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Nuit de Chine au Grand Palais

1964-2014 : CINQUANTENAIRE DES RELATIONS FRANCO-CHINOISES

D 22 janvier 2014     A par Viktor Kirtov - C 1 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Le 27 janvier 1964, sous l’impulsion du Général de Gaulle, la France reconnaissait le Régime de la République de Chine de Mao avec décision d’échange d’ambassadeurs, dans les trois mois.
En 1967, Jean Luc Godard tourne "la Chinoise", avec son égérie Anne Wiazemski. Dans un appartement dont les murs sont recouverts de petits livres rouges, des jeunes gens étudient la pensée marxiste-léniniste. Réalisé un an avant les évènements de Mai 68, "la Chinoise" est considéré comme un film prophétique.
En avril 1974, des écrivains français du groupe Tel Quel faisaient le voyage en Chine avec à leur tête, Philippe Sollers.
En avril 2013, lors de son voyage d’état en Chine, le président de la République française, François Hollande, s’accordait avec son homologue chinois, le président Xi Jinping, pour célébrer le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
Le 27 janvier 2014, débutent simultanément, à Paris et à Pékin, les festivités de cette commémoration, qui se poursuivra par différents évènements dans les deux pays,durant toute l’année 2014.

28/01/2014 Echos de la "Nuit de Chine" au Grand Palais

1964-2014 : Cinquantenaire des Relations Franco-Chinoises


Annonce des commémorations de l’établissement des relations France/Chine par le Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, le 13/01/2014

On peut considérer que la célébration du cinquantenaire a, de fait, été initiée le 25 avril 2013, lors du dîner d’Etat donné à Pékin par le Président chinois Xi Jinping à l’occasion de la visite de François Hollande en Chine.

A cette occasion, François-Henri Pinault, Pdg du groupe PPR (Pinault-Printemps-Redoute) a annoncé la restitution à la Chine de deux statuettes, issues du pillage du palais d’été de Pékin en 1960, qui représentent les signes zodiacaux du rat et du lapin.
Geste symbolique des bonnes intentions françaises pour que la fête soit réussie.

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Le Président chinois Xi Jinping avec le Président François Hollande, à Pékin, lé 25/04/2013

27 janvier 1964

Ce jour là, la France et la Chine publièrent un communiqué conjoint annonçant que « le gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République populaire de Chine ont décidé, d’un commun accord, d’établir des relations diplomatiques ».

La déclaration, de quelques lignes seulement servit de ciment aux relations entre nos deux pays au cours des cinquante dernières années. Mais au-delà, cette décision historique et visionnaire, voulue par le Général de Gaulle, a contribué à changer durablement le cours des relations internationales.

La France a été le premier grand pays occidental à nommer à Pékin un ambassadeur de plein exercice. 18 ans après que Roland de Margerie, consul général de France en Chine ait remis les clefs de la concession française au maire de Shanghaï en vertu de l’accord franco-chinois signé à Chongqing le 28 février 1946, la reconnaissance de la Chine populaire, le 27 janvier 1964 par Charles de Gaulle, a constitué le point de départ des relations officielles entre la République populaire de Chine et la République française.

« Un après-midi du début de janvier 1964, un coup de téléphone inattendu devait une fois de plus me rendre à mes anciennes activités. Notre ancien ambassadeur à Chungking, le général Pechkoff, un peu perdu de vue, me demandait d’aller le voir en urgence à propos d’une question importante et très confidentielle. Le général de Gaulle venait, quelques semaines ou
quelques jours plus tôt, de décider secrètement de reconnaître le gouvernement de la Chine populaire. M. Edgar Faure avait préparé le terrain au cours d’une visite à Pékin aux mois d’octobre et de novembre 1963. Des négociations techniques avaient eu lieu à Berne entre Français et Chinois. Une déclaration officielle commune et simultanée serait faite à Paris et à Pékin le 27 janvier... »
(extrait de : Jacques Guillermaz, Une vie pour la Chine, Mémoires (1937-1989), Paris, Robert Laffont, 1989, p. 290).

Diplomate et militaire, spécialiste de la Chine du XXe siècle, le Général Jacques Guillermaz figure parmi les fondateurs du Centre de Recherches et de Documentation sur la Chine Contemporaine qu’il dirigera jusqu’en 1976.

Crédit : Bibliothèque municipale de Lyon

« La Liberté guidant le peuple » n’ira finalement pas en Chine


ZOOM... : Cliquez l’image.

Le célèbre tableau de Delacroix, initialement sélectionné parmi la dizaine de tableaux destinés à être exposés en Chine pour ce cinquantenaire ne fera pas le voyage. Jugé trop fragile par le Louvre. On se souvient que la toile avait été vandalisée en 2013, au feutre, par une jeune tagueuse.
La toile était pourtant un beau symbole (peut-être trop insistant pour les dirigeants chinois sourcilleux vis-à-vis de ces français volontiers donneurs de leçons, toujours enclins à brandir l’étendard des libertés, comme si le peuple chinois n’était pas libre...? Plus objectivement, voir la note ci-dessous « Un peu plus sur La Liberté... »).
Autre symboles, la république se souvient aussi de ses rois : un tableau de Louis XIV, un autre de François 1er (Faut-il voir dans ce choix, un éloge indirect du Louvre à l’autre François, l’actuel Président de la France et de son peuple ?)

UN PEU PLUS SUR LA LIBERTE

Très célèbre en Asie, La Liberté... avait été envoyée au Japon par Jacques Chirac en 1999, dans le cadre de l’Année France-Japon, contre l’avis des conservateurs. Elle en était revenue abîmée. De même en 2013, après son voyage au Louvre Lens, où elle a été vandalisée.

En Chine, c’est la peinture française la plus représentée dans les manuels scolaires, et l’Elysée ne nie pas l’intérêt qu’il y aurait eu, sur un plan diplomatique, à l’y envoyer. « Les arguments scientifiques étaient difficilement réfutables, explique un conseiller du président de la République. Le voyage était trop risqué pour cette toile. Ses dimensions auraient requis, en outre, un transport dans un avion particulier, spécifiquement adapté à ses mesures, mais qui posait des problèmes supplémentaires en termes de régulation de température et de pressurisation. » Sans parler du budget colossal qu’aurait représenté un tel attelage.

LISTE DES OEUVRES FINALEMENT RETENUES

Au Quai d’Orsay, on juge satisfaisante la liste des oeuvres finalement retenues.« Ce qui nous importe, c’est que l’anniversaire soit réussi, et que son volet culturel le soit. Pour cela, les oeuvres échangées avec les Chinois devaient avoir un caractère exceptionnel. Et c’est le cas. »

Autour du thème plutôt flou de « l’esprit français », l’exposition rassemblera une dizaine d’oeuvres, réalisées entre le XVIe siècle et la moitié du XXe, provenant du Louvre, du Musée d’Orsay, du château de Versailles, du Musée Picasso, du Centre Pompidou. Toutes ont été jugées aptes à voyager par les musées d’origine. « Avec un si petit nombre de tableaux, c’est compliqué de raconter quelque chose... explique Laurent Salomé, le directeur scientifique de la Réunion des Musées Nationaux (RMN) qui a coordonné le projet. Nous avons cherché un équilibre entre portraits officiels et scènes intimistes. Sauf pour une peinture de Soulages, les oeuvres sont toutes axées sur la figure, et sur la lumière. »

Reste à déterminer si elles feront toutes le voyage, ou si l’on n’en retiendra que huit, comme initialement prévu. Sont confirmés le Portrait de François Ier de Jean Clouet et le Portrait de Louis XIV en costume de sacre de Hyacinthe Rigaud, « des toiles qui n’ont pratiquement jamais voyagé, comme le note le directeur scientifique de la RMN. Les touristes viennent à Versailles pourvoir le Louis XIV dans le salon d’Apollon... Ce n’est pas anodin de faire voyager ce genre de repères ».

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Jean Clouet , Portrait de François Ier

A la gloire de François Ier et des François de France...?

PORTÉE SYMBOLIQUE MAJEURE

Autres chefs-d’oeuvre de portée symbolique majeure, surtout en Chine où l’impressionnisme est fort prisé, Le Moulin de la galette et La Balançoire, d’Auguste Renoir, tous deux confirmés également. Devraient aussi être choisis Saint Joseph charpentier, de George de La Tour, la Composition aux trois figures, de Fernand Léger, La Lecture de la lettre et Le Matador, de Pablo Picasso, et une peinture de Pierre Soulages des années 1950.

Les responsables hésitent encore entreDiane sortant du bain, de François Boucher, et Le Verrou, de Fragonard.« Ces oeuvres sont toutes extrêmement célèbres, toutes des icônes. C’est une liste extraordinaire !,conclut Laurent Salomé.Je ne comprends pas pourquoi on se focalise à ce point sur La Liberté... »

(Crédit : lemonde.fr/culture/)

Les Festivités

Au cours de l’année 2014, de nombreux événements célébreront cet anniversaire, tant en France qu’en Chine.

Ouverture des festivités

le 27 janvier à PARIS avec l’événement « Nuit de Chine » au Grand Palais

Premier événement de la célébration officielle du 50e anniversaire de cette relation diplomatique, Nuit de Chine au Grand Palais est placé sous le haut patronage du Président de la République.

La direction artistique de cet hymne est confiée à Patrick Bouchain et à Thierry Dreyfus, déjà à l’œuvre lors de la réouverture du Grand Palais, et à M. Chen Weyia, co-concepteur de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en 2008, ainsi qu’à Pierre Giner pour la création d’une image vidéo originale.

Un spectacle inédit de Bartabas inaugurera l’année du cheval en préambule du Nouvel an chinois célébré le 31 janvier. La soirée se poursuivra par un DJ set franco-chinois qui plongera le Grand Palais dans une atmosphère électronique.

Crédit : grandpalais.fr

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Le 27 janvier à PEKIN avec un concert de l’orchestre de la Garde Républicaine

L’orchestre symphonique de la Garde Républicaine donnera un concert au Musée National de Pékin le 27 janvier et un second concert à l’Opéra de ShanghaI le 28 janvier.
La Fondation Charles de Gaulle organisera dans les deux villes, une exposition célébrant les relations entre les deux pays.

Pour la suite des manifestations, consulter le site dédié au cinquantenaire : france-chine50.com

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Le livre du cinquantenaire

À l’occasion du cinquantenaire de la reconnaissance de la république populaire de Chine par la France les éditions Nicolas Chaudun publient La France et la Chine (1248-2014), de la méconnaissance à la reconnaissance.

L’ouvrage, richement illustré - plus de 120 images-, retrace l’histoire et met en valeur les acteurs historiques tissant les relations entre la France et la Chine depuis le moyen-âge jusqu’à aujourd’hui.

Le livre bénéficie du soutien de l’ambassade de France à Pékin qui aidera à sa traduction et à sa publication en Chine.

Le livre sur amazon.fr

Le site de l’éditeur

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Le voyage de François Hollande en Chine

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ASSOCIATED PRESS - François Hollande et Valérie Trierweiler visitent la Cité interdite, en Chine, le 26.04.13

Un bref voyage de deux jours en Chine en Avril 2013 a jeté les bases de cette commémoration, mais l’enjeu était d’abord économique.

Relation par le journal La Tribune ici

La Tribune a aussi noté deux "perles" que nous vous livrons telles que nous les avons découvertes :

PARIS, « SHANGHAI DE L’OCCIDENT » ?

Ce fut la blague publique de François Hollande lors de son voyage en Chine.

Vendredi 26/04/13, 17 heures, université Jio Tong de Shanghai. A l’Université de Jio Tong, le chef de l’Etat se sent pousser des ailes. Dans son discours d’introduction, il ose l’improbable. Après avoir rappelé que Shanghai se faisait appeler autrefois le « Paris de l’Orient », il ajoute : « Peut-être que Paris s’appellera demain le « Shanghai de l’Occident », en tout cas je le souhaite. » Rires de l’assistance.

"L’Homme aux vertus mystérieuses"

Cette visite sera également l’occasion pour le président français de se faire mieux connaître de ses partenaires chinois. Pour l’anecdote, l’une des prononciations chinoises de son nom de famille, "Ao-lang-de", signifierait notamment " l’Homme aux vertus mystérieuses".


Echos de la Nuit de Chine au Grand Palais

Cliquer pour lancer la vidéo

Le spectacle équestre de Bartabas

En prémisse de l’année chinoise du Cheval qui débute le 31 janvier, le spectacle de Bartabas s’inspire de l’armée de 8000 soldats de terre cuite de l’empereur Qin Shihuang, armée enterrée découverte en 1974 à Xian en Chine, qui par la magie du spectacle revit sous les verrières du Grand Palais.

Plus sur l’année chinoise du Cheval

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1 Messages

  • A.G. | 23 janvier 2014 - 00:43 1

    De Gaulle et la Chine

    « Au cours des années soixante, le général de Gaulle ne cesse de poursuivre son ambition internationale sur tous les continents pour réaffirmer le rôle essentiel de la France dans le monde. Le 24 janvier 1964, il est ainsi le premier à reconnaître officiellement la Chine communiste, qui n’est alors pas représentée à l’ONU. Seule la République de Chine repliée sur l’île de Formose occupe le siège de la Chine. Ce ne sera finalement qu’en octobre 1971 que la Chine communiste récupérera ce siège à l’ONU et au Conseil de sécurité. En août 1965 le général de Gaulle désigne André Malraux comme son envoyé spécial pour rencontrer Mao Tsé-toung. Il est porteur d’un message personnel du général de Gaulle au président de la République populaire de Chine, Liu Shao-chi. André Malraux rencontre également Chou En-laï, le ministre des Affaires étrangères de la Chine.
    [...]

    Monsieur le Président,
    J’ai chargé M. André Malraux, ministre d’État, d’être auprès de Votre Excellence et du président Mao Tsé-toung l’interprète des sentiments d’amitié du peuple français pour le grand peuple chinois. M. André Malraux se prêtera volontiers à des échanges de vues approfondis sur les grand problèmes qui intéressent la France et la Chine et, par conséquent, l’avenir du monde. J’attache par avance un grand prix aux informations qu’il me rapportera après les avoir, je l’espère, recueillies auprès de vous-même et des dirigeants de la République populaire de Chine.
    Veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de ma très haute et très cordiale considération. (Charles de Gaulle, Lettres, notes et carnets, t.X, p.181.)

    A. Duval-Stalla, André Malraux Charles de Gaulle..., p.295.

    Lire la suite dans mon article du 26 octobre 2013.