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Sollers ou le sang-pensée

Sur l’Etoile des Amants

D 27 février 2006     A par andoar - C 0 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Sollers est un grand romancier puisqu’il n’est pas certain qu’il en soit un. Sollers ne fait jamais le jeu des bourreaux puisqu’il n’est pas un sentimental. Sollers fait partie d’une procession heureuse qui vous situe partout. Lire Sollers est donné à tous les corps qui ont avalé leur crampe originelle, séquencielle, maternelle pour la haute et forte horloge des sensations qui "emparadisent".

Voilà un projet d’ouvrage publié qui soumet les deux personnages, amoureux, à une ode de sainteté, passagère, légère, torrentielle sous l’ascendance de Vénus. "L’Etoile des amants" aborde avec aisance la gratuité du sublime, j’allais dire du divin trouvable dès à présent, si l’on décide, pour commencer, selon les propres mots de l’auteur, de "lever la malédiction entre les deux sexes". Avec ceci, Sollers, curieusement, vous demande de le laisser arranger les choses : on flotte, on nage, heureusement lumineusement, tour à tour "dans des essences chaudes et froides", "la mer orageuse et profonde", "avec une vitesse incroyable", "au milieu des choeurs et des symphonies".

Le miracle de ce bouquin, c’est qu’on se saisit immédiatement de la substance de jouir qui a prévalu à la voix de son auteur. C’est un livre-tampon pour la lignée des charmés de ce monde. Chema Madoz {JPEG}Et puis Sollers est un éclaireur de premier choix : il goûte pour vous le vin d’un saint, d’un artiste, d’un écrivain, le domestique puis confirme la chose à merveille en le faisant passer de sa bouche à la vôtre. Rimbaud, un gros morceau pourtant, ça passe et ça marque. Une dernière chose : "L’Etoile des amants", comme par enchantement, parle de la nature et l’on remarque, par l’effort de Sollers vers son intimité, sa variété, sa grandeur, sa fureur, sa verdeur, que les noms qui la désignent sont toujours la douceur avérée du langage. Un festin de joie est toujours une dérobade au coeur des glaises sempiternellement originelles, conclusion : mets-toi à l’épreuve du sauvage, c’est-à-dire de l’irrésistible amour et note-le.

andoar



Illustrations par v.k.
Crédit Photo : Chema Madoz

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