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Zidane est de retour !

D 7 janvier 2016     A par A.G. - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Zidane, sa femme Véronique et leurs quatre enfants
le lundi 4 janvier à Madrid.


Dans la République française, laïque, une et indivisible, à quel saint se vouer ? Je ne suis pas sûr que les institutions traditionnelles, religieuses ou pas, nous offrent les personnages susceptibles de faire consensus auprès d’une large population ou auprès de la jeunesse. Les médias en sont conscients. Quel modèle donner à des jeunes en mal de croyance et d’idéal ? Réponse : des footballeurs. Je voyais récemment dans la salle de tennis de table où je me rend fréquemment, un jeune pongiste de 13 ou 14 ans avec son maillot blanc immaculé portant le nom de Benzema et le logo « Fly Emirates ». Après l’affaire de la « sextape » et les récents déboires de l’international, je me demandais le sens que pouvait avoir le port d’un tel maillot (qui plus est, avec le contexte trouble du Moyen-Orient)...
L’année dernière, on a bien essayé de donner quelques espoirs aux amateurs de foot. Après le coup d’éclat de Michel Platini lors du congrès de la FIFA (tout le monde se souvient comment, en juin, il avait grondé Sepp Blatter, son « ami », le président finalement réélu, puis démissionnaire, puis destitué), le feuilleton « Platini Président ! » se mettait en place. Platini serait le meilleur. Ne l’avait-il pas prouvé à la tête de l’UEFA comme, naguère, sur les terrains de foot ? Las ! L’affaire de l’« accord oral » entre Blatter et Platini, qualifié de « paiement déloyal » par la justice suisse (1,83 millions d’euros quand même), a tout foutu par terre. Du jour au lendemain, ceux qui soutenaient « Platoche » en vinrent rapidement au lâchage médiatique... Platini ne sera sans doute pas président (note du 8 janvier : il vient de retirer sa candidature).
Heureusement, l’année 2016 commence bien : Zinedine Zidane est de retour (en arabe Zinedine signifie « beauté de la religion ») ! Le génial footballeur français, symbole de la lointaine France « black-blanc-beur » victorieuse de la coupe du monde 1998 (« On est les champions ! » « Zidane président ! ») vient d’être nommé entraîneur du Real Madrid. Un Français bi-national à la tête du « plus grand club de foot du monde », parlant espagnol de surcroît, voilà qui fait rêver. Espérons qu’en cas d’échec, il ne sera pas déchu de sa nationalité.
Zizou aujourd’hui, Platoche hier, sont des mythes, des icônes. Comme les demi-dieux antiques, ils sont à la fois des dieux et des hommes, avec leurs forces et leurs faiblesses. Proches et lointains du commun des mortels, ils nous sont familiers (d’où leur surnom affectueux). « Familier » : du latin familiaris (« relatif à la famille ; ordinaire, commun »). On s’est étonné que le discret, le « taiseux » Zidane se soit exhibé avec toute sa famille (sa fidèle femme, rencontré dès l’adolescence, ses quatre garçons) lors la conférence de presse d’investiture en début de semaine. Mais non ! C’est logique : le Real Madrid, le monde du foot, c’est une grande famille ! Images propres, bien lisses.
Une photographie est formidable, les communicants géniaux ! Elle a été prise le 4 janvier. Zidane est en veste bleue, chemise blanche ; bien au centre, sa femme, Véronique, porte une éclatante robe rouge (d’origine espagnole, elle sait qu’une verónica, en tauromachie, ça parle plus aujourd’hui aux Madrilènes qu’aux Barcelonnais ) : les couleurs du drapeau français semblent flotter à Madrid (ville meurtrie par des attentats islamistes en 2004) comme elles ont illuminé les capitales du monde après les événements du 13 novembre 2015 à Paris. Vive l’amitié franco-espagnole ! En prime, le message subliminal pour moi est clair : Podemos !
Tout demi-dieu a sa part d’ombre, humaine, trop humaine. Quoique vite pardonné, tout le monde se souvient du fameux « coup de boule » de Zizou, lors de la finale du Mondial 2006 ! Sans ce geste impulsif (ce n’était pas le premier), la France n’aurait-elle pas été championne du monde ? Un qui n’a pas oublié et dont le destin — et l’image ! — eût sans doute été changé, c’est Raymond Domenech, moins con qu’on l’a dit, qui vient de déclarer : « Zidane, lui, c’est un mythe. Un mythe capable de susciter des émotions chez les gens et pas seulement positives. Ce n’est pas une star lisse, ce n’est pas un gentil mec. Il est capable de tout. L’épisode du coup de boule fait partie du mythe. Ça en a fait un dieu humain. Un mec qui met un coup de tête à un type qui l’a insulté, il n’y a pas plus humain. Les gens n’ont vu qu’un joueur dans cette histoire, mais personne n’a jamais pensé à ce que Thuram, Henry, Vieira, Malouda ou Sagnol avaient pu ressentir. Lui avait fait un mauvais geste et les autres avaient perdu la finale de la Coupe du monde. Comme tout mythe, il bénéficie d’une forme d’immunité. »
Et l’ancien sélectionneur d’ajouter :
« On verra comment il réagira en tant qu’entraîneur si un jour un mec pète les plombs et fout en l’air tous ses plans, ses projets de jeu (…) Il n’est plus intouchable. Désormais, Zidane va être jugé sur ses résultats. S’il est champion, sa légende va se renforcer. Mais si ce n’est pas le cas, ce sera une autre histoire. »
De ce point de vue, Zidane fera-t-il mieux que Platini, sélectionneur peu glorieux de l’équipe de France des années 90 ? La suite du feuilleton sera palpitante ! A terme, Didier Deschamp n’a qu’à bien se tenir. Qu’on se rassure : quoiqu’il arrive, Platini sera toujours Platoche et Zidane Zizou. Et c’est tant mieux.

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Adel Abdessemed, Le coup de boule de Zidane.

La sculpture, un bronze de 5m de haut, mélange de réalisme socialiste et d’art contemporain, fut un temps exposée devant Beaubourg (en 2012), puis à Doha où elle fut rapidement retirée après une campagne qui dénonçait une idolâtrie interdite par l’Islam. Elle a été rachetée par François Pinault en août 2014 : « Ce qui m’intéresse, c’est la fragilité de l’homme. Qu’un être comme Zidane, qui a été l’un des plus grands footballeurs français, craque au moment où il ne fallait pas, cela m’interpelle (…) L’artiste n’a pas fait ça pour l’humilier, mais pour laisser une trace de la fragilité psychologique d’un homme. Imaginez qu’il ait attendu d’être dans les vestiaires pour mettre son coup de boule : ça finissait en correctionnelle comme Brandao, mais on gagnait peut-être la finale de la Coupe du monde ».

Le 30 juillet 2006, Sollers, autrefois supporter des Girondins de Bordeaux d’Aimé Jacquet (1980-1989) et du « Président » Laurent Blanc (2007-2010), relatait, en grand décrypteur du monde du football, le coup de boule fatidique dans Le JDD. Le texte est repris dans Littérature et politique (Flammarion, p. 486). Je propose qu’on le donne à commenter dans les cours de Français (ou de morale ?) des lycées.

Zidane

J’ai eu tort, c’est vrai, comme bien d’autres, de sous-estimer, au début, l’équipe de France de football. Elle s’est ranimée, elle a ressuscité, elle a accompli des miracles, saint Zidane est monté au ciel devant nous, jusqu’à ce coup boule en finale qui nous a ramené sur terre. Mon dieu, mon dieu, quelle histoire. Que s’est-il passé ? Suivons le mouvement : Zidane marque un penalty contre l’Italie. Plus tard, il frôle, d’une tête splendide, le but de la victoire détourné in extremis par le gardien italien. A ce moment-là, il est furieux, il hurle, son visage est contracté, bouche ouverte, il ressemble soudain à un bouc de choc. Puis vient le coup de boule sur Materazzi, la vidéo. Irréfutable, le carton rouge, l’expulsion, la dégradation, la honte. Tempête sous un crâne, stupeur mondiale.

Les commentaires ont aussitôt proliféré, le plus cocasse était sans doute celui des Nouvelles de Pékin : « Tout roi du football est une combinaison d’ange et de démon. » Pendant des jours, on a vu, en boucle, le front de Zidane administrer un sévère pneumothorax à son insulteur. Mais qu’avait donc dit ce dernier ? Une injure raciste ? Des propos orduriers sur sa Mère, traitée de « terroriste » ? On imagine la hantise publicitaire des sponsors de Zidane (Danone, par exemple). Enfin, tendance générale, le dieu Zidane est redevenu humain, c’est-à-dire comme vous et moi, n’est-ce pas, qui avons le coup de boule facile. Ségolène Royal a trouvé l’attitude de Zidane « exemplaire » par « sa capacité à défendre farouchement le respect dû à sa mère, le respect dû à sa soeur ».

Mais qu’a dit exactement Materazzi, cette brute tatouée ? Il faudra désormais équiper les joueurs d’un micro enregistreur plutôt que de perdre du temps à déchiffrer des mots sur leurs lèvres. Le pudique Zidane évoquait sa maman, sa soeur. La réalité est plus triviale et bêtement érotique : Materazzi pelote Zidane à travers son maillot, celui-ci lui propose de le lui donner dans les vestiaires. Le tatoué lui lance alors « casse-toi, pédé », « avec ta pute de soeur », et enfin, tir au but, « je vais te défoncer le cul ». D’où le coup de boule. Là-dessus, censure générale, il ne faut pas choquer les enfants et les éducateurs. Zidane a certes défendu sa soeur, mais surtout sa virilité humiliée. Je ne vois pas en quoi il est condamnable. A quand, d’ailleurs, un grand match de coups de boule ? Ça devrait valser.


Tous les amoureux du foot doivent lire Le football, un numéro spécial d’art press 2.

L’éditorial de Bernard Comment

À quoi tient cette conviction, depuis longtemps, que le football peut parfaitement s’allier à l’art, et qu’une passion commune pour ces deux formes d’expression est parfaitement cohérente, et logique  ? Peut-être à un souvenir d’enfance  : je devais avoir neuf ou dix ans, l’architecte de la maison de mes parents donnait une fête chez des amis à lui, dans une grande propriété au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse, il y avait de grands barbecues qui fumaient çà et là, le repas se préparait, et sur la vaste pelouse, un ballon, des adultes, des enfants, nous jouons au ballon, et je me trouve tout à coup en face d’un monsieur en costume noir, le pantalon retroussé sur les mollets, les pieds nus, des pieds potelés, à la peau très blanche, laiteuse presque, et de longs ongles, je lève la tête, il porte d’épaisses lunettes et arbore un sourire débonnaire, c’est Friedrich Dürrenmatt, dont mon père me dira, dans la voiture, au retour vers Porrentruy, ma ville natale, qu’il est un grand intellectuel et un écrivain de réputation mondiale, auteur de nombreux chefs-d’œuvre. J’étais content d’avoir joué au football avec un grand écrivain, même si le mot ne représentait alors rien de très concret (ni enviable) à mes yeux.

On sort toujours les mêmes noms pour évoquer les relations entre football et littérature ou art  : Albert Camus, Eduardo Chillida (gardien de but de la Real Sociedad avant de se blesser au ménisque), Nicolas de Staël, on peut y ajouter Jean Vigo, Antonio Tabucchi, quelques autres, mais c’est en fait une énorme quantité d’artistes qui ont, en le proclamant ou non, aimé le football dans ses variations imprévisibles, coup de dé qui jamais n’abolira le hasard. On peut admirer un joueur (Garrincha, Puskás, Di Stefano, Pelé, Cruijff, Platini, Maradona, Cristiano Ronaldo, Messi), un destin (Barbosa, le gardien brésilien de 1958 devenu un pestiféré dans son pays), un système de jeu (la technique chaloupée des Hongrois dans les années 1950, la fluidité offensive du Brésil en 1970, le football total des Hollandais, l’AC Milan effervescent d’Arrigo Sacchi, l’énergie sans fin du Manchester de Ferguson, la circulation de ballon à la barcelonaise), on peut se passionner pour un match, une fois dans sa vie, ou être un assidu, presque un fanatique, on peut le regarder sporadiquement ou régulièrement, mais le football possède une magie propre aux grands sports épiques, qui construisent une histoire, avec des mythes et des héros, des défaites tristes et des victoires miraculeuses, des exploits et des passages à vide, bref, le football est un roman, un film, où chaque entraîneur et chaque spécialiste (ils sont nombreux  !) écrit des scénarios qui sont en général totalement remaniés dans l’action, parce qu’un but inattendu vient redistribuer les cartes, ou parce qu’un joueur se fait expulser, ou qu’une vedette passe à côté de son match (expression en soi assez poétique).

On peut aussi adorer le football à la radio, avec son régime de langage richement métaphorique (débordement sur l’aile, resserrement des lignes, lecture du jeu, aile de pigeon, centre en retrait, tir brossé, reprise dévissée)  ; ou détester le football à la télévision, avec son commentaire parfois lénifiant, anecdotique, superfétatoire. On peut désirer le spectacle des grands stades (San Siro à Milan, Santiago Bernabéu à Madrid, le Camp Nou à Barcelone, la Bombonera à Buenos Aires, Maracanã à Rio de Janeiro, Old Trafford à Manchester, Anfield à Liverpool), ou préférer une tribune vétuste en banlieue, ou pas de tribune du tout pour un match amateur en rase campagne. On peut aussi, aujourd’hui, chercher les valeurs pionnières du jeu dans le football féminin.

Mais ce qui fait la magie du football, pour tous ceux qui ont ouvert les yeux sur lui (seuls les «  sérieux  », toujours en avance sur leur mort, refusent obstinément de le faire, sous le prétexte qu’il serait vulgaire), c’est la capacité de ce jeu à vous replonger dans l’enfance. On s’émerveille alors d’une odeur, d’un geste, d’une élévation, d’une trajectoire, d’un tir puissant, et on regarde les joueurs comme le très jeune Marcel regarde les spectateurs d’une représentation à l’opéra, des semi-divinités flottant dans l’atmosphère devenue presque marine dans À la recherche du temps perdu. Oui, le football fait replonger dans l’enfance. Et c’est par les yeux d’un enfant qu’Abbas Kiarostami a livré un des plus beaux films de fiction autour du football, Mossafer (le Passager, 1974)  : l’histoire de cet élève un peu dissipé, un peu tricheur, qui rêve d’aller assister à un match de l’équipe nationale iranienne qui est programmé dans un avenir proche à Téhéran, il multiplie les larcins pour réunir l’argent nécessaire pour le bus (plusieurs heures de trajet) et le billet d’entrée, il s’évade de la maison familiale au milieu de la nuit, arrive épuisé aux abords du stade où l’agitation règne, il trouve un coin à l’ombre pour une petite sieste, il est si fatigué, mais au moment où il se réveille, le match est fini… Douglas Gordon et Philippe Parreno ont, eux, totalement renouvelé notre regard avec leur film Zidane, un portrait du 21e siècle (2006) en imposant une temporalité continue et multiple sur un seul joueur, comme une dramaturgie singulière, une science du singulier – celle qui est au fondement de tout art.

Le football est source de rêves. Et ce rêve est entretenu par les récits qu’il génère, bien plus que par le bruit médiatique qui s’en est emparé et qui pourrait finir par entraîner sa mort, par lassitude et saturation (trop de matchs sur les écrans, trop de bavardages autour des matchs, trop de «  mots de la tribu  » pour reprendre l’expression de Mallarmé). C’est pour dire cette magie, et ne pas abandonner le ballon rond aux fatigants experts, que ce numéro d’artpress a été conçu, et réalisé.

Bernard Comment

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Maintenant regardez ce film. Jusqu’au bout.

Zidane, un portrait du 21e siècle

un film de Douglas Gordon et Philippe Parreno

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Extrait du making of

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3 Messages

  • V. Kirtov | 11 janvier 2016 - 20:21 1

    Face à la découverte de A.G : un clavier avec une « touche ironie », j’ai demandé à mon petit doigt - mon ami et conseiller – ce qu’il en pensait :
    - Il a failli me dire : « Pouce, je passe ! » puis a ajouté : c’est l’œuf de Christophe Colomb. Il faut le proposer au concours Lépine ou à Renault…
    - Ah, pourquoi Renault ?
    - Ben, pour la touche inventée par AG : …la French touch. Leur service communication va pouvoir en tirer partie.
    - Mais ça vaut de l’or…
    - Ne t’emballe pas, AG il est pas un peu ouf ?
    - Mais non pas du tout, c’est un lettré, un philosophe, un lecteur doublé d’un authentique champion de ping pong (difficile à mettre en échec : il renvoie tout. Son coup gauche n’est pas mal non plus.). Et, aujourd’hui, même un inventeur !
    - …Justement, justement, … je voulais te dire... : il est pas vraiment dans le coup, même s’il connaît bien Voltaire et Onfray, car il y a belle lurette que le clavier avec des touches ironie a été inventé : c’est le clavier virtuel avec smileys.
    - Tu es sûr de ton coup ? car tu sais, il est redoutable au ping pong…


  • Albert Gauvin | 11 janvier 2016 - 01:19 2

    Un ami m’écrit : « Ouf ! Courant 2016, certains claviers seront équipés du Point d’Ironie (un Point , ?, retourné...). Chouette ! » Je n’ai pas vérifié, mais je pense que ça serait un gros progrès. Exemple (à propos d’Onfray) : Son discours n’était pas ennuyeux du tout ؟؟؟؟


  • V. Kirtov | 10 janvier 2016 - 14:44 3

    L’article ci-dessus est réservé sur les faiblesses de Zidane, et Platini. Ouf ! Accorder du crédit à la thèse que ces faiblesses font de ces idoles des « dieux humains », me gêne, sauf quand c’est avec une grande louche d’ironie pour se payer la tête de Zidane, comme le fait Sollers.

    Vox populi, que de doux excès commet-on en ton nom ! Orchestration à la grosse caisse par les médias, soutenue par un ministre des sports en mal de coller à son électorat, la coupe déborde.

    Que d’indulgence vis-à-vis de ces comportements, bien anodins, c’est vrai :
    - Le coup de boule de Zidane (en guise de réflexe naturel, ultime stade d’évolution du langage après 60.000 ans, voire 150.000 ans d’évolution),
    - les 1.800 000 Euros d’honoraires de Platini pour ses prestations de Conseil auprès du Président de la Fifa, dans l’organisation de matchs internationaux (un rattrapage en plus de son salaire effectivement versé de 300. 000 francs suisses par an, sur ses prestations de 1998 à 2002).

    Naïf ou benêt le Platini… ? Les deux, mon capitaine, ou de l’insoutenable légèreté de l’être qui en a fini par oublier la valeur de l’argent :
    1 smic mensuel net = 1.150 euros,
    soit pour 1.800.000 euros : 1565 mois ou 130 ans de smic !!! Une modeste régularisation.

    Et encore, il s’est emmêlé dans les chiffres, en sa défaveur, plaide-t-il piètrement dans Le Monde du 19 octobre 2015 :

    « …Et là, je me suis trompé à mon détriment. Je ne me souvenais plus que j’avais été payé 300.000francs suisses, je croyais qu’il s’agissait de 500000 et qu’il me devait [Sepp Blatter] un rattrapage de 500.000 par quatre années. J’ai donc envoyé une facture de 2 millions [francs suisses, 1.800.000 euros]. »

    Ce n’est pas du champagne qu’il faut mettre dans la coupe, mais de la cigüe ! Au-delà des actions d’éclat sportives, indéniables, en leur temps, il n’y a pas lieu d’ériger ces sportifs en idoles à vie, en modèles.
    La principale valeur qu’ils véhiculent, même s’ils s’en défendent, comme Platini, c’est celle de l’argent facile. C’est ainsi qu’un documentaire sur les terroristes du Bataclan nous montre le jeune Chérif Kouachi, futur massacreur au Bataclan, il est alors élève dans une classe « sport-étude » (une chance – discrimination positive qu’il n’a pas saisie -. il s’en fera exclure) : son rêve, alors : « devenir footballeur pour gagner beaucoup d’argent. »

    … Puis, « l’attractivité du djihad » selon Michel Onfray qui, avant d’annoncer sa retraite des médias (accusé de « faire le jeu du Front National » en même temps que celui de l’Etat islamique), avait rencontré « le Figaro Magazine » pour s’expliquer. Et se défendre, lui et sa pensée :

    (petit extrait – très petit extrait – en relation avec ce message)

    « Cela fait des années qu’en France, lorsqu’on souhaite proposer un idéal aux jeunes, on passe pour pétainiste. Si on dit que l’école doit apprendre à lire, à écrire, à compter et à penser au lieu d’enseigner le tri sélectif, on est pétainiste ! Désormais, les élèves sont tous intelligents avant d’apprendre quoi que ce soit, ils sont garçons ou filles s’ils le souhaitent, etc., bref, il se développe une pédagogie qui montre clairement un effondrement de l’école, interdisant tout esprit critique.
    […]
    Aujourd’hui, et ce, depuis la gauche [Onfray se déclare par ailleurs, profondément un homme de gauche], on nous présente des modèles tragiques qui font rêver les jeunes : Bernard Tapie, la Rolex, la Ferrari, Cyril Hanouna, un joueur de foot qui donne des coups de boule, etc., alors qu’il y a soixante ans ou plus, un jeune rêvait d’être médecin, avocat ou professeur d’université, Jean-Paul Sartre ou Maurice Chevalier. […]

    Onfray poursuit en stigmatisant ‘l’attractivité du djiadisme’ chez certains jeunes :
    […ll est donc logique que la kalachnikov devienne le rêve ultime. C’est la toute puissance face à une kalachnikov. […]