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L’exception chinoise

D 11 août 2013     A par Viktor Kirtov - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Calligraphie chinoise, au musée de Shanghaï. (©AFP ImageForum)

Tout le monde le sait, mais pas suffisamment : l’écriture chinoise est unique. Ses idéogrammes, sa calligraphie, son pouvoir de suggestion vont à l’encontre de toute la tradition occidentale. Nous écrivons notre parole, les Chinois, depuis des millénaires, parlent leur écriture.

Cette anomalie a failli disparaître dans les tourbillons de la Révolution culturelle, une simplification radicale a été promulguée en 1977 puis abrogée en 1986. La calligraphie, en Chine, nous dit Léon Vandermeersch,« est plus que jamais à l’honneur »(et, après tout, même Mao s’était permis de l’illustrer). L’écriture idéographique elle-même a paradoxalement été sauvée par l’informatique. Drôle d’histoire, mais qui vient de loin.

Le livre du grand sinologue français, bien que très technique, est passionnant, et vous aurez avantage à le potasser tout l’été. D’où vient cette bizarre exception chinoise ? Des fouilles l’ont révélée peu à peu au XXesiècle : d’une divination très ancienne, pratiquée sur des omoplates de bovidés ou des écailles de tortue.

Des brûlures avec poinçon apparaissent, formant des « équations divinatoires ». L’interprète devient un « scribe-devin », il annonce le bien et le mal à travers tous les phénomènes. Cela vaut pour les cérémonies, les météores, les travaux agricoles, les chasses, les expéditions militaires, les enfants à naître, l’issue des maladies, les attaques à craindre. L’écriture proprement dite va naître de ces marques osseuses (malheur à l’écrivain sans feu et sans os !).

L’idéographie, visible sur les vases de bronze rituels, au XVIe siècle avant notre ère, montre la profondeur de cette « montée » en puissance, en aisance. Prenez, à la fin du XIe siècle, toujours avant notre ère (où était l’Europe ? qui parlait de France ?), le chaudron dit de Mao Ban, 197 graphies sur 20 colonnes :

Le roi ordonna au duc Mao de prendre avec lui les seigneurs du royaume, des fantassins, des chars, des hommes d’armes, pour attaquer les rebelles du pays de l’Est. En trois ans, les pays de l’Est furent pacifiés. La majesté du Ciel a béni ce haut fait. »

Ici, pas de Dieu, de « création du monde »

Vous venez de voir surgir le grand personnage chinois : le Ciel. On a, ou on n’a pas (ou plus), son « mandat ». Ici, pas de Dieu, de « création du monde », de religion, de Loi surplombante. Le Ciel ne parle pas, mais il ne fait qu’un avec l’homme, ils sont tous deux en« résonance »dans un monde en constante mutation. Pas de causalité, une corrélativité permanente. Les « dix mille êtres » sont sur la même longueur d’onde, et il s’ensuit, malgré tous les désordres, un ordre spontané et muet.

Comprendre ce fonctionnement organique s’appelle « connaître la Voie »(« Dao »).La science chinoisen’est pas allée, comme en Grèce, vers la géométrie, mais vers la médecine. La divination est une science du temps et du corps (exemple : les « méridiens » de l’acupuncture). Un écrivain chinois va jusqu’à dire :

Seule l’écriturechinoise permet d’explorer toutes les métamorphoses de la création et toutes les époques de l’histoire, d’exprimer par elle toutes les émotions, du désespoir à l’exaltation, de reproduire en elle les gestes et les postures de la nature entière - voler, nager, courir, croître, s’écouler, se dresser -, et de réaliser toutes les combinaisons de l’énergie que le "yin" et le "yang" accomplissent au fil des saisons. »

La valeur d’un auteur est donc de se mettre dans le sens des choses pour incarner la nature. Il devient réellement montagne ou mer. Ecoutez Li Bai :« Aboiements des chiens noyés dans le bruit de l’eau/Fleurs de pêchers foncées parla rosée qui les couvre. »

Energie, concentration, concision. La rhétoriquechinoisen’a rien à voir avec la parole : pas d’épopée, mais un tissu où pullulent les allusions, les emprunts, les citations. L’écrivain, nous dit Vandermeersch, procède comme un mathématicien qui intègre à ses démonstrations des théorèmes déjà démontrés.

Le « lettré » est une sorte de saint

La littérature (« wen »), mémoire sans cesse retrouvée et réinventée, obtient ainsi, en Chine, un statut qu’elle n’a dans aucune autre culture. Le « lettré » est une sorte de saint (Confucius est « un roi sans couronne »), qui, à travers la calligraphie, se transforme en peintre, de la même façon que le devin de la plus haute Antiquité s’est transformé en scribe.

Vous avez la possibilité de deviner où vous êtes, et où vous en êtes, grâce au merveilleux « Yijing », six traits brisés, six traits pleins, indéfiniment combinés. Vous entrez ici dans un« au-delà des formes sensibles ». Tout se tient, et c’est la littérature, pas la théologie ou la philosophie, qui affirme la quintessence de la pensée. Wenchang, le Génie de la littérature, réside dans une des étoiles de la Grande Ourse. Il vous suffit de lever les yeux pour l’apercevoir.

Si quelqu’un, en Occident, a ressenti cette puissance mystérieuse de l’écriture, c’est bien Mallarmé. Loin de « l’universel reportage » de l’omniprésente communication, il aura osé penser que« la goutte d’encre apparentée à la nuit sublime »se trouvait dans le coeur du coeur, comme une« sommation au monde qu’il égale sa hantise à de riches postulats chiffrés ». C’est un acte majeur, et, dit-il,« qui l’accomplit, intégralement, se retranche. »

Le but ? « Avérer qu’on est bien là où l’on doit être. » Sinon, dit-il encore, il subsisterait une incertitude qui conduirait presque à se suicider. Votre ordinateur trouve ce genre de propos incompréhensible et traite l’auteur de fou ? En effet. Même réaction, sans doute, devant cette définition chinoise des écrits des « saints » :« blanchis au soleil et lavés par les fleuves ».

Une conclusion politique originale

Vandermeersch avance une conclusion politique originale. La pénétration occidentale du « droit-de-l’hommisme », dit-il, est moins importante que la revitalisation de ce qui a toujours été au coeur de la conscience politiquechinoise : l’antitotalitarisme.

Empreinte de cette tradition, la société civile renaissante en Chine ne cherche pas à s’opposer de front au Parti unique - l’antimonarchisme lui est étranger -, mais elle résiste déplus en plus fermement à l’intrusion dans les affaires des citoyens, des organes de l’Etat et du Parti. »

Les Chinois auraient ainsi préservé un quant-à-soi ancestral et paysan, chanté dans une vieille strophe de l’époque des Han :

Au soleil levant je me lève, au soleil couchant je me repose,
Je laboure et je me nourris, je creuse un puits et je bois,
Qu’est-ce que le pouvoir impérial a de plus que le mien ? »

Cet esprit de liberté vit toujours dans les « regards vigilants » (« weiguan ») des internautes chinois, ces blogs effervescents qui prennent ainsi la suite des dazibaos (« affiches en grands caractères ») du « mur de la démocratie » récent, comme des sentences parallèles protestataires des lettrés incorruptibles de jadis.

Philippe Sollers

Les deux raisons de la pensée chinoise. Divination et idéographie,
par Léon Vandermeersch, Gallimard, 202 p., 19,50 euros.


LE MONDE CHINOIS. Quatrième édition

Jacques Gernet

Cet ouvrage embrasse les quatre millénaires de civilisation chinoise sans lesquels il est impossible de comprendre ce pays aujourd’hui. Jacques Gernet nous présente les transformations successives de ce monde immense et fait ressortir les liens qui, à chaque moment, ont existé entre société, politique, économie, techniques, religions et vie intellectuelle. Il montre également que les relations entretenues avec d’autres parties du monde, et leurs apports constants, ont largement contribué à modeler la Chine contemporaine. Des premiers peuplements jusqu’au Moyen Age, avec la dynastie Tang, se succèdent les premières grandes familles qui mettent progressivement en place les liens culturels, politiques et religieux qui vont créer la Chine.

La Chine d’aujourd’hui

Comment la Chine affirme sa puissance

Par Claude Leblanc.
Publié le 04 août 2013 dans L’Opinion.

De l’Inde au Japon en passant par le Vietnam, on s’inquiète cet été des visées expansionnistes de la Chine, qui met en oeuvre une stratégie d’encerclement. La course aux armements est relancée en Asie

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Une flotille chinoise en route pour les iles Senkaku pour intimider le Japon, le 18 septembre 2012 (Reuters)

Les faits - Le 3 août, la presse philippine saluait en première page le déploiement de la frégate Ramon Alcaraz, dont la mission est de répondre à la présence envahissante des Chinois en mer de Chine méridionale. Nouvel épisode de la poussée de fièvre anti-chinoise qui touche le continent depuis plusieurs semaines.

« Apprendre des pierres ». C’est sous ce titre énigmatique que l’Institut d’études stratégiques (ISS) dépendant de l’Académie militaire de l’US Army s’intéressait, en mai 2004, à la pensée stratégique et diplomatique de la Chine, en l’abordant sous l’angle du jeu de Go. Apparu il y a environ 4 000 ans dans l’empire du Milieu, ce jeu, dont le nom chinois, weiqi, signifie littéralement « encercler un territoire », a pour objectif de conquérir le maximum d’espace sur le plateau en encerclant l’adversaire avec des pierres blanches et noires. « La concurrence que se livrent les joueurs pour gagner du terrain conduit alors à l’invasion, l’engagement, la confrontation et le combat », résume David Lai, l’auteur de l’étude. Moins d’une décennie plus tard, il semble que son analyse ludique de la stratégie chinoise s’avère juste, notamment en Asie, où Pékin met en pratique avec une certaine aisance les principes d’un jeu inventé par leurs aïeux.

L’Asie sous pression chinoise

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Les dirigeants indiens en savent quelque chose et s’inquiètent de cette tactique d’encerclement. Outre les tensions directes avec leurs voisins autour de leur frontière commune dans l’Himalaya, ils ne cachent pas leurs craintes de voir la Chine renforcer ses liens avec le Pakistan. Lors de son premier discours devant le Parlement en juin, le nouveau Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, n’a évoqué aucune question de politique étrangère à l’exception des rapports avec Pékin à propos de la création du « corridor économique » qui doit relier la ville de Kashgar, en Chine, au port de Gwadar, au sud du Pakistan, en mer d’Arabie. Trains à grande vitesse, barrages hydrauliques, fibre optique, oléoduc ou encore universités sont au cœur de ce projet dont les Chinois seront les principaux financiers. La visite officielle de Nawaz Sharif à Pékin, début juillet, a été l’occasion de confirmer la mise en œuvre d’une étude de faisabilité dès 2014. « Du point de vue des Chinois, Gwadar est un élément important. Il leur donne accès à la mer d’Arabie, au golfe Persique et à l’Afrique. Le Pakistan est un atout stratégique pour eux, que nous le voulions ou non », confie Salman Shah, ancien ministre pakistanais des Finances.

Vu de New Delhi, le renforcement des rapports sino-pakistanais coïncide avec l’entrée en service, le 28 juillet, du gazoduc de 793 km de long entre le champ de gaz de Shwe, au Myanmar (Birmanie), et Chongqing, en Chine. En septembre, un oléoduc au départ de Kyaukpyu, sur la côte birmane, lui aussi financé par la China National Petroleum Corp (CNPC), complètera ce dispositif qui, selon le quotidien Huaqiu Shibao, un des organes du Parti communiste chinois (PCC), « réduit de façon significative [notre] dépendance vis-à-vis du détroit de Malacca pour ce qui est de l’importation de pétrole et de gaz nature l ». La présence renforcée de navires chinois dans le golfe du Bengale s’accompagne d’un affermissement des relations entre la Chine et le Sri Lanka. Le 31 mai, les deux pays ont signé des accords de coopération, notamment dans le domaine de la défense, avec à la clé 2,2 milliards de dollars d’aide à la réalisation d’infrastructures. Pour les Indiens, la stratégie chinoise d’encerclement pourrait bien tourner au cauchemar dans la mesure où leurs relations avec les Etats-Unis n’ont pas atteint le niveau souhaité. « Il y a encore beaucoup de travail à accomplir », a d’ailleurs rappelé, le 19 juillet, Joe Biden à la veille d’une visite de quatre jours en Inde.

Le vice-président américain a prolongé son séjour asiatique, en se rendant à Singapour où il a prononcé un discours à bord de la frégate USS Freedom dont le port d’attache est, depuis mars, la cité-Etat. « J’affirme sans ambages que nous sommes une puissance du Pacifique. L’Amérique est une puissance résidente du Pacifique et nous le resterons. Au fond, notre statut de puissance résidente explique pourquoi cette région a pu se développer et rester stable », a-t-il déclaré, le 27 juillet.

Le message était clairement destiné à la Chine dont l’attitude en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est suscite depuis plusieurs mois un regain de tensions. Dans cette partie du monde, la stratégie adoptée par les Chinois s’inspire d’un autre concept ancien, le shi, que les linguistes chinois définissent entre autres comme « le rapport de forces ». Dans la pensée stratégique chinoise, cela revient à mettre sur pied une force écrasante, développer une situation favorable afin d’atteindre des objectifs politiques tout en prenant et en conservant l’initiative. L’augmentation annoncée de 10,7% en 2013 du budget militaire chinois participe de cette volonté de maintenir la pression sur ses voisins les plus proches tout comme la réorganisation de ses unités de garde-côtes, dont les vaisseaux multiplient les intrusions dans leurs eaux territoriales.

Le président Xi Jinping a souligné, le 31 juillet, lors d’une réunion du Bureau politique du PCC, que l’une des priorités du pays était de devenir une puissance maritime. « Les océans et les mers prennent une importance stratégique croissante dans les domaines de la politique, du développement économique, de la défense et de la technologie », a-t-il affirmé en guise de justification. Selon le ministère japonais de la Défense, la présence de navires de guerre chinois à proximité des territoires sous souveraineté nippone est en constante augmentation depuis 2008, y compris dans les zones non contestées. Ainsi dans les eaux proches d’Okinawa, la marine japonaise, qui n’avait enregistré qu’à une seule reprise des mouvements de bateaux de guerre chinois en 2008, en a enregistré 7 en 2012 et déjà 5 au cours des sept premiers mois de l’année 2013. C’est sans compter la multiplication des incidents autour des îles Senkaku (Diaoyu en chinois) que Pékin revendique de façon de plus en plus soutenue.

Si la tension ne cesse de croître entre le Japon et la Chine, elle n’a pas atteint le niveau de celle entre Chinois et Philippins, qui n’hésitent plus à échanger des menaces. Manille a annoncé, le 28 juillet, son intention de redéployer une partie de ses troupes dans les anciennes bases américaines de Subic Bay afin de pouvoir répondre plus rapidement aux actions chinoises dans les îles Spratleys et les îles Paracels, dont la souveraineté suscite bien des remous depuis une trentaine d’années. La présence d’hydrocarbures et de gaz dans cette région a réveillé l’appétit de la Chine, qui revendique ces récifs et multiplie les face-à-face parfois meurtriers avec les autres pays riverains comme le Vietnam, la Malaisie ou encore Taiwan.

Dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est, la montée en puissance chinoise se traduit par une course aux armements. L’Inde, bien décidée à « apprendre des pierres », y participe. New Delhi vient d’annoncer qu’elle offrait au Vietnam une ligne de crédit pour qu’il puisse acquérir quatre patrouilleurs. Une manière de prendre la Chine à son propre jeu.

Crédit : www.lopinion.fr

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2 Messages

  • A.G. | 20 novembre 2014 - 01:14 1

    La première illustration ci-dessous figurait déjà dans L’Infini n°30 (été 1990). Elle précédait un extrait de Paradis III. D’où mon article de juin 2009 La hardiesse extrême : Paradis III. J’y citais, à propos de « l’écriture cursive », Léon Vandermeersch, lequel publia, en 2013, Les deux raisons de la pensée chinoise, qui fut pour Sollers l’occasion d’écrire L’exception chinoise ou Deviner la Chine. Cf. Les deux raisons de la pensée chinoise (on y trouve diverses interventions passionnantes de Léon Vandermeersch).


  • V. K. | 14 août 2013 - 10:02 2

    Shi Bo

    " Sans connaître la poésie et la calligraphie, on n’est pas un Chinois parfait, encore moins une élite intellectuelle. "

    Shi Bo, citant son père, un lettré chinois.
    Peintre-calligraphe, écrivain et poète né à Shanghai.
    Ex-vice-président de l’Académie nationale des peintres-calligraphes chinois à Pékin. Vit maintenant en France et est président de l’Académie Chinoise de Paris,

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    "L’harmonie entre le ciel et la terre ; La complémentarité entre l’endroit et l’envers"

    « Quand j’allais avoir six ans, je commençais à tracer des poèmes que ma préceptrice me faisait réciter, sous le regard à la fois doux et sévère d’un vieil homme de petite taille que j’appelais " Monsieur Xia. " Ce fut mon premier maître de calligraphie.

    Xia, ancien employé de la municipalité de Shanghai, chargé de toutes les décorations calligraphiques de la mairie, me donna bénévolement des cours. Mais ce monsieur avait une drôle de façon d’enseigner : pendant les deux premiers mois, il me dirigea dans sa promenade quotidienne au parc Zaofeng, situé dans notre quartier et me demanda de m’amuser avec des insectes, des herbes, des bambous, des canards et des fleurs, sans m’obliger à m’asseoir devant le pupitre.

    Un soir, en hivers, il faisait très froid, mon maître Xia vint me chercher et me conduisit dans un square pour me dire de bien regarder la lune cachée derrière de gros nuages sombres, je pouvais à peine la deviner. Un quart d’heure après, je fus las de lever la tête vers le ciel très sombre et voulus rentrer chez moi. Alors Xia toussa fort pour me " rappeler à l’ordre. " Devant mon regard plein d’incompréhension et d’interrogation, il m’expliqua : " La lune derrière les nuages est invisible, mais elle est réelle, il faut voir l’invisible à travers le visible. C’est la règle d’or que tous les calligraphes doivent observer et maîtriser. "

    J’allais consacrer plus de cinquante ans d’effort pour comprendre (vraiment ? me demandé-je souvent) et pratiquer cette règle. Selon mon maître Xia, les insectes, les herbes, les rivières, le cours d’eau, les fleurs, etc. sont visibles par leur forme, leur mouvement, leur position et leur constitution, mais ils sont animés tous sans exception d’un élément invisible en commun : le souffle. Et c’est ce souffle qui régit notre univers, notamment notre vie et notre spiritualité dont la meilleur expression n’est rien d’autre que la poésie, la peinture et la calligraphie ».

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    "Bambous et pins murmurent au vent et à la pluie ;Thé et platane chantent au clair de lune."

    http://shibo-artiste.com/index.htm

    L’exception chinoise