vous etes ici : Accueil » SUR DES OEUVRES DE SOLLERS » Dans l’atelier du roman
  • > SUR DES OEUVRES DE SOLLERS
Dans l’atelier du roman

D 30 avril 2006     A par D. Brouttelande - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


En 1986, la revue Art Press faisait un point sur le roman
à travers un numéro hors série (« Que peut le roman ? »), en posant les questions suivantes : « Qu’en est-il donc du roman en 1985 et quelles sont ses perspectives pour cette fin du 20ème siècle ? Est-il mort, agonisant, en réanimation, continûment vivant, ou bien, tel le phénix, est-il une fois de plus en train de renaître de ses cendres, plus vivace, plus vigoureux que jamais ? Telle est la question à laquelle se propose de répondre ce numéro spécial d’art press. »

Philippe Sollers, sollicité, répondait ainsi :

Le Martray, 4 août 1985

Cher Jacques,

Je ne peux faire mieux, en ce moment, que de vous envoyer (pour le numéro spécial d’Art Press) le finale de Paradis 2 livre à paraître au printemps 1986 chez Gallimard.
C’est à lire : allegro con spirito.
Je pense que c’est une des choses les plus explicites que j’aie écrites. Je crois inutile de joindre un dessin.
L’illustration idéale (au cas où...) serait évidemment, Le Déjeuner dans l’Atelier, de Manet. En cadrant sur les citrons, s’il n’y a pas la place.


Manet, Le déjeuner dans l’atelier
ZOOM... : Cliquez l’image.

Ce que je pense du roman ? Voilà. Autrement dit, c’est le romancier qui m’intéresse (contrairement à ceux qui etc...).
Avez-vous lu La Leçon d’Anatomie, de Philip Roth ? Il me semble que c’est, de loin, le meilleur vivant. Voyage dans les Ténèbres, de Jean Rhys (1934) est aussi extraordinaire (les dialogues). Roi, Dame, Valet de Nabokov, n’est pas mal non plus. Enfin, on peut toujours relire Hemingway, qui me paraît de plus en plus grand.
Roth dit ceci : « Ce qui pèse, ce n’est pas que tout doive nécessairement devenir un livre. C’est que tout puisse devenir un livre. Et compte pour du beurre dans la vie avant que ce ne soit fait. »

J’attends votre roman avec impatience.
Votre ami,

Philippe Sollers

Extrait cité : Paradis 2 - pp122-131 Folio


Un message, un commentaire ?

Ce forum est modéré. Votre contribution apparaîtra après validation par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • NOM (obligatoire)
  • EMAIL (souhaitable)
Titre
  • Ajouter un document