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Sollers critique littéraire
Sous le titre « L’Origine du délire » paraît dans la dernière livraison de l’Infini N°97, hiver 2006, un article de Sollers préalablement publié le 15 juin 2006, dans le Nouvel Observateur sous le titre : « Ce sexe qui dérange » à l’occasion de la sortie du livre :» L’Origine du monde : histoire d’un tableau de Gustave Courbet » de Thierry Savatier.
Un autre livre : "Le roman de l’origine" avait aussi été publié en 1996 sous la signature de Bernard Teyssère, dans la collection L’Infini/Gallimard dirigée par Ph. Sollers.
Peint par Courbet en 1866 pour un riche collectionneur ottoman, « l’Origine du monde » n’a cessé de choquer et de fasciner
L’hypocrisie est de tous les âges, mais, de temps en temps, quelqu’un n’a pas froid aux yeux et retourne froidement les cartes. Baudelaire, par exemple. Ou Manet. Courbet, lui, n’a pas pour rien participé, en communard enthousiaste, à l’abattage de la colonne Vendôme. Sous ce monument guerrier napoléonien, quelle surprise de découvrir deux chefs-d’oeuvre hypersensuels. Les deux femmes nues et exténuées de plaisir (une blonde, une brune) du « Sommeil » et « l’Origine ». Sous le bronze, les lits. Sous les millions de morts inconnus, le bouillonnement des chairs et des linges. Sous le mensonge, la vérité. Sous la sexualité forcée, le désir.
L’histoire récente du tableau Le tableau de Courbet figure en couverture du n° 59 d’art press
Sollers en parle longuement dans Le Trou ce la Vierge film de Jean-Paul Fargier
1995
L’ Humanité publie une reproduction en noir et blanc à la une du journal. Tollé des lecteurs. Jacques Henric : « Le sexe reste subversif » 1996 : Voir note sur le film de Jean-Paul Fargier L’origine du monde, 1996)
Livre de Bernard Teyssèdre "Le roman de l’origine" publié aux éditions Gallimard, collection "l’infini" avec sur le bandeau rouge d’accompagnement, la reproduction du tableau. Juin 2006 : Déc 2006 :
Ou encorecité par Pierre Assouline « Lacan dans l’extrait du film de Benoit Jacquot que j’ai cité dans mon film, sur Courbet [4] : "dire toute la vérité est impossible, les mots y manquent" - (les images aussi). » Plus loin dans le temps, Pierre de Ronsard (1524 - 1585) :
[1] Jacques Henric contre la censure rampante : « Mais le laissera-t-on jamais en paix ? On a tellement fait chier Gustave Courbet de son vivant... Cette affaire montre en tout cas qu’il demeure subversif, sulfureux. » Jacques Henric réagit avec vigueur aux actes de censure dont son livre est l’objet. « Ces descentes de police dans des librairies s’inscrivent dans un climat général qui me paraît accablant, celui d’un retour à l’ordre moral. Philippe Muret, dans un pamphlet intitulé « l’Empire du bien », montre bien comment un humanitarisme délirant cache la plus dégoûtante hypocrisie. » « Cette histoire-là me blesse, non tant du fait de l’action policière ou les plaintes des ligues de vertu, mais de l’attitude des libraires. Il y a des exceptions, des gens courageux - rendez-vous compte, qu’on considère comme courageux quelqu’un qui ose exposer un tableau que le musée d’Orsay rêve d’acheter ! -, mais des librairies aussi connues comme « La Hune » ou « Gallimard » (boulevard Raspail) le planquent... Quand un livre de Pierre Guyotat avait été interdit par le fameux Marcellin, des libraires avaient continué à le diffuser, de façon militante. » « Mais le contexte est différent aujourd’hui, depuis que le nouveau Code pénal a retenu une loi scélérate qui peut viser tous les livres. Un bouquin de poche de Genet peut être interdit comme « violent, pornographique, portant atteinte à la décence ». J’aimerais bien qu’une de ces personnes qui a porté plainte la maintienne pour qu’un débat s’instaure. Qu’est-ce qui est de l’art ? Qu’est-ce qui n’en est pas ? Courbet ? » Selon des avocats, cette loi - c’est Badinter qui a pondu ce code - est le fruit d’un compromis entre socialistes et droite : vous ne touchez pas à la loi sur l’avortement, et on vous donne un amendement musclé. Elle est intolérable. Le pire est sans doute qu’elle incite à une autocensure dans les têtes. Des amis m’ont dit ces derniers jours que je n’aurais pas dû choisir le tableau de Courbet en couverture, que j’allais ainsi couler mon bouquin. Faudrait-il céder dès le départ à la bêtise, alors que depuis quinze ans nous nous battons avec Sollers pour ce tableau, que je n’ai vu qu’une fois, lorsqu’il a été exposé - sans avoir été annoncé - au musée d’Ornans ? Admettre la censure rampante ? » « Le communard Courbet lui au moins ne cédait pas. Dans cette société molle, balladurienne, nous avons bien besoin de nombreux Courbet ! » Article paru dans l’Humanité du 25 mars 1994. [2] Courbet - L’origine du monde, 1996 [3] Jacques Henric contre la censure rampante : « Mais le laissera-t-on jamais en paix ? On a tellement fait chier Gustave Courbet de son vivant... Cette affaire montre en tout cas qu’il demeure subversif, sulfureux. » Jacques Henric réagit avec vigueur aux actes de censure dont son livre est l’objet. « Ces descentes de police dans des librairies s’inscrivent dans un climat général qui me paraît accablant, celui d’un retour à l’ordre moral. Philippe Muret, dans un pamphlet intitulé « l’Empire du bien », montre bien comment un humanitarisme délirant cache la plus dégoûtante hypocrisie. » « Cette histoire-là me blesse, non tant du fait de l’action policière ou les plaintes des ligues de vertu, mais de l’attitude des libraires. Il y a des exceptions, des gens courageux - rendez-vous compte, qu’on considère comme courageux quelqu’un qui ose exposer un tableau que le musée d’Orsay rêve d’acheter ! -, mais des librairies aussi connues comme « La Hune » ou « Gallimard » (boulevard Raspail) le planquent... Quand un livre de Pierre Guyotat avait été interdit par le fameux Marcellin, des libraires avaient continué à le diffuser, de façon militante. » « Mais le contexte est différent aujourd’hui, depuis que le nouveau Code pénal a retenu une loi scélérate qui peut viser tous les livres. Un bouquin de poche de Genet peut être interdit comme « violent, pornographique, portant atteinte à la décence ». J’aimerais bien qu’une de ces personnes qui a porté plainte la maintienne pour qu’un débat s’instaure. Qu’est-ce qui est de l’art ? Qu’est-ce qui n’en est pas ? Courbet ? » Selon des avocats, cette loi - c’est Badinter qui a pondu ce code - est le fruit d’un compromis entre socialistes et droite : vous ne touchez pas à la loi sur l’avortement, et on vous donne un amendement musclé. Elle est intolérable. Le pire est sans doute qu’elle incite à une autocensure dans les têtes. Des amis m’ont dit ces derniers jours que je n’aurais pas dû choisir le tableau de Courbet en couverture, que j’allais ainsi couler mon bouquin. Faudrait-il céder dès le départ à la bêtise, alors que depuis quinze ans nous nous battons avec Sollers pour ce tableau, que je n’ai vu qu’une fois, lorsqu’il a été exposé - sans avoir été annoncé - au musée d’Ornans ? Admettre la censure rampante ? » « Le communard Courbet lui au moins ne cédait pas. Dans cette société molle, balladurienne, nous avons bien besoin de nombreux Courbet ! » Article paru dans l’Humanité du 25 mars 1994. [4] Courbet - L’origine du monde, 1996
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Jules a dit... On peut voir ce tableau, on peut aussi l’entendre, c’est ce qu’à fait le compositeur Tony Hymas dans sa suite intitulée "De l’origine du monde" qui utilise des textes de Courbet, Baudelaire, Pierre Dupont, Christian Tarting (chantés ou dits par Marie Thollot, Monica Brett Crowther, Nathalie Richard et Violeta Ferrer). Hymas voit et entend le lien entre la peinture de Courbet et la participation du peintre à la Commune. Les illustrateurs Daniel Cacouault, Simon Goinard Phélipot, Rocco, Stéphane Courvoisier, Zou, Eloi valat, Jeanne Puchol, Benjamin Bouchet, Sylvie Fontaine, Chloé Cruchaudet, Stéphane Levallois, Nathalie Ferlut ont participé au projet publié par les disques nato. Dans le livre de Teyssèdre on peut lire (p. 413-416) : " En mai 1982 l’attention du grand public est attirée par une photo : L’Origine du Monde (pas l’original, la copie) en couverture du magazine Art Press . Elle sert de frontispice à un dossier sur l’obscénité. Une féministe s’en est offusquée, paraît-il, au point d’adresser à Henric ses semonces (pourtant elle connaissait bien Lacan, qui avait projeté en 1974 de faire avec elle le voyage en Chine ; preuve qu’il ne montrait pas son tableau à toutes ses amies, même féministes) [note 1]. L’image, d’un grain grossier, reproduit une diapositive (le cache de sa bordure, en noir, arrondit les quatre angles) sans commentaire ni indication de provenance. [suit le sommaire du numéro] Sollers expliquait que pour aller à l’endroit d’où ça sort, le corps humain, et où ça s’abime, il fallait s’occuper de la chose qui ne peut pas se voir sauf dans l’aveuglement, en mettant dessus un blanc ou un fétiche. L’absence d’art, c’est ça la frigidité et pas autre chose, ça ne se passe pas au niveau des petits organes qui se tripotent. Courbet a eu l’audace de représenter un tronc. C’est une innovation par rapport aux troncs d’église. Ce ne sera jamais quelqu’un ni quelqu’une car, comme vous voyez, ça ne marchera pas. De là Sollers en venait au trouage de celle qui, en cette affaire de femme nue, n’est jamais nue mais qui est appelée à s’élever dans les nues. Vénus n’a pas de trou, la Vierge Marie n’est qu’un trou. Son trouage est venu du dedans. La Vierge n’est pas du tout pucelle : elle a été effractée de l’intérieur par un corps qui est passé à travers elle. La logique de trou de Vierge, c’est que l’organe masculin n’a pas y pénétrer mais qu’il en sort un corps quand même... Moi, je perdais un peu pied dans cette théologie. Il me semble (je me trompe peut-être) que ce qui a ému Sollers, c’est l’instant où, à l’improviste, il a reconnu dans L’Origine du Monde la naissance de sa propre voix. Cela se devinait à ses mains filmées en gros plan, mains parlantes, tendues, et je suis sûr que si le plan vidéo a été cadré sur son sexe, ça serait vu à son sexe aussi. Sollers disait : Il y a très peu de chances pour que quelqu’un dise quoi que ce soit de vrai sur la question des questions, sur ce qu’il fait qu’il est là en train de parler. Est-ce ma voix qui sort de mon corps ? L’humanité croit spontanément qu’il y a une soupe biologique en cours, et qu’ensuite, en un second temps, le temps de refaire la soupe, le temps que la soupe se se représente à elle-même, eh bien, ça parle. Ca fait des bulles. Les bulles de la soupe éclatent, la soupe continue. Les bulles, c’est ce qui se sera exprimé, comme moi en ce moment, le temps de vivre. Imaginons l’inverse : que mon corps soit dans ma voix ; que j’ai à saisir ensemble le sexe (qui n’est pas le corps) et la voix, juste à l’endroit où ça produit des boursouflures. Le corps ne donne pas naissance à la voix. En revanche ma résistance nerveuse, ma fureur physique, la santé de mes cellules, mon obstination musculaire, l’allégement de ma circulation, viennent de ma voix. C’est concret, une histoire d’avoir ma peau. Je ne me déplace plus que par affnités physiques. L’étonnant est que Sollers ignorait que le Tableau avait appartenu à Lacan. C’est une voix venue du fond de la matrice qui le lui a appris, la voix d’Alain Cuny : " Je l’ai vvu. Dans sa ccampaaagne. " Lacan, je suppose, l’avait invité dans son pavillon de style anare pour le cérémonial du thé, leurs yeux diffus dans l’oeil creux d’un bol de l’ère Mono-yama. " note 1 : Jacques Henric en parle dans son dernier livre Politique à propos de "la rupture en 1982 avec notre vieille camarade Maria-Antonietta Macciocchi, ancienne résistante à Mussolini, députée du Parti communiste italien, amie d’Althusser, de Pasolini, de Moravia, spécialiste de Gramsci et auteur de De la Chine (Maria-Antonietta, devenue une farouche féministe et prenant pour une photo porno le tableau de Courbet, L’Origine du monde, publié en couverture d’Art press, avait vu rouge et publié dans Le Monde un article où nous étions accusés, Sollers et nous, d’être des suppôts du fascisme). " note 2 : Voir Le trou de la Vierge , vidéo de Jean Paul Fargier, publiée en avril 2007 en DVD avec une autre vidéo, Sollers joue Diderot . Voir aussi Comment aller au paradis , entretien de Ph. Sollers avec Jacques Henric. Réédition récente chez Gallimard (avril 2007) de ce livre très intéressant dans la collection dirigée par Sollers. LE ROMAN DE L’ORIGINE de Bernard Teyssèdre [1996] , 464 pages, 140 x 205 mm. Collection L’Infini, Gallimard -ess. ISBN 2070746151. 24,40 € le même ouvrage . Nouvelle édition revue et augmentée en 2007, 544 pages, 140 x 205 mm. Collection L’Infini (2007), Gallimard -ess. ISBN 9782070784110. Parution : 20-04-2007. 25,00 €
A propos du message de DB relatif au commentaire de VGE.
Certes, le sujet, le cadrage spectaculaire, le réalisme anatomique vulve rose et téton en érection, ne sont pas évoqués, mais voici la transcription des paroles de VGE en passant devant le tableau : « C’est difficile à décrire en terme de radio. [...] C’est admirable comme peinture, il faut dire, et très fort. [...] Il faut se mettre dans le contexte des différentes époques [...] Il y avait des choses que l’on ne montrait pas. Il y a, d’ailleurs, toujours des choses que l’on ne montre pas. [Courbet] a choisi de montrer quelquechose que l’on ne montrait pas et il l’a fait avec un immense talent. » "Indescriptible" ce tableau, pour VGE, qui propose pourtant de le commenter ( !) sans rien en dire... sans rien pouvoir en dire. Misère de notre homme politique qui aurait tant aimé être Guy de Maupassant...
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