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Bordeaux chinois

Li Lijuan alias Lili et Mr Zhang

D 1er avril 2012     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Bordeaux chinois

Le débat filandreux autour de l’abattage rituel religieux rendrait toute âme sensible athée et végétarienne. Je me sens déjà vaguement coupable de manger du porc, de fumer, de ne pas avoir de barbe, d’adresser la parole à ma voisine, de boire de l’alcool et du vin. Un verre de bon bordeaux me calme et me ramène à la raison, pratiquée depuis longtemps dans ma belle ville natale.

Mais que vois-je soudain ? Les Chinois ont envahi les environs de Bordeaux, achètent des châteaux, se passionnent pour les crus locaux et les importent en masse. Céline (fanatique buveur d’eau) s’est trompé : les Chinois ont dépassé la Champagne et Cognac, ils sont dans les vignes, ils se poivrent au vin rouge. Regardez Lili, énergique et ravissante Chinoise de 28 ans : elle vous annonce une nouvelle ère dont personne ne semble se rendre compte. Comme le dit un vigneron bordelais : « En France, lors des voyages présidentiels à l’étranger, on parle de TGV ; de Dior, des avions. Mais les vignerons qui représentent l’équivalent de 180 Airbus par an, on n’en parle pas ... Chirac aimait la bière, Sarkozy le Coca ...  » Une rumeur prétend qu’à la fin de sa vie, pour apaiser sa conscience, Mao buvait en douce du Margaux dans son pavillon de la Cité interdite. Simon Leys vous dira que c’est impossible, mais il ne sait peut-être pas tout.

Philippe Sollers
« Mon journal du mois », Mars 2012
Journal du Dimanche 1/04/2012

Li Lijuan

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Li Lijuan

Les nouveaux propriétaires ne sont là que depuis une semaine, mais les 14 employés du château Grand-Mouëys savent déjà dire « Bonjour monsieur le président » en mandarin. Li Lijuan, alias Lili, leur donne des cours chaque matin. Quand le boss, monsieur Zhang, reviendra sur ses nouvelles terres girondines, ce sera comme en Chine. Tout le monde lèvera son verre, et « ganbei ! », cul sec.

A peine l’affaire était-elle conclue par le nouveau propriétaire, Mr Zhang, que Lili, la « manager » de 28 ans, s’installait aux manettes. « Je vis dans un château, c’est la meilleure période de ma vie », dit celle qui se présente comme « la gagnante de la Nouvelle star en Chine ». Recrutée pour son dynamisme, elle a aussitôt enclenché la révolution au château Mouëys :

« On va faire un golf, une piscine, un restaurant de canard laqué, un salon VIP, un hôtel de luxe... Notre projet, c’est de faire venir 10 000 Chinois par an, il faudra construire un parking pour les bus. » Par l’embrasure en pierre de taille, elle dessine d’un geste le nouvel horizon : « La balustrade, on la recule de 30 mètres. Les arbres, on les coupe. Et la colline, là, c’est pas beau, on va faire tout plat. » M. Zhang, « nouveau riche » selon son assistante, dit toujours que « l’argent n’est pas un problème ». Et le vin ? « On va l’améliorer, recruter l’ ?nologue du château Petrus, vendre 90% de la production en Chine. Chez nous, le vin est un produit de luxe, et on considère que c’est bon pour la santé, surtout pour les femmes. » Commercialement, l’affaire sera excellente, si l’on suit le raisonnement de Lili : « Les Chinois aiment se saouler à l’alcool blanc. Mais faire cul sec avec du vin, c’est mieux. On en boit plus et on ne se rend pas malade. »

Crédit : Pascale NIVELLE, Libération

Mr Zhang

En Gironde, près d’une trentaine de châteaux ont déjà été acquis par des investisseurs chinois. Rencontre avec le dernier venu, Jinshan Zhang, propriétaire du Grand Mouëys.

Jinshan Zhang, 48 ans, est le nouveau propriétaire du château du Grand Mouëys, à 30 km de Bordeaux. (photo Quentin Salinier)

Une vaste propriété viticole et un beau château avec de vraies pierres. Telle était la quête de Mr Zhang en terre bordelaise. Après six voyages en un an et une quarantaine d’exploitations visitées, il a sorti son chéquier pour le château du Grand Mouëys, à Capian, à 30 km à l’est de Bordeaux.

Une allée majestueuse bordée d’arbres, un paysage vallonné type Toscane, et une arrivée devant la superbe bâtisse. Le vignoble alentour, et au loin des bois ceinturant une propriété de 170 hectares, dont 59 de vignes. Nous sommes dans le vaste territoire de l’Entre-deux-Mers (entre Dordogne et Garonne), en AOC Côtes de Bordeaux. Être ici chez soi et se sentir châtelain ne font qu’un.

« J’ai aimé cette propriété, pour laquelle j’ai de grandes ambitions. » À 48 ans, Jinshan Zhang, qui ne parle ni anglais ni français, fait sa première acquisition hors de Chine. Pendu à son téléphone portable, il est le propriétaire du groupe Ningxiahong, dans la province du Ningxia, au centre du pays. Fondée en 1996, l’entreprise emploie
1200 personnes avec les spiritueux pour principale activité, en particulier le Gouqi, alcool de fruit en vogue. Sans oublier l’immobilier, une agence de voyages...

La Safer en question

La mission des Safer : Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) permettent à tout porteur de projet viable - qu’il soit agricole, artisanal, de service, résidentiel ou environnemental - de s’installer en milieu rural. Les projets doivent être en cohérence avec les politiques locales et répondre à l’intérêt général. (cf. http://www.safer.fr/)

Un organisme d’Etat expertise « l’état des chais et des matériels » (sic) - une sorte de « garantie » d’état - dans une négociation privée de cession de biens à une société étrangère ? En tant que Candide, cela me semble d’une grande incongruité. Certifier des AOC, oui, si c’est bien dans la mission de la Safer ! Mais aller jusqu’à devenir « facilitateur » ou « garant » de biens privés vendus à un acheteur non européen, ce qui équivaut de fait, à un démantèlement progressif du patrimoine français ou européen, ne serait-ce pas là, le résultat d’un comportement inapproprié... (là aussi), une déviance hors du strict domaine de l’"intérêt général"... Pour la liberté du commerce : oui ! Mais sans excès de zèle gratuit - ou presque -, sans naïveté, ou alors avec la même fausse naïveté roublarde que celle Mr Zhang qui ne craint pas d’annoncer la couleur, tant notre complaisance est infinie : « J’ai planté 100 hectares de vigne dans notre province en 1998 et je compte apprendre ici pour produire là-bas, où 700 hectares supplémentaires doivent être plantés cette année. ».
Jamais nous ne ferons payer assez cher ces transferts de savoir-faire !
Est-ce que la Safer les a évalués dans son expertise...?
Nous savons pourtant ce qu’il en advient : cf. les transferts de savoir-faire dans les TGV. Aujourd’hui la Chine produit les siens et nous concurrence en Inde. Même processus pour l’industrie automobile. En ce qui concerne l’aéronautique et l’espace, le processus est engagé.
(note pileface)

Avec l’appui d’un technicien reconnu dans le Bordelais et d’une collaboratrice chinoise parlant le français [Lili], l’homme a les idées claires. D’abord, investir dans l’outil de travail car il s’agit de produire du bon vin sur une exploitation ayant besoin d’être relancée. À 72 ans, le vendeur, Mickaël Bömers, ex-négociant en vin à Brême (Allemagne), passe la main, faute d’enfants intéressés pour poursuivre une aventure commencée en 1989.

Le Grand Mouëys, vin peu connu en France (environ 9 euros la bouteille), est surtout exporté outre-Rhin. « Les négociations furent dures et longues, car les Chinois sont coriaces en affaires » note un intermédiaire ayant participé à cette vente dont le prix n’a pas été révélé. Sont notamment intervenus le cabinet girondin Maxwell Storrie Baynes, MK Finance (Shanghai) et la Safer, cette dernière ayant expertisé le domaine (conformité aux normes de l’AOC, état des chais et des matériels, etc. (sic) ), ce qui apporte des garanties fiables à la transaction.

Crédit : Sud-Ouest

Les projets de Mr Zhang

10 000 touristes chinois

« Je pense que 90% de la production du château sera vendue en Chine, où la consommation de vin est en plein boom. J’ai déjà des réservations. Nous utiliserons le réseau de distribution en place pour nos alcools. Nous allons aussi créer une société de négoce pour acheter davantage de bouteilles en Gironde et les exporter chez nous », explique cet amateur de grands crus, qui a une belle cave à domicile, où trône un Lafite Rothschild 1928, château déifié en Chine. Mais celui qui projette de venir désormais quatre fois par an en Gironde lorgne aussi vers l’ ?notourisme. Et les plans sont prêts : chambres existantes à embellir (une dizaine), vaste salle de réception, spa avec vue sur les vignes, terrasse géante, restaurant, golf, tennis... « Avec notre agence de voyages, nous amènerons 10 000 touristes chinois par an. »

Je compte apprendre ici pour produire là-bas...

En homme d’affaires venant d’un pays 25 fois plus peuplé que la France, il fait valser les chiffres :

« J’ai planté 100 hectares de vigne dans notre province en 1998 et je compte apprendre ici pour produire là-bas, où 700 hectares supplémentaires doivent être plantés cette année. »

« Être propriétaire à Bordeaux, avec une belle bâtisse, et malgré le choc des cultures, est pour eux équivalent à l’achat d’un bout de la tour Eiffel. Les Chinois sont des commerçants et le vin offre à ce jour de belles opportunités », analyse un agent immobilier, rompu à leurs visites dans les châteaux.

Et Mr Zhang compte bien en acheter d’autres en Gironde...

Crédit : Sud-Ouest

Les voisins de M. Zhang et de Lili

« Ganbei », les voisins de M. Zhang connaissent. Au château Landereau, Bruno Baylet est de cette France heureuse des nouveaux équilibres dessinés par la mondialisation. Héritier de trois générations de vignerons, il tend sa carte de visite à deux mains. Le recto est en chinois. Deux à trois fois par an, il part à Shanghai ou à Wuhan vendre son bordeaux. « Depuis 2008, c’est chaud bouillant pour le vin. La Chine, tout le monde s’y met. » Les Français ne consommant plus que 50 litres par an, la moitié de ce qu’ils buvaient il y a vingt ans, Bruno Baylet a dû renforcer ses ventes à l’exportation. D’abord en Europe, puis aux Etats-Unis. Puis sur le marché chinois, qui a démarré en flèche. « Au début, ils réclamaient seulement des vieux millésimes, ce qui nous a permis de renouveler nos stocks. Puis ils ont appris à apprécier les vins plus jeunes, cela va très vite. » . Sa chance, dit-il, c’est l’étiquette « bordeaux », aussi réputée en Chine que le monogramme Louis Vuitton.

Eric Bantegnies, 48 ans, qui exploite, avec son frère Frantz, 70hectares dans les côtes-de-bordeaux. Cette année, il doublera le nombre de palettes qu’il expédie en Chine, passant à 30% de sa production. Shenzhen, Canton, Foshan : lui aussi arpente la Chine, avalant des kilomètres, des verres de baijiu et de longues soirées au karaoké. « Ce sont des négociateurs hors pair, dit-il. Il faut y aller avec ceinture et bretelles, et partir de très haut, sinon on finit tout nu. » Avec ses clients, le vigneron ne joue pas dans la même catégorie : l’un d’eux, amateur fidèle de son château Bertinerie, a récemment acheté pour 200 000euros de grands crus destinés à sa cave personnelle, dont un château-lafite à 1 200 euros hors taxes, détail d’importance quand on sait que les taxes prélevées par la République populaire s’élèvent à plus de 40%.

Des hauteurs de son château Fontenille, Stéphane Defraine, 55 ans, aperçoit les futaies du château Grand-Mouëys, l’acquisition de M.Zhang. Belge, installé depuis trente ans dans l’Entre-Deux Mers, il avait un Allemand pour voisin, et maintenant c’est un Chinois. « Avant les Français, il y a eu les Anglais. Bordeaux est international depuis longtemps, c’est une évolution normale », dit-il. Il y a un an, il s’est mis à exporter en Chine, prudemment, pas plus de 20 000 bouteilles, 15% de sa production, par l’intermédiaire d’un ami courtier . « Ce sont les Chinois qui sont venus me trouver. Mais j’ai attendu que le marché évolue car au début, ils ne prenaient rien à plus de 2 euros la bouteille, que du rouge, et ils réclamaient des étiquettes bling-bling, dorées sur tranche. »

Stéphane Defraine a fait avec ces nouveaux clients comme avec les plus anciens, racontant sa vigne, ses raisins, sa vendange : « Vendre du vin, cela n’a aucun intérêt en soi, il faut qu’il y ait un partage. » ... « Une bouteille de bordeaux pour un Chinois, c’est un bout de France, un peu de mode de vie occidentale, il se donne un statut social en l’achetant. » S’il votait, ce serait pour le candidat qui réviserait la loi Evin (1991), qui a « stigmatisé » le vin. « Tout ce côté puritain m’ennuie. On ne peut plus boire un coup, fumer une clope ou regarder sa voisine. » Celle-ci ne s’en formaliserait pas, pourtant. A quelques centaines de mètres du château Fontenille, assise au piano demi-queue désaccordé du vieux M.Bömers, Lili chante à tue-tête le tube qui l’a fait élire Miss Super Girl dans sa ville de Chengdu, dans le Sichuan. «  Ça manque d’ambiance », dit-elle.

Crédit : Pascale NIVELLE, Libération


Combien ça coûte ?

De la même manière qu’en Afrique où les Chinois sont allés chercher des matières premières. "Le Bordelais fait figure de précurseur", note Damien Mounet, de SquareViti, filiale du Crédit Agricole chargée des transactions de vignobles. Pour lui, les premiers signes de diversification se font déjà sentir : un chateau vient d’être acheté par des Chinois en Bourgogne. A Bordeaux, ces nouveaux acheteurs boudent les grands crus classés et visent des appellations intermédiaires, essentiellement dans la région de Libourne et dans l’Entre-deux-Mers. Ces propriétés se négocieraient en moyenne à 5 millions d’euros [1], contre 20 fois plus pour un grand cru. "Les grands crus coûtent environ 800.000 euros l’hectare, ils ne comprennent pas ce prix, c’est impensable pour eux", note un exploitant qui vient de céder sa propriété près de Libourne. Et avec de grands crus, ils ne pourraient pas tout exporter en Chine ni profiter d’un retour sur investissement aussi rapide, ajoute-t-il.

En 2008, Latour-Laguens fut le tout premier chateau acheté par un groupe chinois, la Longhai International. Surplombant 30 hectares de vignes du haut de sa colline, le donjon d’allure médiévale de Latour-Laguens a été déterminant dans le choix des acheteurs. Si l’appellation n’est pas centrale, acheter un "Chateau sans chateau" est inconcevable.... Sans ces belles pierres il n’y aurait jamais eu ces investissements ici. Dans des domaines comme celui- là, le chateau, c’est environ 50% du prix de vente.

Crédit : dandianxuan.xtrablog.dk

Quand des vins chinois défient les bordeaux

Le concours « Bordeaux contre Ningxia » cherche à promouvoir les vins de cette province du nord-ouest de la Chine. Le 14 décembre 2011 dernier, à Pékin, lors d’une dégustation à l’aveugle, il a primé quatre bouteilles de rouge provenant toutes de cette région. Son jury était composé d’experts chinois et français. Réalités et biaisements.

Nicolas Carré, Sommelier, chef des juges français sur le concours corrigeait :

« Il ne faut pas prendre ce concours à la lettre en disant que les vins de Chine sont meilleurs que les vins bordelais. »...

Réalités

« Des montagnes baignées par le fleuve jaune, bercées par les vents du désert », voilà déjà plusieurs années que les viticulteurs du Ningxia font la publicité de leurs cépages.
Comme le lac Yangcheng pour les crabes, ou les collines du lac de l’ouest pour le thé vert, le versant est du mont Helan est devenu une référence pour les amateurs de vins chinois surtout à l’étranger. En septembre dernier, un vin rouge de la région du Ningxia avait déjà fait la Une. A Londres, un JiaBeiLan avait alors remporté l’un des prestigieux trophées des Decanter World Wine Awards.

La plupart des bouteilles présentées au jury à Pékin étaient des Cabernet Sauvignon avec des noms de domaines à consonance anglophone (sic pour notre amour-propre). Sous la chaussette de dégustation du mieux classé, Grace Vineyard Chairman’s Reserve 2009, un assemblage de raisins du Ningxia et du Shanxi : « L’assemblage a été réalisé au domaine Grace Vineyard dans le Shanxi, mais les raisins viennent aussi du Ningxia », précise Nicolas Carré, A la deuxième place est arrivée un Silver Heights The Summit 2009 (Ningxia), suivi par un JiaBeiLan Cabernet Dry Red 2009 (Ningxia), un Deep Blue Grace Vineyard 2009 (Ningxia) et à la cinquième place Lafite Barons de Rothschild Saga 2009 (Médoc).

Depuis 2003, la province du Ningxia a été classée zone protégée et a pu ainsi devenir la troisième grande région viticole de Chine avec le Shandong et le Heibei, au nord de Pékin. Peuplée par les Hui musulmans, la province est réputée pour ses belles journées ensoleillées et des sols qui parfois peuvent faire penser à ceux du Bordelais en France.

Biaisements

Taxes sur les vins étrangers  : ces progrès enregistrés par les vins du Ningxia ne veulent pas dire pour autant que les vins français ont été détrônés par les vins chinois. Les Kressmann Saint-Emilion 2008, Calvet Réserve de l’Estey Médoc 2009 et autre Médoc Mouton Cadet Réserve 2009 qui n’ont pas retenu l’attention des dégustateurs, ont ici quelques excuses. La compétition s’est tenue à prix égal, avec des tarifs oscillant autour de 200 à 350 yuans (24 et 43 euros) la bouteille, mais les cuvées françaises sont pénalisées par les taxes d’importation de 48% sur les vins étrangers, a indiqué à l’AFP Jim Boyce, l’un des organisateurs de la dégustation et fondateur du site grapewallofchina.com qui a pour objectif de promouvoir les vins chinois.

Un peu d’eau dans ce vin  : il convient donc de comparer ce qui est comparable. « Les concurrents ne jouaient pas dans la même catégorie », estime Christophe Macra, master of wine. Les vins chinois représentent le top de la production chinoise actuelle. Face à eux des concurrents positionnés en milieu de gamme, dont les prix en France vont de 7 à 17 euros. En outre, pour la plupart des prétendants français il s’agit de vins de négoce. Tandis que les cuvées chinoises sont le fruit d’une élaboration particulièrement soignée. La seule cuvée française primée, Saga de Lafite, se distingue quant à elle par une sélection rigoureuse de la part de son producteur, Domaines Baron de Rothschild. Il faut aussi prendre en considération des conditions de stockage. Le voyage est souvent préjudiciable pour le vin.

La longue marche

La longue marche de la production chinoise de vins de qualité est engagée et l’acquisition de châteaux bordelais en constitue des étapes. Last but not least, la transmission de savoir-faire en est une autre : « L’excellence des cuvées primées vient en partie du fait que beaucoup de nouveaux maîtres de chais chinois ont fait leurs études à Bordeaux. C’est le cas d’Emma Gao à la tête de Silver Heights qui a reçu son diplôme national d’oenologue à l’université de Bordeaux, ou encore de Li De Mei, consultant de Jia Bei Lan », rappelle Christophe Macra.
Les Français savent bien d’où souffle le vent du Nouveau Monde et ils investissent dans des régions porteuses. Tels Pernod Ricard dans le Domaine Helan Mountain, ou Moët Chandon qui a mis en route un projet de partenariat avec le groupe agricole Ningxia Nongken pour produire des vins pétillants dans la région de Ningxia, poursuivent les auteurs de l’article.

Devoir de week-end aux candidats présidentiels cherchant de nouvelles idées pour légiférer : Breveter les savoir-faire vinicoles français (et autres) pour toucher des royalties... sur les futurs vins chinois produits selon les méthodes de vinification bordelaise, champenoise... Utopie ?

Sur les 130 millions de litres de vin produits en Chine en novembre [2], les crus du Helan Shan dans le Ningxia, comme ceux du Shandong et du Shanxi restent toutefois des exceptions. Malgré la publicité, une majorité des consommateurs chinois reste très attachée aux châteaux du Bordelais français... conclut l’article.

Crédit : d’après rfi.fr/asie-pacifique (A. Kumor, S. Lagarde)


[1une paille pour la soif ! (note pileface)

[2soit environ 1,5 milliard de litre par an en 2011, et la progression de la consommation croît rapidement...

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