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Auf Wiedersehen ! Portrait et bilan d’Angela Merkel

Un destin allemand

D 29 septembre 2021     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


La chancelière allemande, au cours de ses seize années de pouvoir, a connu 4 présidents de la République française, 4 présidents américains, 5 Premiers ministres britanniques, 8 présidents du conseil italiens, autant de Premiers ministres japonais, 2 présidents russes et 2 chinois...

Elle laisse l’Allemagne au rang de 4eme puissance mondiale et on se souviendra de son« Wir schaffen das » (Nous pouvons le faire / nous allons y arriver) quand en 2015 elle décida d’accepter 8000 réfugiés sur le sol allemand.

Pourtant, Angela Merkel laisse de nombreux chantiers à la prochaine coalitionparmi lesquels : lutte contre le réchauffement climatique, transition numérique, politique étrangère où la chancelière s’est peu investie.

Merkel par Christine Ockrent et ses invités

Quelques jours, avant les élections allemandes du 26 septembre, France Culture consacrait une émission dirigée par Christine Okrent avec d’éminents invités dressait un portrait d’Angela Merkel et posait la question : aura-t-elle marqué l’histoire ?

Quelle empreinte Angela Merkel a-t-ellle laissé à l’Allemagne ?•Crédits :Rolf Vennenbernd-AFP

À 67 ans que va-t-elle faire de sa vie, comment occupera-t-elle son temps ? Marcher dans les sous-bois, continuer à aller au supermarché du coin, et plus souvent à l’opéra pour faire plaisir à son mari qui en raffole ? Angela Merkel est au pouvoir depuis 16 ans, sans interruption, elle termine son 4ème mandat à la tête de l’un des pays les plus puissants du monde, elle n’a pas voulu se représenter.

Ecouter l’intéressant portrait et analyse de Christine Okrent et ses invités :

Extraordinaire popularité

Le dimanche 26 septembre, les Allemands sont allés aux urnes pour renouveler leur parlement et décider de la couleur de la prochaine coalition.

Les tractations pourront durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Madame Merkel reste en poste pour gérer les affaires courantes.

Une compétition électorale plus tendue que prévu, et l’ambiance générale ne laisse de surprendre, surtout nous Français, tellement accoutumés aux hyperboles et aux incantations. Outre-Rhin, pas d’éclats de voix, pas de lyrisme déplacé, les Allemands n’aiment pas ça, les débordements oratoires ont laissé de mauvais souvenirs, et le charisme n’est pas la première qualité requise en politique.

Et c’est sans doute ce qui explique l’extraordinaire popularité d’Angela Merkel, même si sa cote a un peu fléchi ces derniers temps – cette retenue, ce sérieux, cette placidité apparente que trahit parfois un éclair de colère dans le regard bleu porcelaine. Longtemps on l’a sous-estimée, la fille du pasteur venue de l’Est avant la réunification, pourtant docteur en physique quantique et animal politique à sang froid.

Comment le première femme chancelière a-t-elle géré les transformations de l’Allemagne, le formidable essor de son économie, la 4ème du monde, un rôle international assumé avec réticence ? Quels ont été les angles morts, les erreurs, les ambigüités ?

Quelle empreinte sur l’évolution de l’Union Européenne, de l’Alliance Atlantique, quels rapports avec la Chine, avec Poutine, son meilleur ennemi ? Angela Merkel aura-t-elle marqué l’histoire ?

Les invités :

Christine Ockrent reçoit Daniela Schwarzer, directrice exécutive de la Open Society Foundation

Hans Stark , secrétaire général du Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa) de l’Ifri (Institut Français des Relations Internationales) et professeur à la Sorbonne, auteurs de nombreux articles dans la revue Allemagne d’aujourd’hui, et d’une excellente contribution au Ramsès 2022

Isabelle Bourgeois, rédactrice en chef de la revue Regards sur l’économie allemande et co-fondatice de Tandem Europe, une plateforme d’échanges et de débats d’experts sur les questions européennes

Marion Van Renterghem, grand reporter, lauréate du prix Albert-Londres et auteure deC’était Merkel(Les Arènes, 2021)

franceculture

Quatre graphiques pour comprendre les enjeux autour du vainqueur Olaf Scholz

Avec 25,7%, la petite victoire du candidat social-démocrate Olaf Scholz, aux élections législatives allemandes, ce dimanche 26septembre, promet des négociations difficiles pour former une coalition de gouvernement. Il n’est pas encore Chancelier. Analyse.


L’actuel vice-chancelier Olaf Scholz (ici à Berlin le 28 juillet 2021) a mené les sociaux-démocrates du SPD en tête des élections législatives allemandes ce dimanche 26septembre. Mais la victoire est serrée, promesse de négociations douloureuses pour former un gouvernement de coalition. | ARCHIVES STEFANIE LOOS / AFP

Les résultats provisoires de cette élection fédérale allemande du 26 septembre donnent la victoire au social-démocrate Olaf Scholz, chef de file du SPD, avec 25,7 % des voix.

Les chrétiens-démocrates (CDU) d’Armin Laschet, le dauphin d’Angela Merkel, le talonnent avec 24,1 % (le plus mauvais score de l’histoire du parti), suivis par les Verts d’Annalena Baerbock (14,8 %), les libéraux de Christian Lindner (FDP, 11,5 %) ; l’extrême droite (AfD, 10,3 %) et la gauche radicale (Die Linke 4,9 %).

Une coalition à trois obligatoire

Les partis doivent maintenant s’entendre pour former le prochain gouvernement de coalition. Avec un score aussi serré, les négociations s’annoncent longues. Olaf Scholz devra finement manœuvrer s’il veut devenir Chancelier avant la fin de l’année. Une victoire plus nette lui aurait assuré davantage de ministres, les portefeuilles étant les grands enjeux de ces discussions politiques typiquement allemandes.

Ce petit score, ainsi que les presque 15 % des écologistes qui espéraient un meilleur résultat, lui enlève la possibilité d’une coalition à deux partis. La très convoitée coalition gagnante minimale des politologues allemands. Car mathématiquement, au vu des résultats, une seule est possible : une nouvelle « GroKo », surnom de l’alliance des deux grands partis : le SPD et la CDU/CSU. C’est celle qui était en vigueur sous ce dernier mandat d’Angela Merkel.

Or, celle-ci ne devrait pas se reproduire. D’abord, les conservateurs ont toujours refusé une coalition à deux, qu’ils ne dirigeraient pas. Ensuite, Olaf Scholz a fait campagne en promettant d’installer le camp conservateur dans l’opposition, après seize années de pouvoir.

Une alliance Rouge-Rouge-Verts finalement impossible

Alors avec qui les sociaux-démocrates pourront-ils diriger l’Allemagne ? Pour le Centre de recherche en sciences sociales de Berlin, l’alliance Rouge-Rouge-Verts (SPD-Die Linke-Verts, actuellement au pouvoir à Berlin, la capitale) semblait la plus probable, d’un point de vue de la proximité des programmes. Chacun de ces partis a à cœur la justice sociale, promeut une augmentation du salaire minimum, et se montre volontaire pour s’attaquer à la crise climatique. Cependant, cette coalition est finalement impossible car elle n’aura pas la majorité.

Die Linke a failli cependant ne pas avoir de sièges, obtenant un score de 4,9 %, sous la barre des 5 % nécessaire pour avoir des élus. Mais la complexe loi électorale allemande leur accorde finalement des élus car ce parti a obtenu plusieurs mandats dits directs, c’est-à-dire avec un vote des électeurs dans plusieurs circonscriptions directement pour les candidats de la gauche radicale. Ils seront donc 39 élus.

Au final, une alliance Rouge-Rouge-Verts n’obtient donc que 363 siègent, alors que la majorité est à 368.

Les libéraux reconnaîtront-ils l’urgence climatique ?

L’autre coalition probable est celle appelée Feu tricolore. Elle réunirait le SPD, les Verts et les libéraux du FPD. Elle disposerait d’une majorité plus confortable, environ 53 %, et serait celle préférée par les Allemands, selon la plupart des sondages. Le chef libéral Christian Lindner, content de son score (12 %) devra toutefois mettre en avant davantage d’écologie et de lutte contre le réchauffement climatique, quasiment absent de son programme. S’il veut gouverner, il devra aussi ferrailler contre l’augmentation du Smic et contre l’imposition des plus riches que les sociaux-démocrates et les Verts veulent mettre en place.

La CDU est-elle définitivement hors-jeu ?

Armin Laschet peut-il fomenter une contre coalition malgré sa défaite ? C’est possible. Mais sa seule voie de négociations sera d’embarquer les Verts et le FPD. Ce qui semble improbable, les Verts n’ayant pas envie de s’acoquiner avec les deux partis les moins-disants pour atteindre la neutralité carbone en 2045. Les écologistes veulent une sortie du charbon, pour réduire les émissions de CO2, dès 2030 ; les deux partis de droite sont sur 2038.

Un peu après 20 heures, Olaf Scholz a rassuré ses militants : Nous savons gouverner. Nous sommes pragmatiques. Les citoyens seront heureux d’avoir voté pour les sociaux-démocrates. Pour Richard Walker, l’éditorialiste de la Deutsche Welle, l’équivalent de France 24 en Allemagne, c’est une grande porte ouverte à toutes les discussions possibles.

Angela Merkel risque de devoir assurer son rôle de Chancelière quelques semaines, voire quelques mois, supplémentaires.

Christelle GUIBERT.
Ouest-France,Modifié le 27/09/2021

INFOGRAPHIES.

Economie, …numérique... Quel bilan pour l’Allemagne après les années Merkel ?

On connaît le dynamisme et la solidité de l’économie germanique. On s’attarde moins sur les faiblesses de nos voisins. Sur le plan démographique et dans le domaine numérique, elles sont réelles.

Par Charles Haquet, Dario Ingiusto, Christophe Bourdoiseau et Clément Daniez

L’Express, 26/09/2021

Le pays compte toujours quelques zones d’ombre à l’aune de cette élection. La plus flagrante, qui prendra encore des années à se résorber, est la fracture économique entre les Länder de l’Ouest et ceux de l’Est, et le tracé de la frontière de la guerre froide est toujours bien visible, notamment dans les écarts de salaire. Malgré le dynamisme de Berlin, les salaires à l’Est restent plus bas, et y gagner plus de 3000 euros bruts est une exception.


Infographie. Dario Ingiusto / L’Express

Plus étonnant, l’Allemagne paraît étrangement en retard sur certains indicateurs du numérique. Seule une petite minorité de foyers est raccordée à la fibre optique, et l’usage du fax, totalement abandonné en France, reste très présent, notamment dans les entreprises.


Infographie. Dario Ingiusto / L’Express

La carte de l’Allemagne est encore coupée en deux en ce qui concerne la démographie. Un Allemand sur cinq a plus de 65 ans. La migration aide à rajeunir cette population vieillissante, mais elle se concentre forcément dans les régions les plus dynamiques économiquement. Des larges pans de l’ex-RDA se dépeuplent à vitesse grand V.


Infographie. Dario Ingiusto / L’Express

Au niveau macro-économique, pourtant, le pays a réussi le tour de force de "digérer" le retard des régions communistes. Le PIB par habitant est toujours supérieur à celui de la France, et cet écart s’est même creusé depuis la crise de 2008-2009, faisant apparaître l’économie d’outre-Rhin comme la plus stable dans la tempête. La gestion d’Angela Merkel paraît plus efficace que celle des gouvernements français.


Infographie. Dario Ingiusto / L’Express

Cette bonne gestion est sûrement l’une des clés de la réussite et de la popularité de la chancelière. En 16 ans au pouvoir et malgré quatre mandats, plusieurs grandes crises et des alliances politiques de tous bords, le taux de satisfaction est très rarement descendu au-dessous de 50%. Une stabilité rarissime, alors qu’aucun président français n’a été réélu depuis.


Infographie. Dario Ingiusto / L’Express

Merkel et Macron


Entre Merkel et Macron, quatre ans de respect et quelques moments d’agacement

Tout semblait opposer la chancelière et le président français. Mais le couple "Merkron" va se révéler à l’épreuve des crises, en particulier celle du Covid-19.


Emmanuel Macron et Angela Merkel enlacés à la clairière de Rethondes, dans l’Oise, devant la plaque commémorant le centenaire de la Première Guerre mondiale, le 10 novembre 2018.

REUTERS

Charlotte Lalanne

L’Express Hebdo du 23 Septembre 2021

"Vous êtes Mme Macron ?" lance une petite bonne femme centenaire, des étoiles plein les yeux, à Angela Merkel. "Chancelière Allemagne" lui glisse - en français - la dirigeante, penaude. Dans la foule des commémorations de l’armistice, ce 11 novembre 2018, la méprise prête à sourire. Après tout, Angela Merkel a pratiquement le même âge que l’épouse du président. Et la presse ne parle-t-elle pas, depuis des mois, des hauts et des bas de la romance "Merkron" ? L’eau et le feu ; la prudence et l’impatience. Tout semblait opposer la conservatrice Merkel au disruptif Macron. Mais, en coulisses, chacun voue à l’autre admiration et respect. Lui pour la longévité au pouvoir de "Mutti" ("maman", le surnom de la chancelière), elle pour l’audace du dynamiteur de la politique française.

A la Sorbonne, le faux pas de Macron

Les premiers rendez-vous sont prometteurs, les quotidiens allemands s’enthousiasment pour la complicité du couple "MM". Mais Emmanuel Macron est un homme pressé. Sonmanifeste pour la relance du projet européen, le 26 septembre 2017 à la Sorbonne, est considéré outre-Rhin comme un faux pas. Trop d’ambition, trop vite. Et surtout au pire moment pour Merkel, qui sort affaiblie des législatives et peine à former une coalition.

Sur le fond, l’appel à uneintégration accrue de la zone eurofait grincer des dents à Berlin. Mais L’Europe est ainsi faite qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron n’ont d’autre choix que de s’entendre. "Il n’y a pas d’échappatoire à cette coopération entre la France et l’Allemagne, les deux plus grandes puissances européennes, voisins immédiats", analyse l’historienne Hélène Miard-Delacroix.

Leur modus vivendi ? Un subtil partage des rôles. "Emmanuel Macron dit en dièse ce que Merkel dit en bémol, mais ils jouent la même partition", assure Nathalie Loiseau, eurodéputé et ex-ministre chargée des Affaires européennes. Il y a bien quelques agacements entre lebad copfrançais et lagood copallemande. "Je comprends que vous souhaitiez une politique disruptive, mais j’en ai assez de ramasser les morceaux", se plaint un jour Merkel. Mais le couple tient. C’est même dans les crises qu’il va se révéler. Face au Brexit, à l’hostile administration Trump... mais, surtout, au Covid-19. Si Emmanuel Macron s’est, aux dires de Nathalie Loiseau, "beaucoup inspiré de la méthode Merkel" en dialoguant avec tous les pays européens, le président français semblait, cette fois, avoir convaincu son homologue de briser le tabou ultime en Allemagne : la mutualisation de la dette pour financer leplan de relance à 750 milliards d’euros. A l’aube de sa retraite, Merkel emporte avec elle un peu de Macron.

L’Express

Angela Merkel, un destin allemand


La chancelière allemande Angela Merkel en conférence de presse à Tirana, en Albanie, le 14 septembre 2021 . © Franc Zhurda/AP

La chancelière Angela Merkel tire sa révérence. Après 16 ans à la tête de l’Allemagne, la femme la plus puissante du monde, selon le magazine Time laisse un pays prospère et respecté sur la scène internationale. Pour une chancelière appartenant au parti chrétien-conservateur CDU, elle a pris des décisions étonnantes, comme la sortie du nucléaire (après la catastrophe de Fukushima), ou encore l’accueil de presque 1 millionde réfugiés en 2015. Angela Merkel est la première femme et la première Allemande de l’Est à avoir accédé à la Chancellerie. Moquée au début de sa carrière pour son « look », elle a su toutefois s’imposer dans un univers masculin avec une rare détermination. Elle a changé le visage du pays, mais aussi celui son parti la CDU, devenue plus centriste. Pour comprendre la chancelière et certains de ses choix politiques, il faut savoir d’où elle vient. Nous nous rendons sur ses traces en Allemagne de l’Est.

« Angela Merkel, un destin allemand »,un Grand reportage d’Achim Lippold. Réalisation : Laurie Plisson.

RFI, 23/09/2021

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