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André Le Nôtre, le roi des jardins

D 28 octobre 2013     A par A.G. - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



Le Jardin des Tuileries. 21 avril 2013. Photo A. Gauvin (Nikon).
« Ce fils de jardinier, né aux Tuileries et mort aux Tuileries, est partout chez lui. »
Zoom : cliquer sur l’image. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

André Le Nôtre, le roi des jardins

Vous allumez, un soir d’été, la télévision française de service public. On doit vous parler de Louis XIV, de Versailles, et il y aura même, ensuite, un film sur Louis XV. Vous êtes édifié : de fausses naïades se trémoussent devant des fontaines, des comédiens en perruque pérorent, on boit un coup dans le château comme au bistrot, des intermittents du spectacle véhiculent dans tous les sens des chaises à porteurs, des acteurs défilent pour ne rien dire, un académicien best-seller, très en forme, bénit ce cirque. Vous êtes au coeur de la vulgarité française d’aujourd’hui.

Un magazine populiste titrait récemment : « L’homme qui a ruiné la France ». Vous ne le saviez pas ? Eh bien, c’est Louis XIV. Quant à Louis XV, c’était une sorte de DSK de l’époque, en plus ramollo. Inutile de dire que Versailles, à partir de ces plaisanteries coûteuses, devient invisible, et n’attend plus que l’installation de déchets d’art contemporain pour amuser les enfants. Le parc, les jardins ? Vous n’y pensez pas, aucun intérêt. Un certain Le Nôtre ? Qui est-il ? On ne sait pas.

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Statue d’André Le Nôtre.

Il est stupéfiant que le grand roi des jardins français, André Le Nôtre (1613-1700), n’ait pas eu droit jusqu’ici à une biographie. Mieux vaut tard que jamais, et, enfin, la voici [1]. Commençons par sa mort, le 15 septembre 1700, et le rare hommage que lui rend Saint-Simon l’implacable :

« Le Nôtre mourut après avoir vécu quatre-vingt-huit ans dans une santé parfaite, sa tête et toute la justesse de sa capacité ; illustre pour avoir donné le premier les divers dessins de ces beaux jardins qui décorent la France. [...] Il avait une probité, une exactitude et une droiture qui le faisait estimer et aimer de tout le monde. [...] Il fut toujours désintéressé. [...] Il travaillait pour les particuliers comme pour le roi, et avec la même application, ne cherchait qu’à aider la nature, et à réduire le vrai beau aux moins de frais qu’il pouvait. Il avait une naïveté et une vérité charmante. Le pape pria le roi de le lui prêter pour quelques mois ; en entrant dans la chambre du pape, au lieu de se mettre à genoux, il courut à lui : "Eh ! bonjour, lui dit-il, mon révérend père, en lui sautant au col, et l’embrassant et le baisant des deux côtés ; eh ! que vous avez bon visage, et que je suis aise de vous voir en si bonne santé !" »

Ça n’a l’air de rien, mais pour l’époque, et encore aujourd’hui, c’est énorme. Ce fils de jardinier, né aux Tuileries et mort aux Tuileries, est partout chez lui. Il est modeste, effacé, mais il sait que le pouvoir n’est rien si on ne sait pas orchestrer la nature. Il embrasse le pape, le roi, monte au-dessus d’eux, dans la géométrie et les arbres. Il est protégé par Colbert et Louvois, son coup d’œil et son esprit sont indispensables. Louis XIV l’aime de façon troublante, lui parle en tête à tête, le nomme contrôleur général des bâtiments, habite chez lui, respire chez lui, se prend pour un dieu grâce à lui. Sans le soleil réfléchi et canalisé, vaste, ombragé, mathématique, charmé, pas d’Apollon dans les clairières ou la galerie des Glaces. Le roi est ravi, le pape, nullement choqué, est ravi.

Tout le monde veut Le Nôtre : il est à Saint-Cloud, Fontainebleau, Chantilly, et, surtout, chez Fouquet, à Vaux-le-Vicomte. Louis XIV est furieusement jaloux des fêtes et des dépenses de Fouquet ? Tant mieux, ce sera Versailles, et, en 1664, Les Plaisirs de l’Île enchantée. Là, c’est une folie et une féerie d’une semaine, avec des faunes dans les branches donnant des concerts de musique. Le Nôtre est jardinier, architecte, hydraulicien, metteur en scène, il travaille du matin au soir, c’est une armée à lui seul. Les acteurs du temps s’appellent, excusez du peu, Poussin, Bernin, La Fontaine, Molière, Delalande, Lully, Sévigné.

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Etienne Allegrain (attribué à), Vue de l’Orangerie du château de Versailles, 1695, huile sur toile, Versailles, Châteaux de Versailles et de Trianon.

La planète, pour Le Nôtre, est une île enchantée, gouvernée par la raison, nouveau miracle grec. Il faut des perspectives, des angles, des bassins, des échappées. L’intense variété des fleurs est musicalement prévue : tulipes, anémones, jonquilles, iris, jacinthes, pivoines, avec, en contrepoint, des arbrisseaux, chèvrefeuilles, romarin, lilas, rosiers, giroflées. À Versailles, rêve incessant, il faut s’occuper de tout. Le roi se mêle des moindres détails, il rectifie, accentue, fait la gueule, exige un peu « d’enfance », approuve, dépense sans compter. Voyez ces axes, ces terrasses, ces canaux, ces réservoirs, ces machines, ces pièces d’eau, ces parterres, ces bosquets. Le Nôtre, dans un de ses rares propos, appelle ça « élever ses pensées ». Vous ne vous en doutiez pas, mais la nature pense et il suffit de la dégager, de l’aider. On travaille ici pour les siècles : Apollon réfléchit et observe, il se promène, invisible, dans son royaume. À son retour d’Italie, avec une rare audace, Le Nôtre demande à visiter Fouquet, emprisonné à Pignerol, légende vivante, « soleil offusqué » (Morand). Louis XIV laisse faire : Le Nôtre est fidèle en amitié. On ne sait rien de cette conversation qui mériterait un livre. Vaux-le-Vicomte en prison, on croit rêver.

Il s’affaiblit, Le Nôtre, il est content d’être décoré par le roi de l’ordre de Saint-Michel, il lègue ses collections à Louis XIV, et finit par s’éteindre, à 4 heures du matin, dans sa chambre de sa maison des Tuileries, au deuxième étage. Son père était jardinier aux Tuileries, le jardin est à lui. On l’enterre à Saint-Germain-l’Auxerrois, puis à Saint-Roch. Comme il fallait s’y attendre, sa tombe est violée, et ses restes dispersés pendant la Terreur, en 1793. Il a droit à une plaque commémorative, pendant que des foules de touristes du monde entier viennent se balader dans son oeuvre. Le duc de Saint-Simon, lui non plus, n’a pas pu se reposer tranquille, lui qui avait fait enchaîner son cercueil à celui de sa femme, dans son château dévasté. Ses « Mémoires » sont plus vivants que jamais, et Proust les a lus à la loupe. Le Nôtre, ou le temps retrouvé. Finalement, c’est Colbert qui a trouvé, à son sujet, les mots les plus justes, dans une lettre adressée à ce roi des jardins, le 2 août 1679 :

« Vous avez raison de dire que le génie et le bon goût viennent de Dieu et qu’il est très difficile de les donner aux hommes. »

Philippe Sollers, Le Nouvel Observateur du 19 septembre 2013.

Deux sites : André Le Nôtre I et André Le Nôtre II.

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Le Nôtre, Versailles, Parterre d’eau.

Oubliez maintenant la vulgarité de la télévision française, allumez une chaîne européenne, Arte... le 27 octobre à 16h45...

Le Nôtre en ses jardins

Un film de Martin Fraudreau

Coproduction : ARTE France, Camera Lucida, Château de Versailles, 2013, 52’.

Comment Le Nôtre, maître d’oeuvre de l’extraordinaire parc de Versailles, a inventé l’art du paysage au XVIIe siècle. Une immersion instructive dans son processus de création.

Il a transformé le paysage en une œuvre d’art équilibrée et contrôlée, révolutionnant à jamais la manière d’aménager la nature. Plans, animations 2D et entretiens avec des experts à l’appui, le documentaire propose d’entrer de plain-pied dans le processus de création du maître-jardinier, pour mieux comprendre ses inspirations et les solutions techniques innovantes qu’il mit en œuvre pour servir son projet versaillais, aussi démesuré que les rêves de son commanditaire Louis XIV. Où l’on (re)découvre en passant les détails de cette immense jardin mais aussi l’homme Le Nôtre, proche du pouvoir et collectionneur averti.

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André Le Nôtre

par Patricia Bouchenot-Déchin

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Portrait d’Andre Le Nôtre par Carlo Maratta vers 1680.

André Le Nôtre ? Un nom connu de tous, associé à un siècle, le XVIIe, à un roi, Louis XIV, à un art, celui des jardins. Même si la légende est belle, ce petit-fils de jardinier du roi et fils de dessinateur des jardins de Sa Majesté n’a jamais été cet homme que l’on dit parti de rien, bêche et chapeau à la main. Héritier de deux charges royales et d’une clientèle prestigieuse, Le Nôtre développe ses talents en se frottant aux esprits cultivés de son temps avant de devenir contrôleur général des Bâtiments, Arts et Manufactures de Louis XIV. Protégé des Guise et des Orléans-Longueville, proche des milieux précieux et scientifiques, formé par Vouet, influencé par ses rencontres avec Poussin et le Bernin, Le Nôtre sert soixante-cinq années durant plusieurs générations de monarques et de particuliers. Gaston d’Orléans, les Condé, Guillaume III d’Orange mais aussi Fouquet ou l’ensemble du clan Colbert : rebelles au pouvoir royal, ennemis de Louis XIV, ministres et courtisans, tous font appel à lui. Son intelligence hors du commun, sa force de travail surprenante et son équipe de praticiens, liée à sa famille depuis des décennies, lui permettent de conquérir le plus exigeant : Louis XIV. Sa passion pour la grandeur et son obsession pour le naturel marquèrent profondément l’ensemble de ses réalisations, renouvelant de manière féconde l’art des jardins. Connaisseur de l’antique et collectionneur acharné de modernes, il a enrichi notre patrimoine national en léguant au roi les chefs-d’œuvre de sa collection. Le Nôtre, qui cultivait les paradoxes, réussit le tour de force d’acquérir « de la gloire et de l’honneur » tout en demeurant simple et libre. Dans cette biographie richement documentée, Patricia Bouchenot-Déchin nous retrace avec brio l’extraordinaire histoire d’un homme qui inspira le monde entier.

Chercheur associé au Centre de recherche du château de Versailles et au Laboratoire de l’école d’architecture de Versailles, Patricia Bouchenot-Déchin a publié des biographies, des essais et des romans, entre autres, avec Philippe Beaussant, Les Plaisirs de Versailles, théâtre et musique à Versailles (Fayard, 1996). Commissaire de l’exposition André Le Nôtre en perspectives (château de Versailles, 2013-2014), elle a codirigé avec Georges Farhat, Associated Professor à l’université de Toronto, l’ouvrage collectif qui l’accompagne (Hazan-Château de Versailles-Yale University Press, 2013).

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Le plan du jardin de Versailles.

André Le Nôtre en perspectives

par Patricia Bouchenot-Déchin et Georges Farhat

Présentation de l’ouvrage

Ouvrage de référence qui paraît à l’occasion du quatrième centenaire de la naissance de André Le Nôtre (1613-2013), ce livre est aussi le catalogue officiel de l’exposition « Le Nôtre en perspectives » organisée au château de Versailles par l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles du 22 octobre 2013 au 24 février 2014. Réunissant les meilleurs spécialistes de l’histoire des jardins, des sciences et des techniques, mais aussi de l’histoire de l’art ou des institutions, cet ouvrage à l’approche transversale révise les idées reçues sur celui qui fut tout à la fois jardinier et dessinateur du roi, mais aussi contrôleur général des Bâtiments, jardins, arts et manufactures de Louis XIV, sur sa manière d’œuvrer en tant qu’architecte de l’espace, son rôle d’ingénieur, sa passion de collectionneur et l’héritage de ses conceptions, du 17e siècle jusqu’à nos jours. Ses plus belles réalisations sont étudiées et illustrées ici aussi bien que le rôle de ses collaborateurs et l’impact de son œuvre sur la définition du modèle du jardin français tandis que celui-ci est replacé dans une perspective longue dans le temps et élargie dans l’espace couvrant ainsi plusieurs siècles en Europe et au-delà. La plupart des dessins connus de la main de Le Nôtre et de ses collaborateurs sont réunis pour la première fois sous cette forme, avec de nombreux documents et oeuvres exceptionnelles ou étonnantes permettant au lecteur de découvrir l’émotion de dessins originaux, le choc des chefs d’œuvres de ses collections, et la surprise de réalisations inattendues ou méconnues. Éditions Hazan.

Ce livre est le catalogue de l’exposition André Le Nôtre en perspectives. 1613 - 2013 qui se tient dans les salles d’Afrique du Château de Versailles du 22 octobre au 23 février 2014.

Plus d’informations.

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André Le Nôtre (1613-1700)

Le Nôtre se disait jardinier car le mot urbaniste n’existait pas au 17ème siècle. Et pourtant, quand il dessine les jardins de Versailles ou des Tuilleries, il les intègre dans la ville alentour. Ainsi, c’est lui qui imagine un axe qui part des Tuilleries vers la colline de Chaillot et qu’on appellera plus tard les Champs Elysées. Il créé ainsi la colonne vertébrale de l’ouest parisien, véritable artère du pouvoir, d’abord royal puis impérial avec l’arc de triomphe et aujourd’hui économique avec le quartier de la Défense.

Le Nôtre est également un artiste, un graphiste minimaliste qui dessine sur le sol tout en respectant ses plis, ses dénivelés, ses courbures. Certains diront qu’il s’agit, tout simplement, de land art.

C’est donc un portrait bien éloigné des sages représentations que l’on se fait habituellement de ce parangon du jardin français classique que Matthieu Garrigou-Lagrange et Marie-Laure Ciboulet vous proposent dans ce Une vie, une œuvre enregistré largement en plein air.

Avec :

Patricia Bouchenot-Déchin, historienne, chercheuse associée au Centre de recherche du château de Versailles, auteur d’une biographie d’André Le Nôtre

Dominique Garrigues, historien des jardins et des jardiniers, professeur d’histoire de l’art des jardins à l’École supérieure d’architecture des jardins et des paysages (ESAJ) de Paris.

Jacques Coulon, paysagiste, auteur d’une étude sur le parc du château de Versailles

Jean-Pierre Le Dantec, ancien directeur de l’école d’architecture de Paris-La Villette.

Aurélia Rostaing, docteur en histoire de l’art, spécialiste des jardins

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Le Nôtre en douze jardins

Versailles


A l’occasion du 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, l’auteur des plus beaux jardins du XVIIe siècle, impossible de ne pas faire escale à Versailles, le chef-d’oeuvre absolu du jardinier du roi. Engagé par Louis XIV dès 1662 alors qu’il travaille aux jardins de Chantilly pour le Grand Condé, Le Nôtre conçoit pour les jardins de Versailles des axes principaux entrecoupés d’allées secondaires délimitent les bosquets, de fastueux décors mêlés de jeux d’eau originaux. © Arap - Fotolia.com.

Le Nôtre au Château de Versailles.

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Vaux-le-Vicomte

En faisant appel aux plus grands artistes du milieu du XVIIe siècle pour l’édification de son château, le surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet allait faire de Vaux-le-Vicomte un chef-d’oeuvre de l’architecture classique à faire pâlir le roi de jalousie. Le parc de Vaux le Vicomte a vu fleurir les premiers jardins à la française. En imposant symétrie et ordre à la nature, Le Nôtre invente un style qui sera repris à Versailles, puis dans toutes les grandes cours européennes.

Le Nôtre au Château de Vaux le Vicomte

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Fontainebleau


La création du Grand Parterre de 1660 à 1664 — le plus vaste d’Europe, 11 hectares — par André Le Nôtre et Louis Le Vau est le principal aménagement de Louis XIV à Fontainebleau. Les broderies de buis de ce jardin à la française ont disparu sous Louis XV. Subsistent le tracé général des compartiments d’herbes, les bassins ornés de statues, dont celui des Cascades (XVIIe et XIXe siècles), regardant à l’est vers le Canal d’Henri IV. Au midi, du côté de la forêt, le rond d’eau est orné d’une statue du Tibre.

Le Nôtre à Fontainebleau.

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Les jardins de Chantilly


Vaste parc de 115 hectares dessiné par Le Nôtre pour le Grand Condé à la fin du XVIIe siècle, les jardins de Chantilly se composent d’un ambition programme : le parterre à la française et ses miroirs d’eau, animé par de nombreux jets d’eau et fontaines, le Jardin anglo-chinois du Hameau, les fontaines de Beauvais ainsi que les courbes romantiques du Jardin anglais avec l’île d’Amour et le temple de Vénus.
© Eric Muller.

Le Nôtre au Château de Chantilly

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Les jardins de Meudon


Résidence de Louvois au XVIIe siècle puis de Monseigneur, dit le Grand Dauphin, les jardins de Meudon ont été confiés à Le Nôtre qui y réalise un petit Versailles avec des jardins hauts et des jardins bas ainsi qu’une Grande Perspective qui s’étend sur un axe d’environ 3,5 km de long. Les jardins qui étaient réputés pour leur grande magnificence.
© Oligo - Fotolia.com.

Le Nôtre à Meudon.

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Le Parc de Sceaux


Autrefois domaine du château acquis par le ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, le Parc de Sceaux a gardé ses élégantes perspectives dessinées par Le Nôtre au début des années 1670.
© Jean-Luc Demissy.

Le Nôtre au Domaine de Sceaux

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Le parc de Saint-Cloud


A l’ouest de Paris, le château de Saint-Cloud, aujourd’hui détruit, était un château royal édifié sur un site surplombant la Seine. Il ne subsiste aujourd’hui que le parc de 460 hectares redessiné par André Le Nôtre. Si le paysagiste y applique son dessin habituel ordonné selon deux axes perpendiculaires, sa création est remarquable pour avoir composé avec le relief accidenté du site, le château se trouvant implanté à mi-colline et non sur la hauteur.

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Le château de Jumilhac

Au XVIIe siècle, le Marquis de Jumilhac décide de moderniser son château à la hauteur de son rang. Dessinées par Le Nôtre, douze terrasses se succèdent sur l’éperon rocheux servant d’assise au château. Ces jardins furent conservés jusqu’à l’aube du XXe siècle. Rénovés selon les principes de la Renaissance et de Le Nôtre, les Ors d’un Jardin expliquent sous forme florale et végétale avec bassin, labyrinthe, système solaire, roseraie et autres plates-bandes fleuries le monde fabuleux de l’Or et l’univers mystérieux de l’Alchimie, deux thèmes associés à l’histoire du château de Jumilhac. Date de création : 1995.


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Le jardin de l’Evêché de Castres


Véritable vitrine de la ville, le jardin de l’Evêché de Castres est un havre de verdure de la pure tradition du classicisme français du XVIIe siècle. Attribuée à André Le Nôtre, le jardin se déploie en parterres de broderie composés d’arabesques de buis, symbolisant la fleur de lys surmontée d’un chapeau d’évêque, réunis par une croix occitane. © Ville de Castres.

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Strasbourg


L’histoire du parc remonte au XVIIe siècle. En 1692, les autorités militaires royales demandent la création d’une promenade composée de quatre rangées de tilleuls à l’extérieur de la ville de Strasbourg, le long de la route menant à la Roberstau. En raison de son tracé géométrique, cette promenade est dite Le Nôtre.

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Le Château de Balleroy
Le Château de Balleroy a été édifié au XVIIe siècle par l’architecte François Mansart pour Jean de Choisy, conseiller de Louis XIII. Si les jardins à la française ont été dessinés par André Le Nôtre, c’est la paysagiste Henri Duchêne qui les réalise au XIXe siècle d’après les plans du maître.

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Le jardin des Tuileries

Le Jardin des Tuileries. 21 avril 2013. Photo A. Gauvin (Nikon). Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

A l’achèvement du palais des Tuileries par l’architecte Le Vau, Colbert et Louis XIV ordonnèrent que le parc soit entièrement redessiné par André Le Nôtre, qui s’était déjà illustré à Vaux-le-Vicomte. Le paysagiste perce dans l’axe du palais une allée centrale délimitée à l’est par un bassin rond, à l’ouest par un bassin octogonal et bâtit des terrasses dont celles le long de la future place de la Concorde ainsi que deux rampes en courbe permettant d’y accéder, donnant au jardin des Tuileries l’aspect qu’on leur connait aujourd’hui. [2].

Marcelin Pleynet, Paris, Jardin des Tuileries. Photogramme du film Vita Nova. Manet, <i>Lola de Valence</i>, 1862.

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2 Messages

  • A.G. | 31 janvier 2014 - 12:43 1

    Le Nôtre se disait jardinier car le mot urbaniste n’existait pas au 17ème siècle. Et pourtant, quand il dessine les jardins de Versailles ou des Tuileries, il les intègre dans la ville alentour. Ainsi, c’est lui qui imagine un axe qui part des Tuileries vers la colline de Chaillot et qu’on appellera plus tard les Champs Elysées. Il créé ainsi la colonne vertébrale de l’ouest parisien, véritable artère du pouvoir, d’abord royal puis impérial avec l’arc de triomphe et aujourd’hui économique avec le quartier de la Défense.

    Le Nôtre est également un artiste, un graphiste minimaliste qui dessine sur le sol tout en respectant ses plis, ses dénivelés, ses courbures. Certains diront qu’il s’agit, tout simplement, de land art.

    C’est donc un portrait bien éloigné des sages représentations que l’on se fait habituellement de ce parangon du jardin français classique que Matthieu Garrigou-Lagrange et Marie-Laure Ciboulet vous proposent dans ce Une vie, une œuvre enregistré largement en plein air.

    Une vie une oeuvre. A écouter ici


  • A.G. | 26 janvier 2014 - 12:25 2

    Exposition : André Le Nôtre "en perspectives"

    Le Nôtre était si célèbre en son temps qu’il n’était pas de prince européen qui n’ait rêvé de lui confier les jardins de sa résidence. Ce fut aussi un grand collectionneur : c’est ce que nous découvre l’exposition que lui consacre le château de Versailles. Lire l’article du N.O..