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Lettre du Cardinal Ravasi (Vatican), à Philippe Sollers

L’Ecole du Mystère

D 26 juillet 2018     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Voici une nouvelle pièce à porter au dossier de « Philippe Sollers et la religion » : une lettre qui lui est adressée par le Cardinal Ravasi à l’en-tête : « Pontificium Consilium de Cultura » (Conseil Pontifical pour la Culture), un organisme de la Curie romaine et le cardinal Ravasi n’en est rien moins que le président, depuis 2007.

Autrement dit, le ministre de la Culture du pape écrit à Philippe Sollers ! De quoi alimenter les polémiques sur le thème « Sollers papiste » ce qui ne serait pas une injure pour lui et il en ferait plutôt un motif de fierté, habitué qu’il est à manier la rhétorique de retournement, avec aisance et jubilation.


LA LETTRE DU CARDINAL RAVASI

La lettre originale

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Le document original intégral (pdf) ICI

A propos de Gianfranco Ravasi

Gianfranco Ravasi est un cardinal italien né en 1942. En 2007, Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical pour la culture ainsi que président des commissions pontificales pour le patrimoine culturel de l’Église et pour l’archéologie sacrée, et à ce titre grand organisateur du « Parvis des gentils. ».
Signe de l’ouverture d’esprit de ce cardinal, en mars 2017, le Conseil pontifical de la culture s’est doté d’un Conseil consultatif composé uniquement de femmes. Une composition qui permettra, selon le cardinal Gianfranco Ravasi, "d’enrichir l’Eglise d’une contribution féminine". Dans ce milieu réputé si fermé aux femmes, c’est dire la personnalité de cet homme d’église qui multiplie les positions courageuses et novatrices. Qui dit mieux dans le domaine laïque ? Un grand ministre de la Culture de l’Eglise.
Devise épiscopale : « Prædica verbum » (« Proclame la parole »)

La traduction de Gabriella Bosco

Nous avons demandé à Gabriella Bosco de traduire cette lettre. Bien que sa langue maternelle soit l’italien, elle possède si bien notre langue et son cursus francophone est tel que ceci ne devait pas être un obstacle, malgré ses objections, et parce que c’était pour Philippe Sollers, elle a accepté. Nous l’en remercions.

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L’intégrale de la traduction (pdf) ICI

A propos de Gabriella Bosco

Gabriella Bosco est professeur titulaire de Littérature française à l’Université de Turin,
Traductrice officielle des œuvres de Philippe Forest en italien (Traductrice aussi de Vercors, IIonesco Beckett…). Codirige le magazine « Studi Francesi », revue franco-italienne qui publie en français et en italien mais dont le titre est en italien, écrit sur la littérature pour « la Stampa », Tuttolibri et diverses autres publications. A publié en 2018, un ouvrage sur Proust « Proust e gli altri » :
Voir ICI.

Nous l’avons rencontrée sur pileface alors qu’elle servait de guide à Turin pour Sollers qui s’intéressait alors au « suaire de Turin » :
Voir ICI.

LE CONTEXTE

Au cœur de cette lettre, le visionnage par le cardinal Ravasi, de la vidéo « Philippe Sollers, L’Ecole du Mystère » réalisée par Galabov et Sophie Zang, les assistants respectivement vidéaste et photographe de Philippe Sollers, le réalisateur, non nommé et omniprésent étant, bien sûr, Philippe Sollers, qui a choisi là d’illustrer son livre l’Ecole du Mystère, en filmant, une célébration de messe par le pape François, et plus précisément le moment central de l’Elévation avec la transsubstantiation, du pain -l’hostie – et du vin - Le pain devenant corps, le vin devenant sang - avec en commentaire la lecture du début de son livre, ce « Mystère de la foi », « qui est l’infilmable même - et que je propose tout de même de filmer ! » dit Sollers[http://www.gallimard.fr/Media/Gallimard/Entretien-ecrit/Entretien-Philippe-Sollers.-L-Ecole-du-Mystere].
Le premier chapitre de L’Ecole du Mystère s’intitule d’ailleurs « Messe » et ce sont des extraits de ce texte que Sollers lit en voix off sur les images du film visionné par le cardinal Ravasi. La voix de Sollers et son débit lent, transcendent ce texte : le couple images + voix crée un mélange détonant qui participe du mystère évoqué, auquel viendra vite s’ajouter une troisième composante, la musique de Handel, Dixit dominus.

L’esprit du 7 janvier : le film

Philippe Sollers lit L’École du Mystère, le 7 janvier 2015 dans l’après-midi, après les attentats de Paris.

Philippe Sollers L’École du Mystère
Gallimard , 2015
L’École du Mystère

MESSE ( Le premier chapitre du livre)

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu célébrer la messe. Pas en « enfant de chœur », non, mais en acteur principal, avec le moment-clé de l’élévation. D’abord, la transsubtantiation : un rond de pain blanc, après imposition des mains et prononciation des paroles sacramentelles, devient réellement un corps ressuscité et vivant. On le montre au public qui est là, une foule ou presque personne, peu importe. « En mémoire de moi » : dernier banquet avant l’épreuve de la traversée mortelle. Du même mouvement, dans un ciboire d’or, ce vin blanc se transforme en sang. On passe du jaune au rouge, on brandit ce miracle incompréhensible et scandaleux, on le boit, on s’agenouille, on se relève, et là, selon le pays où on se trouve, on psalmodie : « Mystère de la foi. » « Mistero della fede », en italien, est plus musical. Même chose pour les prières : « fra le donne » est plus convaincant que « entre toutes les femmes », et « frutto del tuo seno », beaucoup plus fruité que « fruit de vos entrailles ». Qui a envie de naître dans des « entrailles » ? Personne. Alors que se retrouver dans un sein, c’est bien. Évidemment, il y a le latin, et, à partir de là, vous pouvez vous procurer des volumes entiers à travers les siècles. Ai-je été bon, en latin, à partir de l’âge de 10ans ? Je crois. Mais c’est déjà le moment où le mystère de la foi m’abandonne. En revanche, le « noir mystère » dont parle Baudelaire dans une des pièces condamnées desFleurs du mal(« je fus, dès l’enfance, admis au noir mystère ») m’appelle, me retient. […] « Cogito, ergo sum », voilà un autre mystère. D’où vient la pensée ? Pourquoi est-elle si rapide ? Dieu enveloppe-t-il la Nature, ou bien est-ce le contraire ? Pas de doute : je respire, je suis, je pense, je sens, je dors, je rêve. Tous les phénomènes participent à une grande Messe chiffrée, et je me transforme soudain en mémoire. Un jour, je lis cette formule de Mallarmé : « Il peut avancer parce qu’il va dans le mystère. » Est-ce que j’avance ? On dirait.

Il m’arrive encore, en Italie, d’assister à des messes : le matin, très tôt, quatre vieilles femmes, deux types jeunes très mystérieux, une jeune fille pas du tout mystérieuse. J’aime entendre le prêtre, plus ou moins concentré ou soucieux, dire : « Mistero della fede. » La « fede », la foi, la « Santa Fede », me fait penser aux « Fedeli d’Amore », les « Fidèles d’Amour ». Encore une société secrète médiévale, celle de Dante, interrogé sur la foi par saint Pierre en personne, au chant XXIV du Paradis : « La foi, substance des choses espérées et argument des choses invisibles. » « C’est là le principe, c’est là l’étincelle, qui se dilate ensuite en flamme vive et scintille en moi comme étoile au ciel. » Cette « flamme » et cet « argument » me plaisent. Je les sens vivement en moi.
[…]

Mais il s’agit aussi de « L’École du Mystère », secte taoïste très peu connue, mais dont certains prétendent qu’elle existe encore, après deux millénaires. Est-ce elle qui prétend que « les qualités d’un imbécile valent mieux que les défauts d’un homme intelligent » ? Elle donne en tout cas ce consei l : « Tenez l’Un pour contrôler les choses, et votre nombre grandira, même si vous n’êtes que quelques-uns. » Après tout, le fondateur de ce qu’on s’obstine à appeler « le christianisme » n’a pas agi autrement. Treize disciples au début, un traître à point nommé, douze propagandistes plus ou moins inspirés, un refondateur énergique qui n’arrête pas d’écrire des lettres : on a vu la suite.

Filmer la messe, un projet qui habite Sollers depuis longtemps

J’ai proposé une fois, à un ponte du Spectacle (télé, cinéma), de réaliser un film de 52minutes, petit budget vite bouclé, sur une centaine de messes catholiques célébrées à travers le monde. Je lui ai expliqué le truc : le rond noir de la caméra fixe le rond blanc de l’hostie au moment de l’élévation. On passe à l’or du ciboire, on filme l’infilmable, on écoute dans toutes les langues « Mystère de la foi ». La séquence se déroule sur tous les continents en partant de Rome, tantôt dans le super-luxe, tantôt dans le dénuement extrême ou la clandestinité. Il fait chaud, il fait froid, il neige, on va d’une architecture classique à une cabane ou une cave, sans parler d’une tente dans le désert. On entend des bombardements, des cris lointains, le vent dans le sable. L’officiant n’est jamais le même, mais c’est le même. Il est mondial dans toutes les ethnies et dans toutes les nationalités. Il tend les bras, en montrant le blanc et l’or, s’agenouille, se relève, parle ou chuchote. Quelle beauté ! On déjeunait ensemble, le ponte et moi, j’ai attendu le café. Là, il a failli tomber de sa chaise. Il m’a regardé comme si j’étais fou. Je n’ai pas eu le temps de lui parler de l’accompagnement musical sacré, des phrases en latin, en italien, en français, en chinois, en allemand, en anglais, en espagnol, en portugais. Il a eu un sourire indulgent, un peu crispé quand même. Il a changé de sujet sans répondre, malgré mon insistance sur l’économie des moyens : trois caméras, des zooms, le pain devenant corps, le vin sang, ce qu’on ne peut pas voir. Il a peut-être cru à une plaisanterie. Comme si c’était mon genre.


Philippe Sollers
L’Ecole du Mystère

Nota : L’Ecole du Mystère aborde d’autres thèmes que la messe et le mystère de la foi :
D’autres extraits et citations ICI.

Sollers : Pourquoi je suis catholique

(extrait de « Pourquoi je suis catholique »,
entretien avec Aurélie Godefroy et Frédéric Lenoir.

Le Monde des Religions, mai-juin 2006, n°17)


…En Italie, pas en France. Le catholicisme français me donne un sentiment de malaise […] En revanche, dès que je suis en Italie, cette religion m’absorbe de partout.

Qu’est-ce qui vous touche tant dans la liturgie ?

Si la liturgie et l’atmosphère qui règne dans les églises sont si importantes pour moi c’est que l’esthétique joue un rôle capital dans cette religion. Dans notre culture, la peinture, la sculpture, la musique sont d’origine catholique. J’ai besoin de ces révélations physiques, sensuelles, corporelles. C’est pour cette raison que les autres religions ne pourraient pas me convenir : elles n’offrent pas un tel choix esthétique. Je suis, par exemple, très content de savoir qu’un pape allemand [Benoît XVI] joue du Mozart, presque chaque jour, pour se délasser.

Pourquoi je suis catholique. Plus ICI

Sollers et le concile de Rome en 382

Julia Kristeva aux Journées d’Assise 2011

Julia Kristeva, invitée par la cardinal Ravasi, aux journées inter-religieuses d’Assise (octobre 2011)


Benoit XVI, cardinal Ravasi, Julia Kristeva, Assise, 2011

Je vous remercie de l’honneur que vous me faites en m’invitant à m’exprimer devant cette prestigieuse assemblée au nom des humanistes.

Qu’est-ce que l’humanisme ? Un grand point d’interrogation à l’endroit du plus grand sérieux ? C’est dans la tradition européenne, grecque-juive-chrétienne, que s’est produit cet événement qui ne cesse de promettre, de décevoir et de se refonder.

[…]

De cet humanisme chrétien, compris comme un « outrepassement » de l’humain dans l’accouplement des désirs et du sens par le langage, s’il est un langage d’amour, l’humanisme sécularisé est l’héritier souvent inconscient. Et il s’en sépare en affinant ses logiques propres dont j’aimerais esquisser Dix principes. Qui ne sont pas 10 commandements, mais 10 invitations à penser des passerelles entre nous.

1. L’humanisme du XXI siècle n’est pas un théomorphisme. L’Homme Majuscule n’existe pas. Ni « valeur » ni « fin » supérieures, aucun atterrissage du divin d’après les actes les plus hauts de certains hommes qu’on appelle des « génies » depuis la Renaissance. Après la Shoah et le Goulag, l’humanisme a le devoir de rappeler aux hommes et aux femmes que si nous nous estimons les seuls législateurs, c’est uniquement par la mise en question continue de notre situation personnelle, historique et sociale que nous pouvons décider de la société et de l’histoire. Aujourd’hui, loin de démondialiser, une nouvelle réglementation internationale est nécessaire à inventer pour réguler et maîtriser la finance et l’économie mondialisée et créer à terme une gouvernance mondiale éthique universelle et solidaire.

2. Processus de refondation permanente, l’humanisme ne se développe que par des ruptures qui sont des innovations ( le terme biblique hiddouch signifie inauguration-innovation-rénovation ; enkainosis et anakainosis ; novatio et renovatio). Connaître intimement l’héritage grec-juif-chérien, le mettre en examen approfondi, transvaluer( Nietzsche) la tradition : il n’y a pas d’autre moyen de combattre l’ignorance et la censure, et de faciliter ainsi la cohabitation des mémoires culturelles construites au cours de l’histoire.

3. Enfant de la culture européenne, l’humanisme est la rencontre des différences culturelles favorisée par la globalisation et la numérisation. L’humanisme respecte, traduit et réévalue les variantes des besoins de croire et des désirs de savoir qui sont des universaux de toutes les civilisations.

4. Humanistes, « nous ne sommes pas des anges, nous avons un corps ». Sainte Thérèse d’Avila s’exprime ainsi au XVIIe siècle, inaugurant l’âge baroque qui n’est pas une Contre-Réforme, mais une Révolution baroque amorçant le siècle des Lumières. Mais le libre désir est un désir à mort. Et il fallait attendre la psychanalyse, pour recueillir dans la seule et ultime réglementation du langage cette liberté des désirs que l’humanisme ne censure ni ne flatte mais se propose d’élucider, d’accompagner et de sublimer.

5. L’humanisme est un féminisme. La libération des désirs devait conduire à l’émancipation des femmes. Après les philosophes des Lumières qui ont ouvert la voie, les femmes de la Révolution françaises l’ont exigée avec Théroigne de Méricourt, Olympe de Gouge, jusqu’à Flora Tristan, Louise Michel et Simone de Beauvoir, accompagnées par les luttes des suffragettes anglaises et je n’oublie pas les chinoises dès la Révolution bourgeoise de 4 mai 1919. Les combats pour une parité économique, juridique et politique nécessitent une nouvelle réflexion sur le choix et la responsabilité de la maternité. La sécularisation est encore la seule civilisation qui manque de discours sur le maternel. Le lien passionnel entre la mère et l’enfant, ce premier autre, aurore de l’amour et de l’hominisation, ce lien où la continuité biologique devient sens, altérité et parole, est une reliance. Différente de la religiosité comme de la fonction paternelle, la reliance maternelle les complète et participe à part entière de l’éthique humaniste.

6. Humanistes, c’est par la singularité partageable de l’expérience intérieure que nous pouvons combattre cette nouvelle banalité du mal qu’est l’automatisation en cours de l’espèce humaine. Parce que nous sommes des êtres parlant, écrivant, dessinant, peignant musiquant, jouant, calculant, imaginant, pensant, nous ne sommes pas condamnés à devenir des « éléments de langage » dans l’hyperconnection accélérée. L’infini des capacités de représentation est notre habitat, profondeur et délivrance, notre liberté.

7. Mais le Babel des langages génère aussi chaos et désordres, que l’humanisme ne régulera jamais par la seule écoute attentive prêtée aux langages des autres. Le moment est venu de reprendre les codes moraux immémoriaux : sans les affaiblir, pour les problématiser, en les à rénovant au regard des nouvelles singularités. Loin d’être de purs archaïsmes, les interdits et les limites sont des garde-fous qu’on ne saurait ignorer sans supprimer la mémoire qui constitue le pacte des humains entre eux et avec la planète, les planètes. L’histoire n’est pas du passé : la Bible, les Evangiles, le Coran, le Rigveda, le Tao nous habitent au présent. Il est utopique de créer de nouveaux mythes collectifs, il ne suffit pas non plus d’interpréter les anciens. Il nous revient de les réécrire, repenser, revivre : dans les langages de la modernité.

8. Il n’ y a plus d’Univers, la recherche scientifique découvre et ne cesse de sonder le Multivers. Multiplicité des cultures, des religions, des goûts et des créations. Multiplicités des espaces cosmiques, des matières et des énergies cohabitant avec le vide, composant avec le vide. N’ayez pas peur d’être mortels. Capable de penser le multivers, l’humanisme est confronté à une tâche épochale : inscrire la mortalité dans le multivers du vivant et du cosmos.

9. Qui le pourra ? L’humanisme, parce qu’il soigne. Le souci (cura) amoureux d’autrui, le soin écologique de la terre, l’éducation des jeunes, l’accompagnement des malades, des handicapés, des vieillissants, des dépendants n’arrêtent ni la course en avant des sciences ni l’explosion de l’argent virtuel ? L’humanisme ne sera pas un régulateur du libéralisme, qu’il se ferait fort de transformer sans à-coups apocalyptiques ni lendemains qui chantent. En prenant son temps, en créant une proximité nouvelle et des solidarités élémentaires, l’humanisme accompagnera la révolution anthropologique qu’annoncent déjà aussi bien la biologie émancipant les femmes , que le laisser-aller de la technique et de la finance, et l’impuissance du modèle démocratique pyramidal à canaliser les innovations.

10. L’homme ne fait pas l’histoire, mais l’histoire c’est nous. Pour la première fois, Homo Sapiens est capable de détruire la terre e soi-même au nom de ses religions, croyances ou idéologies. Pour la première fois aussi les hommes et les femmes sont capables de réévaluer en toute transparence la religiosité constitutive de l’être humain. La rencontre de nos diversités ici, à Assise, témoigne que l’hypothèse de la destruction n’est pas la seule possible. Personne ne sait quels humains succèderont à nous qui sommes engagés dans cette transvaluation anthropologique et cosmique sans précédent. Ni dogme providentiel, ni jeu de l’esprit, la refondation de l’humanisme est un pari.

L’ère du soupçon ne suffit plus. Face aux crises et menaces aggravées, voici venu l’ère du pari. Osons parier sur le renouvellement continu des capacités des hommes et des femmes à croire et à savoir ensemble. Pour que, dans le multivers bordé de vide, l’humanité puisse poursuivre longtemps son destin créatif.

JULIA KRISTEVA

Plus ICI : http://www.kristeva.fr/assise2011.html

Le cardinal Ravasi honoré par l’Université de Bologne

Le 21 juin 2018, le cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil Pontifical pour la Culture, a reçu un diplôme honoris causa en philologie, littérature et tradition classique de l’Université de Bologne. Dans son discours, il a évoqué Julia Kristeva, comme il nous le dit dans sa lettre.
Un potentiel papabile, selon certains.

*

Crédit général : www.philippesollers.net

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