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Le yuan, la « monnaie du peuple » en question...

D 13 août 2015     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Paris (GMT+1)

Pékin (GMT+8)

Ce mois d’août 2015, outre la rediffusion de quatre films d’intérêt sur la Chine :
- La grande famine de Mao, un document exceptionnel.
- Le tryptique documentaire ample et riche de Jean-Michel Carré sur la Chine

…En ce mois d’août, la Chine se manifeste aussi à la Une de l’actualité mondiale :
- avec l’attribution des Jeux Olympiques d’Hiver 2022 à la ville de Pékin, évoquée dans le chapeau de l’ article « Mao revient… Un Eté à La Baule ». Dans la lignée de la manifestation au monde de la nouvelle puissance chinoise, après l’attribution des Jeux Olympiques de 2008 et celle de l’exposition universelle de 2010 (où la France avait dressé son « Pavillon des cinq sens »)
- mais aussi avec la dévaluation de sa monnaie emblématique le yuan. Un événement économico-financier qui retient notre attention et sujet de ce billet… (pas le yuan, le nôtre).
Le yuan, une devise sur laquelle figure la non moins emblématique figure de Mao… Sur un billet de banque, symbole du capitalisme honni par le Grand Timonier ! Le Parti Communiste post Mao nous a appris qu’il était compatible avec l’économie de marché, le capitalisme d’Etat et privé. Et tous les vices associés à l’argent, à commencer par une corruption gigantesque et institutionnelle en Chine qui gangrène les rouages du parti et de la société qu’il administre.

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L’internationalisation du yuan, priorité stratégique du pouvoir chinois, reste le facteur déterminant avec pour ambition de rejoindre le panier de grandes devises du FMI dès cette année.

Trois dévaluations successives en trois jours

Qu’y-a-t-il derrière cette courbette du billet chinois ? L’esquisse d’un pas de danse ou d’une guerre des monnaies ? Ou bien un coup de billard à double bande ?

Premier constat : Les bourses occidentales (Europe et Etats Unis) ne balayent pas l’information d’un revers de manche. C’est que le yuan pèse aujourd’hui sur les marchés financiers.
Wall Street et Les bourses européennes ont toussé. (- 5% en deux jours pour le CAC 40, les mardi 11/08 et mercredi 12/08. Le rouble est déstabilisé. Les marchés des matières premières, à commencer par le pétrole sont à la baisse, ainsi que les industries occidentales du luxe (les Chinois vont moins voyager et moins dépenser anticipent les marchés. Surréaction ? L’avenir le dira. Les marchés surréagissent toujours à l’inattendu… Bien que la décélération de l’économie chinoise ces derniers mois aurait pu laisser entrevoir, une possible réaction des financiers chinois, formés à la même école de l’économie mondialisée :

Pékin dévalue trois jours de suite le yuan pour relancer son économie

Pour relancer les exportations qui se tassent, la Chine laisse filer le yuan en déclenchant une série de dévaluations de sa monnaie.

Faire d’une pierre deux coups

Pékin a déclenché mardi une dévaluation « déguisée » du yuan, afin de donner de l’air à une croissance essoufflée en la présentant d’abord comme une étape majeure vers l’internationalisation de sa devise. La banque centrale de Chine (PBOC) a en effet créé la surprise en abaissant le taux de référence de sa monnaie face au dollar et l’entraînant à son niveau le plus bas depuis 2012.

Une décision sans précédent depuis la fin de l’arrimage de la « monnaie du peuple » au billet vert en 2005, qui rompt un cycle d’appréciation. Ce décrochage est le résultat d’une « nouvelle manière » de fixer le taux pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer, en intégrant désormais « pleinement » l’influence du marché, ont expliqué les grands argentiers du pays, sans jamais prononcer le terme « dévaluation ». Un clin d’œil appuyé au FMI, qui exige la libre convertibilité de la monnaie chinoise, pour l’intégrer dans son panier de devises de référence

Jusqu’ici, les autorités chinoises encadraient étroitement le yuan, autorisant une fluctuation de 2% autour d’un point pivot fixé arbitrairement chaque jour. « C’est un pas vers la libération du renminbi, qui était surévalué depuis longtemps, suscitant les critiques. À chaque fois, la PBOC fixait son taux au-dessus du marché. Désormais, elle va perdre de son influence au profit de l’offre et la demande », se réjouit Xiao Lei, économiste indépendant, contributeur du China Securities Journal

La dépréciation de la devise chinoise vole à la rescousse des industriels et des exportations, qui ont encore chuté de 8,3% en juillet, sonnant l’alarme. Elles s’effondraient même de 12% en direction de l’Union européenne, le premier partenaire commercial

« Cela va offrir un bol d’oxygène à l’économie réelle. Des grands producteurs étrangers, comme Foxconn, délocalisent vers l’Inde et l’Asie du Sud-Est du fait de la hausse des coûts », explique au Figaro Ye Tan, économiste dans les médias chinois.

Mais l’internationalisation du yuan, priorité stratégique du pouvoir, reste dans le viseur des autorités chinoises avec pour ambition de rejoindre le panier de grandes devises du FMI dès cette année. Pékin veut que sa monnaie soit admise au sein des droits de tirages spéciaux (DTS) du Fonds Monétaire International, tout comme le dollar, l’euro, le yen et la livre sterling, lors d’une prochaine réunion en novembre.

Crédit : Daniel Sugarman, Le Figaro

Ces dépréciations soulèvent des questions

Au matin du troisième jour, annonce d’une troisième dépréciation du yuan portant celle-ci à une valeur cumulée d’environ 4,5%.

Malgré tout, ce n’est pas un cataclysme (la parité euro/US dollar est passée de 1,36 à 1,10 l’Euro d’août 2014 à août 2015 soit une dévaluation d’environ 20% !)

Néanmoins ces dépréciations successives soulèvent des questions dans la communauté financière mondiale et laissent craindre, chez certains, une situation réelle plus dégradée que celle affichée dans les statistiques officielles. Souvenons nous que dans l’histoire chinoise les statistiques manipulées par les dirigeants, à tous les niveaux, ont conduit à la grande famine de Mao (l’Etat prélevant sa part sur la base des chiffres affichés, il ne restait, de fait, plus rien aux paysans, pas de quoi se nourrir pour survivre). Certains pensent aujourd’hui que la croissance affichée de 7% serait en réalité plus près de 4% !

La dévaluation du yuan va-t-elle se poursuivre ?

Selon Henri Sterdyniak – « Prétendre que la dévaluation est une nouvelle façon de calculer le taux-pivot est de la pure communication »

La Chine cherche-t-elle à rejoindre le club national des monnaies mondiales de référence en faisant croire qu’elle laisse fluctuer le yuan ou à doper son économie ?

La monnaie est très contrôlée par les autorités chinoises. La volonté actuelle de la Chine est claire : doper son économie. La Chine a accepté une forte appréciation de sa monnaie depuis une dizaine d’années, pour entrer dans le jeu normal du système monétaire international. Elle misait sur un essor de sa demande intérieure pour dépendre progressivement de moins en moins de ses exportations. Aujourd’hui, elle a besoin d’augmenter ses exportations car sa croissance a diminué. Elle considère que l’appréciation du yuan est allée trop loin. Elle infléchit donc sa politique en dépréciant sa monnaie.

Est-ce que d’autres dévaluations sont possibles dans les jours qui viennent ?

Je pense que la Chine va aller plus loin dans la dévaluation du yuan. Maintenant qu’ils ont commencé, ils vont plutôt faire 10% que 4%. Pourquoi en rester à 4% [commentaire avant la 3ème annonce de dépréciation du yuan – note pileface] si les exportations ne sont pas satisfaisantes ? La banque populaire de Chine va poursuivre la dévaluation dans les jours qui viennent. Elle va faire varier sa monnaie lentement jusqu’à ce qu’elle juge une valeur satisfaisante. Ces dévaluations pourraient s’étaler sur 15 jours encore. Une monnaie comme l’euro peut facilement s’apprécier ou se déprécier de 15% face au dollar en un mois sur le marché des changes donc cela n’a rien de choquant pour le yuan. La différence est que la banque populaire de Chine prend une décision seule sans consulter personne et cela surprend les marchés. L’économie mondiale risque ainsi de s’engager dans les dépréciations compétitives si la Chine, comme le Japon ou la zone euro, estiment avoir besoin d’une monnaie faible.

La Banque populaire de Chine calme le jeu.

REUTERS : jeudi 13 août 2015 08h37

Le yuan poursuit sa baisse, à un rythme ralenti

SHANGHAI (Reuters) - La banque centrale chinoise (PBOC) a assuré jeudi que les fondamentaux économiques de la Chine ne justifiaient pas une dépréciation accrue du yuan, qui a perdu environ 4% face au dollar après la dévaluation surprise décidée mardi par les autorités.

La devise chinoise a de nouveau cédé du terrain jeudi mais l’écart entre le cours de la devise et son taux de référence s’est nettement réduit.

Avant l’ouverture des transactions, la Banque populaire de Chine a fixé le cours pivot du jour à 6,4010 yuans pour un dollar et la devise chinoise s’échangeait dans l’après-midi à 6,4080 après les commentaires de la PBOC, à -0,1% de ce taux de référence, une variation très faible par rapport à celles enregistrées ces dernières semaines.

Le cours du yuan est autorisé chaque jour à varier de plus ou moins 2% par rapport à son taux de référence et depuis mars, l’écart dépassait constamment 1% à la baisse.

La dévaluation surprise du yuan annoncée mardi par la Banque populaire de Chine (PBOC) a fait redouter à certains une nouvelle "guerre des monnaies" mais la banque centrale affirme depuis mercredi qu’elle n’engagera pas le yuan dans un processus de dévaluation durable.

Jeudi, la PBOC a déclaré que le taux de change du yuan était "solidement soutenu" par la solidité de l’économie chinoise, son excédent commercial, la situation budgétaire saine du pays et l’ampleur de ses réserves de change.

La banque centrale a averti qu’elle surveillerait les flux d’argent transfrontaliers "anormaux".

Des sources informées indiquent cependant que des membres importants du gouvernement sont favorables à une glissade plus marquée du yuan pour soutenir les exportateurs chinois.

Certains évoquent une baisse de 10% au total, une rumeur jugée "sans fondement" par le vice-gouverneur de la PBOC, Yi Gang [« Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » disait un disciple de Sun Tsu dans un addendum proposé pour une nouvelle édition de L’Art de la Guerre – l’aphorisme de Jacques Chirac le mériterait – note pileface] Ce dernier a déclaré que la Chine entendait accélérer l’ouverture de son marché des changes et attirer davantage d’investisseurs étrangers.

Malgré la Chine, Wall Street a terminé mercredi en légère hausse

(Pete Sweeney ; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

L’internationalisation du yuan

Aussi dans le temps de ce mois d’août 2015, L’Angola a annoncé la semaine dernière qu’il allait faire du yuan sa deuxième monnaie officielle. De quoi faciliter les importations en provenance de l’Empire du milieu et réduire la dépendance du pays, fortement exportateur de pétrole, au dollar. Un nouveau cap dans l’internationalisation du yuan.

Même s’il n’est pas encore librement convertible, le yuan monte peu à peu en puissance dans les échanges internationaux. Il est déjà une monnaie de règlement et de réserve pour plusieurs pays africains, tandis que Pékin a noué des accords d’échange de devises avec de nombreuses banques centrales. Au cours des années 2020, la libre circulation et convertibilité du yuan à l’international devraient s’imposer.

Une évolution qui pourrait faire des émules dans le continent noir, dont le commerce avec la Chine a explosé au cours des dernières décennies.

Si d’autres pays africains devaient sauter le pas, Pékin pourrait étendre son influence monétaire, en créant une zone yuan, à l’image de l’euro et du dollar, des monnaies qui servent de références pour plus de 25 et 50 pays, respectivement. Ces Etats se rapprocheraient du même coup de la Chine, sur les plans politique et diplomatique. Le billet rouge est déjà utilisé comme monnaie de règlement et de réserve dans plusieurs pays africains : le Ghana, le Nigeria, l’île Maurice, le Zimbabwe, et l’Afrique du Sud.

L’internationalisation du yuan est un processus de long terme. Déjà, les dollars australien et néozélandais sont sous influence chinoise, l’économie des deux îles étant fortement imbriquée avec celle de l’Empire du milieu, auquel elles vendent d’importantes quantités de matières premières. Même le rouble est tombé dans l’orbite de Pékin. En décembre 2014, alors que la Russie était en pleine crise, la Chine avait en effet apporté son soutien à la devise et à l’économie russes. Les deux Etats se sont nettement rapprochés, y compris sur le plan commercial, depuis les sanctions occidentales contre Moscou.

Par ailleurs, la Chine a noué des accords d’échange de devises avec 28 banques centrales (comme celles du Canada, de l’Afrique du Sud, de la Russie, du Qatar…) et établi des chambres de compensation dans 10 pays ou régions, selon le grand argentier de l’Empire du milieu. Un réseau monétaire préalable à la libre circulation et convertibilité du yuan à l’international. D’ici 5 à 15 ans, les spécialistes estiment que la devise chinoise se traitera librement, comme n’importe quelle autre monnaie.

Le renminbi devrait aussi intégrer le panier des droits de tirage spéciaux (DTS, actif de réserve international créé en 1969 par le Fonds monétaire international pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres), pour l’heure constitué des seuls euro, dollar, live Sterling et yen. Le FMI a récemment décidé d’accorder à Pékin jusqu’à septembre 2016 pour mener à bien les efforts nécessaires à l’intégration du yuan au panier, qui ne devrait pas intervenir avant 2020.

Sur le seul plan commercial, la montée en puissance du yuan est déjà spectaculaire. Il s’est hissé en deux ans du 13eau 5erang mondial des devises les plus employées pour les paiements internationaux. En décembre 2014, la monnaie chinoise avait atteint une part de 2,2% dans les paiements mondiaux, talonnant le yen japonais (2,7%).

Crédit : d’après Nicolas Gallant © Capital.fr

Fin d’alerte ?

L’avenir le dira, mais la Banque centrale chinoise a bien les moyens de contrôler les flux financiers pour conduire la parité du yuan là où elle le voudra.

Jeudi matin, la Bourse de Tokyo rebondit malgré la 3ème dépréciation du yuan. Les bourses européennes également. Wall Street reste stable.

En refusant le mot dévaluation et en présentant cette dépréciation (très opportune) comme une révision du mécanisme de fluctuation, la banque centrale chinoise (PBOC) va dans le sens de ce que réclame le FMI, pour admettre le yuan en son saint des saints, dans son panier de devises de référence.
C’est une bonne illustration d’un des préceptes de Sun Tsu dans L’art de la guerre
 :


« faire naître la force du sein même de la faiblesse »

Un coup de vent pas un ouragan !

Le bateau Chine a vu bien des séismes pour rester serein et maintenir le cap avec Mao sur les billets de banque chinois en icône protectrice !
Le yuan de son autre nom le renminbi c’est littéralement, « la monnaie du peuple ». Elle va conduire l’Empire du Milieu à devenir le Centre du Monde. Une vision à la hauteur des ambitions de Mao, qui dans l’imaginaire collectif reste le « père » de la République populaire de Chine, le patriote qui a unifié le pays et redonné sa fierté à un peuple humilié par les arrogances occidentales du XIXème siècle. Mao récupéré pour la bonne cause du Parti. Pas de contradiction donc, à ce qu’il soit devenu de facto l’emblème du capitalisme chinois et que les nouvelles générations de Chinois oublient ou estompent ses crimes. [1]


[1D’ailleurs dans la version officielle la grande famine des années 1958 -1962 est le résultat de trois années de disette, "trois années de catastrophes naturelles" : c’est ainsi qu’ aujourd’hui le parti communiste chinois justifie ce terrible bilan. Pas le résultat des décisions et de l’entêtement d’un homme dans sa vision de « Grand bond en avant », décisions d’un homme relayées par tous les rouages d’un système, les cadres du parti qui y trouvaient leur compte mais pas les 30 à 50 millions de Chinois morts de faim.

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1 Messages

  • V. Kirtov | 15 août 2015 - 20:18 1

    Après un silence de 6 ans, la Chine révèle ses réserves d’or pour le deuxième mois consécutif

    Changement radical de stratégie pour les autorités chinoises. La banque centrale de la République populaire de Chine vient de révéler le montant de ses réserves d’or pour la seconde fois en un mois. Le 17 juillet, elle avait déjà créé la surprise en annonçant l’étendue de ses stocks d’or accumulés depuis 2009, la dernière fois qu’elle s’était prononcée sur le sujet. Et la pratique pourrait bien perdurer : « il se pourrait qu’ils commencent à le publier chaque mois ? » a commenté le directeur de GoldCore, Mark O’Byrne, pour Bloomberg.

    Si cette nouvelle publication est surprenante, le chiffre révélé l’est un peu moins. Les réserves d’or chinoises ont augmenté de 1,1% depuis mi-juillet, passant de 1.658 tonnes à 1.677,4 tonnes vendredi 14 août. Assez cependant pour soutenir la hausse du cours de l’or, déjà encouragée par les craintes suscitées par la dévaluation du yuan. Le métal rebondit cette semaine de 2,2% après avoir atteint son niveau le plus bas le mois dernier, à 1.088,50 dollars l’once. Un contraste avec la publication de juillet, qui avait, elle, déçu les marchés. Ces derniers s’attendaient en effet à des réserves additionnelles près de trois fois supérieures. (Et si la Chine n’avait pas déclaré toutes ses réserves ? – note de pileface – se réservant d’annoncer par la suite, une croissance constante de ses réserves et agir ainsi sur le cours de l’or et indirectement celui de sa monnaie. N’est-ce pas une étrange coïncidence que ce changement de politique dans la communication de ses réserves d’or soit survenue, juste un mois avant cet autre changement de politique dans le mode de calcul du cours journalier du yuan ? C’était le 10 août dernier ! )

    Laura Le Saux
    LES ECHOS |LE 14/08

    Note 1 ( pileface)

    Réserves d’or des différents pays – le chiffre de la Chine non actualisé des chiffres publiés en juillet

    .

    IMF : Fonds Monétaire International (International Monetary Funds)
    ECB : Banque Centrale Européenne (European Central Bank)
    ** : Part de l’ or dans les réserves du pays

    En 2009, les réserves du pays s’élevaient à 1.054 tonnes de métal (dernière publication avant celle de 2015). Les Etats unis, selon les chiffres du Conseil mondial de l’or, sont au premier rang mondial avec 8.133 tonnes d’or.
    La Chine, sur la base des derniers chiffres publiés de 1.677 tonnes d’or, passe ainsi au 6ème rang mondial, devant la Russie.

    Garder aussi en mémoire, le matelas des réserves de change de la Chine : 3.650 milliards de dollars à fin juillet selon les chiffres publiés par la Banque de Chine. Moins que les 3840 milliards de dollars enregistrés fin 2014 (après un cycle continu d’augmentations voir graphique Reuter) et sensiblement en-dessous des 3.690 milliards de dollars atteints fin juin. Des réserves qui avaient fondu de 42,5 milliards de dollars en un mois. Une alerte qui avait été peu commentée. Mois d’août ?

    Le site suisse http://www.bilan.ch/ notait toutefois le 7 août :

    Cette chute "reflète les interventions répétées de la banque centrale sur les marchés pour garder le yuan stable" face au dollar, "mais également les flux continus de capitaux" hors de Chine, observait Li Miaoxian, économiste du fonds Bocom International Holdings, cité par Bloomberg.

    La baisse traduit de surcroît les fluctuations du marché des changes -les réserves étant composées non seulement en dollars, mais aussi d’euros et autres devises étrangères, lesquelles pâtissent du net renforcement de la monnaie américaine.

    Malgré cette baisse des réserves de change de la Chine exprimées en dollars, elles restent colossales, comparées aux réserves des Etats Unis, des pays européens et de la Russie. La Chine a de la « réserve sous le pied » !

    Evolution des réserves de change de la Chine

    .

    Réserves par pays

    .

    Aujourd’hui, 3650 milliards de dollars de réserves pour la Chine !
    Pour rendre plus concret ce chiffre on peut le rapprocher du plan de sauvetage de la Grèce par l’Europe : un prêt de 88 milliards d’euros âprement discuté depuis des mois.
    S’il avait dû être accordé par la Chine, même pas comme un prêt, mais comme un don, les réserves de la Chine seraient encore proches de 3550 milliards de dollars !

    La Chine peut s’offrir plus que le port du Pyrée ou quelques vignobles français dans le bordelais... Elle pourrait même effacer d’un trait de pinceau, l‘énorme dette publique française de 2089 milliards d’euros (97,5% du PIB), à la fin du 1er trimestre 2015, en hausse de 2,5% sur trois mois et de 4,5% sur un an !!! Malgré toutes nos grandes réformes homéopathiques, nous continuons à dépenser plus que nos revenus, et la croissance en France pour le deuxième trimestre 2015, indique un encéphalogramme plat : 0% ! A décourager un migrant chinois à Paris fuyant le grand marasme de la croissance chinoise qui devrait voir celle-ci ralentir à 6,8% cette année - selon la dernière prévision actualisée du FMI.

    Nos réserves quant à elles, publiées sur le site officiel du Trésor Public, s’élèvent à la fin du mois de juin 2015 à 150 milliards € (167,8 milliards $) se répartissant comme suit :

    Réserves en or 82,0 milliards €
    Réserves en devises 50,7 milliards €
    Créances sur le FMI 15,9 milliards €
    Autres avoirs de réserve 1,4 milliards €

    Pas de quoi faire plisser les yeux à un grand argentier chinois qui même avec ses 3.650 milliards de dollars de réserve n’écarquille pas les yeux pour autant.

    Et ses riches entrepreneurs ne manquent pas d’humour : le géant du commerce en ligne chinois a choisi le nom d’Alibaba (sic). Bien sûr, son étoile a pâli en même temps que la croissance chinoise, mais ce nom d’Alibaba, tellement décomplexé dans l’affichage de ses ambitions est révélateur de l’état d’esprit de ces nouveaux conquérants du monde d’aujourd’hui.

    Jack Ma, fondateur d’Alibaba annonçant les résultats de son groupe à fin juin 2015 : CA pour le premier trimestre en progression de 28 % sur un an, à 3,27 milliards de dollars (2,94 milliards d’euros). ...Un très mauvais résultat ! (la plus faible avancée en trois ans).

    Note 2 (lemonde.fr) « Transition vers une croissance plus sûre et durable »

    Les autorités chinoises doivent poursuivre les réformes pour orienter leur économie vers un plus grand rôle des marchés afin d’éviter un ralentissement plus prononcé de la croissance, a prévenu vendredi 14 août le Fonds monétaire international.

    Dans son rapport annuel sur l’économie chinoise, le FMI a confirmé ses prévisions de croissance pour la Chine, qui accusent un net ralentissement de l’expansion de la deuxième économie mondiale. Elle devrait ralentir à 6,8% cette année après 7,4% en 2014. En 2016, la croissance devrait glisser à 6,3%.

    « L’économie chinoise est en train d’effectuer une transition vers une croissance plus sûre et durable. Cette transition est difficile mais les autorités veulent qu’elle réussisse », a indiqué Markus Rodlauer, chef de mission du FMI pour la Chine lors d’une conférence de presse téléphonique.

    Mais « des progrès insuffisants pour faire face aux vulnérabilités et faire avancer l’agenda des réformes structurelles continuent de représenter le plus grand risque et pourraient provoquer à moyen terme une correction désordonnée et une période prolongée de croissance plus lente », a-t-il prévenu.

    oOo

    « Les arbres ne montent pas au ciel ! » (adage boursier, sans cesse oublié et redécouvert que la Chine intègre à son tour à la pensée de Mao, Deng Xiaoping et Confucius – note pileface)