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« Cancel culture » : Amazon invente l’autodafé virtuel

D 16 mars 2021     C 0 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Aujourd’hui, à l’ère du numérique, on ne brûle plus les livres : la censure se fait en un seul clic.

Amazon USA, qui se présente comme « la plus grande librairie de la terre », interdit désormais les livres dont elle juge le contenu « inapproprié » ou « offensant », ou qu’elle qualifie de « discours de haine ». La cible de l’entreprise n’est pas le Manifeste d’Unabomber, de Ted Kaczyn­ski, ni même Mein Kampf, d’Adolf Hitler, qu’Amazon ne se contente pas de vendre, mais qu’elle évalue à 4,5 étoiles sur 5… Non, sa cible, ce sont les livres qui contiennent une critique des nouvelles idéologies dites « progressistes ». La ­semaine dernière, le géant de la vente sur Internet a soudainement banni le livre When Harry Became Sally. Responding to the Transgender Moment, du philosophe Ryan T. ­Anderson, qui analyse en termes scientifiques, médicaux et philo­sophiques le phéno­mène trans. Le livre a été dispo­nible sur Amazon pendant un certain temps et y est même devenu un best-seller, avant d’être complètement effacé de la plateforme, sans explication.

De même, après plusieurs plaintes pour « transphobie », Amazon a rendu temporairement invisible l’ouvrage à succès de la journaliste du Wall Street Journal Abigail Shrier, Irreversible Damage. The Transgender Craze Seducing Our Daughters, qui traite des débats autour de la transition sexuelle chez les adolescents. Au même moment, Amazon supprimait aussi de sa plateforme, sans motif, un documentaire sur le juge Clarence Thomas, intitulé Created Equal. Clarence Thomas in His Own Words. Beaucoup pensent que les raisons de cette « disparition » sont liées aux opinions de ce célèbre juge afro-américain de la Cour suprême qui ne s’inscrivent pas dans la ligne du discours dominant du mouvement antiraciste actuel aux États-Unis.

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Bien sûr, une entreprise privée a le droit de choisir les produits qu’elle vend. Sauf qu’Amazon est aujourd’hui le plus grand détaillant de bouquins au monde et maîtrise plus de 80 % du marché du livre américain. En supprimant les contenus jugés « offensants », Amazon ne censure pas seulement des livres et leurs auteurs, elle disqualifie également des idées. Le risque d’une telle volonté de contrôle des opinions, qu’elles soient progressistes ou conservatrices, c’est que les éditeurs finissent par renoncer à publier des ouvrages traitant de sujets que le plus important vendeur de livres de la planète ne veut pas vendre. C’est aussi comme ça que la liberté d’expression et la liberté de conscience peuvent être limitées.

Par conséquent, si vous aviez besoin d’une dernière bonne raison pour arrêter d’acheter sur Amazon, la voilà. Et n’oubliez pas : tout livre qui vaut la peine d’être lu est souvent offensant pour quelqu’un.

Inna Shevchenko, Charlie Hebdo, 16 mars 2021.

A.G.


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