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Pierre Guyotat encore : Humains par hasard

Par la main dans les Enfers

D 4 novembre 2016     A par A.G. - C 2 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


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Pierre Guyotat, lors de l’inauguration de l’exposition
La matière de nos œuvres le 21 avril 2016.
© Getty / Bertrand Rindoff Petroff.


Pierre Guyotat pour Humains par hasard chez Arcades-Gallimard et pour Par la main dans les Enfers chez Gallimard.

L’Heure bleue, Laure Adler, 3 novembre 2016.

France Inter

Le temps des écrivains, Ono dit Biot, 12 novembre 2016.

Choix musicaux :
1) "Pelléas et Mélisande" de Claude Debussy (Acte IV), par Pierre Boulez. Chœur et orchestre de l’Opéra royal de Covent Garden.
2) Walter Benjamin (Hörspiel).

France Culture

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Humains par hasard Entretiens avec Donatien Grau

Collection Arcades (n° 112), Gallimard
Parution : 20-10-2016

« Donation Grau : Quel est le rapport qu’a l’artiste avec les autres personnes ?

Pierre Guyotat : Quand vous êtes en plein travail, quand vous sortez, si vous êtes à la campagne, vous avez les oiseaux, les écureuils. Ce ne sont pas des interlocuteurs très actifs. Ils sont loin de nous. Si vous rencontrez un chien ou un singe, c’est peut-être un peu différent, mais c’est une question de regard. En ville, quand je sors, tout dépend de ce que j’écris. Quand vous avez écrit une page belle, intense à vos yeux, tout dépend sur qui vous tombez. Au fond, ceux qui échappent à ce carnage de cinq secondes, ce sont les enfants. Tout adulte est considéré comme un idiot. En tout cas comme quelqu’un qui n’a pas accès à ça. On a une sensation, non pas de supériorité mais d’altérité extrêmement grande. Elle ne dure que quelques secondes. Tout de suite, je reviens à la réalité, à la logique. De toute façon, ces gens devant qui je passe pensent. Ils ont aussi une vie intérieure. Donc, je rétablis. On peut aussi tomber sur des gens qui, par leur comportement, leur vestimentation, leur visage même, représentent tout ce qu’on peut détester. La vulgarité, le sommaire, etc. Ce sont les gens faibles dont vous vous sentez le plus proche à ce moment-là : les enfants, les vieux, les clochards, les vagabonds. Vous vous sentez, non pas supérieur, mais très proche d’eux. Les enfants : parce qu’il y a tout de même quelque chose d’enfantin dans l’activité artistique, dans cette façon de croire dans les mots, de croire dans les couleurs. »

Extrait

D. G. : C’est le moment que nous avons choisi pour évoquer ensemble votre monde, ce monde que vous avez créé et dans lequel vous vivez. Vous dites, dans l’entretien avec Roger Borderie, dans Les Lettres françaises, en 1967, à l’occasion de la sortie de Tombeau pour cinq cent mille soldats : « Je ne suis rien. » Comment voyez-vous votre place de parole ?

P. G. : Je me suis très longtemps pensé comme absolument, non pas incapable, mais pas à ma place, dans la mesure où je ne me vois à aucune place. Quand on vous dit : « Est-ce que vous écrivez pour les lecteurs ? » je suis incapable de répondre. Je ne me suis jamais vu le meilleur. Je me suis toujours vu nulle part. Et quand même j’y reste, dans ce nulle part. Quand j’écrivais Tombeau pour cinq cent mille soldats et quand je l’ai assumé après, quand c’est sorti, je n’ai absolument pas joué le jeu de l’écrivain. Je pensais que ce que je faisais était d’un autre ordre. Je le pensais très profondément. Il n’y avait aucun mépris des autres là-dedans, rien de ça. Je savais que c’était autre chose. Et cet autre chose était bien sûr lié à toute une ancestralité : tous ceux qui n’ont pas réellement, qui n’ont pas profondément, fait de leurs dons une explication …

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Joyeux animaux de la misère II
Par la main dans les Enfers

Hors série Littérature, Gallimard
Parution : 20-10-2016

« Une mégalopole à la jonction de trois continents, d’océans, de cordillères ; mégapoles, bras de mer, fleuves, massifs, pics, glaciers, terres riveraines sous montée des eaux ; enchevêtrements de voies au sol et suspendues ; tours de verre, temples, ports, théâtres sur l’eau, habitats de pilotis, décharges-montagnes ; rats, chiens, rapaces diurnes et nocturnes, singes, serpents, fauves.
Guerres, asservissements, peu de zones libres, très peu d’humanité paisible.
En bordure d’un district de l’une des cités-mégapoles qui constituent la mégalopole, et devant une zone de chantiers portuaires, dans un ancien bar avec habitation à l’étage, un bordel. Un maître, fils de l’ancien tenancier, y possède trois putains : une petite femelle, muette, étendue à l’étage, deux mâles – celui, sans nom, qu’il a hérité de son père et l’un des très nombreux "petits" de ce mâle, épars dans les mégapoles : nommé, lui, Rosario.
Ni "clients" ni "prostitué(e)s", figures et termes d’une sociologie et d’un érotisme désuets ; mais "ouvriers", "tâcherons" – presque tous bons époux et bons pères – et "putains" ou "mâles" et "femelles" ; humains et non-humains.

La première partie de Joyeux animaux de la misère s’achevait provisoirement sur la copulation de Rosario avec sa génitrice en activité dans un bordel d’un lointain massif minier : une progéniture en est attendue.
Cette deuxième partie, Par la main dans les Enfers, met en scène, en voix, entre autres, la castration, dans une rixe, du géniteur de Rosario puis le transport "sanitaire" du castrateur, pauvre ouvrier tueur de rats la nuit, aveuglé par ses rats en rage, vers des "urgences" d’accès difficile, à travers stupre, massacre et beauté. »

Pierre Guyotat.

Extrait

« … mon grand raide – qu’il fait long à sortir des chattes, mâles femelles s’en pourlécher ! –, mes poings à tes aisselles, tes jambes se redresser s’écarter, te frotter son gland – mon passé immédiat avec mes talons en traces dessus… – à ta vulve ouverte régurgitant… reraidir s’enfoncer, ses dents mordre tes lèvres, tes yeux clos rouvre-les-moi me regarder que je te reviens-va-reviens-va… creuse-toi plus profond plus large que je te grossisse dedans… le moule de tes prémis-bas qu’ils te l’ont, de l’intérieur, quasi sculpté, gravé, peint… le chien me regarder le raide y pénétrer, qu’il en a la garde, pour trois maîtres des fois se partager le bien ?…… de la colère en bas ! éclats clairs, modulés, rage à la mélodie, le jeune qu’il lui faut tous les mandrins dedans !…le mien te gicler, femelle, mes dents te mordre les tiennes, ta langue, ta langue !… entière, fraîche – que te mangent-ils, de ta chair, les ouvriers, à la ruée du jus ?… ».

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L’enthousiasme des corps de Pierre Guyotat

Par Mathieu Lindon

Alors que beaucoup d’écrivains contemporains répugnent aux interviews qui ne seraient que trahisons, Pierre Guyotat publie, en même temps que Par la main dans les enfers, deuxième tome de Joyeux Animaux de la misère, un volume d’entretiens avec Donatien Grau, Humains par hasard, qui vient seize ans après Explications, volume d’entretiens avec Marianne Alphant. De mauvaises langues pourraient prétendre que c’est que certains de ses romans en ont diablement besoin, d’explications. Pierre Guyotat est né en 1940, la guerre d’Algérie où il avait été appelé est à peine finie qu’il publie en 1967 le très sexué Tombeau pour cinq cent mille soldats dont on dirait qu’il fit scandale si le véritable scandale n’éclatait en 1970 avec Eden, Eden, Eden, aussitôt interdit malgré trois préfaces de Roland Barthes, Michel Leiris et Philippe Sollers et un article enthousiaste de Michel Foucault. Prostitution, en 1975, se présente comme « un délit » et débute ainsi : « (debout, la bouch’ !, j’a b’soin !’) (…, te m’veux, m’sieur l’homm ?’ - ‘j’vas t’trequer au bourrier !’ » Première des plus de 400 pages de Par la main dans les enfers, aujourd’hui : « … — ‘… l’escalier est léger à qui fornique !… au palier, au-dessus de nous le vasistas, l’hirondelle ses ailes battre la tuile, de rêve ou de combat aux rats pour ses petits ?… » Donc des explications, à l’occasion, pourquoi pas ? Si ce n’est qu’il ne s’agit pas à proprement parler de ça — le titre du premier recueil est exagéré. Les entretiens sont pour Pierre Guyotat, grand lecteur public et auteur de Leçons sur la langue française (chez Léo Scheer, comme Explications), une manière supplémentaire d’aborder son grand sujet : la langue. Comme l’écrit Donatien Grau dans son avant-propos aux entretiens, « l’aventure de Pierre Guyotat se tient au cœur de la langue française aujourd’hui ».

Pierre Guyotat ne rechigne pas non plus à l’œuvre autobiographique (Coma, Formation, Arrière-Fond chez Gallimard), de sorte que ce n’est pas pour ça qu’il s’offre à des entretiens. « La figure la plus intéressante que j’ai créée dans mes fictions, c’est celle du non-étant auquel, finalement, tout est permis, puisqu’il n’est pas. » Mais le plus intéressant, c’est de le retrouver dans ces fictions. Pareil pour ce que Pierre Guyotat a appelé « prostitution », pour ce qu’il appelle « putain », c’est dans ses romans qu’on l’y trouve le mieux. « L’élan sexuel » lui est un élan littéraire. Sa sexualité est dans ses livres. « Je fais faire tout ce que je ne peux pas faire à mes figures, l’amour en particulier. C’est cette chose étrange : je fais l’amour tout le temps, mais je ne le fais jamais "en vrai". Mais pour le faire tout le temps, il ne faut plus le faire en vrai. C’est un autre "en vrai". » De toute façon, il y a un « enthousiasme du corps » qui permet de comprendre bien des horreurs de la guerre (dans tous les camps). Pierre Guyotat sait de quoi il parle quand il dit : « Quand quelqu’un a touché le fond, il l’a touché pour la vie, même s’il remonte ensuite. » A quoi bon assurer à quelqu’un en profonde dépression que « la vie est belle » ? « Evidemment qu’elle est belle, on le sait. Le problème c’est qu’on n’y a plus accès. » Pierre Guyotat peut dire à la fois que « c’est effrayant, la vie des gens. Il faut vraiment qu’ils soient solides pour vivre » et : « J’ai toujours pensé qu’on n’était que la victime de soi-même, mais c’est facile à dire. Néanmoins je pense que c’est le gros des troupes. »

S’il dit que son travail a, au début, suscité « une cessation d’écrire » chez certains écrivains, on a pu aussi redouter, après le pli pris par Prostitution, que ce soit à Pierre Guyotat lui-même que cela arrive, on l’a craint proche de la folie. « Je ne suis pas fou du tout, mais pris intérieurement. » Il a la « passion de la raison ». « L’inspiration, c’est la raison dans toute sa splendeur […]. » Il est question de christianisme, de communisme et de pouvoir en général, dans Humains par hasard. A propos de 1789 : « Il faut donc apprendre aux gens ; mais se mettre en position d’apprendre, d’instruire, c’est déjà une violence. » Et à propos d’un « après moi, le déluge » généralisé : « Comportement qu’on peut appliquer à beaucoup de nos intellectuels d’aujourd’hui : "Je prends position et je me moque des conséquences sur le terrain. Mais moi au moins, j’aurais dit que…" » Une vie après la mort ? « Je vis dans cette peur. […] Il faudra changer toutes ses habitudes, surtout pour quelqu’un qui est âgé, il devra se mettre à une autre vie. On n’a plus les muscles pour ça, on a mal aux os. On se dit : "Mais comment va-t-on faire pour vivre dans un monde non-vivant, avec les muscles qu’on a ?" »

Mathieu Lindon, Libération du 21 octobre 2016.

Pierre Guyotat Par la main dans les enfers. Joyeux animaux de la misère II et Humains par hasard. Entretiens avec Donatien Grau Gallimard, respectivement 424 pp. et 244 pp., 24 € et 21 €.

*

Géhenne

Le deuxième temps de Joyeux Ani­maux de la Misère pour­suit une même veine, corus­cante, impla­cable, ani­male. La ques­tion de l’identité y est posée à des années lumières des rodo­mon­tades poli­ti­ciennes. L’auteur fait res­sur­gir le corps sous effet d’attraction des forces contraires de vie et de mort, de bien et de mal. L’homme devient putain (mot mas­cu­lin s’il en est chez Guyo­tat), à proxi­mité des ports et des chan­tiers, dans des restes d’immeuble où des êtres viennent pour divers « voyages ». « Salope » se trans­forme en mot sinon d’amour, du moins de ten­dresse dans un monde de raies, de chiens, et d’enfilades. En ses incan­ta­tions le lan­gage s’enfonce dans le corps esclave, joyeux, tou­jours en chasse.
Une nou­velle fois fidèle à son art poé­tique, Guyo­tat cultive une langue qui se lit “à l’oreille”, au plus près de la parole. En une approche minu­tieuse et qui n’a rien de sau­vage ou d’ébouriffée. Par­ler le livre, c’est l’inscrire et l’instruire dans une autre mélo­die de la langue dans le rap­port qu’elle entre­tient avec le corps et la sexua­lité au moment où le livre sort de la période de l’adolescence pour atteindre les bas-fonds de l’âge adulte au sein d’une obs­cé­nité non lar­vée mais qui n’a rien de bravache.

Partout perce le théâtre intrin­sèque de cette écriture-sperme jaillis­sant en « Labyrinthe-Guéhenne ». Et ce, une fois de plus, dans l’attente de His­toires de Samora Machel, œuvre annon­cée il y a déjà plus de trois décen­nies et évoquée plus d’une fois dans Coma si cher à Ché­reau. Pour l’heure, le tome 2 des Ani­maux écrit dans « le pré­sent de l’écriture » convoque en « langue aisée » le pro­féré trans­gres­sif. La parole ample est souffle et houle qui arrache tout sur son passage.

jean-paul gavard-perret, lelitteraire.com

SUR PILEFACE : Pierre Guyotat, tel quel
Pierre Guyotat, Arrière-fond
Pierre Guyotat, La matière de nos oeuvres
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2 Messages

  • A.G. | 1er décembre 2016 - 01:25 1

    Pierre Guyotat : «  Ce que j’écris est de l’art, ce sera de la littérature dans cinquante ans  »

    Entretien réalisé par Alain Nicolas
    Vendredi, 25 Novembre, 2016
    L’Humanité

    Où en est l’auteur de Tombeau pour cinq cent mille soldats ? Par la main dans les Enfers, deuxième volet du diptyque entamé avec Joyeux animaux de la misère vient de paraître. Il est accompagné d’Humains par hasard, un livre d’entretiens avec Donatien Grau. Pierre Guyotat nous en parle.


  • A.G. | 19 novembre 2016 - 10:48 2

    Nos ancêtres, les animaux.

    Pour qui n’aurait pas encore découvert l’univers de l’un des plus grands écrivains français vivants, on conseillera la lecture des entretiens que Pierre Guyotat accorde à Donatien Grau dans un livre intitulé Humains par hasard. L’auteur revient sur l’une des clés de sa création : la composition de figures romanesques, quasi mythologiques, placées sous le signe de la misère prostitutionnelle. Rappelons que Guyotat fit, dans les années 70, une entrée fracassante en littérature en publiant Tombeau pour 500 000 soldats, puis Eden, Eden, Eden, romans dont la langue était poussée jusque dans ses plus obscurs retranchements, jusqu’à la limite du dicible et du descriptible, caractéristique de l’avant-garde de l’époque. Il serait temps de redécouvrir les expérimentations menées, dans ces années post-structuralistes, dans le sillage de la revue Tel Quel, et de se plonger dans la lecture de Carrousels de Jacques Henric ou de Drame de Sollers pour mesurer l’inanité d’une grande partie de la littérature actuelle.

    Profondément marqué par la guerre d’Algérie, Guyotat n’a eu de cesse, depuis une cinquantaine d’années, de donner forme, dans un souci tout sauf naturaliste, à la conscience qui était la sienne de la mise à l’écart d’une partie non négligeable de l’humanité. Ouvriers, immigrés, marginaux, déviants de toute sorte, putains exclus de la représentation nationale, qui se targue fièrement d’être républicaine. Or une organisation sociale, quelle qu’elle fût, qui ne prend justement pas en compte toute l’humanité dans sa dysharmonie relève du totalitarisme. Et le romancier d’égrener la violence de répressions républicaines dont le processus est « assez proche du fanatisme ». La République naissante écrasera la Commune de Paris, en 1871 ; tout comme la République renaissante orchestrera un certain 8 mai 1945 le massacre de Sétif, en Algérie.

    Loin de revendiquer quelque forme d’anarchisme que ce soit, Pierre Guyotat serait davantage à situer dans une tradition d’écrivains humanistes et paradoxalement chrétiens dont le parangon pourrait être le marquis de Sade. Chrétien non dans le sens d’une perpétuation des évangiles mais comme pourfendeur des hypocrisies et comme celui qui prolonge l’enseignement d’un amour de tous les prochains. La figure du Christ dans l’abandon et le sacrifice qui le caractérisent serait moins l’incarnation de la divinité que la figuration d’une communauté humaine prostitutionnelle qui n’exclurait aucune de ses marges. « La République est une dynastie de l’idée. Or l’homme a apparemment encore besoin d’images, de figure symbolique ».

    Le « putain » et l’animal représentent pour l’auteur de Progénitures et de Joyeux animaux de la misère les figures les mieux à même de définir l’humanité dans les images de rebut dont on ne cesse de l’affubler. On ? les sciences sociales, les intellectuels dogmatiques, les mondains, les journalistes, les petits clercs d’hier et d’aujourd’hui. Putain et animal, ces déchets de l’humanité que l’on persiste à nommer immigrés, homosexuels, marginaux, voyous, terroristes. Figures prostitutionnelles dont la valeur d’échange cautionne les prises de position dogmatiques, les prêches moralisateurs, les discours républicains défendant les seules valeurs qui soient, celles qui accordent toute leur dignité à ceux qui en arborent les signes extérieurs de respectabilité. Vous l’aurez compris, Pierre Guyotat peut être considéré parfois comme un auteur irrespectable mais le bordel littéraire qui est le sien rend à tous ceux qui en sont dépossédés une grandeur misérable ; en ce sens que la misère que Donatien Grau définit comme un « état de suspension de la morale » prend le contre-pied de tous les cirques ambulants prêchant les valeurs du bien et du mal.

    Par-delà bien et mal ou pour en finir avec le jugement de Dieu. C’est au choix.


    Nicolas Poussin, Le massacre des Innocents.
    Zoom : cliquez l’image.

    Olivier Rachet sur 15 Novembre 2016