vous etes ici : Accueil » THEMATIQUES » Sollers et son temps » Janvier 1981, j’ai 17 ans
  • > Sollers et son temps
Janvier 1981, j’ai 17 ans

D 28 février 2006     A par D. Brouttelande - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Ca a commencé comme ça

Je me souviens commencer à écouter régulièrement, le soir, Alain Veinstein sur France Culture, Nuits Magnétiques, je me souviens, décembre 1980 ? janvier 1981 ? j’ai 17 ans, de cette émission consacrée à un écrivain qui avait écrit un livre sans ponctuation, qui abordait mille sujets, thèmes qui m’étourdissaient, dont le nom, dans une confusion totale, manquait de netteté, d’un nom dans plusieurs noms, d’une superposition de noms, je me souviens le confondre avec d’autres, pour enfin retenir que Philippe Sollers n’était donc pas Philippe Soupault, ni Philippe Ariès...

je me souviens du livre rouge, brillant, très rouge sang, avec son titre en blanc, arabesque, sur la jaquette, et de la bordure rectiligne, marron, du livre, comme tous les livres au Seuil alors, comme un sang qui sèche au bord, sous la couverture, dans un cadre, je me souviendrais plus tard du c ?ur dans le second livre...

je me souviens du bloc de lignes, italique, en gras, en longs rubans noirs... avec ses micros respirations blanches, sa concentration vrillée, ce nerf torsadé sans fin...ces caractères contractés qui défilent...

je me souviens dévorer Vision à New York pour comprendre comment cela avait fini par être possible...

je me souviens du Monde des livres, de l’article de Jacqueline Piatier, « une superbe fatrasie », de l’existence de l’enregistrement du livre dont elle avait entendu un extrait...

je me souviens d’Apostrophe, de la présence de Madame Golon, l’auteur des « Angélique », qui avait aimé le livre, elle disait l’avoir lu tous les matins depuis huit jours, de Modiano qui croyait à sa lecture revivre l’époque du nouveau roman et de la guerre d’Algérie à la radio, puis de la lecture par Pivot de la lettre d’un étudiant en lettres qui lui signalait l’engouement et la passion pour ce livre autour de lui à l’université, je crois bien le voir convié sur le plateau...

Je me souviens d’une fin d’après midi de novembre 1982, au premier étage de la Coupole, être arrivé en avance d’une rencontre organisée entre Claude Ollier et Philippe Sollers et découvrir ce dernier, de dos, en imperméable vert, regarder des portraits d’écrivains, notamment celui de Perec...

Dominique Brouttelande


ALAIN VEINSTEIN
La partition est le quatrième roman d’Alain Veinstein, qui a commencé par publier des poèmes. Il a reçu le prix Mallarmé pour son dernier recueil (Tout se passe comme si, Mercure de France, 2002), et le grand Prix de poésie de l’Académie française, en 2003, pour l’ensemble de son ?uvre.
Homme de radio, Alain Veinstein a créé en 1978 les Nuits Magnétiques de France Culture, où il présente, depuis 1985, Du jour au lendemain, et produit Surpris par la nuit. Il dirige également les éditions Melville.
Editions Grasset

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document