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Willy Ronis, les combats d’un photographe

D 20 juillet 2020     A par Albert Gauvin - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook



« Willy Ronis a fixé lui-même, dans Derrière l’objectif, les degrés de la passion qui l’anime : la Patience, la Réflexion, le Hasard, la Forme, le Temps. De ses admirables photographies, qui sont bien davantage que des photos de "grand photographe", on retient une aventure complexe et tout un éventail de romans. Il est ici ou là, il attend, il se poste, il aimante le lieu, quelque chose doit se passer, il faut appuyer quand il faut, ni trop tard ni trop tôt, la saisie se fait d’elle-même. » C’est en ces termes que Philippe Sollers commence le texte qu’il écrit pour le livre Nues publié aux éditions Terre Bleue, en novembre 2008 (Willy Ronis est mort le 11 septembre 2009). Le texte de Sollers s’appelle La Beauté. « Le sujet » ? Le nu.

Sollers écrit aussi : « Il faut faire attention aux groupes populaires cadrés par Ronis, qu’on sent, comme Orwell, touché par la "décence ordinaire" des prolétaires, en vrai anarchiste conservateur. Essayez de vous mettre en imagination là où, d’instinct, il se place, là, juste là, pas à côté, pas ailleurs. Que veut dire être-là ? Au moment voulu ? L’émotion décide. La vision sera d’autant plus précise qu’elle sera globale. » Les gens du peuple ont aussi leur beauté (on l’oublie souvent).

C’est ce Willy Ronis, engagé , qu’un très beau documentaire diffusé sur la chaîne arte propose de redécouvrir.

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Pendant le défilé de la victoire du Front Populaire, rue Saint Antoine, 14 juillet 1936 © Willy Ronis.

Le photographe Willy Ronis (1910-2009) a traversé le XXe siècle en capturant les temps forts des luttes sociales et, avec tendresse, les instants de vie quotidienne de ses contemporains. Portrait.

Willy Ronis, les combats d’un photographe

Réalisation : Vladimir Vasak, France, 2019

Disponible du 28/06/2020 au 02/09/2020

Un môme hilare qui court baguette sous le bras, une fillette poing levé sur les épaules de son père à la Bastille en 1936, un bistrot mélancolique sous un rideau de pluie mais aussi un nu, façon Bonnard, de sa compagne : Willy Ronis, faux jumeau de Robert Doisneau à l’agence Rapho, a produit nombre d’images emblématiques. Né à Paris en 1910 dans le 9e arrondissement, ce fils d’exilés juifs de l’Est grandit dans l’ombre d’un père adulé, photographe retoucheur qu’il rejoint d’abord dans son studio. Violoniste – un sens de la composition qui infusera ses clichés −, le jeune Willy, témoin engagé précoce des luttes ouvrières, documente dès les années trente le monde prolétaire, des usines à l’euphorie des congés payés. Après-guerre, ses clichés empreints d’humanisme s’arrachent dans une presse illustrée à son âge d’or, entre grèves, misère des taudis et légèreté des guinguettes. Photographe de l’intime aussi, ce maître de la lumière, ami de Prévert, saisit la poésie du quotidien, dans les rues pentues de Belleville comme en famille. Le cœur à jamais auprès des "exploités et des humiliés", il adhère au Parti communiste, jusqu’à l’aveuglement, à la faveur d’un reportage enthousiaste commandé par la RDA en 1967. Sombrant dans l’oubli, l’artiste est redécouvert dans les années 1980, ses photographies exhumées, trésors de l’école française, s’imposant alors comme des icônes du passé.

Idéaliste

Au fil de ses images, célèbres ou moins familières, et d’entretiens, un portrait touchant de ce "grand photographe du petit peuple", idéaliste romantique et sérieux délicieux, en même temps qu’une plongée dans les combats du siècle qu’il a traversé jusqu’à sa disparition en 2009, à 99 ans.

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Les Amoureux de la Bastille, Paris, 1957, de Willy Ronis.

LIRE : Willy Ronis, grand photographe des « petites gens », (Le Monde)

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Le bon plaisir de Willy Ronis

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Willy Ronis tenant son Rolleiflex.
Crédits : Lily FRANEY/Gamma-Rapho

France Culture, 1ère diffusion : 30/09/1995.

Un documentaire avec Gilles Plazy et Monique Veilletet

Par Gilles Plazy - Avec Willy Ronis, Jane-Evelyn Atwood, Guy Le Querrec, Didier Daeninckx, Bertrand Eveno, Robert Malet, Pierre Bonhomme, Jean-Claude Gautrand et Gérard Macé - Réalisation Monique Veilletet

 

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Willy Ronis, l’instant du déclic (1910-2009)

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Willy Ronis chez lui en 1979, à Paris
Crédits : Pierre-Jean Amar

Une vie, une oeuvre par Julie Gacon, 20/10/2018.

Révélé au grand public sur le tard, Willy Ronis disait être « tombé en photographie non par vocation, mais par accident ». Persuadé que le merveilleux peut jaillir à tout instant, il fut l’un des derniers représentants de la photographie dite « humaniste » à la française.

Je n’ai pas eu une pratique heureuse. Mes bonheurs se passaient dans l’instant du déclic, mais jusque-là, j’étais assez mélancolique. (…) La mélancolie du photographe est composée du contraste entre le bonheur de la prise de vue et l’incertitude de la destinée de l’image. Willy Ronis en 2009 sur France Culture dans l’émission A Voix Nue

"Chère Madame, il y a des lettres que l’on espère recevoir. La vôtre me bouleverse et je suis heureux que vous vous soyez reconnue". En 1986, Willy Ronis répond à Rose Zehner. Cette septuagénaire a découvert quelques semaines plus tôt, par l’intermédiaire d’une amie qui lui a fait parvenir une coupure de Paris-Match, être depuis 50 ans l’un des sujets les plus célèbres du photographe. L’image en noir et blanc date de mars 1938, en pleine grève chez Citroën, elle est alors syndicaliste sur le site de Javel. Rose Zenner en tablier noir, juchée sur une table, harangue les ouvrières en manteau à qui elle désigne du doigt quelque chemin à suivre.

Il partage la vie de ceux qu’il photographie, en étant au milieu des siens. Son cœur bat au même rythme que ceux qu’il photographie. Il n’a jamais triché avec son œuvre, à aucun moment, il a négocié avec son art. C’est un personnage exemplaire. Il ne figeait pas la vie, il la démultipliait. Didier Daeninckx

WILLY RONIS SUR FRANCE CULTURE

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La chevelure, Paris, 1990.
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Nu, Paris 1990.

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