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Le J’accuse de Roman Polanski

Philippe Lançon, Eric Neuhoff et... Philippe Sollers

D 22 novembre 2019     A par Albert Gauvin - C 8 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Faut-il revenir sur la polémique qui agite les médias autour de la personne de Roman Polanski suite aux accusations de viol dont il fait l’objet ? Je préfère la lenteur et les imperfections de la justice — si elle est saisie — au lynchage médiatique expéditif. Faut-il séparer l’homme de l’artiste, l’artiste de l’oeuvre ? Vieille question à laquelle on serait bien en peine de donner une réponse univoque. Faut-il s’attarder sur les prises de position récentes de certains « professionnels de la profession », les dénégations ou les contradictions et revirements des politiciens de tous bords (cela jusqu’au sein du gouvernement) ? C’est dans l’air tourbillonnant du temps.
Faut-il enfin voir J’accuse, le dernier film du réalisateur plutôt que céder aux appels, d’ailleurs contre-productifs, au boycott et à la censure [1] ? Compte tenu du sujet, l’affaire Dreyfus, et du regain d’antisémitisme dans notre beau pays [2], oserai-je l’avouer : j’ai vu le film. Je l’ai trouvé bon, classique, faussement académique dans sa facture (l’apparition furtive, à la Hitchcock, de Polanski, non pas en Dreyfus, mais en habit d’académicien dans une assemblée de notables antidreyfusards, est volontairement ambigüe, peut-être auto-ironique [3]), très original et efficace dans les choix cinématographiques opérés pour l’approche historique des faits et le dévoilement de la mécanique militaire et de son goût du secret (le mensonge et la falsification ne sont-ils pas au fond la tentation de tout pouvoir [4] ?),— et admirablement interprété par l’ensemble des comédiens (Jean Dujardin dans le rôle principal — et historiquement capital — du lieutenant-colonel Picquart est excellent et c’est sans doute son meilleur rôle).
Des historiens et des historiennes en débattent de manière raisonnée, sans hystérie [5]. Deux écrivains racontent : Philippe Lançon, auteur du Lambeau (prix Femina 2018), déclare dans un très bel article de Charlie hebdo : « Je n’accuse pas...! », et Eric Neuhoff, auteur intransigeant de (Très) cher cinéma français (prix Renaudot essai 2019 [6]), voit dans le J’accuse de Polanski « le parfum d’une leçon à l’ancienne ». La réception de J’accuse étant inséparable du contexte mouvementé actuel qui a peu de choses à voir avec le film, un flash back était nécessaire sur la seule « affaire Polanski » ayant fait et faisant encore (aux Etats-Unis) l’objet de diverses procédures judiciaires. A vous de juger, c’est-à-dire de vous forger un point de vue (ici vous en avez et la possibilité et le droit).

L’histoire sur grand écran :
« J’accuse » de Roman Polanski, qu’en pensent les historiennes et les historiens ?


Jean Dujardin dans rôle du Colonel Picquart, J’accuse de Roman Polanski, 2019.
ZOOM : cliquer sur l’image.

À l’été 1894, les Parisiens et les Parisiennes se régalent des séances du kinétographe que leur présente Thomas Edisson, le génial inventeur américain. La même année, 1894, un capitaine est accusé de haute trahison, il est même condamné. Il s’appelle Alfred Dreyfus. L’année suivante, en 1895, les frères Lumières présentent La Sortie de l’usine Lumière à Lyon, souvent présenté comme le premier film de notre histoire. La même année, 1895, le capitaine Dreyfus est dégradé dans une cour de l’École militaire. Quatre ans plus tard, en 1899, Alfred Dreyfus fait l’objet d’un nouveau procès, mais il est une fois encore condamné, avec « circonstances atténuantes ». Cette année-là, 1899, Georges Méliès, réalisateur de génie, propose un film sur l’affaire Dreyfus, en pleine polémique (Méliès joue lui-même le rôle de l’un des deux avocats d’Alfred Dreyfus : Fernand Labori). Nous voici cent-vingt ans plus tard, en 2019, quand un nouveau réalisateur, Roman Polanski, porte son regard sur l’affaire Dreyfus, avec de nouvelles polémiques. Le cinématographe et l’affaire Dreyfus, une longue histoire qui mérite d’être auscultée par le regard des historiens et des historiennes.

Qui était le colonel Picquart ? Était-il le héros dépeint par Roman Polanski ? Aujourd’hui dans Le Cours de l’histoire, les historiennes et les historiens croisent leurs regards sur un film qui soulève bien des controverses. Autour de la table seront réunis pour en parler :

Marie Aynié, professeure agrégée, enseignante à Sciences Po, elle est l’auteure de l’ouvrage Les amis inconnus : se mobiliser pour Dreyfus, 1897-1899, Privat, 2011.
Marie-Neige Coche, professeure d’histoire-géographie et d’enseignement moral et civique en lycée à Versailles, elle a co-édité avec Vincent Duclert les correspondances d’Alfred Dreyfus, Lucie Dreyfus Écrire, c’est résister. Correspondance (1894-1899) aux éditions Folio Histoire, 2019.
Pauline Peretz, maître de conférences en histoire contemporaine à Paris 8, chercheuse à l’Institut d’histoire du temps présent, et entre autres, l’auteure, avec Pierre Gervais et Pierre Stutin, du Dossier secret de l’Affaire Dreyfus, Alma, 2012.
Pierre Gervais, historien, spécialiste d’histoire économique et sociale américaine du 18e et 19e siècle et qui a également travaillé sur les questions archivistiques entourant l’Affaire Dreyfus, il est le co-auteur du Dossier secret de l’Affaire Dreyfus, Alma, 2012.

Archives :
Blanche Gardin lors de La cérémonie des Molières, sur France 2, le 29/05/2017
Extrait du feuilleton : « L’affaire Dreyfus » réalisation Solange Yanowska, diffusion décembre 1993 sur France Musique

Lectures :
Lecture par Yves Nayrolles d’une extrait de J’accuse par Émile Zola, édité chez Folio
Lecture par Camille André d’un extrait d’Écrire c’est résister, correspondances 1894-1899 de Lucie et Alfred Dreyfus, édité par Vincent Duclert et Marie-Neige Coche, publié chez Gallimard

Musiques :
Bande Originale de J’accuse par Alexandre Desplat
« Dreyfus » par Catherine Sauvage

Extraits de film : J’accuse de Roman Polanski


Le lieutenant-colonel Picquart au moment de l’affaire Dreyfus et des procès Zola.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Qui est le colonel Picquart ?

Répliques, 23 novembre 2019. Avec ses deux invités Christian Vigouroux, auteur de Georges Picquart, dreyfusard, proscrit, ministre. La justice par l’exactitude (2008) et Philippe Oriol, auteur de Le faux ami du capitaine Dreyfus : Picquart, l’affaire et ses mythes (2019), Alain Finkielkraut ouvre le débat sur le rôle du Colonel Marie-Georges Piquart dans la révision du procès du Colonel Alfred Dreyfus.

VOIR ICI.

Philippe Lançon

En 1983, j’avais 20 ans, je faisais des études de droit, et un livre, entre autres, m’avait impressionné : L’Affaire, de Jean-Denis Bredin. Je connaissais en gros le déroulé de l’affaire Dreyfus. Ce livre me l’exposa dans la plupart de ses dimensions, avec éloquence, suspense et précision. Je n’exagère pas si j’affirme qu’il m’a fait pour la première fois vivre de l’intérieur une injustice liée à la raison d’État, le courage de ceux qui l’avaient révélée, mais aussi le vieil antisémi­tisme de la société française. Après l’avoir fini, j’ai lu et relu « J’accuse... ! », l’article de Zola publié dans L’Aurore, puis les textes de Charles Péguy et de bien d’autres : un fil culturel était tiré. J’ai pris ce temps de lecture sur des études de droit qui, pour l’essentiel, m’ennuyaient. À cette époque, Edgar Degas commençait à me passionner. Son antidreyfusisme et son antisémitisme m’ont attristé. J’ai cherché à les comprendre en lisant, en les plaçant dans leur contexte, sans excès de vertu anachronique. Il ne me serait pas venu à l’idée de renoncer à voir ses œuvres à cause de ses opinions. Ce n’était pas l’idée que je me faisais de la faculté — de la liberté — de juger. J’ai vite compris qu’il fallait me démerder, tout seul, avec ça. J’ai du mal à juger les vivants, soit parce que je les connais, soit parce que je ne les connais pas ; j’en ai plus encore à juger les morts.
Trente-six ans plus tard, voici J’accuse, le film de Ro­man Polanski, 86 ans, des Érinyes autour du crâne et des procédures au cul. Ce n’est pas un grand film, mais c’est un bon film : sobre, bien fait, presque austère, un peu haché au montage, avec de splendides lumières essentiellement crépusculaires. Inspiré par un livre de l’Américain Robert Harris, qui en a écrit le scénario, il raconte l’affaire Dreyfus du point de vue de celui qui la fit exploser : le lieutenant-co­lonel Picquart. C’est un bon choix historique et dramatur­gique. Comme dans toute bonne tragédie, Picquart est le héros sur qui reposent les tensions et les contradictions ; celui qui, étant d’abord antisémite et viscéralement lié à l’armée, va peu à peu, douloureusement, fermement enquêter, com­prendre, changer. Il est l’homme clé de l’affaire Dreyfus, celui qui a pris les plus grands risques ; qui a affronté, seul, son destin face à une institution militaire, la sienne, muette et mensongère. Jean Dujardin l’incarne à merveille : sans fioritures, sans effet comique, sans second degré ; frontal et digne, presque muet. La marque d’un grand acteur est de faire oublier, en quelques plans, les rôles qui l’ont fait connaître. Il y a aussi, dans ce film, de nombreux comédiens de la Comédie-Française. Pourquoi ? Je n’en sais rien. J’y


Charlie Hebdo, 20 novembre 2019.
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Dessin de Riss, Charlie Hebdo, 20 novembre 2019.
ZOOM : cliquer sur l’image.

Signalons la publication par Riss de Une minute quarante-neuf secondes ; « récit intime et raisonné d’un événement tombé dans le domaine public : l’attaque terroriste contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 » (Actes Sud, 2019).

J’accuse : le parfum d’une leçon à l’ancienne signée Polanski

CRITIQUE - Dans une reconstitution très soignée, le réalisateur dresse le portrait du défenseur de Dreyfus qui se sauve de son antisémitisme à travers son combat pour la vérité.

Par Eric Neuhoff

Polanski joue aux soldats de plomb. L’affaire date de 1894. Le film aurait pu être tourné à la même époque, tant il est classique, sérieux, prévisible. Ce ne sont pas forcément des défauts. Le réalisateur a tout mis, comme un enfant qui remplit sa chambre de jouets. Son astuce consiste à centrer son propos non sur le capitaine accusé à tort, mais sur son défenseur le plus ardent, le colonel Picquart.

Dans la première séquence, Dreyfus est dégradé. La chose se déroule au son des tambours, devant l’état-major. Une pluie fine est tombée. Louis Garrel, presque méconnaissable, reste fier et stoïque. On le reverra assez peu. Il faut dire que c’est loin, l’île du Diable, où il passera les années suivantes. Accoudé au manteau de la cheminée, un vieil oncle nous raconte les faits en tirant sur sa pipe. On l’écoute sans oser l’interrompre, même si son discours ne quitte pas une seconde les sentiers balisés. Il pénètre dans les bureaux des ministères, a son banc dans les tribunaux. On lui reprochera de s’écouter un peu parler.

On a droit à un défilé de moustaches, un inventaire d’uniformes, une succession de garde-à-vous. Il ne manque pas un bouton à la garde-robe

Les militaires poussent sans arrêt des « Bon Dieu », des « Bonté divine ». Cela fait authentique. Les artisans du Faubourg Saint-Antoine agissaient ainsi pour confectionner leurs imitations de meubles anciens (le héros n’aurait pas été dupe de ces contrefaçons, lui qui au musée distingue faux et copie). Dujardin étonne. Il est digne, droit comme un menhir. Cela ne l’empêche pas d’être tourmenté. Il est, oui, antisémite, comme tout le monde. Son combat pour la vérité le sauve. Cela lui vaut néanmoins bien des ennuis. Sa maîtresse (Emmanuelle Seigner, vaguement hagarde en crinoline) le paiera cher aussi.

Le générique convoque autour d’eux la quasi-totalité de la Comédie-Française. Éric Ruf agonise en proférant des phrases définitives sur la décadence de la France. Apparemment, la syphilis encourageait le patriotisme. Grégory Gadebois est chafouin à souhait. Tous ces papiers à consulter, ces lettres à examiner. Mais puisqu’on vous dit, Picquart, que Dreyfus est coupable. Vous nous fatiguez, avec votre Esterhazy.

Les talons claquent. On ouvre des tas de portes, on parcourt de nombreux couloirs, on écarte des rideaux. Les spectateurs vigilants apercevront Polanski dans le public d’un concert. Il y a un duel. Les retours en arrière s’annoncent en fanfare. Les plans se terminent souvent par une cigarette qu’on écrase, une lèvre supérieure qui tremble d’énervement. On a droit à un défilé de moustaches, un inventaire d’uniformes, une succession de garde-à-vous. Il ne manque pas un bouton à la garde-robe. Zola se présente. Le fameux numéro de L’Aurore sort dans les kiosques. Il faut voir chacun des officiels lire en bougonnant le passage qui le concerne. Il y en a un qui roule le journal en boule.

Le procès a lieu. L’avocat Melvil Poupaud hurle au scandale. Garrel ne moufte pas. Dujardin devient de plus en plus minéral. Il finira ministre. Il aurait peut-être été judicieux de montrer davantage le séisme que représenta tout cela dans le pays (juste un bref autodafé). J’accuse est un solide bahut à l’ancienne. Même la poussière est émouvante. D’où cette image poudreuse, avec des références à des toiles de maître. Au bout de deux heures et quelques, nous ne sommes pas tellement plus avancés. Bonté divine !

lefigaro.fr/, 11 novembre 2019.


Manifestation devant le cinéma Le Champo le 12 novembre à l’occasion de la projection de J’accuse.
Christophe Archambault / AFP. ZOOM : cliquer sur l’image.

Flash back

En 2008, la réalisatrice Marina Zenovich tourne un documentaire Roman Polanski : Wanted and Desired.

Avec "Le Bal des vampires" et "Rosemary’s Baby", le jeune cinéaste polonais marqué par la guerre devient, à Hollywood, un réalisateur à qui tout réussit. Mais l’assassinat de son épouse Sharon Tate vient mettre un terme à sa fulgurante ascension. Après ce drame, Polanski se recontruit une nouvelle carrière jusqu’à ce qu’une accusation de viol sur mineure le pousse à fuir les Etats-Unis… "Roman Polanski : Wanted and Desired" propose une relecture complète de l’affaire tout en posant des questions, qui sont toujours d’actualité, sur les médias, sur le culte occidental de la célébrité et sur la machine judiciaire américaine.

« Passionnante enquête sur l’affaire Polanski et tous ses paradoxes… Ce documentaire sans jugement permet de mieux connaitre le personnage énigmatique qu’est Roman Polanski, un cinéaste à la fois "désiré" en Europe et "recherché" aux États-Unis. Ce documentaire d’une précision inédite, secoue l’actualité internationale et relance juridiquement et médiatiquement l’affaire. "Face au bruit et à la fureur de cette histoire à rebondissement, ce documentaire a eu pour principal dessein la recherche de l’exactitude des informations. Cette dimension, ni partisane ni manichéenne (Polanski y est dépeint dans sa complexité), distingue donc Roman Polanski : Wanted and Desired de la majorité des reportages, livres et articles proposés jusqu’à présent sur « l’affaire Polanski". » (Alexandre Tylski, Positif 2009) Marina Zenovich : "Je n’ai pas réalisé ce film pour faire l’apologie de Roman Polanski. J’ai tenu à explorer l’affaire en tant que telle, et montrer ce qui se passe quand les médias et l’opinion publique font leur apparition dans la salle de tribunal." » (Institut Louis Lumière, Lyon)

Interviews de Marina Zenovich

LIRE : "Roman Polanski : Wanted and Desired" : au cœur du procès Polanski (Le Monde, 30 décembre 2008)


Samantha Geimer, photographiée par Roman Polanski.
1977 Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Le 27 septembre 2009, la police suisse arrête le cinéaste Roman Polanski, sous le coup d’un mandat d’arrêt américain datant de 1978. L’AFP résume ainsi les faits : « Le réalisateur de Chinatown et Rosemary’s Baby a fui les Etats-Unis en 1978, après avoir plaidé coupable dans une affaire de mœurs. Il est accusé d’avoir eu une relation sexuelle avec une jeune fille de 13 ans [Samantha Geimer en 1977]. Polanski avait au départ fait l’objet de six chefs d’inculpation, et notamment de viol, pour avoir eu une relation sexuelle avec elle après lui avoir fait consommer du champagne et de la drogue. Il a rejeté l’accusation de viol mais a plaidé coupable de relation sexuelle avec une mineure, ce qui est passible de 20 ans de prison. S’il est extradé aux Etats-Unis, le cinéaste, âgé de 76 ans, pourrait finir sa vie en prison.
Polanski avait alors passé 47 jours en prison. Fin janvier 1978, au lendemain d’une réunion entre ses avocats et un juge lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu’il allait le renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l’Europe et avait élu domicile en France.
Le cinéaste a ensuite dénoncé les conditions du procès : en juin dernier, ses avocats ont plaidé pour obtenir l’abandon des charges pour détournement de mineure, dénonçant des vices de forme dans la procédure. Se fondant sur les éléments nouveaux mis au jour par un film documentaire réalisé par Marina Zenovich, Roman Polanski :
Wanted and Desired, ses avocats ont assuré que ce dossier "a été infecté depuis le début par des manquements à l’éthique professionnelle" de la part des magistrats. Mais l’absence de Polanski, qui aurait dû se constituer prisonnier pour comparaître, a certainement joué en sa défaveur.
La victime elle-même est favorable au classement de l’affaire. La jeune Samantha Geimer avait confié en 2003 au
Honolulu Star-Bulletin qu’elle avait accepté de poser pour des photographies que Roman Polanski allait prendre pour Vogue, rappelle l’agence BNOnews : "J’ai eu un peu peur à la fin [de la deuxième séance de photos], et j’ai compris qu’il avait d’autres intentions, (...) mais je ne savais pas comment m’en sortir". Elle a également accusé Polanski de lui avoir fait boire du champagne et de l’avoir droguée pour pouvoir abuser d’elle.
Son départ précipité pour la France, n’a pas empêché Roman Polanski de faire carrière. Sa consécration est assurément en 2002, au moment de la sortie du
Pianiste, qui a cumulé les récompenses : Palme d’Or à Cannes, il reçoit trois Oscars et sept César en 2003. Logiquement, il ne s’était pas présenté à Los Angeles en 2003 pour recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur décroché pour le Pianiste.
Le Festival du film de Zurich devait lui remettre dimanche soir un prix pour l’ensemble de son œuvre. Son arrestation a "choqué" les participants, selon les organisateurs, qui assurent que la rétrospective consacrée à ses œuvres est maintenue. De son côté, un représentant de la police cantonale a précisé que "l’arrestation de Roman Polanski s’est faite sur ordre de Berne" sans toutefois donner plus de précisions. »

Roman Polanski, de la Shoah au film Le Pianiste

Voici ce qu’écrit Philippe Sollers dans sa chronique du Journal du dimanche le 1er novembre 2009.


Le JDD, 1er novembre 2009.
ZOOM : cliquer sur l’image.

INQUISITION

A quoi pense Roman Polanski, dans sa cellule de prison en Suisse ? Au ciel, par-dessus le toit, si bleu, si calme. Il a 76 ans, il est très fatigué, il doit faire effort chaque matin, pour se souvenir des raisons de son enfermement, cette sombre histoire d’il y a plus de trente ans avec une jeune fille de 13 ans qui, aujourd’hui, a 45 ans et, mère de famille, prie qu’on la laisse tranquille et qu’on abandonne les poursuites contre son séducteur.
Lui, Polanski, a du mal à évoquer la confusion de ce vieil épisode de dérèglement. Avait-il bu ? Était-il drogué ? Sans doute, mais enfin il a commis un crime abominable pour lequel ni les États-Unis ni la Suisse ne connaissent de prescription. Était-il le jouet de pulsions démoniaques ? C’est possible, comme le prouve son chef-d’oeuvre diabolique Rosemary’s Baby. Il s’est moqué du Diable, la vengeance de toutes les sectes sataniques le poursuit.
Ce qui l’étonne le plus (ou pas vraiment), ce sont les flots de condamnations qui l’accablent, sur le Net ou à travers les blogs. Des légions de procureurs indignés ou de mères de famille de province lui font savoir l’horreur qu’il inspire à l’humanité. La Suisse, surtout, se démène au nom de sa pureté sexuelle et bancaire. Va-t-il être extradé ? Être encore en prison jusqu’à 78 ans, ou plus ? Un juge américain l’exige, soulignant que la loi doit être la même pour tous.
Pourtant, ce juge vertueux (comme Ernest Pinard faisant condamner, autrefois, Les Fleurs du mal de Baudelaire) ne peut pas s’empêcher de penser sans cesse au forfait monstrueux de Polanski. Il en rêve, il veut avoir sous la main, pour mieux l’observer, ce pervers européen, genre Nabokov avec sa Lolita légendaire. Qu’on boucle enfin ce juif polonais qui a échappé aux nazis ! Il a osé réaliser ce dont tout magistrat voudrait, en douce, être capable de faire.
A quoi pense le gentil Frédéric Mitterrand dans la nuit de son ministère de la Culture ? Probablement à l’abîme qui sépare les religieux pèlerinages de son oncle à la roche de Solutré et ses propres embardées dans les bordels de Thaïlande. Il s’est ému que l’on fasse soudain payer sa mauvaise vie à un grand cinéaste, il a été imprudent, il n’a pas évalué que l’époque, de droite à gauche, était devenue rigoureusement morale et inquisitoriale. Mais quoi, le président Sarkozy le sauve, pendant que François Mitterrand, dans l’au-delà, fait la moue.

Repris dans Littérature et politique, Flammarion, 2014, p. 640-641.

En septembre 2009, Bernard-Henri Lévy prend l’initiative d’une pétition en faveur de Polanski. Parmi les signataires : Agnès Varda, Jean-Luc Godard, Nadine Trintignant et Bertrand Tavernier. Elle sera relancée au moment du festival de Cannes 2010.

LIRE AUSSI :
BHL, Pourquoi je défends Polanski (Le Point, 15 octobre 2009)
BHL, Pour Roman Polanski (Le Point, le 29 octobre 2009)
BHL : « Cette incarcération était, reste, une honte. » (La règle du jeu, 26 décembre 2009)
BHL, Pourquoi il faut défendre, plus que jamais, Roman Polanski. (Le Point, 27 mai 2010)

La Suisse refusera finalement l’extradition. Polanski sera rendu libre de ses mouvements en juillet 2010. Toujours considéré par Interpol comme un fugitif, il ne peut circuler librement que dans trois pays : la France, la Pologne et la Suisse.


Samantha Geimer, La fille. 2013 Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

Rappelons les propos tenus en 2013 par Samantha Geimer : « Ma mésaventure avec Polanski ne m’a pas traumatisée, ni mentalement, ni physiquement. » « Les médias m’ont fait vivre un enfer. » « Je n’ai pas de rancœur envers lui, ni aucune sympathie non plus. C’est un étranger pour moi. La médiatisation autour de tout cela a été si traumatisante que ce qu’il m’a fait semble pâlir en comparaison. » « Je lui ai pardonné pour moi, pas pour lui. Et tant pis si je ne suis pas la victime idéale, celles que veulent voir les médias ou le procureur. »
En septembre 2019, lorsque Polanski a obtenu le Lion d’argent à la Mostra de Venise pour son film J’accuse, Samantha Geimer a tweeté : « À tous ceux qui m’insultent, me dénigrent et se servent de moi, qui tweetent au sujet de mon viol comme s’il s’agissait de pornographie, excités par l’usage de mots vulgaires, excités par leur propre haine. Félicitations, Roman. Je me désole pour nous deux que la corruption qui règne au sein de la cour de justice de Los Angeles semble ne jamais devoir prendre fin. »
On a parlé à propos de Samantha Geimer de « syndrome de Stockholm ». Soit. Je ne suis pas psychiatre (dieu merci) et me garderai bien du moindre diagnostic.

LIRE AUSSI :
Les révélations de Samantha Geimer, la victime de Polanski (Elle, 2013))
Les confidences de Samantha Geimer, la victime de Roman Polanski (Figaro Madame, 18 janvier 2013)

Samantha Geimer est quand même une femme étrange : en janvier 2018, elle ira jusqu’à écrire une tribune dans le journal Le Monde pour expliquer les raisons de sa réticence à l’égard du mouvement #metoo et de son soutien à la tribune Des femmes libèrent une autre parole cosignée par Catherine Deneuve. LIRE : « Toute cette haine, cette revanche, ne guériront pas les femmes » (Le Monde, 22 janvier 2018)


Roman par Polanski

RTS - Radio Télévision Suisse
Pardonnez-moi (c’est le titre de l’émission) : Darius Rochebin reçoit Roman Polanski après la sortie de La Vénus à la fourrure (2013).

Retour sur son autobiographie "Roman par Polanski" (2016).

Leçon de cinéma de Roman Polanski

Arte, La cinémathèque française. Rencontres animées par Frédéric Bonnaud (2016 et 2017).

Réflexions sur la technique.

Réflexions sur l’oeuvre (jusqu’au projet de film sur l’affaire Dreyfus).

Polanski par Polanski : une leçon de cinéma (2017)La Cinémathèque française on Vimeo.

La Vénus à la Fourrure présenté par Jean Douchet

Le critique Jean Douchet est mort le 22 novembre 2019 à l’âge de 90 ans [7]. Il a formé des milliers de cinéphiles à la découverte 7ème art (ayant eu la chance de le rencontrer dès 1967, j’en fis partie, avant de le faire venir à Reims animer, pendant de longs week-ends, des stages sur Hitchcock, Godard, Lang ou Bunuel). La cinémathèque lui a rendu hommage le 25 novembre. Le voici, en 2016, présentant le film de Polanski La Vénus à la fourrure, adapté du livre de Sader-Masoch.


[1Il arrive que les termes du débat soient intelligemment posés. Cf. #Metoo dans le cinéma : faut-il boycotter Polanski ?.

[3Polanski est membre de l’Académie des Beaux-Arts.

[4Et le cinéma ? Guy Debord : « Les tromperies dominantes de l’époque sont en passe de faire oublier que la vérité peut se voir aussi dans les images. » Panégyrique, tome 2.

[5On s’inquiète d’entendre une enseignante de l’Université qui a aimé le film déclarer qu’elle ne conseillera pas à ses étudiants d’aller le voir en raison du fait que, devant sa salle, est placardée une affiche disant : « Polanski partout. Justice nulle part ».

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8 Messages

  • Albert Gauvin | 3 décembre 2019 - 23:45 1

    Polanski, l’affaire Dreyfus et le « Contre Sainte-Beuve »

    par Bernard-Henri Lévy, 2 décembre 2019.

    Voilà pourquoi il faut, contre tous les sainte-beuvismes, et toutes affaires cessantes, courir voir « J’accuse » de Roman Polanski.


    Scène du film.
    ZOOM : cliquer sur l’image.

    Et si on parlait de Polanski ?
    Mais, vraiment, de Polanski.
    Pas l’affaire de viol sur mineure jugée il y a quarante-deux ans et pour laquelle il a purgé une peine de quarante-sept jours d’incarcération dans le pénitencier de Chino, près de Los Angeles.

    Pas non plus cette nouvelle affaire dont la victime présumée a surgi alors que l’éventuel délit est prescrit depuis vingt-deux ans et ne peut plus faire l’objet de ce débat contradictoire sans lequel il n’y a pas de justice possible (Roman Polanski, du coup, reste présumé innocent de ce crime-ci).

    Et encore moins cet éternel débat sur les rapports de l’homme et de l’œuvre dont les termes ont été posés, il y a un peu plus d’un siècle, dans son « Contre Sainte-Beuve », par un certain Marcel Proust (de deux choses l’une, établit ce texte qui n’a, à mon sens, pas pris une ride : ou bien on accorde un minimum de crédit à l’hypothèse d’un second moi, relativement étranger au moi social de l’artiste et générant son œuvre – ou bien on brûle Aragon, Céline, Brecht, Marx, le marquis de Sade et, donc, Polanski).

    Non.

    Je veux parler de l’autre Polanski, celui de « Rosemary’s Baby », du « Bal des vampires », de « Ghost Writer » et, aujourd’hui, de ce nouveau film, « J’accuse », qu’il consacre à l’affaire Dreyfus et que j’ai fini par voir au retour d’un reportage.

    Si j’avais une objection, elle concernerait le traitement du personnage de Dreyfus lui-même, en demi-teinte, falot, écrasé par son destin, peu sympathique : comme si le cinéaste, en adoptant le point de vue de Picquart, prenait pour argent comptant la légende, créée par Clemenceau (« Picquart est un héros, Dreyfus est une victime »), par Blum (si Dreyfus n’avait pas été Dreyfus, « eût-il même été dreyfusard ? ») ou par Péguy (Dreyfus, ce piètre « résident » de la grande « Idée » dreyfusarde), d’un Dreyfus antihéros, décevant, pas à la hauteur de sa cause.

    En sorte que je reste sur ma faim, pour ma part, d’un autre film : le Dreyfus de chair et de sang-froid, le Dreyfus au tempérament d’acier qui a tenu bon à l’île du Diable et n’a accepté sa grâce que pour se battre aussitôt, sans rien céder ni lâcher, pour sa réhabilitation – et le Dreyfus dont on ne dit pas assez qu’après cela, dans les années qui ont suivi l’Affaire, il a été de maints combats de la Ligue des droits de l’homme naissante – ici, pour tel docker français injustement condamné à mort ; là, pour le soldat Emile Rousset, iniquement jugé par un conseil de guerre en Algérie ; ou, là encore, pour les anarchistes américains Sacco et Vanzetti envoyés à la chaise électrique…

    Mais, cette réserve faite, admirable est la peinture, dans ce « J’accuse », d’un appareil militaire cambré sur son erreur judiciaire et la confortant à coups de faux grossiers : l’ancêtre des fake news

    Admirable, la description d’une France puant l’antisémitisme, rongée par son venin comme le colonel Sandherr par la vérole et hurlant sa haine des juifs, aux marches des palais de justice comme dans la presse, avec une hystérie tranquille et glacée : la France moisie, disait Philippe Sollers ; l’Idéologie française, disais-je moi-même…

    Admirable et, tout à coup, tellement parlante la scène où l’on voit, à Paris, un autodafé de L’Aurore où vient de paraître le « J’accuse… ! » de Zola ainsi qu’une attaque contre une boutique que l’on caillasse et tague d’un « Mort aux Juifs » assassin : on n’est plus dans la France de 1906, mais à Berlin, en 1938, en pleine Nuit de cristal – et l’on ne saurait mieux dire l’onde de choc de l’Affaire, la façon dont elle ouvre le XXe siècle, sa dimension transhistorique.

    Admirable encore, pour parler comme Péguy, la restitution d’un climat de guerre civile et intime où les familles se brisent « comme de la paille », où l’on se sépare d’un frère ou d’un ami comme on « s’amputerait » d’un bras et où chacun, à gauche comme à droite, chez les socialistes non moins que chez les nationalistes, entre en guerre contre soi-même.

    Et admirable, bien sûr, le portrait de Marie-Georges Picquart, ce colonel qui, devenu patron du contre-espionnage français, fut le premier à comprendre que l’auteur du fameux bordereau d’où est partie l’Affaire n’était pas Dreyfus mais Esterhazy. Comment ce soldat, parti d’une certaine idée de l’armée et de la conviction que pareille erreur judiciaire entacherait à jamais son honneur, finit-il par embrasser la cause de la vérité et de la justice ? Par quel cheminement cet antisémite de peau, comme disaient alors les maurrassiens, en vint-il à cette rencontre avec Joseph Reinach, Mathieu Dreyfus, Emile Zola, autrement dit les tenants du « parti juif », qui est le tournant du film et fait de lui le premier lanceur d’alerte de l’histoire de France ? Et au terme de quel travail intérieur cet officier, superbement incarné par Jean Dujardin, en arrive-t-il, à la fin, lors de son duel à l’épée avec le criminel de bureau Henry, à cette réparation symbolique de l’autre épée : celle du capitaine dégradé, qu’il avait, comme tous ses collègues, dans le panoramique d’ouverture du film, vu briser sans état d’âme ? C’est tout le sujet du film. Et tout cela, oui, est admirable.

    Emmanuel Levinas racontait comment il a décidé de venir vivre en France le jour où, du fond de sa Lituanie natale, il a compris qu’il y avait, là-bas, très loin, un drôle de pays dont la moitié hurlait sa haine d’un petit capitaine juif innocent mais dont l’autre moitié œuvrait à sa réhabilitation comme s’il y allait, pour chacun, de son propre salut. Eh bien, voilà ce que montre « J’accuse » et c’est pour cela qu’il faut, contre tous les sainte-beuvismes, et toutes affaires cessantes, courir le voir.

    La règle du jeu


  • Albert Gauvin | 27 novembre 2019 - 22:10 2

    Le critique Jean Douchet est mort le 22 novembre 2019 à l’âge de 90 ans. Il a formé des milliers de cinéphiles à la découverte 7ème art (ayant eu la chance de le rencontrer dès 1967, j’en fis partie avant de le faire venir à Reims animer, pendant de longs week-ends, des stages sur Hitchcock, Godard, Lang ou Bunuel). La cinémathèque lui a rendu hommage le 25 novembre. Le voici, en 2016, présentant le film de Polanski La Vénus à la Fourrure, adapté du livre de Sader-Masoch.


  • anonyme | 26 novembre 2019 - 16:12 3

    cf. commentaire de 14h 52.- Le thème des puissants... et donc coupables (qui n’est pas sans rappeler la sinistre affaire du notaire du Bruay-en-Artois) amène aussi à s’interroger sur la notion de puissants. Assurément Polanski était l’un d’eux, au moment de l’affaire qui lui a valu d’être condamné. Mais, n’en déplaise à un soi-disant féminisme : les PUISSANTS ont été ensuite... ces juges américains qui se voyaient déjà... le rejuger l’envoyer en prison le reste de ses jours comme ils en avaient le POUVOIR.
    Même si ces dames, voire des messieurs qui leur emboîtent le pas, sont incapables de l’entendre : en faussant compagnie à cette Cour des miracles Polanski a fait ce que le simple bon sens dictait.


  • Albert Gauvin | 26 novembre 2019 - 14:52 4

    Des justiciers auto-proclamés usent d’une violence illégitime par Renée Fregosi.

    D’aucuns appellent au boycott du film J’accuse de Roman Polanski. Ces justiciers modernes conspuent des puissants par définition agresseurs corrompus, licencieux et pervers, au nom du peuple et de victimes qui auraient forcément raison. LIRE ICI pdf .


  • Albert Gauvin | 26 novembre 2019 - 12:39 5

    Dans son dernier film, Roman Polanski replonge dans l’Affaire Dreyfus (1894-1906), un moment phare de l’histoire de France. Le spectateur mène l’enquête pour le rétablissement de la vérité aux côtés du lieutenant-colonel Picquart, interprété par Jean Dujardin. Les critiques du Masque saluent unanimement le film.

    France Inter, 25-11-19


  • Pierre Vermeersch | 24 novembre 2019 - 20:06 6

    Dans son dessin Riss a fait une interprétation psychanalytique.
    Quel en sera l’effet ?


  • luc nemeth | 23 novembre 2019 - 15:56 7

    Bonjour.
    Les chercheurs ne font pas toujours de... "bons spectateurs", car ils cèdent volontiers à la tentation de comparer ce qui est montré à l’écran avec ce qu’ils-ou-elles croient savoir de la réalité, mais c’est à la fois en tant que chercheur et spectateur que je n’ai pu que dire du bien de ce film, dans une note maintenant affichée sur le web
    Cordialement

    Voir en ligne : J’accuse, un film qui fait oeuvre utile


  • Albert Gauvin | 23 novembre 2019 - 11:53 8

    Qui est le colonel Picquart ?

    Répliques, 23 novembre 2019. Avec ses deux invités Christian Vigouroux, auteur de Georges Picquart, dreyfusard, proscrit, ministre. La justice par l’exactitude (2008) et Philippe Oriol, auteur de Le faux ami du capitaine Dreyfus : Picquart, l’affaire et ses mythes (2019), Alain Finkielkraut ouvre le débat sur le rôle du Colonel Marie-Georges Piquart dans la révision du procès du Colonel Alfred Dreyfus. VOIR ICI.