comme personne. Simulateur, aussi, et grand dissimulateur. Son couple avec Zhou Enlai (ce super-jésuite) mérite une étude à part, et sa relation conflictuelle avec l’incroyable Jiang Qing aussi. A 72 ans, grand coup de poker. Il feint d’être usé, désireux de retraite, pendant qu’il prépare en sous-main la Révolution culturelle. Personne ne se doute de rien, et c’est brusquement le chaos sanglant et total (« Feu sur le quartier général ! »). Pour annoncer la couleur, dans la grande tradition mythique, Mao, entouré de drapeaux rouges, parcourt à la nage 15 kilomètres dans le Yangzi. Du grand art qui, à l’époque, en séduit plus d’un. A tort, j’en conviens.

Comme on pouvait le prévoir, la folie, à travers les liquidations de palais ubuesques, s’emballe. Toute chose portée à l’extrême se renversant dans son contraire, l’hypercapitalisme, qu’on peut d’ailleurs appeler « maoïste », suivra. Peu avant la mort de l’empereur, un tremblement de terre fait 250 000 morts en Chine. Le mandat du Ciel est passé.

*

« Mao Tsé-toung », par Philip Short, trad. de l’anglais par Colette Lahary-Gautié, Fayard, 2005, 640 p.

Journaliste et historien, Philip Short, qui réside actuellement dans le Midi de la France, a été correspondant de la BBC, du « London Times » et de « The Economist » de 1970 à 1985. Excellent sinisant, il a eu accès à des sources inédites et recueilli le témoignage de nombreux acteurs de l’épopée maoïste.

Sabotage

J’ai lu, sur épreuves, un livre de 1500 pages et je reçois de Fayard un volume de 640 pages, dont l’impression (pour ne pas dire la compression) rend la lecture improbable. Mais, surtout, les très nombreuses photos annoncées avec leurs légendes ont disparu. Je les attendais avec impatience et curiosité puisqu’elles ont trait à des épisodes publics et privés essentiels pour comprendre cette énorme histoire : évolution dans le temps du corps de Mao, documents sur ses femmes, ses enfants, sa dernière compagne ; archives de guerre et de politique intérieure et mondiale, etc.
S’il s’agit d’une censure, qui l’a décidée ? Les Américains ? Les Russes ? Les Japonais ? L’Elysée ? L’ambassade chinoise à Paris ? Les industriels du textile ? On croit deviner le coupable : le très réactionnaire et stalinien M. Budget. Car, après tout, montrer les photos de tous ces Chinois perturbants, est-ce bien la peine ? En tout cas, on ne s’y prendrait pas autrement pour empêcher l’achat du bouquin et de l’information qu’il contient.

Lire aussi : Mao et la Chine

Source : Le Nouvel Observateur du 15/09/2005.

*


« Faire Mao »

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Mao dans le Yangzi en 1966

Dans ses Mémoires, Sollers raconte qu’un jour, en fin d’après-midi, il va se baigner dans l’océan :

« Je me laisse porter, et j’apprends avec étonnement plus tard, par mon neveu, que l’expression " faire Mao " est couramment employée, depuis au moins vingt ans, par les jeunes gens sur les plages pour signifier qu’on se laisse porter par le courant. Bien entendu, ils n’ont aucune idée (ou alors très vague) de la baignade célèbre de ce grand et subtil criminel dans le Yangzi, pour déclencher sa "révolution culturelle". Il a 75 ans à l’époque [2], il laisse croire qu’il est très fatigué, et le voilà tout à coup en plein fleuve Bleu, sur quinze kilomètres, tortue millénaire, entouré de centaines d’autres baigneurs brandissant de grands drapeaux rouges. Les documents filmés existent, mais personne de l’âge de vingt ans ne semblent les avoir vus, et encore moins savoir à quoi ils correspondent. Énigme, donc, des transmissions symboliques. "Faire Mao", finalement, c’est tendance. J’en ris tout seul, et les mouettes aussi. » (Folio, p. 413)

Si des jeunes « de l’âge de vingt ans » nous lisent, voici des extraits du film Morning Sun :


L’image en séduira plus d’un. Max Roach et Archie Shepp, ces dangereux gauchistes, la reprendront en couverture d’un disque mémorable. Écoutez ça : Sweet Mao (entendez « suite Mao »), c’est beau [3].


*

En 1956, Mao n’avait-il pas anticipé son geste ? Il écrivait La nage. Il est question d’un grand fleuve infini et d’une déesse...

Poésie de Mao Zedong : La Nage (1956)

A peine ai-je bu l’eau de Changsha [4]
Que j’ai mangé le poisson de Wuchang [5]
Je traverse en nageant le grand fleuve infini [6]
Laissant au ciel de Chu [7] mes yeux jouir de l’espace
Sans souci du vent ni des vagues
Mieux que dans ma cour en promenade

Aujourd’hui je me trouve au large
Au bord d’un fleuve, Confucius dit :
C’est comme cette eau tout ce qui passe
Dans le vent s’agitent les mats
La Tortue et le Serpent [8] restent calmes
De grands desseins sont conçus
L’’envol d’un pont [9] unit le nord au sud
La faille infranchissable en deviendra passage
Des murs de pierre en amont construits
Retiendront de Wushan [10] les nuages et la pluie
Dans la gorge escarpée surgit un lac uni
La déesse [11] sans doute à soi-même pareille
S’étonnerait dès lors du monde tout nouveau.

Cette traduction par HO JU est parue aux éditions en langues étrangères de Pékin. [12]

***


Mao, une histoire chinoise

Un documentaire de Adrian Maben, écrit par Philip Short
produit par Pierre-André Boutang (2005)

Qui fut cet homme dont Richard Nixon dira qu’il a "transformé la Chine et changé le monde" ? A la fois stratège militaire, homme politique, visionnaire, philosophe, mais aussi poète, il fut un manipulateur de génie, alliant sensualité, politique et révolution. Durant trente ans, Mao a régné sur la Chine, considéré comme un dieu dans son propre pays et vénéré comme idole révolutionnaire par des millions de personnes en Occident et dans les pays en voie de développement.

Pourquoi et comment un fils de paysan issu d’une province isolée de la Chine profonde est-il parvenu à s’ériger en souverain incontesté de la nation la plus peuplée de la terre, possédant une aura et un pouvoir dignes des plus grands empereurs fondateurs de la Chine ? Qu’est-ce qui a engendré le pèlerinage idéologique de Mao à travers le nationalisme et l’anarchisme pour aboutir au communisme, avec comme point culminant une convulsion terrifiante, iconoclaste, et finalement vouée à l’échec : La Révolution Culturelle, dont l’objectif fut de calquer les esprits d’une nation entière sur la pensée unique de Mao.

A partir d’images d’archives absolument inédites divulguées pour la première fois et d’interviews exclusives de survivants de la famille de Mao, d’hommes politiques et de cadres attachés à son bureau privé, cet exceptionnel documentaire de 4 heures, fruit de plusieurs années d’enquête, retrace la vie de Mao et dresse un portrait sans concession de la Chine et de ses bouleversements.


I. Mao contre vents et marées

De 1911 à 1945.


(64’08)
*


II. Mao l’apprenti sorcier

De 1945 à 1961.


(61’40)
*


III. Mao : La révolution n’est pas un dîner de gala

De 1961 à 1972.


(67’34)
*


IV. Mao n’est pas mort

De 1972 à 1976. Et de 1976 à nos jours.


(59’32)

Arte

« Mao, une histoire chinoise » : Interview avec l’auteur Philip Short

Note : Le 15 septembre 1976, TF1 retransmettait l’hommage rendu à Mao sur la place Tian an men, à Pékin, dans un Spécial MAO TSE TOUNG commenté par l’irrésistible Léon Zitrone. Séquence émotion jamais revue jusqu’à la mort du leader nord-coréen Kim Jong il, le 17 décembre 2011.

***


Annexes

1. La Chine communiste

Débat du jeudi 3 juillet 2008 qui rassemble Philip Short, Marie-Claire Bergère et Michel Bonnin, et qui se penche sur la façon dont le regard sur Mao (et la Chine en général) a changé au fil des années (53’24).

Ils expliquent en particulier comment l’historiographie récente constate et analyse les multiples courants de pensée à l’oeuvre chez Mao, parfois contradictoires les uns avec les autres (nationalisme, confucianisme, marxisme, impérialisme, etc.).
Mao personnage fascinant et fondamentalement opportuniste, que l’on cherche à (re-)découvrir à travers de nouvelles sources et témoignages, parfois inattendus.

Invités : Marie-Claire Bergère. Elle est professeur émérite à l’INALCO et à l’EHESS.
Michel Bonnin. Il est directeur d’études à l’EHESS.
Philip Short (au téléphone). Il est historien et journaliste.

***


2. La grande famine de Mao

En 2010, Frank Dikötter publiait Mao’s Great Famine, salué par Lucien Bianco comme « le premier livre à lire sur ce sujet », ayant « le mérite de décrire et de faire sentir au lecteur les effets locaux de la famine, alors que mainte bonne étude antérieure avait privilégié l’analyse des décisions et conflits politiques au sommet de la hiérarchie communiste. » [13]

Fin septembre 2012, un autre livre important a été traduit en français, Stèles : La grande famine en Chine, 1958-1961, dans lequel Yang Jisheng, journaliste à l’Agence Chine nouvelle, raconte comment la politique du "Grand Bond en avant" menée par Mao a engendré la mort d’au moins 36 millions de personnes [14].

L’objectif de cette réforme économique radicale, dénuée de toute prise de recul, était d’atteindre la production du Royaume-Uni et d’ouvrir la voie à un "socialisme à la chinoise", en collectivisant notamment les terres agricoles.

Film inédit en France, La grande famine de Mao, le documentaire de Philippe Grangereau (correspondant de Libération en Chine) et Patrick Cabouat, diffusé le dimanche 28 octobre 2012 sur France 5, offre un point de vue complémentaire à celui de Yang Jisheng, mais tout aussi accablant. Mélangeant témoignages inédits, analyses d’historiens, archives oubliées et documents secrets, il donne à voir ce que le gouvernement chinois s’obstine encore à considérer comme une simple "catastrophe naturelle", démontrant comment Mao a sciemment affamé la population. C’est bien le récit d’«  une folie gigantesque ».


(durée : 54’13" France 5)
*

A partir du livre Stèles : La grande famine en Chine, 1958-1961, de Jisheng Yang (Seuil).

France Culture — La Grande Table, 18-10-12.

Avec :
- Pascal ORY
- Emmanuel LINCOT
- Philippe TRETIACK

Crédit : France Culture.

***

Lire également : Mao — De la pratique et de la contradiction présenté par Slavoj Zizek.
En n’oubliant pas que le premier à relire et à tenter une lecture approfondie de l’essai de Mao De la contradiction ne fut autre que Philippe Sollers dans une communication faite le 27 janvier 1971 au Groupe d’Etudes Théoriques de Tel Quel et reprise dans Sur le matérialisme (Seuil, Coll. Tel Quel, 1974).

***

[272 ans en fait.

[4Tchangcha (Changsha).

[5Woutchang (Wuchang) : dans la province du Hubei.

[6Le Yangtsé

[7Tchou (Chu) : nom d’une principauté à l’époque des Royaumes Combattants. Désigne ici une région qui s’étend sur le Hupei (Hubei) et le Hunan.

[8Le mont Tortue est situé à Hanyang, dans le Hubei et le mont Serpent lui fait face, de l’autre côté du fleuve.

[9Ce pont est le grand pont de Wuhan sur le Yangtsé, en cours de construction à l’époque du poème.

[10Wouchan : montagne au sud-est du district du même nom, dans le Sichuan.

[11Dans le mont Wouchan, se trouve un pic appelé pied de la Déesse, car, d’après la légende, c’est là que demeure une déesse qui contrôle les nuages et les pluies.

[12Crédit : canalblog.com.

[13Cf. Lucien Bianco, Frank Dikötter, Mao’s Great Famine, The History of China’s most devastating catastrophe, 1958-62.

L’ouvrage du Professeur Frank Dikötter La grande famine de Mao a été publié en chinois. NTD s’est entretenu avec Frank Dikötter à Hong Kong. Voici ce qu’il dit de son livre.


« La grande famine de Mao » publié en chinois par NTDFrancais

[14Le livre, interdit en Chine continentale, a été publié à Hong-Kong en 2008. Cf. L’enquête implacable d’un Chinois sur les 36 millions de morts de Mao. Voir aussi le compte-rendu de Chine Informations.
Lire l’interview de Yang Jisheng.

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2 Messages

  • Albert Gauvin | 11 août 2015 - 17:01 1

    Suite au commentaire précédent... (sur La grande famine de Mao que j’avais mis en ligne il y a trois ans), peut-être est-il bon de relire le dossier ci-dessus.
    A signaler également la projection ce soir mardi 11 août, sur Arte, de Chine, le nouvel empire, "une fresque en trois volets, passionnante et dense, qui retrace un siècle et demi de l’histoire de la Chine pour comprendre l’ascension fulgurante d’une superpuissance en devenir." J’y reviendrai.


  • Albert Gauvin | 15 septembre 2006 - 19:23 2

    Le livre, certes, ne contient pas les photos qu’on aurait voulu voir. Il reste cependant la meilleure biographie de Mao (bien meilleure que celle que vient de publier Gallimard).

    Arte a passé la semaine dernière "Mao, une histoire chinoise", le film que Philip Short a écrit (réalisé par Adrien Maben, produit par Pierre André Boutang, 4h). Il va sortir en DVD. A voir absolument.

    C’est plein d’archives inédites. Montage alterné de documents d’époques (de toutes les époques, la longue marche, la révolution culturelle) et de reconstitutions officielles. Commentaires précis, objectifs, critiques, ironiques. Des témoignages irremplaçables (la fille de Liou Chao chi, le secrétaire de Mao, etc...).

    Avec (en bonus) un long entretien (22 juin 2006) entre Ph. Short et P.A. Boutang (non passé à la télé). Philip Short insiste sur la complexité de Mao (stratège, dictateur, poète...), le compare aux plus grands empereurs que la Chine a connus, insiste sur la nécessité de dépasser le point de vue moral pour saisir l’importance historique des évènements.

    Le livre de Short se serait vendu à près de 200000 exemplaires en Chine même (sans compter 4 éditions "pirates", càd non expurgées).

    Passionnant.