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Julia Kristeva dans l’Osservatore Romano

D 24 décembre 2016     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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L’osservatore Romano , version pdf

Cambiare il posto delle cose / Changer la place des choses

Voyager avec Julia Kristeva à la découverte de l’humain et de ses fondements.
L’Osservatore Romano, 11 décembre 2016

Par CRISTIANA DOBNER

La genèse de ce livre à deux voix, Je me voyage. Mémoires. Entretiens avec Samuel Dock (Paris, Fayard, 2016, 297 pages, 20 €) de Julia Kristeva, linguiste, psychanalyste, philosophe et romancière, est précise et fait écho à Montaigne. Mais il ne s’agit pas d’une autobiographie,rédigée dans la solitude de son bureau ou sur la table de son café préféré, c’est un dialogue, établi lors d’entretiens complices et pleins de spontanéité entre deux auteurs. Julia Kristeva précise d’emblée : « Il ne s’agit pas de faire le bilan. La clinique psychanalytique m’a appris que les autobiographies mentent et les biographies remanient. J’aimerais plutôt que ce livre soit un "carnet de route" qui balise et éclaire le voyage ». L’écoute attentive et perspicace du jeune Samuel Dock, psychologue clinicien et écrivain, favorise le dévoilement d’une intimité que Julia Kristeva avait jusque-là soigneusement protégée. Pour autant, il ne s’agit pas de passer sur le divan. Bien informé, Samuel Dock mène plutôt une approche bienveillante et maïeutique de la voyageuse.

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Ces pages lumineuses, accompagnées de photographies inédites, éclairent nombre de facettes d’une femme sensible et passionnée. Quittant sa Bulgarie natale, elle débarque à Paris, dans les années soixante par un jour froid et neigeux de décembre avec seulement cinq dollars en poche, grâce à un visa arraché de justesse à la bureaucratie. Elle s’insère aussitôt dans l’effervescence intellectuelle parisienne. Aujourd’hui, c’est une intellectuelle mondialement connue et appréciée, honorée par de très nombreux prix, parmi lesquels se détache le Prix Holberg. Épouse de l’écrivain Philippe Sollers et mère joyeuse de David, atteint d’une maladie neurologique, femme passionnée, présente à l’histoire, riche en sensibilité et en curiosité insatiable, aux idées toujours nouvelles et inédites, au milieu d’un vaste champ de recherche, dans un effort révolté de refonder l’humanisme dans une créativité sans cesse en mouvement. Dans l’œuvre de Kristeva, le langage et hypermodernité n’ignorent pas les problèmes des temps hyperconnectés, mais face aux complexités nouvelles de l’époque apportent des analyses originales et utiles.

Quels sont ses traits les plus manifestes ? Charme solaire, humour et poésie. La vitalité de la vie psychique, la connaissance de la théorie de l’inconscient, libèrent les désirs et les pensées. On voyage avec elle à la découverte de ce qui fonde toute humanité, et on partage ses rencontres sensibles avec nombre de personnalités : de Colette à Jackson Pollock, mais aussi de Thérèse d’Avila à Benoît XVI. Avec un style personnel parce que « ma façon de vivre est ma façon d’écrire », tout en étant dans un contexte d’inquiétude, gardant en main et faisant fructifier comme un ressort l’existence souriante, qui, sans crainte affronte le chaos et le plasma à travers des rencontres personnelles sensibles. Une Julia, cependant, étrangère. Sans place ? Roland Barthes l’a écrit clairement : « Julia Kristeva change la place des choses. » Surprenante donc, jamais à sa place,jamais enfermée dans l’idéologie, ni figée dans la culture acquise, mais vivant/voyageant dans l’espace ouvert. Une vie « hors de soi », qui se renouvelle au gré des rencontres, des circonstances, des oeuvres. « Je suis une humaniste qui a lu Freud, et j’investis les humains, les gens, leurs désastres et leurs bonheurs me touchent, je les vis par procuration. Qu’ils soient en Chine, au Canada, aux États-Unis. Des relations fortes, d’un maintenant qui dure. »

Son humanisme est centré sur la personne humaine, et se joue dans ces trois mots : Je me voyage. L’être-étrangère respire la liberté, la créativité ; sa pratique clinique et ses travaux montrent ce que signifie ce néologisme « se voyager » : c’est ce « qui oblige à renaître sans cesse, se remettant en question de l’intérieur, en sortant de soi. » Fondement du lien à l’autre, et loin d’une spiritualité abstraite ou codifiée, elle analyse le besoin de croire comme une dimension anthropologique pré-religieuse. Notre modernité est un moment-clé pour la subjectivité humaine, et ses romans, écrits la nuit, bravant l’opacité de l’inconscient, scrutent les dangers de notre temps, tout en stimulant les forces de la pensée et de l’art.

L’axe de ce livre ? Le flux incessant d’une expérience de vie, qui se pense avec exactitude dans un « voyage », attentif et ouvert à l’autre et à soi, à l’opposé de l’errance distraite et désoeuvrée du touriste contemporain « hit and run ». Kristeva estunehumaniste qui a voulu « perdre ses chaînes »

Cristiana Dobner

Crédit : http://www.kristeva.fr/


Enquête sur l’identité féminine

(1er juin 2016)


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« Dans notre imaginaire chrétien, les images de la Pietà, acte de soin extrême de la mère pour le corps de son fils crucifié, constituent le symbole le plus élevé et fort de cette capacité de soin — et donc d’amour — qui va au-delà de la mort. Comme l’a écrit Julia Kristeva, « si chaque amour pour l’autre s’enracine dans cette expérience archaïque fondamentale, unique et universelle, qu’est l’amour maternel, si l’amour maternel est le moins ambivalent, c’est sur l’amour maternel que sont édifiés la caritas des chrétiens et les droits de l’homme laïc ». En effet, le soin maternel est le modèle de référence pour toute forme d’humanisation des relations entre les êtres humains. »

Nouvel humanisme

(2 mars 2015)

« Le féminisme égalitaire (« la femme doit devenir un homme ») prévaut encore aujourd’hui dans le débat. […] Mais, de manière surprenante, il existe de nouvelles idées intellectuelles qui vont dans le sens de la maternité, en particulier dans le domaine d’une compréhension psycho-analytique et phénoménologique du corps. Julia Kristeva, philosophe et psychanalyste bulgare qui vit à Paris, s’est fait remarquer quand, dans un essai au titre audacieux,Stabat mater(1976), elle a invité à la réflexion manquante et même interdite sur la maternité.
Les pages de l’édition allemande du livre sont divisées en deux : la colonne de droite contient des réflexions théoriques sur la maternité. De manière surprenante apparaît également la figure de la Vierge mère ; dans le même temps est rendu hommage à l’effet culturel de cette « construction imaginaire ». Dans la colonne de gauche, avec un langage clairement inspiré par les sentiments, Julia Kristeva note ses propres sensations au cours de la grossesse et de la naissance de son fils. Le changement même vécu par le corps maternel indiquerait déjà, selon elle, une réalité qui, durant la naissance et l’allaitement de l’enfant, fait vivre des expériences incomparables. Julia Kristeva a développé « Dix principes pour un nouvel humanisme », où elle demande clairement que la corporéité soit insérée dans la compréhension de l’être humain. Exister signifie être corps, avec des conséquences respectivement différentes pour la femme et pour l’homme. »

Modernité d’une mystique

(2 mars 2015)

· Entretien avec l’intellectuelle athée Julia Kristeva, qui a longuement étudié la sainte d’Ávila </small>

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« J’ai rencontré Thérèse – nous raconte Julia Kristeva – à l’invitation d’un éditeur : j’ai passé une dizaine d’années avec l’extravagante moniale espagnole dont j’avais à peine entendu parler, devenue pour moi en une figure incontournable de la culture européenne. Et je suis heureuse d’avoir trouvé, grâce à elle, cet élan baroque qui a transfiguré le catholicisme médiéval et a ouvert les portes à l’humanisme des Lumières.

Comment vous vous confrontez avec la foi de Thérèse ?

Je me suis projetée dans l’Ecriture de cette femme, qui a vécu et décrit une foi qu’on appelle mystique, et dans laquelle elle célèbre son union en Jésus ainsi : « l’Âme se consume de désirs et ne sait pourtant que demander, parce qu’elle sent clairement que son Dieu est avec elle » (Château intérieur, VI D, 2 :4). « Si vive était la douleur que je ne pouvais m’empêcher de pousser de ces gémissements dont j’ai parlé […]. Mais si excessive la douceur que me cause cette immense douleur qu’il n’y a pas lieu de désirer qu’elle s’apaise, et que l’âme ne peut se contenter de rien moins que Dieu. Ce n’est pas une souffrance corporelle, mais spirituelle, bien que le corps ne manque pas d’y participer quelque peu, et même beaucoup (Vie). « Nous ne sommes pas des anges, nous avons un corps » et le “Cristo como hombre...” (Vie, 9:6). Etc... Je l’ai accompagnée aussi dans l’art baroque qui la rapproche davantage encore de nous, les “modernes”, à commencer par l’extase du Bernin qui fait vibrer cette extase en marbre : elle se liquéfie sous mes yeux dans l’église de Sainte-Marie de la Vittoria, à Rome. Mais aussi la Messe que lui a dédié Michael Haydn, ou la peinture de Tiepolo à Venise... Et puisque je ne suis pas croyante, j’ai essayé de l’apprivoiser avec ma manière de sentir et de penser, c’est-à-dire de l’interpréter. Thérèse invite le monde sécularisé à réévaluer, inlassablement et sans préjugé, le besoin de croire sous-jacent au désir de savoir.

Et avec son écriture extraordinaire ?

En effet, par le recueillement des lectures et la ferveur des prières, mais aussi en s’imprégnant dans musique, la peinture, la sculpture,- l’écriture de cette femme sans frontière nous donne son corps physique, érotique, gourmand et anorexique, hystérique, épileptique, qui se fait verbe qui se fait chair, qui se fait et se défait en soi hors de soi, flots d’images sans tableaux, constamment à la recherche de l’Autre et du mot juste. Matrice béante palpitante pour l’Aimé toujours présent sans jamais être là :Ilest enelle,elleenLui.Les extases de Thérèse sont d’emblée et sans distinction paroles, images et sensations physiques, esprit et chair, à moins que ce ne soit chair et esprit : « le corps n’est pas sans participer au jeu, et même beaucoup ». Objet et sujet, perdue et retrouvée, dedans et dehors et vice versa, Thérèse est un fluide, un ruissellement constant,l’eau sera son élément : « J’ai un attrait particulier pour cet élément : aussi l’ai-je observé avec une attention spéciale » ; et la coulante métaphore, sa manière de penser. Serait-ce une fulgurance intime ou la résurgence du thème évangélique du baptême ?

Le style thérésien est intrinsèquement ancré dans lesimages, elles-mêmes destinées à transmettre ces visions qui ne relèvent pas de la vue (ou du moins pas seulement de la vue), mais habitent le corps-et-l’esprit ensemble, le psyché-soma. De telles « visions » ne peuvent que se donner d’abord et essentiellement au toucher, au goût, à l’ouïe, avant de transiter par le regard. Si l’eau est l’emblème du rapport entre Thérèse et l’Idéal, on comprend que son Château intérieur ne saurait se dresser comme une forteresse, mais se laisse ajuster comme un puzzle de « demeures » :moradas, « demeures » aux cloisons perméables que le divin ne domine pas mais qu’il habite. C’est seulement dire que la transcendance selon Thérèse se révèle aussi immanente : le Seigneur n’est pas au-delà mais en elle ! De quoi lui valoir les ennuis qu’on imagine avec l’Inquisition.En définitive, l’énigme de Thérèse est moins dans ces ravissements, que dans le récit qu’elle en fait : les ravissements existent-ils ailleurs que dans ces récits ? Elle en est tout à fait consciente : « … fabriquer cette fiction (hacer esta fiction) pour donner à comprendre », écrit la carmélite dans Le Chemin de perfection (28 :10). Elle se défend d’être une théologienne, et ne revendique - modestement, ou d’une courageuse modernité ?- qu’elle est l’auteur d’une fiction (« la fiction, cet élément vital des sciences de l’esprit », dira plus tard Husserl). Une écrivaine.

Quel est le rôle testimonial de Teresa de Jésus dans l’humanisme d’aujourd’hui ?

La narratrice de mon livre Thérèse mon amour, la psychanalyste Sylia Leclercq qui me ressemble, finit sa cohabitation avec Thérèse en adressant une lettre à Denis Diderot qui, en son temps, fustigeait les abus de la religion dans son célèbre roman inachevé « La Religieuse ». Mais Diderot, ex-chanoine et écrivain-philosophe des Lumières, pleurait en s’avouant incapable de finir son histoire : car délivrée des abus de la vie monastique, sa religieuse est jetée dans une vie privée de sens. Je suis convaincue que la psychanalyse freudienne, qui interroge les mythes et l’histoire des religions, en même temps qu’elle ouvre les portes de la vie intérieure des êtres modernes, est la voie royale pour transvaluer, justement, cette tradition qui nous précède et avec laquelle nous avons coupé le fil. Nous, les non croyants. Mais aussi nous, les croyants bien souvent réduits à des « éléments de religions ». La relecture que nous lui devons ne saurait être seulement abstraite et surplombante. Elle engage la mémoire affective singulière, l’intimité de chacun. Le séminaire de Lacan fait d’elle une découvreuse de la « jouissance féminine », au titre suggestif : Encore. Insatiable serait cette jouissance féminine : encore et encore ? Parce qu’elle ne se limite pas aux organes sexuels, mais embrase tous les sens et transporte le corps dans l’infini du sens, en même temps qu’elle fait basculer le sens lui-même dans le non-sens, symptômes et folies. Une jouissance dont Thérèse serait la meilleure exploratrice et qui l’exile d’elle-même : perpétuel transport vers l’Impossible, l’Innommable. Qui ne cesse cependant de l’appeler à dire, à penser, corps et âme, passion de l’écriture. Un témoignage extraordinaire, s’il en fallait, du fait qu’il existe un humanisme chrétien intense et encore incompris, et que la culture européenne se doit de réinterpréter continument, si elle veut survivre à la pensée-calcul et se refonder en permanence.

Pourquoi avez vous abordé une femme du XVI siècle - que vous avez continué à connaître et à l’étudier ?

J’espère vous avoir convaincu de la modernité de cette mystique, telle qu’elle apparait dans ma lecture. Mais je peux vous préciser peut-être mieux la séduction que Thérèse exercice sur moi, en rappelant deux caractéristiques de son œuvre que j’affectionne. La première serait-elle cette sainte ironie qui frise l’athéisme ? Dans un feuillet non retenu duChemin de perfection, Thérèse conseille à ses sœurs de jouer aux échecs dans les monastères, même si le jeu n’est pas permis par le règlement, pour... « faire échec et mat au Seigneur ». Une impertinence qui résonne avec la célèbre formule de Maître Eckart : « Je demande à Dieu de me laisser libre de Dieu ». La seconde est formulée par Leibnitz. Le philosophe mathématicien écrit dans une lettre à Morell (10 décembre 1696) : « Et quant à sainte Thérèse, vous avez raison d’en estimer les ouvrages ; j’y trouvai cette belle pensée que l’âme doit concevoir les choses comme s’il n’y avait que Dieu et elle au monde. Ce qui donne même une réflexion considérable en philosophie, que j’ai employée utilement dans une de mes hypothèses ». Thérèse inspiratrice des monades leibniziennes qui contiennent l’infini ? Thérèse précurseur du calcul infinitésimal ? Quelle qu’en soit la modestie d’écrire, cet acte de langage amoureux est aujourd’hui encore – sera toujours – une expérience qui n’ignore pas ces ravissements, ces extases. La carmélite n’a pas inventé la psychanalyse ni l’écriture moderne mais, cinq siècles avant nous, elle a élucidé cette étrange expérience qu’est lapensée aux frontières du sens et du sensible,corps et âme ensemble : les secrets de l’écriture. A ces extrêmes, Thérèse est notre contemporaine.

Est-ce que la féminité de Teresa parle aujourd’hui ?

Et si la “féminité de Thérèse” était post-moderne ? Cette sainte baroque est d’une sensualité hyperbolique mais aussi sublimée, sans précédent et unique parmi les mystiques elles-mêmes, davantage portés ( hommes et femmes) à la souffrance et au pur abandon qu’à la plénitude des sens. Mais Thérèse est aussi “le plus viril des moines”, selon Huysmans : c’est-à-dire d’une bisexualité psychique ( pour reprendre la terminologie freudienne) presque revendiquée, exigeante.

Quel est le sens de maternité de cette sainte qu’il déboule depuis les siècles ?

La sécularisation est la seule civilisation qui manque de discours sur la maternité.Tandis que Thérèse, dans ses prières mais aussi dans son œuvre de refondatrice du Carmel qu’elle détaille dans ses Fondations, fait apparaître une vision et une pratique de lamaternité symboliquequi fut la sienne comme “mère supérieure”. Quelque étonnant que cela puisse paraitre, certaines de ces réflexions à ce sujet peuvent éclairer – aujourd’hui encore ! – lesgénitrices(les femmes qui portent les enfants dans leur utérus) quand elles deviennentmères :quand elles vivent la passion et le dépassionnement de ce premier lien à l’autre qu’est le lien à l’enfant, et deviennent capables de transmettre la tendresse, le langage et la pensée. Thérèse commence par glorifier la souffrance comme voie vers Dieu, ainsi que comme chemin obligé de la maternité. Mais elle a aussi le génie de se détacher de l’affect muet, qu’il soit douleur ou joie. Et préconise de “ne pas jouir davantage” (qu’il s’agisse de jouir en douleur ou de jouir en plaisir), mais de “faire la volonté de Dieu” qui consiste à “considérer les autres”, “sans se lier les mains”. Extraordinaire, ce dévouement sans faille aux autres, soutenu par l’altérité de l’Autre ! Ce serait donc cela, ce que j’appelle la reliance maternelle : ne pas se contenter de jouir en soi et pour soi, mais considérer l’existence du Tiers, pour accéder à la volonté de respecter et soutenir les autres, et ne jamais faillir ! Hannah Arendt avait diagnostiqué, après la Shoah, que le “mal radical” commence du moment où les humains deviennent incapables de “penser du point de vue de l’autre”. Eh bien, pour Thérèse, être mère serait, en somme, tout le contraire : la capacité de penser du point de vue de l’autre. Aujourd’hui, la fraicheur de Thérèse permet de redécouvrir qu’il existe un catholicisme complexe, insolite, qui “parle” à l’intensité de notre besoin de croire et de notre désir de savoir... Pour lesquels nous manquons d’appuis...

L’intellectuelle athée Julia Kristeva, d’origine bulgare naturalisée française, est une chercheuse qui œuvre dans les domaines de la linguistique, de la psychanalyse, de la philosophie et de la narration. Elle enseigne la sémiologie à l’Université d’Etat de New York et à l’Université de Paris VII - Denis Diderot. Parmi ses livres,Thérèse mon amour(2008). Elle est présidente honoraire du Conseil nationalHandicap : sensibiliser, informer, former ; depuis 2015 elle est commandeur de la Légion d’honneur.

par Cristiana Dobner

Les métamorphoses de Thérèse

((2 mars 2015)

« …assurément, l’auteure féministe qui a le plus contribué à une lecture contemporaine de Thérèse est Julia Kristeva, sémiologue et psychanalyste, qui lui a dédiée un très long roman-essai, Thérèse mon amour, sorti en 2008. L’ouvrage raconte une relation vivante, une sorte de corps à corps entre les deux femmes, l’écrivaine mystique et l’auteure, une croyante passionnée, l’autre athée. Mais le charme de Thérèse réside, également pour la célèbre intellectuelle, dans sa foi : « L’infini est en elle et dans toutes les choses » écrit-elle, la considérant comme une thérapeute des âmes, capable de mettre en liaison esprit et corps, culture et nature, matière et représentation. Julia Kristeva, reconnaît en Thérèse « une prémonition de Freud » en tant qu’experte « de l’espace intérieur du sentiment amoureux ». »

La femme pense par elle-même

(2 juin 2014)

« …Julia Kristeva, tellement attirée par Thérèse [d’Avila] qu’elle écrit : « C’est votre humanité qui me passionne… ce qui est génial chez Thérèse c’est que l’Ecriture ne conduit pas seulement à l’approfondissement de soi mais à un changement du monde ». »

Autour de la famille

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(1 décembre 2015)

« Aujourd’hui, le chemin matrimonial est menacé par un manque de cette foi-confiance dans l’amour, dans l’amour, dans la vie, dans l’avenir. Ce n’est pas un hasard si Julia Kristeva demande un engagement commun aux croyants et aux non-croyants au nom de l’ « incroyable besoin de croire », pour pouvoir vive une authentique humanisation personnelle et sociale. »

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