Sous le titre « L’Origine du délire » paraît dans la dernière livraison de l’Infini N°97, hiver 2006, un article de Sollers préalablement publié le 15 juin 2006, dans le Nouvel Observateur sous le titre : « Ce sexe qui dérange » à l’occasion de la sortie du livre :» L’Origine du monde : histoire d’un tableau de Gustave Courbet » de Thierry Savatier.
Un autre livre : "Le roman de l’origine" avait aussi été publié en 1996 sous la signature de Bernard Teyssère, dans la collection L’Infini/Gallimard dirigée par Ph. Sollers.
Peint par Courbet en 1866 pour un riche collectionneur ottoman, « l’Origine du monde » n’a cessé de choquer et de fasciner
C’est une histoire très folle qui a duré près d’un siècle et demi, avant de se calmer, et encore, dans l’indifférence générale. Cette histoire est celle d’un petit tableau français peint, en 1866, par un révolutionnaire de génie, Gustave Courbet. On a pris l’habitude étrange de l’appeler « l’Origine du monde ». Comme si le monde, atomes, galaxies, océans, déserts, fleurs, fleuves, vaches, éléphants, pouvait sortir de ce tronc voluptueux de femme sans tête, ni mains, ni pieds, au sexe largement proposé et offert. Cachez-moi ce tableau que je ne saurais voir. C’est un vin enivrant, une insulte à nos feuilles de vigne.
La toile est admirable de puissance et de délicatesse, et sa navigation, en plongée, à travers le temps, méritait, après bien des approximations, des fantasmes, des désinformations intéressées, une enquête rigoureuse comme un grand roman policier. Le voici. C’est à peine croyable.
Nous sommes dans les coulisses du Second Empire, nous allons traverser la Commune, deux guerres mondiales, le stalinisme et le nazisme, nous retrouver à Budapest, réapparaître à Brooklyn après nous être caché chez Lacan, rester légendaire mais invisible, être un objet fétiche parfois montré à quelques élus pétrifiés, avant de nous retrouver, comme si de rien n’était, au Musée d’Orsay, simple et sage image parmi tant d’autres. De quoi s’agit-il ? De qui ? Pourquoi ? Comment ? Tout le monde est d’accord : ce tableau est unique. Avant, rien de tel. Après, non plus. De nos jours, spectacle d’effacement permanent, cinéma, photo, publicité et pornographie rentable, la belle déesse de Courbet paraît négligeable, exotique, presque une curiosité qui ne peut plus choquer que quelques touristes américains ou japonais arriérés. Son triomphe est une défaite : c’est la carte postale la plus vendue, entre « Le Moulin de la Galette » de Renoir et la « Pie » de Monet. Circulez, il n’y a rien à penser. Et pourtant quelle révélation, quel radar.
L’hypocrisie est de tous les âges, mais, de temps en temps, quelqu’un n’a pas froid aux yeux et retourne froidement les cartes. Baudelaire, par exemple. Ou Manet. Courbet, lui, n’a pas pour rien participé, en communard enthousiaste, à l’abattage de la colonne Vendôme. Sous ce monument guerrier napoléonien, quelle surprise de découvrir deux chefs-d’oeuvre hypersensuels. Les deux femmes nues et exténuées de plaisir (une blonde, une brune) du « Sommeil » et « l’Origine ». Sous le bronze, les lits. Sous les millions de morts inconnus, le bouillonnement des chairs et des linges. Sous le mensonge, la vérité. Sous la sexualité forcée, le désir.
Un peintre, donc. Et pas n’importe quel commanditaire de l’ombre. Khalil-Bey est un riche collectionneur ottoman pour qui Courbet compose ces deux merveilles interdites. « Le Sommeil » est scandaleux, soit, mais « l’Origine » carrément inacceptable, inmontrable, inexposable, bien qu’un jour ou l’autre extrêmement vendable. Aussi surprenante que la rencontre d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection, le duo d’un pinceau subversif français et d’un amateur turc va donc produire des ravages. Khalil-Bey installe le tableau dans sa salle de bains derrière un rideau vert (couleur de l’islam). Il le montre parfois, on n’y voit que du feu, on en parle, on imagine, on chuchote. Qui est le modèle ? Mystère. Est-ce Joanna Hiffernan, l’explosive rousse irlandaise, maîtresse de Whistler et de Courbet ? Non, la carnation ne convient pas. Alors qui ? La jolie demi-mondaine Jeanne de Tourbey, dont le salon est fréquenté par tout ce qui compte à l’époque à Paris (Sainte-Beuve est là, dans un coin) ? Peut-être. Un modèle inconnu ? Pourquoi pas. Est-ce une mère, une fille, une prostituée, une femme du monde, une amante ? Tout ça, tout ça. La société, c’est, comme d’habitude, pruderie et conformisme en surface, et micmac plus ou moins glauque en profondeur (Proust viendra éclairer ce théâtre). Et n’allez pas dire que seuls les bourgeois et les dévots réactionnaires sont chargés de faire la morale : le clergé socialiste (Proudhon) est aussi puritain qu’eux. Le bras d’honneur de Courbet s’adresse aux uns comme aux autres, et c’est un étranger, toléré à cause de sa fortune, qui abrite cette incongruité. Courbet, d’ailleurs, n’hésite pas à se comparer à Titien, à Véronèse ou à Raphaël, trouve sa toile excellente, allant jusqu’à dire : « Nous n’avons jamais rien fait de plus beau. » Nous, c’est-à-dire tous les grands peintres et lui-même.
« L’Origine », après la vente de la collection de Khalil-Bey, disparaît et, de temps en temps, fait signe. Le tableau est caché, maintenant, derrière un autre tableau de Courbet, assez insignifiant, souvent décrit comme une église de village dans la neige, alors qu’il s’agit d’un château au bord d’un lac. Mais peu importe, il faut désormais faire coulisser un panneau pour dévoiler l’autre. Ça s’appelle tomber dans le panneau. L’autre grand amateur et collectionneur qui va s’en emparer est un Hongrois, le baron Havatny, et nous voici à Budapest. Les nazis arrivent : « l’Origine » est cachée, sous un nom d’emprunt (Havatny est juif), dans une banque. Les nazis pillent tous les biens juifs, mais passent à côté de la plaque (tête de Goering ou Hitler s’ils avaient vu ça). Les Russes débarquent : eux, ils pillent tout, « l’Origine » se retrouvant ainsi derrière le rideau de fer de Staline (tête des vertueux communistes s’ils avaient eu le temps de regarder de près leur razzia). Nous retrouvons ainsi Eichmann, tout près du secret, et, plus heureusement, un officier de l’Armée rouge corrompu à qui Havatny rachète son tableau de rêve. Ensuite, de nouveau, plongée. Et puis réapparition à Paris, et pas chez n’importe qui.
C’est Lacan lui-même, jouant à Lacan-Bey (avec Georges Bataille à l’horizon du fantasme). Sylvia, l’ancienne femme de Bataille, est maintenant celle de Lacan. Elle pense qu’il faut voiler le tableau (« les voisins et la femme de ménage ne comprendraient pas ») et demande à son beau-frère, André Masson, de peindre le cache coulissant. Masson s’exécute, et compose une allusion abstraite et estompée de « l’Origine » qu’il appelle « Terre érotique » (c’est marron et plutôt chocolat). Voilà pour la tranquillité des familles. Nous sommes dans les années 50 et 60 du dernier siècle, mais personne ne sait où est la Chose, elle n’existe que pour la jouissance de Lacan (qu’elle fait cogiter). Comme dans un cérémonial, Lacan, pour quelques invités, la montre de temps à autre. On retrouve ici, devant le sphinx éblouissant, des célébrités diverses (la liste finit par être comique) : Lévi-Strauss (qui ne se souvient d’aucun commentaire), Duras, Dora Maar, Pontalis (qui a oublié ce qui a pu être dit), Leiris, Picasso, Duchamp.
Pour tout le monde, motus, et c’est le plus impressionnant. Ensuite, rumeurs, diversions, fausses informations. Sylvia s’occupe de « l’Origine », prête la bombe pour une exposition aux Etats-Unis puis en France, laisse penser qu’elle est partie au Japon, jusqu’à ce que la revue Art Press (Henric, Muray, moi) mette enfin le public au courant. Dernier acte : en 1995, le tableau, devenu une affaire embrouillée de succession, rentre, comme dation, au Musée d’Orsay. Ce jour-là, il y a beaucoup de monde. L’Etat est représenté par le ministre Douste-Blazy, ultime ironie de l’Histoire. Ce dernier, évidemment, pour éviter de choquer ses électeurs de Lourdes, évite de se faire photographier à côté du tableau. Celui-ci est là, mais il n’est plus là. Après tant de délires et de cachotteries, il est redevenu invisible en étant visible sans arrêt par toutes et par tous. Ce qu’il fallait démontrer, sans doute.
Philippe Sollers
L’histoire récente du tableau
1982 Le tableau de Courbet figure en couverture du n° 59 d’art press
Sollers en parle longuement dans Le Trou ce la Vierge film de Jean-Paul Fargier
1994 Jacques Henric publie un livre « Adorations perpétuelles » (Seuil) , livre sur l’art avec en couverture une reproduction du tableau. A Clermont-Ferrand et à Besançon, des fonctionnaires de police, à la demande d’associations de défense des familles, interviennent pour que le livre soit retiré des vitrines de deux librairies. Jacques Henric : « Le sexe reste subversif » [1]
1995
Le ministre Philippe Douste Blasy inaugure le tableau au Musée d’Orsay, acquis par les Musées nationaux en tant que dation de la succession du psychanalyste Jacques Lacan, dernier propriétaire du tableau. L’ Humanité titre : "L’ Origine du monde, enfin à tous", un article de Jean-Pierre Leonardini. Voir article de L’Humanité ... (Sauvegarde )
L’ Humanité publie une reproduction en noir et blanc à la une du journal. Tollé des lecteurs. Jacques Henric : « Le sexe reste subversif » Voir article de L’Humanité ... (Sauvegarde )
1996 :
Le musée d’Orsay consacre une exposition autour du tableau : Dossier et film documentaite de Jean-P Fargier Voir dossier du Musée d’Orsay ... (Sauvegarde)
Livre de Bernard Teyssèdre "Le roman de l’origine" publié aux éditions Gallimard, collection "l’infini" avec sur le bandeau rouge d’accompagnement, la reproduction du tableau.
Déc 2006 :
Le président Valéry Giscard d’Estaing, qui a fait transformer la gare d’Orsay en Musée, revisite les lieux en compagnie de Vincent Josse de France Inter. Que dit-il en passant devant ce tableau, une des stars du Musée d’Orsay, ( la carte postale reproduction du tableau vient en tête des ventes à la librairie du Musée) : Pour démarrer l’écoute, cliquez deux fois sur la flêche verte
Ou encore
Benoite Groult : « c’est tout de même un comble : on ne peut pas écrire "vagin" sans choquer, d’ailleurs on ne l’écrit plus, alors que toute l’humanité sort de là !
»
cité par Pierre Assouline
« Lacan dans l’extrait du film de Benoit Jacquot que j’ai cité dans mon film, sur Courbet [2] : "dire toute la vérité est impossible, les mots y manquent" - (les images aussi). »
Jean-Paul Fargier De l’action des effets spéciaux dans un documentaire
(Gentilly - Jussieu - 6 novembre 97)
Plus loin dans le temps, Pierre de Ronsard (1524 - 1585) :
Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles :
Tous vers galans devraient, pour t’honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles !
« Mais le laissera-t-on jamais en paix ? On a tellement fait chier Gustave Courbet de son vivant... Cette affaire montre en tout cas qu’il demeure subversif, sulfureux. » Jacques Henric réagit avec vigueur aux actes de censure dont son livre est l’objet. « Ces descentes de police dans des librairies s’inscrivent dans un climat général qui me paraît accablant, celui d’un retour à l’ordre moral. Philippe Muret, dans un pamphlet intitulé « l’Empire du bien », montre bien comment un humanitarisme délirant cache la plus dégoûtante hypocrisie. »
« Cette histoire-là me blesse, non tant du fait de l’action policière ou les plaintes des ligues de vertu, mais de l’attitude des libraires. Il y a des exceptions, des gens courageux - rendez-vous compte, qu’on considère comme courageux quelqu’un qui ose exposer un tableau que le musée d’Orsay rêve d’acheter ! -, mais des librairies aussi connues comme « La Hune » ou « Gallimard » (boulevard Raspail) le planquent... Quand un livre de Pierre Guyotat avait été interdit par le fameux Marcellin, des libraires avaient continué à le diffuser, de façon militante. »
« Mais le contexte est différent aujourd’hui, depuis que le nouveau Code pénal a retenu une loi scélérate qui peut viser tous les livres. Un bouquin de poche de Genet peut être interdit comme « violent, pornographique, portant atteinte à la décence ». J’aimerais bien qu’une de ces personnes qui a porté plainte la maintienne pour qu’un débat s’instaure. Qu’est-ce qui est de l’art ? Qu’est-ce qui n’en est pas ? Courbet ? »
Selon des avocats, cette loi - c’est Badinter qui a pondu ce code - est le fruit d’un compromis entre socialistes et droite : vous ne touchez pas à la loi sur l’avortement, et on vous donne un amendement musclé. Elle est intolérable. Le pire est sans doute qu’elle incite à une autocensure dans les têtes. Des amis m’ont dit ces derniers jours que je n’aurais pas dû choisir le tableau de Courbet en couverture, que j’allais ainsi couler mon bouquin. Faudrait-il céder dès le départ à la bêtise, alors que depuis quinze ans nous nous battons avec Sollers pour ce tableau, que je n’ai vu qu’une fois, lorsqu’il a été exposé - sans avoir été annoncé - au musée d’Ornans ? Admettre la censure rampante ? »
« Le communard Courbet lui au moins ne cédait pas. Dans cette société molle, balladurienne, nous avons bien besoin de nombreux Courbet ! »
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Dans le livre de Teyssèdre on peut lire (p. 413-416) :
" En mai 1982 l’attention du grand public est attirée par une photo : L’Origine du Monde (pas l’original, la copie) en couverture du magazine Art Press . Elle sert de frontispice à un dossier sur l’obscénité. Une féministe s’en est offusquée, paraît-il, au point d’adresser à Henric ses semonces (pourtant elle connaissait bien Lacan, qui avait projeté en 1974 de faire avec elle le voyage en Chine ; preuve qu’il ne montrait pas son tableau à toutes ses amies, même féministes) [note 1]. L’image, d’un grain grossier, reproduit une diapositive (le cache de sa bordure, en noir, arrondit les quatre angles) sans commentaire ni indication de provenance. [suit le sommaire du numéro]
Le 21 novembre Philippe Sollers a exhibé cette couverture d’Art Press [59] dans un long monologue pour bande video sur Le trou de la vierge [note 2]. La mise en scène est cadrée sur le visage et le haut du buste de l’orateur, avec de temps à autre un zoom au ralenti vers sa bouche ou ses mains, ou un panoramique sur les livres d’art posés sur la table, suivi de l’arrêt sur un tableau, soit le Courbet, soit, à plusieurs reprises, un Picasso. J’ai noté au passage ce que j’ai cru comprendre.
Sollers expliquait que pour aller à l’endroit d’où ça sort, le corps humain, et où ça s’abime, il fallait s’occuper de la chose qui ne peut pas se voir sauf dans l’aveuglement, en mettant dessus un blanc ou un fétiche. L’absence d’art, c’est ça la frigidité et pas autre chose, ça ne se passe pas au niveau des petits organes qui se tripotent. Courbet a eu l’audace de représenter un tronc. C’est une innovation par rapport aux troncs d’église. Ce ne sera jamais quelqu’un ni quelqu’une car, comme vous voyez, ça ne marchera pas.
De là Sollers en venait au trouage de celle qui, en cette affaire de femme nue, n’est jamais nue mais qui est appelée à s’élever dans les nues. Vénus n’a pas de trou, la Vierge Marie n’est qu’un trou. Son trouage est venu du dedans. La Vierge n’est pas du tout pucelle : elle a été effractée de l’intérieur par un corps qui est passé à travers elle. La logique de trou de Vierge, c’est que l’organe masculin n’a pas y pénétrer mais qu’il en sort un corps quand même...
Moi, je perdais un peu pied dans cette théologie. Il me semble (je me trompe peut-être) que ce qui a ému Sollers, c’est l’instant où, à l’improviste, il a reconnu dans L’Origine du Monde la naissance de sa propre voix. Cela se devinait à ses mains filmées en gros plan, mains parlantes, tendues, et je suis sûr que si le plan vidéo a été cadré sur son sexe, ça serait vu à son sexe aussi. Sollers disait :
Il y a très peu de chances pour que quelqu’un dise quoi que ce soit de vrai sur la question des questions, sur ce qu’il fait qu’il est là en train de parler. Est-ce ma voix qui sort de mon corps ? L’humanité croit spontanément qu’il y a une soupe biologique en cours, et qu’ensuite, en un second temps, le temps de refaire la soupe, le temps que la soupe se se représente à elle-même, eh bien, ça parle. Ca fait des bulles. Les bulles de la soupe éclatent, la soupe continue. Les bulles, c’est ce qui se sera exprimé, comme moi en ce moment, le temps de vivre. Imaginons l’inverse : que mon corps soit dans ma voix ; que j’ai à saisir ensemble le sexe (qui n’est pas le corps) et la voix, juste à l’endroit où ça produit des boursouflures. Le corps ne donne pas naissance à la voix. En revanche ma résistance nerveuse, ma fureur physique, la santé de mes cellules, mon obstination musculaire, l’allégement de ma circulation, viennent de ma voix. C’est concret, une histoire d’avoir ma peau. Je ne me déplace plus que par affnités physiques.
L’étonnant est que Sollers ignorait que le Tableau avait appartenu à Lacan. C’est une voix venue du fond de la matrice qui le lui a appris, la voix d’Alain Cuny : " Je l’ai vvu. Dans sa ccampaaagne. " Lacan, je suppose, l’avait invité dans son pavillon de style anare pour le cérémonial du thé, leurs yeux diffus dans l’oeil creux d’un bol de l’ère Mono-yama. "
note 1 : Jacques Henric en parle dans son dernier livre Politique à propos de "la rupture en 1982 avec notre vieille camarade Maria-Antonietta Macciocchi, ancienne résistante à Mussolini, députée du Parti communiste italien, amie d’Althusser, de Pasolini, de Moravia, spécialiste de Gramsci et auteur de De la Chine (Maria-Antonietta, devenue une farouche féministe et prenant pour une photo porno le tableau de Courbet, L’Origine du monde, publié en couverture d’Art press, avait vu rouge et publié dans Le Monde un article où nous étions accusés, Sollers et nous, d’être des suppôts du fascisme). "
note 2 : Voir Le trou de la Vierge , vidéo de Jean Paul Fargier, publiée en avril 2007 en DVD avec une autre vidéo, Sollers joue Diderot . Voir aussi Comment aller au paradis , entretien de Ph. Sollers avec Jacques Henric.
Réédition récente chez Gallimard (avril 2007) de ce livre très intéressant dans la collection dirigée par Sollers.
LE ROMAN DE L’ORIGINE de Bernard Teyssèdre [1996] , 464 pages, 140 x 205 mm. Collection L’Infini, Gallimard -ess. ISBN 2070746151. 24,40 €
le même ouvrage . Nouvelle édition revue et augmentée en 2007, 544 pages, 140 x 205 mm. Collection L’Infini (2007), Gallimard -ess. ISBN 9782070784110. Parution : 20-04-2007. 25,00 €
Résumé Le personnage central est un tableau de Courbet, le plus scandaleux de toute l’histoire de la peinture, L’Origine du Monde. Il lui en arrive, à ce tableau, des aventures ! Le plus drôle, c’est qu’elles sont vraies. Car ce livre est en même temps un roman et une enquête d’historien (ou de détective). Qui était ce diplomate turc, Khalil-Bey, qui acheta au peintre l’image libertine pour la cacher dans sa salle de bains derrière un petit voile vert ? Qui était ce baron Hatvany qui emporta en Hongrie le ventre nu caché sous un paysage de neige ? Comment le tableau a-t-il échappé aux Allemands, puis aux Russes, et a-t-il traversé clandestinement le rideau de fer pour refaire surface près de Mantes-la-Jolie dans la maison de campagne du psychanalyste Lacan ?
Ce livre a été publié sous une première forme en 1996. Dix années ont passé. Les documents sur l’histoire du tableau ont afflué. Certains étaient restés inaperçus, d’autres avaient été délibérément occultés ou falsifiés. Bernard Teyssèdre a voulu mettre les informations à jour et faire le point sur les questions en suspens : Rodin avait-il vu L’Origine du Monde lorsqu’il a entrepris sa série de dessins sur le sexe de la femme ? Ce tableau a-t-il inspiré à Picasso la Grande Pisseuse et à Duchamp Étant donnés ? Est-il vrai que Magritte en ait peint une copie qu’on a longtemps fait passer pour l’original ?
Cette édition nouvelle n’est donc pas une simple reprise de la précédente. Ette a été entièrement revue et considérablement augmentée de façon à fournir un « ouvrage de référence » sur le plus étonnant des tableaux.
A propos du message de DB relatif au commentaire de VGE. Certes, le sujet, le cadrage spectaculaire, le réalisme anatomique vulve rose et téton en érection, ne sont pas évoqués, mais voici la transcription des paroles de VGE en passant devant le tableau :
« C’est difficile à décrire en terme de radio. [...] C’est admirable comme peinture, il faut dire, et très fort. [...] Il faut se mettre dans le contexte des différentes époques [...] Il y avait des choses que l’on ne montrait pas. Il y a, d’ailleurs, toujours des choses que l’on ne montre pas. [Courbet] a choisi de montrer quelquechose que l’on ne montrait pas et il l’a fait avec un immense talent. »
"Indescriptible" ce tableau, pour VGE, qui propose pourtant de le commenter ( !) sans rien en dire... sans rien pouvoir en dire. Misère de notre homme politique qui aurait tant aimé être Guy de Maupassant...