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Les choix musicaux de Philippe Sollers

D 15 février 2015     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Article initialement publié le 19 mai 2010. Nouvelle publication après restauration des fichiers audio et vidéo.

Le 29 mars 2010, Olivier Bellamy sur Radio Classique recevait Philippe Sollers à propos de son livre Discours parfait, dans son émission "Passion Classique".

Voici les “petites madeleines” de Sollers, lit-on sur le site de l’émission :

Les messages brouillés de Radio Londres qu’il écoutait enfant et qui le fascinaient “Ici Londres, les Français parlent aux Français ...”

Du flamenco : La nina de los peines

Louis Amstrong du début

Ensuite, ses choix : Martha Argerich : Partita n° 2 et Suite anglaise n° 2

Cecilia Bartoli, un extrait de “Sacrificium” et dans “Mozart portraits”, Cosi fan tutte

Glenn Gould : Variations Goldberg

Ajouté en cours d’émission : Fleurs solitaires (Scènes de la Forêt de Schumann) par Clara Haskil et Fandango (La mort aux trousses de Bernard Herrmann)

Ecoutez l’émission

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Olivier Bellamy, Philippe Sollers
sur Radio Classique, 29 mars 2010

Ci-après l’émission découpée arbitrairement en 4 parties, pour un accès plus facile au contenu
Partie 01 (24’)

mp3
Pour démarrer l’écoute, cliquez sur la flèche verte

Martha Argerich
Bach, Suite anglaise n°2 : Courante
Louis Armstrong

*

Partie 02 (21’30)

mp3
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A propos de Cecilia Bartoli
Haendel
Schumann, Scènes de la forêt : Einsame blumen
Musique du film “La mort aux trousses”

*

Partie 03 (20’15)

mp3
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Cécilia Bartoli, (Mozart, Cosi fan tutte : In uomini, in soldati)
Discours parfait
Glenn Gould interprète Jean-Sébastien Bach dans un extrait des variations Goldberg
Martha Argerich (Bach, Suite anglaise n°2:prélude)

*

Partie 04 11’06

mp3
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Mauriac, Aragon, Claudel, Shakespeare,
Cécilia Bartoli, Vivaldi

Philippe Sollers, le voyageur littéraire

Dans Discours parfait, Philippe Sollers voyage dans la littérature. Un moyen comme un autre de se retrouver. Ou d’échapper à notre époque “d’analphabètes”. Le voyage est l’état naturel de son signe astrologique (Sagittaire) et la littérature est son métier. Mais ce n’est pas un Wanderer comme Schubert. Nulle errance, nulle mélancolie, nulle familiarité avec la mort. Philippe Sollers est du côté de la vie. Celle d’un Casanova : libertin vénitien, mais écrivain français, il l’a rappelé. C’est ainsi qu’il se rêve et rêver sa vie, c’est peut-être la vivre deux fois, surtout lorsqu’on est écrivain. Si De Gaulle (qui était Scorpion) n’a eu qu’une maîtresse, la France, Sollers en a des milliers et elles se nomment les Belles Lettres.

En musique, il est moins polygame et plus fidèle : Cecilia Bartoli, Martha Argerich (deux Gémeaux) ont ravi son coeur. Glenn Gould (Balance - que d’air ! que d’air !) est là pour les plaisirs coupables. Il a besoin de ce vent frais pour alimenter son feu intérieur. Ou pour égayer son lupanar littéraire. Il baise à droite et à gauche (Péguy et Aragon), en haut et au fond (Shakespeare et Cioran) et se demande si un jour l’Université reconnaîtra pour lui tous ces enfants illégitimes qu’il laisse sur le bord du chemin.

*

Commentaires

1. TG, le 04 avril 2010 à 09:30 :

J’aime beaucoup P Sollers. Il n’y a pas de doute, certains savent faire de la musique, d’autres savent écrire et parler. Il est de ceux là et c’est vrai que les “temps” ne s’y prête pas forcément. Donc Bravo à tous ces “résistants”...

2. Alain F, le 04 avril 2010 à 12:20 :

Phillippe SOLLERS aime « la vida e la vita » ça s’entend, ça se sent : qui oserait le lui reprocher.

L’évocation de l’España et de ses « plaza de toros » ..... HEMINGWAY n’était pas très loin assis à une table de l’Iruña. Il aime Cosi, son opéra préféré de Mozart, alors « tutti va bene ».
Ses passions je vais continuer de les lire.

3. catherine Dubreuil dessinatrice, le 09 avril 2010 à 20:54 :

Sollers m’a toujours horripilée, c’est une opinion personnelle qui ne regarde que moi. Qu’il soit remarquablement cultivé ne fait aucun doute, et d’une intelligence indéniable “of course”... mais je le trouve imbuvable de présomption, donc, je ne l’écouterais pas, ça va m’énnerver. La seule chose formidable dans ses livres sont les citations. Pour mon “Voyage à Venise” (si vous êtes curieux vous pouvez taper Catherine Dubreuil dessinatrice “Voyage à Venise” sur votre moteur de recherche favori) j’avais dit à Hervé de La Martinière : “pour le texte qui vous voulez mais pas Sollers !!! “. Divin plaisir : ce fut Dominique Fernandez, il a été merveilleux , généreux, jubilatoire ! et a écrit sur mes dessins des impressions que j’avais eu moi-même en les dessinant, comme s’il entendait en les regardant la musique qui s’y jouait lorsque je dessinais....

4. Alain F, le 09 avril 2010 à 23:20 :

Catherine, j’ai vu vos sites, et vos dessins
(quattro o cinque) j’ai particulièrement aimé vos personnages (en mouvement !) J’ai reconnu Santa Maria Assunta sur l’isla de Torcello. J’ai un cd (rare ?) WW enregistré
live sur San Marco. Les orchestres des cafés Florian, Lavena et Quadri jouent avec
en bruit ambiant la foule et les consommateurs. Il aurait trés bien accompagné votre livre qui parait pour le moment indisponible. A rechercher. Merci pour ce retour inattendu sur Venezia La Festa titre du cd.Passion classique est miraculoso !

Crédit : Radio Classique, le blog d’Olivier Bellamy


Olivier Bellamy Martha Argerich

Olivier Bellamy
MARTHA ARGERICH

L’enfant et les sortilèges
Buchet-Chastel, 2010

Le livre sur amazon

Olivier Bellamy qui interviewe Sollers dans son émission « Passion Classique » sur Radio Classique est aussi l’auteur d’un livre sur Martha Argerich, une biographie alerte et vivante qui nous fait entrer dans l’univers de Martha Argerich, un génie musical exceptionnel révélé dès l’âge de trois ans. En exergue du livre, cette phrase de Charles Baudelaire :
« Le génie n’est que l’enfance retrouvée à volonté »

Puis le début du livre : «  Dans le milieu de la musique classique, elle est Martha, simplement, et tout le monde sait de qui il s’agit. On la désigne par son seul prénom comme c’est l’usage pour les déesses, les enfants, les religieuses ou les filles de joie. »

...

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser la biographie de Martha Argerich ? Comment a-t-elle accueilli cette idée ?

J’ai rencontré Martha Argerich en 2000 lorsqu’elle était venue jouer avec Nelson Freire au Festival de La Roque d’Anthéron. J’étais très impressionné, mais elle a été très gentille. Voyant que j’avais réussi à établir le contact avec elle, ma rédactrice en chef au Monde de la Musique, Nathalie Krafft, m’a confié la mission d’obtenir une interview. Mission impossible. Mais « Impossible n’est pas français » comme dit le proverbe. Il m’a fallu deux ans ! Au lieu de me contenter de ce titre de gloire, qui a fait l’admiration de mes confrères et la joie de mes lecteurs, j’ai voulu aller plus loin. Quand je lui ai suggéré l’idée d’un livre d’entretiens, elle s’est mise en colère : « Je ne m’intéresse pas à moi, je m’intéresse aux autres ! » Je suis revenu à la charge plusieurs mois plus tard. C’était chez elle à Bruxelles, à six heures du matin, après le réveillon de la Nouvelle Année. Après le départ de tous les invités, nous nous sommes retrouvés tous les deux. Je lui ai proposé d’écrire un livre sur elle en interrogeant ses amis, ses filles, ses partenaires musicaux... L’idée l’a amusée et elle m’a dit : « Si tu veux. »

L’intégrale de l’interview, ici.

Crédit : pianobleu.com

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• Matha Argerich par Kevin Nechaf, 19 août 2009 portrait offert à la pianiste.
*

Martha Argerich, Robert Schumann

Martha Argerich en 1977 pour une interprétation du premier mouvement du
Concerto en La mineur pour Piano et Orchestre Op.54 de Robert Schumann (15’)

« A onze ans, Martha fit ses débuts au teatro Colon dans le Concerto de Schumann, ?uvre qui allait devenir son autoportrait musical. Le chef d’orchestre, sans doute jaloux de l’effervescence qu’elle provoquait dans le public, l’a reçue brutalement : "Il y a un passage dans ce concerto où tous les pianistes se trompent. Ne me faîtes pas ce coup là !" a-t-il lâché d’un ton rogue. A une enfant ! Juste avant le concert... Mais Matha était habituée à la rudesse avec Scamamuzza [1] »
Olivier Bellamy, Martha Argerich, p. 43.

« Celui qu’elle aurait souhaité rencontrer, c’est Schumann. "Il me fait monter les larmes aux yeux"
Gulda [2], lui était obsédé par Mozart, dont il sentait la présence partout à Vienne[...] Pour taquiner Martha, il lui disait : "Ce n’est pas ta faute, Argerich, si Schumann n’était pas argentin !"
p.62.

Le temps des concours

« Non seulement Martha Argerich est arrivée première au concours Busoni [3], mais la salle l’a acclamée debout lors de la finale. Chacun avait conscience d’assister à la naissance d’un talent extraordinaire, qui ne ressemblait en rien à tout ce qui existait auparavant. La reine de la fête paraissait désorientée par ce triomphe, comme s’il s’adressait à quelqu’un d’autre. Son air timide et mal à l’aise sur les photos eappelle celui d’une certaine Maria Callas à l’époque de ses premiers succès.

Dix jours plus tard, elle enchaînait sans états d’âme et de manière tout à fait stupéfiante avec le concours de Genève. [...] Personne ne se serait risqué à remettre son titre en jeu aussi vite. Et comment se préparer en si peu de temps à un nouveau programme ?

Le concours de Genève n’était pas un concours provincial [...]. Quand il a apprit que la pianiste argentine maintenait sa candidature à Genève, Cesare Nordio, le président du concours Busoni, s’est mis très en colère : « Vous ne pouvez pas nous faire ça ! ». Effectivement, si Martha ne remportait pas la première place à Genève, le palmarès de Bolzano s’en trouvait de facto dévalorisé. A l’instar des artistes, les concours ont aussi un ego à ménager.

[...Lors de la dernière épreuve] Martha avait retenu le Concerto en la mineur de Schumann qu’elle n’avait pas joué en concert depuis l’âge de onze ans. A la fin, le public et même les membres du jury (cas unique dans les annales du concours) se sont levés comme un seul homme pour l’acclamer..
Premier prix « femme » attribué à Martha Argerich. [...] Martha fut en outre nommée « personnalité la plus marquante du concours [4]par les Jeunesses musicales.

[...] Le même jour, un journaliste l’a accostée alors qu’elle buvait un verre à la terrasse du Café lyrique au milieu d’une joyeuse bande. « D’où vous vient votre dextérité ? » a demandé le reporter. La pianiste était bien incapable de répondre. Est-ce que le mille-pattes sait quelle patte il lève en premier ? La réplique ne s’est pas fait attendre : « Vous savez, j’ai eu un professeur très vieux, qui avait les dents écartées et qui envoyait des postillons sur le clavier. Pour éviter d’avoir les doigts mouillés, j’étais obligée d’aller vite. » [belle insolence d’une fille de tempérament, de 16 ans, en 1957 !]
p. 79-84 

Olivier Bellamy
Martha Argerich

Voir aussi sur pileface : « Accord parfait, Martha Argerich »
Martha Argerich, la biographie.


[1son premier professeur à Buenos Aires

[2son mentor et professeur à Vienne

[3à Bolzano, ville du nord de la botte en cette année 1957[[Elle est alors âgée de 16 ans

[4Les épreuves « femmes » étaient séparées des épreuves « hommes » et le concours rassemblait des épreuves de clarinette, basson, violoncelle, quator à corde et chant

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