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Voltaire comme prescription...

D 15 février 2014     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Philippe Sollers : « Voltaire serait la prescription du docteur Sollers contre la déprime »

Le plaisir de marcher pieds nus à Venise ou de réciter par cœur des poèmes… Voici quelques-uns des enseignements de l’écrivain de 77 ans.

Propos recueillis par Lucas Bretonnier
Publié le 13 févr. 2014

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Photo au smartphone de Philippe Sollers, le 3 février 2014, dans son bureau chez Gallimard, à Paris.

Saint-Simon (1675-1755) est le plus grand écrivain français. Tous les autres, y compris Proust, s’en sont inspirés. Il maîtrise comme personne l’art du portrait : rapide, incisif. Sa description de la cour de Versailles au temps de Louis XIV est magnifique.

Il y a au moins deux points communs entre la Chine et l’Italie : les pâtes – nouilles chinoises, spaghettis italiens –, et Marco Polo ! Ce marchand vénitien qui se rendit en Chine au XIIIe siècle a donné son nom à l’aéroport de Venise.

Je n’aime pas le filtre des cigarettes. Je fume des Camel sans filtre depuis l’âge de 12 ans. Le chameau et les pyramides de ces paquets importés des Etats-Unis me séduisaient. Aujourd’hui, je les fume avec un porte-cigarette, toujours sans filtre. Le tabac nuit à la santé et à la fertilité... Ça m’encourage !

L’ironie est plus efficace que l’indignation. Je partage par exemple certaines idées avec Alain Finkielkraut. Mais lui se met en colère sur les plateaux de télévision pour les défendre quand moi, je préfère en rire, distiller de petites phrases drôles. Ça fonctionne mieux.

Vent de sud-ouest et grandes marées sont synonymes de danger. Je garde en mémoire les inondations meurtrières de l’île de Ré (en 1999 et 2010, NDLR), où j’habite une partie de l’année. Les maisons épargnées étaient les plus anciennes. L’eau est arrivée au seuil de ma porte.

En cas de déprime, apprenez des poèmes par cœur ! Ou lisez la correspondance de Voltaire chaque matin. Ce serait la prescription du docteur Sollers.

J’adore marcher pieds nus à Venise, lors des périodes d’acqua alta (hautes eaux). On relève son pantalon, on ôte ses souliers, c’est plus agréable que de chausser des bottes !

Les écrivains ont beaucoup écrit sur la drogue : l’opium, dans Les Paradis artificiels de Baudelaire (1821-1867), la mescaline, dans L’Infini turbulent d’Henri Michaux (1899-1984). Moi-même, j’ai écrit H, en 1973 (rire)…

En reportage, les journalistes télé font leurs directs côte à côte. C’est au Petit Journal de Canal+ que j’ai vu ça. C’est très drôle : France 2, BFMTV, i-Télé sont tous plantés à quelques mètres les uns des autres, mais à l’écran, on ne le voit pas. On les croit seuls sur le terrain.

Il y a des Chinois sur l’île de Ré. Un jour que j’ouvrais ma fenêtre près des marais salants, je me suis frotté les yeux. Ils étaient en train d’apprendre le métier de saunier (ouvrier travaillant à l’extraction du sel, NDLR).

Internet tue la mémoire. Ma compagne est psychanalyste. Ses patients se plaignent de ne plus arriver à se souvenir d’un paragraphe qu’ils viennent de lire. Sur le Web on ne lit pas, on communique.

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Philippe Sollers publie Médium. Dans ce roman, l’écrivain évoque Venise, l’amour et Internet.

Il croque son époque avec poésie, décrit avec drôlerie les prouesses d’une masseuse italienne, ose des digressions historiques savantes, voire érudites.

Paris et Venise, passé et présent, fiction et réalité… Médium nous promène d’un monde à l’autre.

Extraits de Médium

La ronde des critiques

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