vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE TIERS » DVD "Vita Nova" (suite)
  • > SUR DES OEUVRES DE TIERS
DVD "Vita Nova" (suite)

Le film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert

D 17 avril 2010     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Vous n’avez pas pu voir le film de Marcelin Pleynet et Florence Lambert, commandez-le « de la part de pileface, pour un DVD dédicacé » auprès de florencelambert@wanadoo.fr
qui vous précisera les modalités de commande.
(prix 29,50 euros, plus 5 euros pour frais d’expédition)

Le DVD de Vita Nova est édité avec un livret qui comprend un texte inédit de Marcelin Pleynet et quelques documents complémentaires. Nul doute que la singularité de l’objet, son élégance, ses inédits en fassent un collector en puissance.

21/04/2010, ajout sections :
la Fortune, la Chance
Un jour, je tenterai la chance
Par où commencer avec M. Pleynet ?

Un document témoignage dans la lignée de Méditerranée et L’homme à la caméra, ses deux balises de guidage. Un film qui ne s’épuise pas en une seule vision... la danse lente des images et des mots, avec en filigrane et "voix off", les figures de la danseuse, la danse du corps sur la scène de la vie de l’homme d’art et esthète, poète et écrivain qu’est Marcelin Pleynet. En écho, la camera passe plusieurs fois devant un petit dessin de danseuse (Picasso ?), entre autres objets sur les étagères de son bureau, devant les livres en arrière-plan, là où l’on place les photos et petits fétiches familiers dont on aime la présence.
A l’avant scène, la Venise, Rome, Florence, Paris... de l’univers artistique et littéraire de Marcelin Pleynet. Musicalité du montage aussi et du travail d’accordage... avec plan récurrent : « Le plan de l’accordeuse du clavecin est un de mes préférés... lorsque je l’ai vu j’ai d’abord cru que c’était un jeune chinois avec une longue tresse... Elle est tout à fait hors temps... Je ne m’en lasserai pas » (Florence Lambert)

Solitude dis moi qui tu es. Mot clé de l’avant-propos de Marcelin Pleynet avant la projection du film. Solitude ? Pas une tare comme tendrait à le laisser croire, l’environnement spectaculaire du tourbillon médiatique, mais un art de vivre. (« La vie solitaire ne coûte pas extrêmement cher quand on la rapporte aux sept bonheurs qui l’accompagnent. » dit aussi Pascal Quignard dans La Barque silencieuse [1]).

GIF - 201.1 ko
Jean-Baptiste Simon Chardin, L’enfant au toton (vers 1735),
Musée du Louvre

La toupie toton virevoltante, autre plan récurrent, l’adulte Marcelin Pleynet assis à sa table de travail, la fait tourner comme "L’enfant" de Chardin devant une table où sont aussi posés un livre et un encrier. Table d’ écriture et de jeu...

Outre-tombe


"Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde, j’ai illustré la comédie humaine. Dans un cellier j’ai appris l’histoire. ’A quelque fête de nuit dans une cité du Nord, j’ai rencontré toutes les femmes des anciens peintres. Dans un vieux passage à Paris on m’a enseigné les sciences classiques. Dans une magnifique demeure cernée par l’Orient entier j’ai accompli mon immense oeuvre et passé mon illustre retraite. J’ai brassé mon sang. Mon devoir m’est remis. Il ne faut même plus songer à cela. Je suis tellement d’outre-tombe, et pas de commission."

Arthur Rimbaud,
extrait des Illuminations, Vies, III.

(« Un souvenir de Jérusalem, j’ai vu ce toton dans une vitrine et l’ai acheté » nous dit Marcelin Pleynet en réponse à une question de l’auditoire... « l’idée du hasard » ajoute-t-il), ...« La Fortune, la Chance » une autre façon de jeter les dés et scander la ronde de la vie et ses hasards. Dziga Vertov regarde et apprécie l’hommage qui lui est rendu. Avec son toton, la ronde de la Vita Nova se déroule infiniment, là, maintenant, comme d’outre-tombe, bien que pas de commission !

« Je suis tellement d’outre-tombe et pas de commission. », le mot final du film. Hommage de Pleynet à Rimbaud par la voix du récitant. Dans tout ce film, la voix qui s’exprime ne dit pas des textes de Marcelin Pleynet, comme on pourrait s’y attendre, mais ceux des auteurs qu’il aime.


Plus sur Vita Nova, ici

et là : Pamina (Mémoires d’une danseuse)

V.K.

*


Le toton : une sorte de dé à jouer traversé par une broche (pivot, cheville) qui permet de le faire tourner comme une toupie sur lequel sont inscrites les lettres A, D, P et T pour Accipe (prends), Da (donne), Pone (mets) et Totum (prends tout). Le nom de « toton » provient de la prononciation latine gallicisée du Grand Siècle qui disait par exemple « dicton » pour dictum et « rogaton » pour rogatum. De la même façon, le mot totum donna « toton »

Ce jeu prend au Moyen Âge le nom de « pirouette » et Rabelais le nomme « jeu de pille ». À la Renaissance, les initiales correspondent alors à des mots italiens : F pour « Fuori » (dehors), J pour « Jucus » (jeu), N pour « Niente » (rien) et P pour « Pigliar » (prends).
Au XVIIIe siècle, le toton à quatre ou six faces se joue comme aux dés : il porte quatre à six chiffres.

Crédit : http://www.trigofacile.com/


La Fortune, la Chance (extrait)

Dactylographier mes carnets de 1998 [2], et le noter ici même, dans ce carnet, en janvier 2000 ... m’entraîne brusquement, et à une très grande vitesse, dans un courant accidenté, dans un torrent chargé de mille fortunes, où je n’ai plus d’autre existence personnelle, singulière, que la force de ce courant... qui emporte, et où il faut, malgré tout se gouverner.

Comme le marin gouverne son bateau, le maintient et le porte sur le courant et le gouverne, se laissant emporter.

Les chances de l’infortune.

« Tous les violents remous de mer donnent une bonne pêche, pourvu qu’on s’y prenne en temps opportun et qu’on ait le courage de tenter l’aventure. Mais parmi tous les hommes de la côte, nous seuls faisons notre métier ordinaire d’aller aux îles. Les pêcheries ordinaires sont beaucoup plus vers le sud. On peut y prendre du poisson à toute heure, sans courir grand risque, et naturellement ces endroits sont préférés ; mais les places de choix, par ici, entre les rochers, donnent non seulement le poisson de plus belle qualité, mais aussi en plus grande abondance, si bien que nous prenons souvent en un seul jour ce que les timides dans le métier n’auraient pas pu attraper tous ensemble, en une semaine.  » Edgar Poe, dans Une descente dans le maelstrom, rapporte, en 1841, le récit d’un qui survécut mal à l’aventure.

A jouer au c ?ur des siècles, et plus précisément au cours du XXe siècle, la bonne fortune pour « les rédempteurs de hasard ».
Le romanesque et ses intrigues sont de ce jeu ... Il Y a un nombre infini de façons de jouer ce jeu ... Le gain est un toujours plus à vivre dans la capacité en effet romanesque de jouer et d’être en jeu.

Marcelin Pleynet
La Fortune la Chance [3]

Un jour je tenterai la chance

Trop de jour trop de joie trop de ciel
La terre trop vaste un cheval rapide

« Un jour je tenterai la chance et, me déplaçant comme un sysiphe sur des ?ufs, je donnerai à croire que je marche : une sagesse semblera magique. Il se peut que je ferme la porte aux autres - à supposer qu’atteindre la chance exige de n’en rien savoir ! - L’homme détient une ligne de chance lisible dans ses « coutumes », une ligne qu’il est lui-même, un état de grâce, une flèche tirée. Les animaux se sont joués, l’homme se joue, c’est la flèche rayant l’air, je ne sais où elle tombera, je ne sais où je tomberai. »

Bataille [4]
Introduction de Philippe Sollers

Par où commencer avec M. Pleynet ?

Sollers : « Marcelin Pleynet est avant tout un poète, mot qu’il faut employer avant tout, à son égard, avec la charge de sauvagerie et d’intransigeance qui fait défaut d’habitude à des exercices exténués du même nom. STANZE, son livre principal dont seul le premier volume est paru, est sans aucun doute la plus grande production lyrique en français depuis le passage fulgurant d’Antonin Artaud. Comme critique, on lui doit deux livres majeurs, Lautréamont et Art et littérature. Mais c’est le poète qu’il faut connaître d’abord. »

Qui a voulu lire ce texte de Sollers ? Peu importe. Il importe qu’il soit écrit et me paraît amplement, et une fois pour toutes, suffisant comme approche de ce volume, et de ce dont il témoigne... Je prélève encore, dans ce IVe chant [5], cette conviction :

Un jour : « De ce temps ils diront un petit pays contenait de vastes continents. Avec allégresse j’y pense. »

Marcelin Pleynet
la Fortune, la Chance p. 133.

Sélection sur Amazon

Chroniques vénitiennes, L’Infini, Gallimard, 2010

« Après-midi à la revue (Tel Quel, puis L’Infini), conversations de fond, établissement des sommaires et des illustrations, digressions sur tous les sujets, lectures communes, encouragements réciproques. Un enregistrement continu de ces rendez-vous quotidiens (une heure sur Rimbaud, une autre sur Hôlderlin, une autre encore sur Giorgione, Piero della Francesca, Cézanne ou Picasso) ferait un roman extraordinaire... » Philippe Sollers, Un vrai roman. Mémoires.

*

Cézanne, Folio/Essais, 2010
Où en sommes-nous avec l’oeuvre de Cézanne ? [...]comme si la mise à disposition de l’oeuvre, sa surexposition, avait d’abord pour fonction d’en occulter l’essentiel.

*

la Fortune, la Chance, Hermann, 2007
Sous titre : chroniques romanesques. « Ici aussi les dieux sont présents » s’était justifié Héraclite, surpris par des visiteurs en train de se chauffer autour d’un four à pains. Anecdote que nous rappelle Marcelin Pleynet dans ces chroniques, résume ce que l’auteur appelle, en infléchissant légèrement le sens courant de ce mot, une situation. Tout penseur, tout écrivain, tout poète observe et décrit le monde à partir d’un lieu et d’un contexte précis, et cette situation détermine autant sa vision des choses que la manière dont il les perçoit. (extrait de la quatrième de couverture, cette dernière phrase sur le rôle des lieux, des situations dans le sens que lui donne Pleynet pourrait aussi figurer au dos du DVD Vita Nova.
"Situation", le titre générique qu’il utilise pour les publications de son Journal, en épisodes dans L’Infini.)

*

Art et littérature, Seuil, 1977

L’art, l’autre pôle d’attraction de M. Pleynet : (13 volumes de poésies, 14 volumes sur l’art et la littérature, 5 volumes pour son Journal + quelques romans + Tel Quel + L’Infini +...)

*

STANZE, Seuil, 1973 « le seul de mes livres dont le nom doit être écrit en petites capitales » précise M. Pleynet. Un livre de poésie, hors des anthologies de poésie. Sous-titré : Incantation dite au bandeau d’or (cf. sur pileface)
« [le livre lui-même n’aurait jamais vu le jour, si Sollers ne l’avait pas accueilli.

J’aurais, il est vrai, bien aimé voir publier dans une anthologie de poésie, et sur papier bible, par exemple, ma réponse au discours de Gratuitas, en conclusion du IVe chant de STANZE. » [6]

*

[1Seuil, 2009

[2publiés sous le titre Les voyageurs de l’an 2000, romans, coll. « L’Infini » édit. Gallimard, Paris, 2000.

[3éd. Hermann, 2007, p.44

[4collectif, actes du Colloque de Cerisy-la-Sallede 1972 dirigé par Ph. Sollers, éd. 1018, 1973

[5Marcelin Pleynet, STANZE, sous-titre : Incantation dite au bandeau d’or Seuil, 1973

[6la Fortune, la Chance, p.131.

Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document