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Sollers : Trésor d’amour. Feuilletez le livre

Version numérique & Critique et plus...

D 8 janvier 2011     A par Viktor Kirtov - C 8 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Entre le français et l’italien, il y a une longue et bizarre histoire.
Elle ne demande, avec Stendhal, qu’à s’approfondir.


Philippe Sollers.

Le livre en version papier chez amazon

18/08/2011 Ajout vidéo

Le livre en version numérique

Feuilletez le livre sur le site de Gallimard
 :

L’extrait en version pdf


Pileface a testé, pour vous, la version intégrale numérique, à partir de Bibliosurf.com Une des librairies qui assure la distribution numérique opérée par epagine.fr

Le livre est annoncé en format ebook et PDF... PDF ! Super me dis-je ! Les versions numérisées en mode image engendrent chez moi de la frustation. Il est certes possible de lire un texte, même effectuer une recherche, mais réaliser un simple copier-coller pour extraire une citation en mode texte n’est pas possible. A noter que les récentes numérisations de la BnF/Gallica sont réalisées en mode image et texte . (Cf. Oeuvres philosophiques de Diderot). Un avantage significatif, par rapport aux numérisations Google, toutes jusque-là, accessibles en mode image, seul, et affligées du même inconvénient...
Je choisis le téléchargement en PDF. C’était sans compter avec la mention qui suivait en plus petits caractères « DRM Adobe », c’est-à-dire « Digital Rights Management », ce qui aura pour conséquence de nécessiter le téléchargement d’un lecteur spécial de Adobe (Adobe Digital Editions) pour lire le fichier. Et là, nous sommes ramenés au problème précédent. Les droits autorisés sont surtout des interdictions. Pas possible de copier-coller, ne serait qu’une courte citation...

Sachant que le téléchargement est facturé 14 ? et que le livre en version papier vaut 17,01 ?, n’ai trouvé aucun avantage décisif dans la version numérique bridée. Protéger les droits d’auteur, contre le piratage qui a une incidence commerciale sur les ventes, certes, mais devrait permettre la copie partielle d’extraits à des fins personnelles, non commerciales. Sinon pourquoi lire sur un portable ou une tablette ce qui est, encore, plus maniable en version papier. Les journaux, à part, dont la dimension temps réel, consommable, jetable, s’accommode bien du support électronique, encore que le copier-coller d’extraits, serait aussi un plus. Me considère pourtant, assez technophile, et ne doute pas que la lecture sur écran finira par devenir majoritaire.

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Ipad 1ère version : 680g. Encore trop lourd comme livre de chevet

Deux conditions actuellement non remplies me semblent nécessaires pour une montée en puisssance du livre numérique, au-delà des premiers adopteurs de toute technologie nouvelle.
- Des tablettes légères, l’Ipad est encore beaucoup trop lourd avec ses 680 grammes pour en faire un livre de chevet. et être tenu longtemps à bout de bras - comme sur la photo.
- Pouvoir tirer partie de toutes les facilités informatiques, liées à un usage, personnel, non commercial.

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L’exergue

Douleur d’amour ne dure qu’un moment,
Trésor d’amour dure plus que la vie.

Proverbe vénitien [1]
(16e siècle)

L’amour a toujours été pour moi la plus
grande des affaires, ou plutôt la seule.

STENDHAL

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Tendance ?

« Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux ! »
dit Woody Allen en boutade, lui qui capte bien quelques paradoxes de l’époque.
Les publicistes, pour le meilleur - ce sont de bons révélateurs de l’époque - et le pire, comme les charognards, ont flairé la bonne affaire. Le Club Med propose une « cure de bonheur », et Coca-Cola s’autoproclame « distributeur de bonheur » [2].
Slogans de publicistes contre formules d’écrivains ou d’humoristes, choisissez !

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Illustration Régis Faller

Sollers parle de son livre et de ses sujets de prédilection.

Dans la presse

Revue Transfuge

Grand entretien avec la revue Transfuge

Magazine des Livres / Nouvel Obs

Causerie littéraire avec Ph. Sollers (1/2) 13’32 :


Dans « Trésor d’amour », Philippe Sollers propose une ballade érudite à Venise dans le sillage de Stendhal. Joseph Vebret a rencontré cet écrivain inclassable, le temps d’une nouvelle « Causerie littéraire » en deux parties. Une interview à retrouver intégralement dans « Le Magazine des Livres » de janvier-février 2011.

Causerie littéraire avec Ph. Sollers (2/2) 18’12 :


Dans cette deuxième partie, Joseph Vebret, arrive à toucher, au plus intime et essentiel chez Sollers. Don d’accoucheur. On entend presque "Poussez, poussez !" dans ses relances. Dressez l’oreille. En fin d’interview, Sollers commente son tiercé favori : "la liberté, l’amour, la poésie". S’agissant de commenter Trésor d’amour, le mot amour n’est pas inattendu, mais insistance sur la liberté et la poésie. La plus grande des libertés, rappelle Sollers, citant Montaigne, étant celle de se suicider. Toujours en filigrane chez Sollers, dans ses textes et ses interviews : la liberté comme principe premier, et aussi l’horizon de la mort, la tentation du suicide (écartée par deux fois dans le cours de sa vie, note pileface - la citation de Montaigne n’était accompagnée d’aucun soulignement), et la dimension poétique de ses romans (peu soulignée par la critique) : La musique du texte qui devient poème. Ode à l’amour "libre", liberté qui chez Sollers s’accorde avec le "secret", la "clandestinité", autres thèmes récurrents dans ses romans.

A la radio

(Les paroles s’en vont, les archives restent. Pièces à conviction à charge ou décharge)


France Inter, 3 janvier (26’) : L’Invité de 18h 15 par Philippe COLLIN et Xavier MAUDUIT

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France Inter, 5 janvier (48’) : Plan B... par Frédéric BONNAUD

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France Culture, 6 janvier (19’30). Le RenDez-Vous par Laurent GOUMARRE

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France Culture 6/01/11 : RDV Philippe Sollers, Renaud Capuçon, Frank Braley
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Europe 1, 19 janvier (13’55). Bienvenue chez Basse, avec Jean-Marc Parisis.

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L’« affaire » Céline, Trésor d’amour


RCJ, 28 janvier (22’), la radio de la communauté juive.

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SUR FRANCE INFO CULTURE, le 17/01/2011
Sollers, Stendhal, Venise et l’amour

Philippe Sollers est l’invité du matin pour son nouveau roman Trésor d’amour chez Gallimard, au micro de Raphaëlle Duchemin et Philippe Vallet. Quand Stendhal est au côté de l’écrivain.


Philippe Sollers pour son nouveau roman "Trésor... par FranceInfo

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CRITIQUE


Sollers dans les mots de Stendhal

LE MONDE DES LIVRES | 06.01.11 |

Les couleurs et la teneur de ce Trésor d’amour sont annoncées dès la couverture : le rouge et le noir, un roman. Rouge pour le titre, noir pour le nom de l’auteur, Philippe Sollers. Annoncées et presque aussitôt dénoncées : très vite Le Rouge et le Noir, qui est le titre d’un autre livre, sera nommé par son seul prénom, "Le Rouge", comme si l’on devait un prénom à Stendhal qui n’en eut guère (ou trop, Henri, Arrigo, Dominique...) et l’on apprend dès la quatrième ligne que ce Trésor d’amour, qui sonne comme une confiserie, est un titre usurpé, il eut dû s’appeler Delta : "Le titre, Delta, est là depuis des années, je revois quand et comment il a surgi en mouvement devant moi, l’eau miroitante du Dorsoduro, à Venise, les lettres bleues sur fond blanc du grand bateau venant d’Alexandrie. Il était midi, les cloches sonnaient à toute volée, j’avais pris une sérieuse dose, l’horizon se mêlait à lui-même, c’était le splendide automne, et une fois de plus la grande certitude était là."

Venise, un décor vital pour Sollers qui y passe ses saisons douces, un décor et un corps, nous y sommes, à pied d’oeuvre pour le roman d’amour que le titre promet. "Tesoro d’amore" a existé, un bric-à-brac où l’on peut fixer soi-même, sous l’indifférence lasse du tenancier, le prix des bagues que l’on offre à celle qu’on aime. Ici, elle s’appelle Minna, jeune, belle, libre et cultivée, une universitaire spécialiste et amoureuse de Stendhal, elle aime les fleurs pour ce qu’elles sont, pas pour les messages qu’on leur prête, elle aime le narrateur qui ne se nomme pas ni ne se cache d’être l’auteur lui-même (il cite coquettement son Dictionnaire amoureux de Venise et La Fête à Venise). Mais non, Sollers veille au grain, dès la troisième page de texte, il avoue sa souriante et provocante imposture : "Vous imaginez aujourd’hui un roman ayant pour titre Trésor d’amour ? Ça paraîtrait grotesque, on ne l’ouvrirait qu’en cachette."

"Le Rose et le Vert"

Minna est née à Venise, "son prénom, donné par son père, vient de Stendhal, en pensant à Mina de Vanghel, un bref roman qu’on trouve dans Le Rose et le Vert " (page 65, comme un premier écho, à propos du Rouge, on lira : "Mais qui oserait intituler un roman français et mondial d’aujourd’hui Le Rose et le Gris ?"), Minna a une fille, Clélia, prénom sorti de La Chartreuse. Stendhal, dites-vous ? la première citation tombe au milieu de la page 23 : "L’amour est la seule passion qui se paye d’une monnaie qu’elle fabrique elle-même", et cinq autres la suivent avant qu’on ne tourne la page.

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Trésor d’amour, Philippe Sollers

Venise, un homme, une femme, de la lumière, du silence, des livres - essentiellement ceux de Stendhal : De l’amour, La Chartreuse de Parme, Privilèges. Il n’en faut pas davantage à Philippe Sollers pour, suivant le principe de composition digressif qui est sien - principe « cubiste », analyse-t-il quelque part -, inventer un roman. Un de ces livres souples, déliés, pénétrants, qui jamais ne cesseront d’agacer ses contempteurs. Et inversement d’enchanter ceux qui, depuis Femmes (1983), Portrait du joueur (1985) ou La Fête à Venise (1991), trouvent à cette forme romanesque débarrassée de l’obligation narrative une merveilleuse liberté.

Reprenons : Venise, un homme, une femme. Lui, le narrateur, est écrivain, vit à Paris. Elle s’appelle Minna, habite Milan. Quelques jours par mois, ou par saison, ils se retrouvent dans la ville de Casanova. Poursuivant, par-delà les interruptions temporelles et spaciales, une sereine et secrète conversation à laquelle prennent part les corps autant que le langage, la mémoire, les mots. De cet échange, Beyle alias Stendhal est le coeur. Parce qu’il connut, lui aussi, l’éblouissement de l’Italie, l’éclat tout particulier de sa lumière. Parce que l’amour et les femmes furent ses grands et graves sujets. L’amour passion et ses vertiges, l’amour comme « une fleur délicieuse », certes, mais qu’« il faut avoir le courage d’aller cueillir sur les bords d’un précipice affreux », écrivait-il. L’amour, « galaxie multiplicatrice d’observations et de sensations, minuscules détails terrestres, poussière de soleils, astronomie ouverte [...] Temps libre et gratuit », renchérit Sollers.

A l’histoire d’amour d’une lumineuse simplicité, presque immobile, claire et précise comme une épure, qui lie le narrateur et Minna, Sollers mêle Stendhal, ses livres et sa vie, et une libre et heureuse méditation sur la jouissance d’exister, d’écrire, d’aimer - « Visse, scrisse, amò », il a vécu, il a écrit, il a aimé, telle est l’épitaphe sans chagrin ni rancune que Stendhal voulait gravée sur sa pierre tombale.


Nathalie Crom

Telerama n° 3182 - 08 janvier 2011


Un ménage à trois à Venise

Par Bernard pivot

Chroniques|8 Janvier 2011

Je comptais être le premier à annoncer à nos lecteurs que Philippe Sollers publie un nouveau roman. Mais, dans le dernier JDD, à la fin de sa chronique mensuelle, il m’a brûlé la politesse. Lui-même a révélé le titre : Trésor d’amour. L’éditeur : Gallimard. Le principal personnage : Stendhal.

Généreux, il m’a laissé le soin d’en donner le prix : 17,90 euros. D’habitude, il proclame urbi et orbi que son livre est épatant. Rien de tel cette fois. Là-dessus, un silence presque modeste. Douterait-il de lui ? Ce n’est pas le genre. Au contraire, il sait que son roman est l’un de ses meilleurs. Il a eu l’intime conviction que je le penserais aussi, en quoi il a vu juste, ce qui l’a dispensé d’en rajouter dans sa comique autopromotion.

Philippe Sollers est à Venise. Il vit avec la jolie et brune Minna, 33 ans, dans un appartement derrière la Salute. Minna Viscontini descend par son père de Matilde ou Métilde Viscontini, le grand amour malheureux de Stendhal. La jeune femme enseigne la littérature française à Milan et elle est spécialiste de Stendhal. Justement, Sollers écrit un roman sur l’auteur de De l’amour. Promenades, silences, écriture, intimité, en retrait de la foule et des mondanités, c’est parfait. Ce couple intermittent fonctionne à merveille. On ne peut pas en dire autant de Stendhal, "malheureux, repoussé, trompé, écarté, à cause de sa “sensibilité folle, de son âme sensible jusqu’à l’anéantissement et à la folie”, mais il ne s’est jamais résigné".

Il est vrai que son physique n’était pas à la hauteur du séducteur. Et qu’il était meilleur dans la stratégie de salon que dans la bataille au lit. De l’homme courageux qui avait fait la guerre avec Napoléon, Sollers écrit avec drôlerie et cruauté qu’"il était bon à la gâchette et embarrassé au sabre".

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Stendhal pour allié

Par Philippe Rolland

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Philippe Sollers fait sienne l’épitaphe stendhalienne : « Vivre, écrire et aimer. »

Trésor d’amour : vous trouvez que ça sonne mièvre, et Sollers vous approuve d’entrée de jeu [...] Trésor d’amour fait aussi écho à Vie secrète de Pascal Quignard (1998), qui déjà était une méditation sur l’amour inspirée par Stendhal : les amoureux, disait Quignard, sont violemment arrachés au groupe, clandestins, à l’écart du manège social.
C’est ce que vous découvrirez, et plus, dans l’intégrale de l’article, ci-après :

lire l’intégrale

Le Journal de Henri Beyle

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Le livre sur amazon

Parallèlement à la publication de Trésor d’amour de Sollers, paraît le Journal de Stendhal en édition Folio Classique

Jean-Louis Küffer, critique littéraire et romancier suisse, nous en parle dans ses Carnets. Depuis longtemps, il suit le parcours de Sollers avec pertinence et impertinence, selon l’humeur du jour et les textes dont il rend compte. Ses traits visent juste. Extrait du jour :

Être heureux à Venise et ne pas mourir, caresser une jeune Minna Viscontini d’une main et feuilleter de l’autre les  ?uvres de Stendhal, à commencer par le mythique Journal qui vient d’être réédité en poche avec une préface de l’italianiste Dominique Fernandez : tel sera le bonheur de Trésor d’amour.

« Je pourrais faire un ouvrage qui ne plairait qu’à moi et qui serait reconnu beau en 2000 », prophétisait le jeune Henri Beyle, 21 ans, le 31 décembre 1804. Vingt ans plus tard seulement, le même H.B., alias Visconti, alias Crocodile ou Cornichon, entre autres pseudos rigolos, qui resterait à peu près ignoré de son vivant (sauf de Balzac), proclamait le 29 décembre 1823 The Day of Genius au moment d’entreprendre la composition de son traité De l’amour, dont il vendrait une vingtaine d’exemplaires en une décennie, ainsi que le précise Sollers dans son « roman » à lui.

Philippe Sollers voit justement un « roman » fabuleux dans le Journal de Stendhal, extraordinaire jeune homme courant de champs de bataille napoléoniens en salons où il déclame par c ?ur tout le théâtre à la mode, d’Italie aux « maisons » de jeu ou de passe parisiennes, détestant son Chérubin de père et se consolant de la perte prématurée d’Henriette (sa mère qui lui fut arrachée à ses sept ans) auprès de successives amantes ou amies. Or, après les « romans » de Rimbaud, de Mozart, de Fragonard ou de Picasso, de Casanova ou de Nietzsche, Sollers endosse celui de Stendhal avec autant de brio que de pertinence, relevant l’importance de tel texte méconnu (Les Privilèges) et ne manquant pas non plus de tout ramener au nouveau Stendhal du XXIe siècle combien haïssable, à savoir : himself (lui-même à l’anglaise).

« La subversion, note Sollers, est aujourd’hui dans le retrait, le goût, les détails. Retour inattendu de Stendhal et des happy few, contradiction avec la porcherie ambiante ». Et de rappeler la formule cryptée des manuscrits de Beyle : SFCDT, Se Foutre Complètement De Tout, après quoi seulement on peut s’occuper du détail des choses, avec amour s’il vous plaît.

Jean-Louis Kuffer
Le texte intégral dans "Les Carnets de JLK"


[1Plutôt proverbe de composition sollersienne, 21e Siècle (note pileface)

[2D’après Dalila Kerchouche, "L’amour fait sa révolution", Madame Figaro 31/12/2010

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