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Lectures et méditations pour un Président (I)

En prélude à la visite au Vatican + Echo vidéo de la visite

D 20 janvier 2014     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


25/01/14 Ajout Echo vidéo de la visite
27/01/14 Matzneff : Hollande, pingouin for ever (Le Point)

Quand deux François se rencontrent que se racontent-ils ?

...des histoires de François :

Notre Président François va rencontrer le Pape François, le 24 janvier, le jour de la Saint-François de Sales...
Cherche t-il à se mettre sous la protection d’un saint ? Peu vraisemblable chez notre président aussi proche de la religiosité qu’un esquimau d’une île au soleil. A noter que le saint patron du pape n’est pas François de Sales, mais François d’Assise dont la fête est le 4 octobre. Même si la « notoriété » de François d’Assise, est plus grande, la rencontre sous les auspices d’un saint François, n’est pas contre indiquée lorsque le président vise son retour en grâce, auprès de l’électorat catholique.

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Par Cabu, Le Canard enchaîné

Les blagues de François Hollande


Il arrive à François Hollande qui a tant revendiqué sa « normale attitude » - sa normitude - d’oublier qu’il est Président de la République et de lancer des blagues de Premier Secrétaire lors d’un banquet du parti - ou de citoyen normal - avec qui il continue de cohabiter, le jour-la nuit, à pied-ou à scooter. Dommage que Lacan ne soit plus là pour analyser le verbe du président et son double ! Lors d’un discours à l’occasion du 70ème anniversaire du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) sa verve blagueuse avait laissé échapper : Manuel Valls revient d’Algérie "sain et sauf, c’est déjà beaucoup", ce qui rendit les Algériens perplexes... Et François Hollande dût s’en excuser. A sa décharge, nous nous devons d’ajouter que le contexte dans lequel a été prononcé cette petite phrase douteuse en limite un peu la portée ; il est bien commenté sur le site du Huffingtonpost.fr

François Hollande s’était aussi allé à une blague douteuse lors de l’annonce du départ de Benoît XVI, le prédécesseur du pape François donc. C’était à l’occasion d’une conférence de presse en compagnie du président nigérian Goodluck Jonathan, (le lundi soir de l’annonce), François Hollande a tout d’abord dit son souhait de "laisser l’Église catholique déterminer comment elle entend organiser (la) succession" de Benoît XVI avant d’ajouter, sourire aux lèvres : "Nous ne présentons pas de candidat."
Ajoutons, cependant, qu’il avait plus tôt dans la journée qualifié la décision de Benoît XVI "d’éminemment respectable".

Quelle nouvelle blague sur le pape François, cette fois, va-t-il nous concocter, lors d’un prochain point presse avec des journalistes, car l’inspiration lui vient en public...
Même si elle devrait rester privée.
Mais bien sûr, une blague in petto, n’a aucun intérêt.

Le secret

N’est-ce pas un sujet de méditation quand on vient d’être victime d’indiscrétions jetées sur la place publique ? Mais il est d’autres secrets plus lourds qui restent dans les armoires du Vatican. Sollers en a fait le sujet d’un livre : son titre « Le Secret », justement. Il traite de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul 2. Une page d’Histoire, du temps de la Guerre froide entre le Bloc russe et occidental. Que ce soit de Gaulle ou Mitterrand, tous deux avaient une intime connaissance de l’Histoire. Elle nourrissait leur réflexion et leurs décisions. François Mitterrand se doit donc de lire le « Secret » avant de visiter le pape François.

Et la Chine ?

Le Président interrogé sur sa prochaine visite au Vatican

C’était lors de sa conférence de presse du 14 janvier 2014 :
"Je pense que le Pape peut être utile sur certains sujets. C’est une grande autorité morale. Notamment sur le dossier syrien, il peut être précieux pour convaincre dans la recherche d’une solution politique". Précieux aussi, "dans les négociations entre Israéliens et Palestiniens." Il souhaite aussi l’entretenir au sujet des chrétiens menacés obligés de fuir.
"Il y a aussi une question qui m’engage ainsi que le gouvernement. Celle sur la conférence sur le climat que la France organise en 2015. Nicolas Hulot s’est rendu il y a peu au Vatican." Il a souhaité que les autorités spirituelles puissent appeler à ce que chacun comprenne bien l’enjeu de cette conférence. Le climat, c’est la nature, c’est aussi l’humanité".
"C’est un chef d’Etat qui rend visite à une autre chef d’Etat".

Sous des dehors légers et pas sérieux, Sollers parle aussi du pape François dans l’émission « On va tous y passer » (France Inter, 17/01/2014) mais il ne faut pas s’y tromper le propos est plus sérieux qu’il n’y paraît : la Chine est bien un enjeu stratégique pour le jésuite François. Ce pourrait être un sujet à aborder par les deux François. Notre président a cité la Syrie, la CentreAfrique, la protection de la nature comme thèmes de leur prochain entretien, pas la Chine. Peut-être que la longue-vue de notre président ne porte pas aussi loin dans l’espace et dans le temps passé et à venir ? Le pape François n’oublie pas qu’un autre jésuite Mattéo Ricci avait commencé la conquête (« l’évangélisation ») de la Chine au XVIe siècle. Mais Mattéo Ricci n’a pas cherché à imposer son modèle de civilisation, il a commencé par apprendre le chinois et s’imprégner de la civilisation chinoise. Il s’est fait d’abord Chinois... reconnaître comme lettré, s’est fait admettre à la cour de l’Empereur... mais n’a pas été suivi par Rome. Il est cependant aujourd’hui l’un des rares étrangers à faire partie de l’Histoire de la Chine. A l’époque, il n’avait pas été suivi par Rome, mais le Jésuite François entend bien réparer cette erreur.

« Nous devons toujours demander pardon et regarder avec beaucoup de honte les échecs apostoliques entraînés par le manque de courage. Pensons par exemple aux intuitions pionnières de Matteo Ricci qui, à l’époque, furent abandonnées. » dit-il.

Le dossier de béatification est sur son bureau depuis le 10 janvier (Voir article du Journal La Croix).

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Tombe de Mattéo Ricci (1552-1610) à Pékin,
à l’image de l’empreinte qu’il a laissée en Chine.

Un autre sujet de méditation

Les Etats Unis peuvent collecter tous les messages du monde - y compris les SMS de Julie à François de France - mais le pape a des antennes qui portent loin. François Hollande a tardé à lui rendre visite, mais en ces temps de grande révision de ses positions, à la veille d’échéances électorales - ne pas se priver d’un signe vers ses électeurs catholiques potentiels - au-delà de ces motivations de circonstance, ce peut être l’occasion d’une méditation profonde sur l’exemple de Mattéo Ricci, sur l’enjeu chinois de la France. Et Sollers a l’oreille fine pour ce qui touche au Vatican et à la Chine.
Ecoutons le dans sa prestation lors de l’émission « On va tous y passer » :

Les Rois du Moyen Age avaient leur bouffon. Sous leur bouffonnerie ils pouvaient faire passer quelques vérités essentielles et recadrer le monarque avec jovialité et humour. Peut-être François Hollande a-t-il plus besoin d’un bouffon que d’un conseiller en communication. Et comme lui-même aime la jovialité et l’humour, peut-être ferait-il bon ménage avec un fou du Roi ?
Sollers pourrait prétendre au poste. Il vient de publier Médium - un « manuel de contre-folie », un autre livre à méditer pour notre président, tout indiqué en ces temps de folie.

Chanoine honoraire de la basilique Saint Jean de Latran à Rome

Héritage de l’Histoire depuis Henri IV, le chef de l’Etat français est détenteur du titre de « Premier et Unique Chanoine honoraire de l’Archibasilique majeure de Saint-Jean-de-Latran.
Deux jours après l’élection de François Hollande, le Chapitre de la basilique Saint-Jean-de-Latran a envoyé une lettre au nouveau président de la République française l’invitant à Rome pour y prendre possession de son titre.
François Hollande a accepté le titre de chanoine de Saint-Jean-de-Latran. « Par tradition », dira-t-il, mais il ne sera pas officiellement intronisé lors de sa visite du 24 janvier


François Hollande et le Pape, coulisse d’une audience pour se rabibocher avec les catholiques

Par Stéphane Grand

L’Opinion, 08 Janvier / 13 janvier 2014

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François Hollande et le Pape François

Le Pape François recevra François Hollande le 24 janvier au Vatican. Perçu comme un défenseur strict de la laïcité, le chef de l’Etat a tout fait pour décrocher une audience avec le pape. Objectif : atténuer le rejet des catholiques

Les faits -

François Hollande sera reçu le 24 janvier par le pape François au Vatican. L’Elysée a tout fait pour que cette rencontre ait lieu avant les élections municipales. A la suite du débat, parfois violent, sur le mariage homosexuel, le désamour des catholiques de France vis-à-vis du chef de l’Etat est profond.

C’est une audience que l’Elysée rêvait de concrétiser. Miracle ! Elle tombe à pic. Le pape François recevra François Hollande le 24 janvier prochain au Vatican. Depuis l’automne, la cellule diplomatique de l’Elysée a multiplié les contacts pour que cette rencontre ait lieu dans les meilleurs délais. En décembre, au Saint-Siège, Nicolas Hulot, l’envoyé spécial du chef de l’Etat pour la protection de la planète, a lui-même œuvré en ce sens pour accélérer le processus auprès des services pontificaux. Officiellement, François Hollande et le Pape François discuteront des dossiers internationaux. « Notamment de la situation en Syrie, mais aussi plus largement du Proche-Orient », confie un membre du cabinet présidentiel. En fait, cette rencontre avec le souverain pontife aura une teneur beaucoup plus « forte et symbolique ».

Cette audience papale, tous les chefs d’Etat de la Ve République s’y sont pliés, voire pressés... Valéry Giscard d’Estaing avait rencontré au Saint-Siège Paul VI en décembre 1975. Pour François Mitterrand, ce fut encore plus tôt après son élection, dès février 1982, dans la bibliothèque privée du Saint-Père, pour un tête à tête avec Jean-Paul II. Jacques Chirac, lui, fit la visite au Vatican en janvier 1996. Quant à Nicolas Sarkozy, accompagné entre autres de l’humoriste Jean-Marie Bigard, il fut reçu une première fois par Benoît XVI en décembre 2007.

Jusque-là, François Hollande avait montré peu d’appétit pour l’exercice. Pour la messe d’intronisation du pape, il s’était fait représenter par Jean-Marc Ayrault. Mais les temps changent... A la hauteur surtout du désamour des catholiques de France vis-à-vis du Président.

Le pêché originel, c’est bien sûr, l’intense bataille parlementaire et médiatique, prolongée dans la rue avec des centaines de milliers de manifestants lors du débat sur le mariage homosexuel. Elle a créé bien plus qu’un malentendu. François Hollande, souvent accusé d’être un « indécrottable laïcard », s’est même vu qualifié de « Président cathophobe » par les plus extrémistes. Lui s’est réfugié derrière un dialogue « apaisé » et « fructueux » avec les religions. Pourtant, la fracture avec l’Eglise de France est bien réelle. En témoigne cette phrase, de décembre 2012, de Monseigneur André Vingt-Trois, archevêque de Paris, obligé de préciser qu’il n’avait pas de « problème avec la gauche au pouvoir ».

« Il faut le reconnaître, il y a des dossiers très sensibles, le mariage pour tous en a été un, concède un ami du Président. On ne doit pas oublier aussi tout le débat sur la fin de vie. François Hollande y a été très sensible, même s’il n’a pas toujours laissé paraître toutes ses préoccupations. » A l’Elysée, mois après mois, ces crispations ont été observées, à mesure que le fossé s’est creusé. Depuis l’été, plusieurs messages de bonnes grâces ont été envoyés au Vatican. Le 15 juin, une délégation d’une quarantaine de parlementaires reçue exceptionnellement à Rome, en audience privée, par le pape, a été vécue comme un « premier signal important », reconnaît Thomas Thévenoud, député PS de Saône-et-Loire et seul parlementaire socialiste présent lors de ce déplacement. [...]

Il y a quelques jours, Dominique Bertinotti a annoncé qu’elle écartait la procréation médicalement assistée de la future loi sur la Famille, sans attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique. Cette PMA combattue par l’Eglise et les associations catholiques. L’Elysée avait tranché sans hésiter, pour ne pas rouvrir un nouveau front. « On ne va pas remettre cent sous dans le bastringue ! », a même lâché François Hollande, en très petit comité.

Cette visite intervient donc à un moment particulier. François Hollande est en phase de reconquête de son image, sur des territoires (dont la religion) sur lesquels il s’est montré très discret. « Il a pu apparaître comme un croisé de la laïcité, reconnaît un député socialiste. Peut être un peu trop ? ».

Un Président athée

Elevé dans la tradition catholique - baptême, communion et confirmation -, François Hollande a fait ses études secondaires dans un établissement privé. Mais son engagement au PS va définitivement le détourner des bancs de l’Eglise. En 2002, dans un livre d’entretien avec le journaliste Jean-Yves Boulic,Ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas, il confesse d’ailleurs avoir basculé dans l’athéisme : « Je suis arrivé à un point où ce qui s’impose, c’est plutôt la conviction que Dieu n’existe pas, que le contraire. J’ai été longtemps agnostique, désormais mes doutes se sont transformés en certitudes. » Pendant la campagne présidentielle, le candidat socialiste s’en tiendra au strict minimum, indiquant que « présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité. »

[...]

Plusieurs proches du Président vantent aujourd’hui l’incroyable image véhiculée par le pape François :

« Ses discours sur l’argent, toute proportion gardée, me font penser au Hollande du Bourget », s’enflamme un de ses amis. « Ce pape parle du monde au monde entier, reconnaît encore le député socialiste Thomas Thévenoud. Quand il a été à Lampedusa après le naufrage de dizaines de réfugiés, il s’est exprimé sur la mondialisation de l’indifférence. Aucun grand socialiste européen ne l’a dit, ils auraient pourtant pu s’en inspirer. » Monseigneur Bergoglio superstar du moment, élu homme de l’année par plusieurs grands journaux internationaux dontTime, est tout à coup devenu indispensable... « François et François sur la même photo, ça va être quelque chose », jubile par avance un de ses conseillers qui a plaidé pour ce tête-à-tête.

Il était donc temps pour François Hollande d’aller à sa rencontre, et en même temps d’essayer de regagner le coeur des catholiques méfiants à son endroit. Si au PS, on classe facilement la cathosphère à droite, certains n’en oublient pas pour autant son poids lors de certaines conquêtes électorales. De 1977 à 2004, les gros bataillons des catholiques venus de la JEC, de la JAC et de la JOC ont permis à la gauche de conquérir de nombreuses villes de l’Ouest, puis la région Bretagne. La rue de Solférino s’inquiète maintenant pour les municipales. Au delà du symbole, l’inclinaison le 24 janvier de François vers François aura une saveur toute particulière...

Stéphane Grand
Crédit : L’Opinion

Echo vidéo de la visite

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La couverture vidéo de l’audience par la chaîne KTOTV :

Crédit : http://www.youtube.com/watch?v=KEItywGNaHY#t=13

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En visite au Vatican, François Hollande s’est assis avant le pape François au mépris de tous les usages. Gabriel Matzneff s’en étouffe de rage ..."Pingouin for ever" lance t-il. lepoint.fr
27/01/2014

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