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Le nouveau roman de Sollers, à paraître en mars 2016

D 9 janvier 2016     A par Viktor Kirtov - C 4 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Le nouveau roman de Sollers, à paraître en mars 2016, aux éditions Gallimard, avec Hegel comme personnage central dévoilé dans cette vidéo de G.K. Galabov et Sophie Zhang.
De son fief du Martray dans l’île de Ré, Philippe Sollers nous lit des extraits de son manuscrit sur fond de corrida, de guitare et chants gitans « La Niña de los peines » ainsi que Vivaldi.
En exergue, cette citation de Hegel :

« La vérité est le mouvement d’elle-même

en elle-même »

Un livre centré sur Hegel. Le propos est dense, c’est pourquoi nous vous en proposons une transcription.

VIDEO SUR LE LIVRE &TRANSCRIPTION

Philippe Sollers - Mouvement from PhilippeSollers on Vimeo.

Image fixe de taureau dans la grotte de Lascaux contrastant avec le bruit de mer et un chant d’oiseau en arrière plan.


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Image en mouvement d’un taureau dans l’arène face au toréador.


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Fond sonore de castagnettes et guitare en prélude à un chant flamenco qu’entonne une voix féminine : « La Niña de los Peines »
Puis sur fond noir s’affichent ces mots :

Philippe Sollers
MOUVEMENT
roman

Un film de G.K. Galabov
Et Sophie Zhang

Un portrait de Hegel en noir et blanc. Animation ZOOM
Mention :

HEGEL
1770-1831

En plan fixe, le bureau de Philippe Sollers, dans la dépendance de sa maison du Martray dans l’Île de Ré. Là où Philippe Sollers a l’habitude de prendre ses quartiers d’été. Le temps de l’Île de Ré, c’est le temps de l’écriture, la grande affaire de Sollers au Martray.


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La scène est filmée au mois d’août 2015. Porte fenêtre aux volets verts s’ouvrant sur la pelouse verte et au fond le marais du Fier entre l’île et le continent (que l’on ne voit pas encore).


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Toujours la musique gitane en fond. Puis à nouveau le taureau noir dans l’arène, tandis qu’apparaît Philippe Sollers, assis à la terrasse de son bureau, une cigarette allumée au bout de son fume-cigarette. Et le marais du Fier à marée haute (le niveau de l’eau baisse fortement à marée basse). En avant-plan, le ponton de sa maison et le petit canot jaune, souvenir de son enfance.


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L’océan, la proximité de l’Espagne, la corrida, le flamenco, Sollers baigne ici aux sources de son enfance et sa jeunesse, les années d’initiation dans le « Barrio Chino » de Barcelone [1].


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Et majestueux, souverain, le cygne blanc, évoqué aussi par Julia Kristeva dans L’Horloge enchantée, règne sur le marais du Fier qu’il daigne partager avec le couple Sollers-Kristeva [2] :

« il y a un cygne blanc (devenu un personnage dans L’Horloge enchantée) qui me surveille nuit et jour, il a dû faire ici sa maison. Il incarne la stabilité et l’éphémère. »
Interview de Julia Kristeva par Florence Batisse-Pichet (revue Côté Maisons) sur les lieux de vie de l’auteure et la genèse de son roman "L’Horloge enchantée".

Philippe Sollers assis à son bureau, la main posée sur une page du tapuscrit annoté de son livre, lit. Débit lent, posé :

La tombe de Hegel

La tombe de Hegel

« En 1831, à 61 ans, Hegel, alors en pleine gloire, meurt du choléra à Berlin. J’ai encore dans ma poche trois feuilles de lierre cueillies sur sa tombe. Elles vivent, elles respirent, elles surplombent le monde. C’était un beau matin d’automne et le soleil filtrait à peine jusqu’à ce coin sombre. J’ai seulement noté la date, un 22 octobre. »

Plan de corrida
puis la lecture reprend

3’40 « Un autre 22 octobre, en 1818, Hegel s’exprime ainsi à l’ouverture de ses cours à Berlin : L’essence si fermée de l’univers ne conserve pas de force capable de résister à l’essence du connaître. Celui-ci l’oblige à se dévoiler, à lui révéler ses richesses et sa profondeur et à l’enfer jouit..

Plan de corrida, guitare et chant gitan féminin

4’42 « On ne doit pas oublier que Hegel à vingt ans comme ses camarades de Tubingen, Hölderlin et Schelling est un ardent partisan de la révolution française qu’il compare à un superbe lever de soleil, comme si, à ce moment seulement, on en était arrivé à la véritable réconciliation du divin avec le monde. Couteau noir de la terreur, sans doute, mais enthousiasme pour Bonaparte, âme du monde qui passe à cheval sous ses fenêtres, en 1806, à Iéna, et tristesse profonde en constatant son échec. De grandes choses se sont passées autour de lui. C’est un spectacle effrayant et prodigieux de voir un énorme génie se détruire lui-même, c’est la chose la plus tragique qui soit. La médiocrité pèse de tout sa masse, sans répit et sans relâche jusqu’à ce qui s’est élevé soit abaissé à son niveau ou soit plus bas qu’elle. On se croirait de nos jours d’extrême bassesse et après tout, l’église invisible des anciens étudiants continue son œuvre. ‘L’esprit, dit Hegel, est très lent même si mille ans sont pour lui comme un jour. Il est lent avec des accélérations rapides, vite freinées : la révolution glacée par la Terreur, Napoléon glacé en Russie, etc., mais toujours dans le temps il s’approfondit, il multiplie ses détours, il dépense sans compter, les nations, les peuples, les individus, il peut connaître des reculs apparents, et même des époques de barbarie.’ Là-dessus le XXe siècle a fait ses preuves. Au fond, Hegel est très étonné que l’esprit soit arrivé jusqu’à lui par, dit-il, ‘une chaîne sacrée qui passe à travers tout ce qui est passager.’

Plan de corrida, guitare et chant gitan féminin
puis plan du bureau avec le tapuscrit

7’54 Il sait qu’il est le premier à éprouver et à pouvoir dire que ‘la mort vit en lui une vie humaine, l’arrose de la raison dans la croix du présent’. Il prévoit que son influence et sa mésinterprétation produiront des désastres par renversement et oubli de la mort. On a appelé ça ‘remettre la dialectique sur ses pieds’ au nom du prolétariat […], de l’esprit absolu. Comment ne pas le haïr, d’ailleurs cet esprit ? Hegel note que ‘la pensée dérange l’absence de pensée et que son inquiétude dérange la paresse. Même s’il travaille beaucoup, l’être humain est essentiellement paresseux. Il se recroqueville dans l’agitation, il s’habitue, il s’adapte. A voir ce dont l’esprit se contente, on mesure l’immensité de sa perte’.

Long plan de corrida, guitare et chant gitan féminin
puis nouveau plan de Sollers dans son bureau, cette fois-ci, de dos, doigt de la main gauche pointé sur le tapuscrit, fume-cigarette dans la main droite, la fenêtre à sa gauche découvre la pelouse, et le marais du Fier, au bout du jardin, se fond dans le gris du ciel.

11’04

Hegel et la beauté

Notons aussi que jusqu’à Hegel prévalait une conception occidentale de l’art selon laquelle l’art consisterait en l’imitation, copie ou reprodution de la nature. A ce concept d’imitation Hegel oppose celui de création : « Le beau artistique est supérieur au beau naturel parce qu’il est un produit de l’esprit. ». Et en tant que produit de l’esprit, il est un moment de la vérité puisque le vrai est ce que l’esprit produit selon Hegel.

Il arrive à Hegel de parler des ‘nuées de l’erreur’ et du ‘ciel de la vérité’, il pense, de source sûre, que ‘dès le départ l’absolu est en soi et pour soi, auprès de lui et veut être auprès de lui’

La beauté dépourvue de force hait l’entendement, parce qu’il exige d’elle ce qu’elle ne peut donner.

Et voici sa déclaration la plus audacieuse : ‘

La mort est ce qu’il y a de plus redoutable et tenir fermement ce qui est mort est ce qui exige la plus grande force.
La beauté impuissante hait l’entendement, parce qu’il présume d’elle - l’entendement présume de la beauté – ce qu’elle ne peut donner.
Pourtant, ce n’est pas la vie qui s’épouvante devant la mort et se garde pure de la dévastation, mais celle qui la supporte et se conserve en elle qui est la vie de l’esprit. Il ne gagne sa vérité qu’en tant qu’il se trouve lui-même dans le déchirement absolu. Cette puissance, il ne l’est pas comme le positif qui se détourne du négatif, comme lorsque nous disons de quelque chose : ceci n’est rien ou faux, et alors, en en ayant fini, nous passons de là à quoi que ce soit d’autre ; mais il n’est cette puissance [3] qu’en tant qu’il regarde ce négatif en face, et séjourne près de lui. Ce séjourner est la force magique qui le convertit dans l’être.

Plan sur l’eau du Fier. Mouettes aux abords. Deux cygnes sur l’eau. Musique de Vivaldi.
Retour dans le bureau de Sollers, puis plan de corrida en fond de lecture de Sollers.

13’15 « Hegel est content du mot séjourner. Il fait très froid, le feu brûle dans la cheminée. Il rallume trois bougies, il va tremper sa plume dans l’encre et se lire. Il a l’air d’être penché sur une table mais il fait de la magie et il est à l’heure, c’est aujourd’hui. Nous nous trouvons à une époque importante, dans une fermentation, l’esprit a accompli une brusque poussée, il s’est dégagé de sa figure précédente et il en acquiert une nouvelle. Toute la masse des représentations antérieures, ses concepts et tous les liens du monde sont dissous et s’effondrent comme des visions de rêve. Un nouveau surgissement de l’esprit se prépare. La philosophie doit surtout saluer son apparition et le reconnaître pendant que d’autres qui lui résistent inefficacement restent collés au passé et que le plus grand nombre constitue la masse de son apparition sans en prendre conscience. Mais la philosophie en le reconnaissant comme l’éternel doit lui rendre hommage.

14’51 Changement de plan. Retour au bureau

Il y a eu deux événements capitaux dans l’Histoire : le christianisme et la Révolution française. Ne pas vouloir le savoir est d’un aveuglement sidérant, mais enfin tout cela a eu lieu. Il faut décaper ces deux énormités sans quoi on reste dans l’arriération bornée, et pour cela, nous avons des précurseurs trop ignorés Hegel, l’admirable, dans les écrits philosophiques français est ce qui fait leur énergie et la force du concept en lutte contre l’existence, contre la foi, contre toute la puissance de l’autorité établie depuis des milliers d’années. C’est leur caractère qui est admirable, le caractère du sentiment d’indignation la plus profonde contre l’acceptation de tout ce qui était étranger à la conscience de soi, de ce qui veut être sans elle et où elle ne se trouve pas elle-même. C’est une certitude de la vérité rationnelle qui défie le monde des idées reçues et qui est certaine de sa destruction. Elle a battu en brèche tous les préjugés et en a triomphé. De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace. A partir de là, on comprend pourquoi, toute sa vie, Hegel a été très surveillé, d’où son succès auprès des étudiants venus en masse à son enterrement. Plus clandestin qu’on ne l’a dit mais avec des protections importantes, il est passé à travers toutes les enquêtes menées à son sujet. Tout le monde savait plus ou moins qu’il appelait à des bouleversements inouïs. Le très étrange discours prononcé sur sa tombe par un certain Forster ne laisse place à aucun doute. Il traite ce mort de ‘cèdre du Liban’ de ‘laurier qui décorait la science de sa couronne’ d’étole du système solaire de l’esprit mondial, métaphore clairement maçonnique, il y a plus : un appel au combat. Que notre mission soit désormais de préserver, d’annoncer, de confirmer sa doctrine.

Ecoutez ça :

17’47 Changement de plan : taureau noir dans l’arène

On est au cimetière, des étudiants sont émus, la police veille. Venez donc pharisiens et docteurs de la loi qui, avec ignorance et présomption le méconnaissez et le calomniez. Nous saurons défendre sa gloire et son honneur. Venez donc, sottise, déraison, lâcheté, apostasie, hypocrisie, fanatisme, venez donc mentalité servile et obscurantisme, nous n’avons pas peur de vous car son esprit sera votre guide.
Le mort n’en pense pas moins dans son cercueil.

18’39 Changement de plan : retour dans le bureau

mais, c’est sympathique, et au fond, c’est tout simple. « Savoir la contradiction, dit Hegel, savoir la contradiction dans l’unité et l’unité dans la contradiction, c’est là, le savoir absolu, et la science consiste à savoir cette unité dans son entier développement par elle-même.

19’07 Retour dans l’arène, passes du toréador, guitare et chant gitan féminin

19’35 On sait peu de choses sur la vie privée de Hegel. Une période de grande intimité spirituelle avec son ami Hölderlin, à qui il envoie un poème plus ou moins ésotérique « Eleusis », un fils naturel avec sa logeuse de Francfort qu’il reconnaît puis débaptise à cause d’un vol. Ce Louis, Ludwig, finira militaire à Java, une femme silencieuse, Marie dont il a deux fils légitimes tout aussi discrets, il a choisi le masque d’une normalité simple, celui de la folie plus ou moins simulée n’étant pas pour lui, il tient le système. Cela dit, la génétique a ses surprises une descendante directe de Hegel n’est d’autre que Gudrun Ensslin, une des figures les plus marquantes de la fraction Armée rouge allemande, coupable de nombreux assassinats et suicidée en prison en 1977.

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Gudrun Ensslin
(descendante de Hegel)

20’52 plan de Al-Baghdadi, le calife de Daech, puis de Hitler

Dans un quartier de haute sécurité en même temps qu’Andreas Baader et Ulrike Meinhof. Elle aura été une marxiste radicale et terroriste. Elle est née en 1940 à Stuttgart, son père était pasteur de l’église évangéliste. Qu’il prénomme sa fille Gudrun, en 1940, prouve qu’il avait du Wagner plein les oreilles, le reste s’en suit. La jeune Gudrun devait être hantée par le fait que ses camarades puissent l’accuser d’être la petite petite fille d’un philosophe idéaliste depuis longtemps dépassé. Hegel, à la maison, était un nom interdit par la propagande hitlérienne puisqu’il était censé, remis sur ses pieds, avoir beaucoup influencé Marx et Engels. Gudrun ne verra pas la chute du Mur de Berlin, elle se pend dans sa cellule avec du fil électrique. Toute cette histoire reste d’ailleurs obscure comme bien d’autres suicides qu’on pourrait dire, assistés. Gudrun, aujourd’hui, se convertirait-elle à l’islamisme radical ? C’est probable ! Après tout, l’Histoire continue dans le même contre-sens furieux. Gudrun méprisant son ancêtre sans l’avoir lu, se voile et se met à réciter le Coran, les nihilistes ne peuvent pas penser le néant, ils y courent. Plutôt vouloir le rien que ne rien vouloir. Quoiqu’ils disent leur désir est celui d’un ordre répressif nouveau. Comment pourraient-ils ouvrir la Phénoménologie de l’esprit ? C’est trop difficile.

La roue carrée de James Joyce

La roue carrée de Joyce

James Joyce, dans une carte postale assez ironique, se présente à Miss Weaver (sa protectrice) comme un « conducteur de locomotive » et un « ingénieur » qui viendrait de fabriquer une machine révolutionnaire.

« Toutes les machines que je connais ne vont pas.Simplicité. Je fabrique une machine à une seule roue. Sans rayons, naturellement. La roue est parfaitement carrée. Vous voyez ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Attention : je suis extrêmement sérieux ; n’allez pas croire qu’il s’agit d’une histoire idiote de souris et de raisins. Non. C’est une roue, je le proclame. Et elle est absolument carrée. » [4]

Prolongeons cet extrait de Finnegans Wake cité aussi par Philippe Sollers dans « Joyce et Cie »,Tel Quel n° 64, Le Seuil. par le développement de

Sophie Mendelsohn sur la quadrature du cercle :

La quadrature du cercle : "a warping process" qui décrit la construction du livre : la dernière phrase, inachevée, s’arrête sur un « along the » sans point final, pour nous faire revenir au premier mot « riverrun, past Eve and Adam’s... ». Et le livre se divise en quatre parties, ce qui explique que le symbole pour Finnegans Wake dans les sigles soit un simple carré. Et pourtant cette roue doit tourner, avancer, même si c’est pour revenir au même point.

A ce propos, une tournure a retenu mon attention :"a warping process" (497.2-3), qui résonne avec work in progress.A warping process :to warp = gauchir, fausser, pervertir, voiler (une roue). L’image est à mettre en rapport, évidemment, avec le thème de laroue carrée, dont Joyce communique l’expression à Miss Weaver dans l’espoir de l’éclairer un peu sur ce qu’il est en train de réaliser.
Une roue carrée, qui « tourne », bien sûr, mais pas simplement, uniment rond ; au contraire, et par la logique même du dispositif, une roue qui tourne en se voilant, en étant en train de se voiler (warping : comme on parle d’une roue voilée pour une bicyclette) en chacun des points de la rotation. Elle revient donc dans ses traces, bien que ce ne soit jamais tout à fait les mêmes ; "in the multimirror megaron of returningties, whirled without end to end" (582.20-21), et chaque fois "with a little différence" (581.35). De l’ordre, donc, d’un infinitésimal, s’inscrivant ici dans le Wakepar voie de dissolution, d’annulation : un écrit signe les retours, les « retournités » du même dans l’autre voué à sa propre disparition.

Sillage en warping process, dérapage répété : "you have remembered my lapsus langways" (484.25), à travers les limites de quarante langues dont une : la manière « James Joyce » d’effectuer leur quadrature. Il est possible que ce soit à cela que Joyce pensait lorsqu’il parlait de la « construction mathématique » de Finnegans Wake.

Crédit : Le Ouï-dire de Joyce : FINNEGANS WAKE

Qu’arriverait-il alors à la pensée s’il n’y avait plus personne pour penser ? Vous pouvez répondre froidement : rien. Vous savez que le mouvement perpétuel, s’il existait, serait capable de fonctionner indéfiniment sans effort et sans dépense d’énergie. Bien entendu, on vous dira tout de suite que c’est impossible en raison des lois de la thermodynamique. Conclusion : on laisse le problème de côté comme pour celui de la quadrature du cercle. Une roue carrée, ça n’existe pas. Sauf pour ce fou de James Joyce. Impossible, insoluble. Vivez, dépensez et mourez. Le calcul ne s’arrête pas et pourtant il a ses limites, l’esprit lui n’en a pas et ne se repose jamais.

Il s’agit maintenant d’imaginer une existence humaine ayant atteint le mouvement perpétuel ou, ce qui revient au même, un volume très clair qui se lirait continuellement lui-même. Et voici de nouveau Hegel que je ne remercierai jamais assez de m’avoir contacté pour me redire que l’infini est la négation de la négation [5], le mouvement et l’infini en tant qu’unité de ses deux opposés : le temps et l’espace.

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Hegel et la négation

Crédit : France Culture (Les Nouveaux chemins
de la connaissance
du 15.10.2013)

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Il fait très beau, j’avais besoin de ce café fort, et encore un café serré !

Le seul vrai roman est le mouvement de l’esprit, rien d’autre.

25’07 : Arène, banderilles

En fait, dit Hegel, la philosophie est précisément, la doctrine destinée à libérer l’homme d’une quantité infinie de fins et d’intentions finies, et de le rendre indifférent à leur égard en sorte que ce soit pareil pour lui, que ces choses soient ou ne soient pas. Le seul vrai roman est le mouvement de l’esprit, rien d’autre.

25’44 : Pause musicale : Arène, taureau, toréador, passes, guitare, chant gitan

27’15 : Plan des marais de l’île de Ré, musique de Vivaldi, oiseaux de mer, puis portrait de Hegel


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27’40 Voici ce portrait de Hegel de 1829, c’est-à-dire deux ans avant sa mort, et alors qu’il a écrit, là en bas, …c’est signé et daté : « Toute connaissance est une reconnaissance. Celui qui me connait, ici, me reconnaîtra ». C’est tout à fait étrange comme inscription. Ce portrait n’est pas assez connu, il est d’une intensité peu commune.

28’33 : Philippe Sollers allume une cigarette au bout de son fume-cigarette. Puis vue extérieure du bureau de Philippe Sollers.


Alors donc, ça c’est un roman qui s’appellera « Mouvement » et dont l’exergue de Hegel est : »

Voilà le portrait d’un révolutionnaire

Une page de Madame Edwarda, le livre de Bataille s’affiche avec une citation de Hegel en préface :

30’ 15 Fin d’interlude musical. Toujours le chant gitan. Sollers feuillète les pages de son manuscrit

Je disais donc que la vie intime de Hegel est très peu connue. Il a été marié, a eu deux fils, a beaucoup travaillé. Point. Personne ne s’est intéressé à sa liaison, avant son mariage, avec sa logeuse de Francfort avec laquelle il a eu tardivement, un premier fils qu’il a reconnu, élevé, invité chez lui et sa femme à Berlin, puis désavoué en lui interdisant de porter son nom à cause d’une obscure affaire de vol. Ludwig, ce pauvre garçon, a fini par aller mourir à Java dans l’armée hollandaise. Sur cette histoire, silence de Hegel, le silence, sa spécialité. Mais enfin, comment était cette logeuse ? Tout le monde a voulu l’effacer. Je l’imagine très jolie, blonde, avec des yeux verts comme Athena, bleu-verts, ardente, séduite par ce jeune et beau professeur intense, l’aimant, se glissant dans son lit le matin, se faisant désirer de toutes les manières possibles.

31’20 Plan torero, taureau


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Cette logeuse n’a pas froid aux yeux, elle a peut-être des opinions révolutionnaires. Hegel est très amoureux d’elle. Il bande d’amour, il profite de chaque occasion pour se mélanger avec elle, il adore sa peau, son odeur, son cou, ses oreilles, ses bras, ses mains, ses fesses, ses seins. Elle l’embrasse passionnément, elle l’avale, elle jouit de le faire jouir, c’est le point important. Leur liaison va durer dix ans puisqu’elle n’accouche qu’en 1807, au moment où Hegel est déjà à Iéna. Sa grossesse va tempérer leurs rapports, mais aucun doute, elle aura été une mère pour cet aventurier de l’esprit. Pas de romantisme, la chose directe ! Quand la vie compliquée les aura séparés, Hegel pensera très souvent à elle, et c’est sans doute à elle qu’il pense en définissant la femme comme éternelle ironie de la communauté. Rien à voir avec l’éternel féminin, donc. S’ils se sont écrits, les lettres ont été détruites et il ne faut jamais oublier la surveillance policière dont ce penseur a été l’objet. Hegel se masque, devient professeur de plus en plus écouté, se marie à quarante et un ans, en 1811, se défie de tout. Seule l’œuvre compte. Il lui faut un ménage officiel, un foyer de tranquillité, sa femme est parfaite, aucun souci de ce côté-là, deux fils sans problèmes, pas la moindre ambiguïté avec les étudiantes, d’ailleurs peu nombreuses. Aucune Hannah Arendt à l’horizon. Pas de poème plus ou moins raté. Pas de silhouette de Lou Andreas Salomé. Beaucoup de bruit pour pas grand chose. Dans la fureur de l’époque, le calme à tout prix pour l’esprit.

Scène de torero et chant gitan

34’04 Face à sa déesse logeuse, ravissante et toujours de bonne humeur, Hegel se signale à nous comme le moins puceau des philosophes. Il a vécu à fond l’illusion et ensuite la disparition raisonnée de l’illusion, tout le reste est humain, trop humain, dérisoirement humain. Un qui n’est pas mal non plus, c’est Marx.

D’accord, il aime sa femme, l’adorable Jenny, une aristocrate et amie d’enfance qui appelle son mari le Maure, à cause de son teint basané. Il a très vite, six enfants avec elle, ce qui ne l’empêche pas d’engrosser une femme de chambre et de refiler le bébé à son ami Engels, le Capital avant tout mais il faut sans cesse se débarrasser de tas de socialistes arriérés. Coup de génie, Hegel est incontournable, sa dialectique couvre toute la réalité, mais on peut se servir de lui pour le dépasser. Marx trouve vite son arme atomique, le dévoilement de l’argent. Regardez comme il est bizarrement à l’aise dès 1844 en se mettant dans la tête d’un banquier d’époque. Marx a 26 ans, il fait parler le banquier : ma force est celle de l’argent, les qualités de l’argent sont mes qualités, mes forces essentielles. Ce que je suis et ce que je peux n’est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid mais je peux m’acheter la plus belle des femmes, donc je ne suis pas laid puisque l’effet de la laideur, sa force repoussante est annulée par l’argent. Je suis méchant, malhonnête, sans conscience, sans esprit, mais l’argent est vénéré, donc aussi son possesseur. L’argent est le bien suprême, donc son possesseur est bon. L’argent m’évite, en outre, d’être malhonnête et l’on me présume honnête. Je n’ai pas d’esprit mais l’argent est l’esprit réel de toute chose.
Comment son possesseur pourrait-il ne pas avoir d’esprit ? Voilà un magnifique portrait de l’intérieur d’un financier ou d’un mafieux mondial. L’avenir est radieux et la rédemption par le prolétariat remise aux calendes grecques. Hegel a immédiatement repéré cette passion monétaire chez ce cadet qui cherche à le supplanter. Je l’entends d’ici : ‘ce Marx parle trop d’argent, et je me demande s’il ne prépare pas à son insu et avec les meilleures intentions du monde, le triomphe de l’argent fou, c’est-à-dire de l’économie politique, c’est-à-dire de la mort’. Vous remarquerez qu’il ne parle jamais de la mort. La mort, elle, n’a pas hésité à parler de façon ultra simpliste la langue de Marx. Parler celle de Hegel est une autre affaire. Si on tente d’en faire un catéchisme, celui-ci se dénonce immédiatement comme nul. Vous connaissez la blague :

« Marx a dit que tout était argent, Freud que tout était sexe et Einstein que tout était relatif. »

Hegel maintient que tout est esprit, même dans la mécanique quantique. Donc idéaliste ? Pas du tout.

38’20 Scène de Corrida. Guitare Olé !

40’19 Retour dans le bureau de Sollers

Ce soir, il est un peu fatigué Hegel. Comme il le faisait autrefois, dans sa chambre de Francfort, il ouvre son Iliade pour se donner du courage. Il a toujours eu un faible pour Ajax, tout en s’étonnant que dans l’Odyssée il refuse, aux Enfers, d’adresser la parole à Ulysse. Vieille rivalité sportive, mais le voici, héros du mouvement, au cœur le plus périlleux de la bataille, il crie en s’adressant aux Grecs :

Chant 15 de L’Iliade d’Homère
(L’extrait dans la traduction de Leconte de Lisle, 1818-1894)

« Les Troiens franchissaient, dans leur fuite, les pieux et le fossé, et beaucoup tombaient sous les mains des Danaens. Et ils s’arrêtèrent auprès de leurs chars, pâles de terreur.

[…]

Ô amis, héros Danaens, serviteurs d’Arès, soyez des hommes ! Souvenez-vous de votre force et de votre courage. Pensez-vous trouver derrière vous d’autres défenseurs, ou une muraille plus inaccessible qui vous préserve de la mort ? Nous n’avons point ici de ville ceinte de tours d’où nous puissions repousser l’ennemi et assurer notre salut. Mais nous sommes ici dans les plaines des Troiens bien armés, acculés contre la mer, loin de la terre de la patrie, et notre salut est dans nos mains et non dans la lassitude du combat.

Il parla ainsi, et, furieux, il traversait de sa lance aiguë chaque Troien qui apportait le feu sur les nefs creuses afin de plaire à Hektôr et de lui obéir. Et, ceux-là, Aiax les traversait de sa lance aiguë, et il en tua douze devant les nefs.

« Chers héros Danaens bons serviteurs d’Arès, habiles, soyez des hommes ! Souvenez-vous de votre ardeur impétueuse. Croyons nous donc trouver derrière nous de l’aide ou quelque mur plus fort capable de sauver nos hommes du désastre ? Nulle de nos cités aux solides remparts n’est dans le voisinage où nous pourrions organiser notre défense avec des troupes fraîches. Nous voici donc dans la plaine, au milieu des Troyens puissamment cuirassés, loin de notre patrie, acculés à la mer, notre salut est dans nos mains, il ne luira que si nous combattons sans aucune faiblesse,
Il dit, et plein d’ardeur, avec sa lance aigüe, écarte l’ennemi. Tout Troyen qui s’avance auprès des vaisseaux creux avec le feu brûlant, il le guette et le frappe avec sa longue pique. Ajax devant les bateaux, de près, en blesse douze. »

Voilà, il est temps de dormir

42’18 plan corrida, chant gitan, mise à mort, Autoportrait Picasso, 30 juin 1972, zoom sur les yeux.


La Mise à mort - ZOOM... : Cliquez l’image.
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Picasso, Autoportrait, 30 juin 1972
Picasso a 90 ans ; il regarde la mort prochaine, un an après le 8 avril 1973.

puis portrait Le jeune peintre.

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Picasso, Le jeune peintre, 14 avril 1972.

et "L’oiseau bleu" de Cnossos


Cnossos, Oiseau bleu, 1550 av. J.C.
ZOOM... : Cliquez l’image.
Ré, 10 août – Madrid, 20 septembre 2015

Musique
La Niña de los Peines
Vivaldi

Un film de G.K. Galabov et Sophie Zhang
Montage : G.K. Galabov

La Niña de los Peines

Pastora Pavón Cruz autrement appellée "La Niña de Los Peines" est née à Séville en 1890, morte dans cette même ville en 1969. En 1968, une statue la représentant est érigée sur la Alameda de Los Hercules, un peu avant sa mort. Se voir élever une statue de son vivant est un témoignage de sa célébrité et de l’admiration que lui portaient son public et elle restera pour la postérité l’une des plus grandes voix du Flamenco. Elle avait la faculté de transformer tout ce qu’elle chantait en "cante Grande "(grand chant).

Sur Finnegans Wake

Alfred Jarry : Joyce a su faire « dans la route des mots, un carrefour de tous les sens ».

Flaubert projetait d’écrire un roman qui devait s’intituler la Spirale, ce titre pourrait convenir à Joyce et à son écriture, qui fait un retour sur ses récits plus anciens pour les intégrer et les relancer en un mouvement qui ne clôt pas le cercle de la spirale mais l’ouvre à l’infini en une illimitation de langues et de fictions et de langues comme fictions et où la vérité du texte n’est pas à déceler ailleurs qu’à sa surface comme le pensaient les cabalistes et aussi, dans le cadre d’une cure, les analystes du discours de l’analysant. A cause de son « absence absolue de l’absolu » comme le soutient Samuel Beckett, l’anglais strangerous de Joyce met le lecteur qui veut en faire l’expérience à rude épreuve –le contraire aussi bien. Il faut être un solide lecteur, comme on dit de quelqu’un qu’il est un solide buveur pour encaisser cette soébriété de langues qui donne livresse (en un seul mot) des sens et qu’on pourrait se risquer, en déconnant à peine, d’appeler l’absinthôme qui noue le jouir au sens. Dans tous les cas, force est de constater qu’un génial parlettre (avec 2 t comme joie - sic) a assuré la mise en page d’un texte monumental qui peut faire sienne cette formulation de Michel Leiris dans son Glossaire –J’y serre mes gloses : « Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles. »
Crédit : Daniel Cassini :The James Joyce Experience



[1« Barcelone est mon université accélérée vitale. C’est là que Picasso a fait ses classes. Le quartier chaud s’appelle, comme par hasard, le « Barrio Chino », le quartier chinois. »
Philippe Sollers, Un vrai roman.

[2Julia Kristeva : « je vois notre maison de l’Ile de Ré, au bord de l’Océan et des marais salants. […] Mon image la plus émouvante est lorsque je m’installe face à l’ordinateur dans la véranda. Julia Kristeva a son propre bureau avec véranda, dans la maison principale.

[3Macht

[4James Joyce,Lettres, t.1, Gallimard, 1962, p. 307.

[5C’est l’exergue de l’Éditorial de L’Infini n°1, 1983. Cf. Sollers dans l’Infini.

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4 Messages

  • Alma | 27 avril 2016 - 15:53 1

    Oui, il a bien raison l’anonyme qui a commenté cette émission... Un Sollers chatoyant, à son meilleur !


  • V. Kirtov | 10 avril 2016 - 11:42 2

    Merci au lecteur qui a oublié de se nommer et a commenté cette émission.
    Qu’il répare cet oubli en nous indiquant son nom et nous rendrons à César ce qui appartient à César, en remplaçant ce mot « anonyme » par le sien.

    Le Temps des écrivains
    France Culture
    Samedi 9 avril 2016

    Christophe Ono-Dit-Biot reçoit Philippe Sollers.
    Un échange plein de vivacité et de virtuosité dans le maniement de la langue parlée.
    A écouter plutôt qu’à lire, même si nous avons noté quelques mots, captés en plein vol :


    « Vivre au plus que présent »
    « Hegel, le penseur de la mort qui vous dit quelque chose »
    « Il y a des gens qui n’ont pas peur de la mort et c’est là leur force »
    « Vivre, c’est apprendre à mourir, je suis de Bordeaux, comme Montaigne »
    « Le savoir vivre est très en danger face au savoir mourir »
    « les poètes fondent seuls ce qui demeure » Hölderlin

    Lecture par Sollers du passage du livre consacré à Allah. A écouter.

    « Sur quoi avez-vous envie de vous radicaliser ?
    Pour affronter l’autre radicalisation, la mortifère »

    Choix musical : Les variations Goldberg de Bach interprétée par Glenn Gould :

    « C’est un génie Gould qui interprète un autre génie ».

    Et Sollers justifie magnifiquement son choix.

    Sur les manuscrits d’écrivains :

    « Les collectionneurs sont à l’œuvre. Comment croyez-vous que je vis. »
    Décadent, …déliquescence… : « Mettez un sucre dans le café, voyez ce qui arrive ! »

    « On m’accuse toujours de ne pas écrire des romans du XIXème siècle, j’écris des motets […]…J’écris le roman de mon époque dans ce qu’il y a de plus nerveux »
    « Un motet est une forme musicale avec une partie chantée, généralement courte »

    Sollers développe ensuite la recherche de musicalité dans ce qu’il écrit. Motet vient d’ailleurs de « mot ».

    « J’ai une éthique, mais prise très peu la morale »


    Sollers n’hésite pas citer ses détracteurs. A son propos :

    « Il est tellement taré qu’il a des avatars »


    A propos de son livre « Mouvement », Sollers :

    « C’est un livre de conviction, extrêmement affirmatif, qui peut toucher. Sensible aux singularités. »

    Christophe Ono-Dit-Biot extrait deux citations de la fin du livre :

    « Ma vie a été remplie, j’ai beaucoup joui »

    empruntée à Vivant Denon


    Et à propos de son livre « Femmes » :

    « Femmes n’a jamais été lu, il attend d’être lu »


    Christophe Ono-Dit-Biot invite Sollers à lire la dernière page de Mouvement, intitulée « Matin ». Convocation des cinq sens à la fois…
    Le dernier mot :

    « ciel », « la traversée du ciel ».


    En même temps, que Glenn Gould interprète, un dernier extrait des Variations Goldberg et que Christophe Ono-Dit-Biot repose à nouveau la question « Pourquoi ce choix ? »
    -

    « Parce que c’est la vie à son plus haut niveau de virtuosité. »

    Crédit : http://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-des-ecrivains/le-temps-des-ecrivains-samedi-9-avril-2016

    oOo


  • anonyme | 9 avril 2016 - 18:13 3

    A peine croyable Sollers radiophonique ce 9 avril 2016 à 17h sur France Culture http://www.franceculture.fr/emissions/le-temps-des-ecrivains/le-temps-des-ecrivains-samedi-9-avril-2016

    Grâce soit rendue à la très profonde candeur (ou bêtise) du journaliste, voici que Philippe Sollers donne une interview comme il y avait longtemps que l’on ne l’en croyait plus capable. Il est précis, à propos, pointu, et une sorte de clandestinité retrouvée lui offre alors cette ironie vraie dont les facéties ne sont plus feintes, mais splendides et sincères. On le dirait revenu aussi bien de la vanité qui lui pesait le poids d’un piédestal en bronze sur les sourcils, et on rit bien volontiers avec lui de l’énormité de la candeur à l’œuvre. Mieux, son diagnostic n’a jamais été plus limpide, ni plus réel, il le développe là avec un esprit de synthèse sans déchet, sans phrases qui foutent le camp, sans redites, à frais neufs. Quelle surprise !

    En attendant de le lire, chapeau l’artiste, encore !


  • Albert Gauvin | 11 février 2016 - 11:41 4

    Lettre de Jean-Luc Godard à G.K. Galabov et Sophie Zhang,
    après réception du film Mouvement pour la parution du roman de Philippe Sollers.


    Lettre de Jean-Luc Godard. crédit : Ph. Sollers
    Zoom : cliquez l’image.