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Rimbaud. Une aquarelle, sept croquis et plusieurs inscriptions manuscrites

Les enchères vont flamber à Brest le 18 décembre...

D 13 décembre 2016     A par A.G. - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Ce n’est pas une saison, mais une après-midi en enfer, puis au paradis, à laquelle commissaires priseurs, enchérisseurs et collectionneurs peuvent se préparer le 18 décembre prochain à partir de 14h 15 à Brest. Ce jour-là sera vendu un exceptionnel ensemble de croquis et annotations inédits attribués au poète Arthur Rimbaud (1854-1891).


Une aquarelle, sept croquis et plusieurs inscriptions manuscrites
Zoom : cliquez l’image.

Le lot comprend, dixit le catalogue de l’étude Adjug’art de Me Yves Cosquéric (expert, Emmanuel De Broglie), « une aquarelle, sept croquis et plusieurs inscriptions manuscrites apposés sur les feuilles d’un petit ouvrage religieux ou détachés de ce volume [1] ». Sur des pages de livres très usagées se trouvent des gribouillages coloriés tels que peut les produire un enfant ou un jeune adolescent : une étoile à cinq branches qui semble avoir été réalisée à l’aide d’un tampon encreur, quelques mots (ex-libris, Adolphus, Flamanville) et des dessins de maisons, de monuments, un curé griffonné de face et d’allure très féminine, un homme de profil, un serpent, une spirale et un couple fumant la pipe.

Des Ardennes à Carantec

Dans l’absolu, le trésor est assez ténu en soi. Mais comme tout ce qui concerne le plus génial garnement de la littérature internationale se transforme en or — aux enchères, Saint-Exupéry, Proust ou Flaubert sont logés à la même enseigne — il y aura de l’événement dans l’air ! Qui plus est avec une coquette mise à prix se situant entre 150.000 et 200.000 euros l’ensemble.

Comment cette trouvaille a-t-elle cheminé jusqu’à Brest, depuis la maison maternelle de Rimbaud, à Chuffily-Roche dans les Ardennes ? Après avoir séjourné dans le château des Grosyeux-Flamanville à Méry, l’objet aurait voyagé à un kilomètre de là jusqu’à la ferme familiale de Roche, dont Isabelle Rimbaud (1860-1917), la sœur d’Arthur, avait hérité. Si la ferme fut détruite par les Allemands en 1918, les papiers se retrouvèrent cependant dans la maison qui la remplaça en 1924. Le sort prend une nouvelle tournure lorsqu’en 1980, Mme Jacqueline Kranenvitter fait l’acquisition de la ferme de Roche, qu’elle transforme petit à petit en musée dédié à Rimbaud et Verlaine. Mme Kranenvitter vit aujourd’hui dans le Nord-Finistère, ce qui explique probablement que la vente se déroule à Brest.

Authentifié par un expert

On l’a vu récemment avec la polémique autour des carnets retrouvés de Van Gogh, l’authenticité est cruciale dans une telle vente. L’enjeu mémoriel, historique, littéraire est, en effet, énorme. De fait, la vente est accompagnée d’un procès verbal daté du 16 juin 1981, dans lequel M. Alain Buquet, expert en écritures près le tribunal administratif de Paris écrit, après une minutieuse étude des documents qu’"il est très vraisemblable que l’examen des documents originaux permette l’attribution des écrits et annotation de Question à la main d’Arthur Rimbaud". Cette confirmation, assez magnifique il faut en convenir, est complétée par un dossier que Mme Kranenvitter, dont la trouvaille a été saluée à l’époque par plusieurs éminents rimbaldiens et qui avait, par ailleurs, contribué à identifier la seule photo connue de la mère du poète, a mis à disposition des commissaires priseurs. Les conditions d’un beau suspense sont réunies. Vivement dimanche !

Les objets seront visibles le samedi 17 décembre, de 15 h à 19 h et le matin, de la vente. 02.98.46.21.50 et www.interencheres-live.com

Le Télégramme


[1Il s’agit de l’Abrégé de l’Histoire sainte de l’Abbé Durandi, édité vers 1850. A.G.

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2 Messages

  • Transval | 20 décembre 2016 - 17:28 1

    Le télégramme ou le tétragramme ?


  • A.G. | 18 décembre 2016 - 19:28 2

    À Brest, sept croquis du poète Arthur Rimbaud étaient vendus aux enchères. Mise à prix  : 120 000 €. Peut-être un poil trop cher.

    Arthur Rimbaud, dessinateur maudit  ? Ses sept dessins, griffonnés à l’âge adolescent dans l’ouvrage Abrégé de l’histoire sainte n’ont pas trouvé preneur, dimanche après-midi, à Brest.

    La mise en vente a été d’une rapidité fulgurante… Faute d’enchères. En tout et pour tout, à peine plus de vingt secondes. Le temps qu’il faut à Usaïn Bolt pour boucler un demi-tour de piste.

    120 000 €

    Pas une seule main à s’être levée dans la salle des ventes d’Adjug’Art, ni un hypothétique coup de fil venu de l’autre bout de la terre pour enchérir sur les 120 000 €, prix de départ.

    «  On peut expliquer ça par plusieurs raisons, relativise Yves Cosquéric, le commissaire-priseur. Le spécialiste des dessins de Rimbaud est récemment décédé. Il n’y a donc plus personne à faire autorité en la matière. Et puis il y a aussi le prix… C’est un marché où il n’y a pas des quantités d’acheteurs.  »

    L’œuvre vaut pourtant le coup d’œil, ne serait-ce que par son caractère historique. Dès dimanche matin, d’ailleurs, certains curieux étaient venus la voir «  avant qu’elle ne disparaisse dans la nature  ».

    Retrouvé dans les Ardennes

    L’ouvrage et les dessins qu’il contient ont été retrouvés par Jacqueline Kranenvitter, dans les années 80, quand elle a racheté l’ancienne demeure des Rimbaud, à Chuffilly-Roche, près de Charleville-Mézières (Ardennes). C’est notamment là que le poète a écrit l’exceptionnel Une saison en enfer.

    Aujourd’hui domiciliée dans le Finistère, elle veut «  offrir une nouvelle vie  » à ces sept croquis, que le jeune Arthur aurait réalisés entre 11 et 15 ans. «  Ce sont les dessins d’un jeune homme. Ils ont un côté transgressif  », sourit Yves Cosquéric.

    Vendu à l’amiable  ?

    Ils vont devoir attendre un peu pour trouver un nouveau propriétaire. Mais peut-être pas si longtemps que ça… «  La vendeuse nous fait confiance. Elle nous laisse toujours l’ouvrage  », explique Yves Cosquéric, qui ne pense pas que les croquis de Rimbaud seront remis en vente aux enchères.

    «  On a déjà été contactés depuis, par des personnes qui voulaient revoir l’œuvre. Je pense que si ça se fait, ce sera de façon amiable.  »

    Ouest France, le 18 décembre, 18h56.