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Luc GUEGAN le sabre et le goupillon

D 30 décembre 2009     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Qui est l’ennemi ?

Q. : « Oui je réitère ma question : Qui est l’ennemi ?  » questionnez-vous dans la discussion inaugurale ?
Oui qui est votre ennemi, quelle est votre guerre Luc Guégan ? (car si j’ai bien lu chacun dans cette revue peut et doit mener sa propre guerre avec ses armes, électrons libres gravitant autour du noyau Sprezzatura ).

R. : La réponse que donne Jean Hugues dans la revue me parait tout à fait juste. Outre la laideur omniprésente, l’ennemi est souvent à l’intérieur. « Se relire comme si l’on était à soi-même son pire ennemi » est une maxime qui n’est pas tout à fait étrangère au fait qu’aucun texte ne soit signé de mon nom dans le numéro 1...

Q. : « Savoir garder un ordre merveilleux au milieu même du désordre », une citation de Sun Tsu que vous avez placée en regard de votre portrait - si je ne me trompe - au dos de la revue. Les Chinois nous ont aussi appris bien des choses sur le vide et le plein, ce vide nécessaire autour du moyeux de la roue pour qu’elle puisse tourner. J’aime votre citation, que vous a inspiré d’autre la fréquentation de Sun Tzu qui pourrait intéresser les lecteurs de pileface(Je crois qu’ils aiment Sun Tzu, aussi.) ?

R. : Au risque de vous décevoir, ma fréquentation de Sun Tzu n’est pas vraiment intense, notamment car la traduction de Griffith, la seule en ma possession pour l’instant, m’est toujours apparu sèche. J’ai en fait traversé « l’art de la guerre » très rapidement cet été dans l’optique précise des « Stratégies Evangéliques ». Mais au moment de décider de la citation de la quatrième de couverture, cette phrase m’a sauté aux yeux comme révélant un des secrets intimes de ce qui a fait naitre Sprezzatura.

Q. : Dans la discussion inaugurale, après que Stéphane Marie a évoqué Heidegger vous vous interrogez sur le rapport du Gestell avec la guerre - qu’Alexandre G., pédagogue et l’expert du groupe en langue allemande, propose de traduire par : « le Dispositif ; ou encore mieux si le terme n’avait pas déjà usé jusqu’à la corde : le Système. » - quelles autres résonances entendez-vous chez Heidegger ?

R. : Puisque vous parlez de résonances, une des choses que je savoure le plus intensément chez Heidegger, c’est son écoute extrêmement fine des mots. J’ai ainsi découvert quelle intense source de pensée peut jaillir de la parenté entre la langue allemande et le grec, par exemple dans les conférences « Logos » « Moïra » « Aléthéïa » ou dans « la parole d’Anaximandre ». Et quand l’allemand d’Heidegger nous fait entendre autrement le français même, grâce à d’avisés et combien méritants traducteurs, comme dans « contrée » ou dans « guise », nous voilà armés à nouveau frais pour nous ressaisir de notre propre langue.

Q. : En prolongement ou à côté de Sprezzatura, dans quels domaines déployez-vous votre propre guerre du goût ? Vos lectures en cours ou récentes ?

R. : Guerre du goût italienne et picturale pour ma part, dès que possible.

« Gomorra » de Roberto Saviano, « exit le fantôme » de Ph. Roth

Illustrations

Q. : And last but not least (comment dit-on en latin ?), pourquoi avoir choisi d’illustrer tout ce numéro dédié aux « Guerres irrégulières », exclusivement de peintures de scènes religieuses ?

R. : Les « Stratégies évangéliques » n’ont pas été pensées d’abord comme une illustration du numéro. C’est Sandrick qui a eu l’idée de cette confrontation de Sun Tzu avec les textes de l’Evangile. Il a eu la gentillesse de me faire partager son projet. Dans la veine du détournement et aussi par goût d’une sorte d’incongru signifiant, cela nous paraissait une fantaisie assez en ligne avec l’esprit de la revue. Alors j’ai traversé Sun Tzu, comme je vous l’ai dit plus haut, avec en tête l’écho des Evangiles... et quand j’ai trouvé la phrase de Griffith dans sa postface sur la traduction d’Amiot, « l’article » a pris forme.

Mais comme enchaîner les illustrations aurait à mon sens considérablement alourdi le propos, nous avons décidé d’intercaler les illustrations entre chaque article. Nous avons alors organisé les tableaux pour faire un discret clin d’ ?il à chaque intervention et les « stratégies évangéliques » sont devenues des sortes d’illustration.

Les tableaux ont été choisis soit parce qu’ils nous paraissaient les meilleurs pour illustrer une scène évangélique en rapport direct avec la citation (Piero dell Francesca, Mantegna, Tintoret) soit parce qu’ils recélaient certains détails s’accordant au plus prêt à la phrase de Sun Tzu (Bronzino, Giovanni di Paulo, Bassano...). Une pincée d’esprit midrashique a fait le reste.

Merci à vous de votre lecture attentive,


Savoir garder un ordre merveilleux

Exemple d’une des illustrations de Sprezzatura en regard de chaque article. Ici une Cène de Jacopo Bassano [1], avec sa citation associée de Sun Tzu :


Mais savoir garder un ordre merveilleux au milieu même du désordre,
cela ne se peut sans avoir fait auparavant de profondes réflexions
sur tous les événements qui peuvent arriver

GIUSTO DE’ MENABUOI, Paradis (1375-76), Baptistère, Padoue.
Cliquez pour ZOOMER

A propos de l’auteur

(note pileface [2])

Luc Guégan se passionne pour la peinture italienne et l’interprétation midrashique. Différentes communications dans les colloques et supports spécialisés. Citons :

LA COLONNE DU MYSTERE, Tentative d’épuisement midrashique d’une fresque du Quattrocento (Colloque d’Etel, 2005 )


En version pdf avec belles reproductions d’art en sur le site lemidrash.free.fr


[1en monochrome dans la revue

[2Informations reconstituées à partir du Net. Non communiquées par l’auteur

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