vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE SOLLERS » La tentation de la mort et de la folie (II)
  • > SUR DES OEUVRES DE SOLLERS
La tentation de la mort et de la folie (II)

« LE CHANT DU VOYAGEUR DE NUIT »

D 2 février 2006     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


...ses enthousiasmes convenus - [...] on ne m’ôtera pas de l’idée qu’il faut être un peu désespéré pour faire ainsi, comme Sollers, l’éloge de la joie. >

Jean-Paul Enthoven
L’extrait dans son contexte


Quand j’écris, j’ai beau m’appeler Sollers, quelqu’un d’autre surgit, dont j’ai bien l’impression que personne n’a encore envisagé la nature.
Philippe Sollers
Interview de Jacques Henric
Art Express N°320, février 2006
L’extrait dans son contexte


Et si Sollers avec ses éloges du bonheur, à répétition, nous menait joyeusement en bateau ? Lire Sollers avec ce filtre, révèle des formulations à double sens susceptibles d’accréditer cette thèse. Ainsi, sa citation et commentaire de
« Le Chant du voyageur de nuit »
de Zarathoustra
dans « Une vie divine » :



« Homme, prête l’oreille !
Que dit le minuit profond ?
« Je dormais, je dormais -,

« - Le monde est profond,
« Et plus profond que le jour ne l’a cru.
« Profonde est sa douleur-,

« Et sa joie-plus profonde encore que ce qui lui crève le c ?ur :
« La douleur dit : Passe !

« Mais toute joie veut l’éternité-,
« -Veut la profonde, profonde éternité ! »


L’éternité « profonde » de la joie est autre chose que ce que l’on a entendu jusque-là par « éternité ». C’est une profondeur dans la douleur qui crève le c ?ur, une profondeur dans la profondeur. On se trompe à chaque instant sur le fond, et c’est alors le monde aplati, « deuil » (je souligne ...le premier mot après le fond « aplati » ...le fond de la fosse mortuaire...), mélancolie, dépression, désolation, résignation, souffrance. Passe ! Pourquoi ne pas « passer » (c’est Sollers qui souligne), en effet, puisque tout passe ?

"Passer" ! On sent l’odeur de mort. Et la joie qui est douleur ! Mais, au final, procédé sollersien coutumier, il conclut par une pirouette et brouille la piste qui aurait pu être trop claire :

Mais la joie ne veut pas passer, elle veut la profondeur de la douleur elle même dans l’éternité : la nuit est aussi un soleil.

Même « la nuit est un soleil » lu avec le même filtre pourrait être interprété comme un pied de nez supplémentaire tant sa description de la nuit était lumineuse de clarté.

Allons donc ! Digression inopportune. Interprétation hasardeuse, Hors sujet...

Revenons donc au texte. "Lisez-moi, dit parfois Sollers, agacé, tout y est dit" :
[Nietzsche :]« Maintenant, je suis seulement ce que je suis ». Celui qui vous parle est donc
maintenant seulement ce qu’il est. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’habite pas ailleurs, dans l’ensemble de toutes les
phrases qui ont été écrites dans ce livre.


Pile ou face ? Les deux ! Et pourquoi seulement deux ? Toutes !

D’après Qui suis-je
Interview-monologue confiée à Jacques Henric
Art Press, février 2006.
L’extrait dans son contexte


Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document


3 Messages

  • Lao Gong | 6 janvier 2011 - 21:03 1

    Relisez le Nietzshe de Heidegger ..........


  • jpw | 1er janvier 2011 - 17:04 2

    Combien de romans de Sollers débutent par une tentation suicidaire suivie d’une affirmation de vie. Le non sens est premier, la liberté qui en résulte seconde et la volonté de bonheur vient couronner le tout. Simple non ?


  • VB | 7 octobre 2007 - 12:57 3

    Une fois de plus Sollers nous mène en bateau, préfèrant le grand large aux bordures de plage, où seule l’écume de nos chagrins, vient s’y échouer.
    Empreint d’oxymores, tout n’est que paradoxe chez Philippe Sollers.
    La Vie est la Mort étant étroitement liées, il est donc dans une logique incontestable.
    Il existe une profondeur dans la douleur, alors que dans la joie, même les fonds resistent à la surface. Le mal serait-il plus fort que le bien ? Oui, nous dit Sollers, et nous le démontre.
    " La nuit est un soleil", nous laisse entre apercevoir le Bonheur dans le Malheur.
    Joli pied de nez à l’usure du temps : Passer ou sombrer dans le purgatoire de la folie, d’où la tentation d’y succomber.

    Oui, il faut lire Sollers, tout y est dit. Même les silences sont éloquents.
    Pile ou Face ? c’est à l’humanité qu’il appartient de choisir.

    Voir en ligne : http://valeriebergmann.hautetfort.com/