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Entretien avec Stéphane Bureau, 1992

La Fête à Venise

D 25 septembre 2007     A par Viktor Kirtov - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Stéphane Bureau est un fin connaisseur de Sollers. Son style d’interview n’est pas celui de certains animateurs qui coupent sans arrêt la parole, plus préoccupés de se mettre en scène et d’animer leur propre spectacle que du faire-valoir de l’invité. Toute ressemblance avec des animateurs français comme Ardisson, Fogiel... ne serait que pure coïncidence. Lui, est canadien et connaît bien son sujet dans tous les sens du terme et ses questions ne sont là que pour relancer et pousser habilement l’invité à s’exprimer plus à fond ...à « l’encourager à discourir librement » comme dit le journal local avec l’accent local.

Cet entretien pour Radio Québec, depuis devenue Télé Québec s’est tenu dans les locaux de Gallimard. Enregistrement audio de l’émission télévisée Contact, réalisé avec les moyens du bord :

Partie 1 : Le personnage et l’écrivain (10’)

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Partie 2 : Les romans de Sollers (11’)

les lettres de Sophie dans Portrait du Joueur : « ce sont des lettres réelles introduites dans un roman. »

crédulité vis à vis de la sexualité : « les gens y croient, moi je n’y crois pas »

—oOo—

Partie 3 : La peinture dans l’ ?uvre de Sollers (10’)

—oOo—

Partie 4 : Le modèle entre tous : Joyce (2’30)

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Partie 5 : Le tournant Gallimard, 1982 (8’)

Femmes, L’infini
l’auteur et le directeur de revue littéraire
les jeunes écrivains
Sade dans La Pléiade

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Partie 6 : Sollers lit un extrait de Paradis (1’30)

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Partie 7 : L’écriture (7’)

"C’est le début qui est le plus difficile".
Sollers commente le début de La Fête à Venise :

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La Fête à Venise

Le début
« Comme toujours, ici, le dix juin, la cause est entendue, le ciel tourne, l’horizon a sa brume permanente et chaude, on entre dans le vrai théâtre des soirs. Il y a des orages, mais ils sont retenus, comprimés cernés par la force. On marche et on dort autrement, les yeux sont d’autres yeux, la respiration s’enfonce, les bruits trouvent leur profondeur nette. Cette petite planète, par plaques, a son intérêt. »

Voilà des phrases sur lesquelles je suis resté, au moins deux à trois mois.

Et Sollers de citer Hemingway :

« Un écrivain sans oreille, c’est comme un boxeur sans main gauche »

—oOo—

Exergue
« Qui a un corps apte au plus grand nombre d’actions, a un esprit dont la plus grande partie est éternelle. »
SPINOZA

—oOo—

La fin
J’accompagne Luz à Paris pour son avion, je rentre... Préparatifs d’hiver, donc. Le chauffage marche ? Les fenêtres sont bien étanches ? Piscine refermée, livres et disques achetés, trois blousons chauds, des bottes... Octobre, encore les hautes pressions, beaux jours. Le Player II est en route. Luz ici pour Noël et le Nouvel An ? Le printemps et l’été prochains ? Elle l’a dit, on déchiffrera ses variations au téléphone.
[...]

Et Sollers inscrit dans la fin du texte, ses hésitations vis à vis du début, celles, justement, dont il parle dans son entretien avec Stéphane Bureau :

Début lent ou rapide ?
« J’arrive, le petit palais est en ordre, le soleil brille sur les téléphones gris.
 »
ou bien :
« Comme toujours, ici, le dix juin, la cause est entendue, le ciel tourne, l’horizon a sa brume permanente et chaude, on entre dans le vrai théâtre des soirs. »

et poursuit :
Le jour glisse, la lune blanche remplace le soleil rouge du matin ; les bruits du quai, dans la nuit verte et noire, se détachent et montent.
Clin d’oeil au sarcophage du jardin.

(le point de la fin du livre)

—oOo—

4ème de couverture
Que fait au juste Pierre Froissart, écrivain clandestin, l’été, dans un petit palais de Venise ? Pourquoi est-il accompagné de cette jeune physicienne américaine, Luz, avec laquelle il a l’air de si bien s’entendre ? Activités illégales ? Drogue ? Trafic d’oeuvres d’art ? Mais quel est alors le réseau international qui l’emploie, lui et certains de ses anciens amis ? Et que représente au fond cette toile de Watteau qu’il doit acheminer vers son but secret ; cette peinture célèbre et recherchée qui donne son nom au roman et l’entraîne peu à peu, comme d’elle-même, dans une révélation de l’Histoire ?

—oOo—

Note
La Fête à Venise fait partie avec Le Lys d’Or qui le précède et Le Secret qui le suit de la série des « agents secrets ». Le narrateur de chacun de ces romans est en effet un agent secret, personnage auquel Sollers aime s’identifier dans sa fonction d’écrivain pour observer « l’envers de l’Histoire contemporaine » et l’écrire. On l’entend dans l’entretien ci-dessus. Cette fois-ci, ce n’est plus Rouvray qui opère mais Pierre Froissart. Dans Le Secret, ce sera Clément. Ces trois là se connaissent et travaillent pour la même « Centrale », Sollers le révèle dans les dernières pages du Secret, petits cailloux de l’auteur comme pour rappeler la continuité entre ces ?uvres, triptyque d’un même tableau. Dans l’entretien, Sollers confie aussi qu’il avait eu le projet d’écrire une « série » de livres dont la somme aurait pu constituer autant de tableaux de notre société. Des « coupes » en quelque sorte dans le substrat, pour examen médico-littéraire. Examen au microscope et échographie 3D de l’envers et travers de notre société contemporaine.

Dans chacun de ces livres, un thème essentiel de Sollers :

Le Lys d’Or
traite de la Vierge Marie et la Trinité dans le christianisme

La Fête à Venise aborde une réflexion sur la peinture qui accompagne l’ ?uvre de l’écrivain - la face positive - et son autre face, la négative dans sa marchandisation avec ses effets pervers. Invités à la fête : Watteau, Warhol, Monet et Cézanne.

Le Secret Au c ?ur du livre : la tentative d’assassinat du pape Jean Paul II. Et au-delà de sa survie, la « résurrection », même, de l’ institution papale considérée comme morte bien des décennies plus tôt, ainsi que son rôle au niveau de l’Histoire de l’Occident et de l’humanisme occidental. Un thème repris dans Guerres Secrètes, son nouveau livre à paraître le 4 octobre 2007.

Influences mutuelles de proximité ? Julia Kristeva, vient de publier Cet incroyable besoin de croire, Bayard
« Le temps est venu de reconnaître sans "faire peur" aux agnostiques ni aux fidèles, que l’histoire du christianisme prépare l’humanisme »
C’est une agnostique qui le dit. Une psychanalyste aussi !

—oOo—

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Notes de pileface

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