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Quelle ambition avait présidé au choix du nom L’Infini ?

Editorial du n° 1, la version authentique et l’apocryphe

D 15 mars 2008     A par Viktor Kirtov - C 3 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


« Quelle ambition avait présidé au choix du nom L’Infini ?

Lisez l’éditorial du 1er numéro, jamais repris, et republié aujourd’hui.
Il fallait sortir de la longue histoire de Tel Quel pour fonder autre chose dans une grande ouverture. Toutes les facettes du mot « Infini » sont explorées là dans un dialogue léger. »

C’est ce que répond Philippe Sollers dans l’extrait d’entretien emprunté au site Gallimard, cité en commentaire, ici.

Voila donc l’éditorial en question, suivi - comme dans le numéro 101/102 où il est à nouveau publié - d’une reproduction d’un dixième de billet de la Loterie Nationale (tranche Lautréamont) .

Acheté par Philippe Sollers ? Selon quels calculs ?

la version apocryphe, c’est ici.

ÉDITORIAL
du premier numéro de L’Infini

" L’infini, l’affirmation, comme négation de la négation... "
(Hegel)

— « Tel Quel est arrêté. L’Infini commence.  » Que voulez-vous dire ?
— Ce n’est pas nous qui avons arrêté
Tel Quel.
L’ancien éditeur ?
— Oui. Il tenait absolument à garder le titre. Mort. Vous voulez faire une déclaration à ce sujet ?
— Non. Personne n’en a envie. C’est vieux.
— Beaucoup de disparitions récemment ?
— Deuil et mélancolie
 ? Pas ici. Parlons plutôt du tassement général.
— Le passé semble loin, en effet. Tout est allé très vite ?
— La mort joue aux distances imaginaires. Elle donne les clés.
— Mais vous avez promis d’écrire l’histoire intellectuelle des vingt dernières années ?
— Certainement.
— Vous le ferez
 ?
Oui. C’est même pourquoi il fallait se déplacer.
— De deux cents mètres
 ?
Apparemment.
— Il y aura des révélations ? Un bilan ? Une critique ? Une autocritique ? Des documents inédits
 ? Une réévaluation des noms  ? De nouveaux noms  ? Une « ouverture »  ?
Mais oui.
— Et vous allez faire quoi ?
— Vous verrez.
— Vous pensez que ça pourra durer longtemps ?
— D’autant plus longtemps que le désir inverse aura été immédiatement passionné. Guerre des nerfs. Question d’habitude.
— Mais les autres revues
 ?

Nous y écrivons. Nous allons les lire.
— Vous n’écrivez tout de même pas dans
toutes les autres revues !
— Non ?
— Encore votre mégalomanie ! Qu’est-ce que vous pensez de la situation ?
— Tassée, je vous l’ai dit. Comme presque toujours.
— Le régime actuel
 ?
Il régime.
— Le prochain ?
— Il régimera.
— Mais la littérature ?
— Fascinante !
— Et l’édition ? Les médias
 ?
Fascinés !
— Pas dans le bon sens, quand même
 ?
Le bon sens avance à travers le mauvais. Rien n’a lieu ; tout arrive ; rien n’arrive et tout a lieu. La mauvaise monnaie s’impose, occupe le terrain, cède au moment voulu, recommence, travaille au malentendu d’où sortent les valeurs éprouvées du temps. Automatique.
— Soit, mais enfin pourquoi
L’Infini ? Vous tenez vraiment à irriter l’opinion ?
— Pourquoi pas ? C’est une méthode qui a fait ses preuves.
— On peut difficilement être plus provocant. C’est sérieux ?
— Pensez à Borges, à Joyce.
À l’horizon pathétique du dernier Freud. À la déchirure de Cantor.
— Vous allez refaire le coup de Dante et de la Théologie ? C’était comment, déjà, cette merveilleuse définition de Duns Scot reprise dans
Paradis ?
« La Théologie est la science de l’être singulier dont l’essence est individualisée par le mode de l’infinité.  » Si le mot théologie vous choque, supprimez-le, et gardez celui de science. Drôle de science ! Du singulier !
— Vous persistez dans cet engagement ?
— Si vous voyez quelque chose qui puisse davantage choquer les tueurs officiels ou autres, dites-le.
« L’attentat du siècle  », tout le monde est d’accord. Mais personne n’a l’air de savoir l’expliquer au fond.
Vous avez été marxiste  ?
Évidemment. Sans quoi, comment savoir de quoi on parle ?
— Donc :
L’Infini ?
— L’Infini.
Je croyais que c’était Réel ?
— L’Infini est bien mieux. Il semble que personne n’ait osé. Jamais. Nulle part. Tout cela fait d’ailleurs plutôt haïku : Tel Quel - Réel - L’Infini.
— Vous n’avez pas peur d’être à cent mille kilomètres des problèmes actuels ?
— Non. Je suis même persuadé du contraire.
— Tout de même,
L’Infini, là, comme ça, aujourd’hui, ça fait ridicule !

— A peu près autant qu’une formule pas si lointaine, rappelez-vous : « Soyez réaliste, demandez l’impossible.
— Mais
L’Infini, c’est flou, pompeux, romantique ?
— Pas pour le Pascal du
pari. Ni pour un mathématicien d’ aujourd’hui.
— Vous ne faites pas de mathématiques !
— Après tout, qui sait
 ? Les Chants de Maldoror ?
Bien sûr ! Enfin, je ne les ai pas en tête en ce moment.
« Ô mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon c ?ur, comme une onde rafraîchissante ; j’aspirais instinctivement, dès le berceau, à boire à votre source, plus ancienne que le soleil, et je continue encore de fouler le parvis sacré de votre temple solennel, moi, le plus fidèle de vos initiés...  »
C’est votre côté surréaliste  ?
Pas du tout.
Aragon voulait écrire une
« Défense de l’infini  »...
Hélas, hélas ! Elsa !
Michaux parle
« d’infini turbulent  »...
C’est l’aspect toxique.
— Et Blanchot
« d’entretien infini  »...
La répétition ... Mais n’oubliez pas Lévinas  : Totalité et Infini.
Critique de Heidegger ?
— Oh !
finalement, de toute philosophie ! Rien d’hébreu comme l’infini. D’où l’oubli. Et le malaise.
— Je vois que les sommets de la pensée ne vous effraient pas.
— Vous pouvez aussi bien penser à un nom de boîte de nuit.
À L’Infini. Ombres chinoises. Nus imprévus. Baroque. Musique jamais entendue.
— Ça ne me renseigne pas sur vos intentions.
— Elles sont excellentes et méchantes. Au passage, je vous prie de remarquer que
l’Infini peut être aussi tout et rien, mais absolument nécessaire, comme la littérature. C’est en somme un mot qui permet d’insister sur la forme conçue comme réel ultime. En ce sens, c’est encore un bien meilleur titre que Tel Quel. Lequel n’était qu’un seuil, qui, d’ailleurs, avait fait son temps.
— Vous ne changerez jamais !
— Si je changeais, on ne m’accuserait pas aussi fréquemment de changer sans cesse.
— Donc, si je vous comprends bien, une pensée de l’infini contre celle du Tout ? Vous n’avez rien trouvé de mieux pour être antitotalitaire
 ?
— L’idée fera son chemin par-delà les équivoques religieuses. Redécouverte des droits du sujet. Nouveau rapport de l’un au multiple calcul. Humour. Invention. Imagination. Sensibilité plus fine...
— Un dernier mot. Vous regrettez quelque chose
 ?
Ah ! non, jamais ! Mais si nous parlions maintenant de détails intéressants ? Par exemple ?
— Vous vous rappelez le début de
La Chartreuse de Parme ?

— Vaguement.
— Nous sommes en
1796. Stendhal décrit l’arrivée des troupes françaises à Milan. Il assiste à l’histoire du monde nouveau. L’obscurantisme s’effondre. Or vous savez comment il caractérise soudain la société qui prend fin sous ses yeux ?
— J’ai oublié.
« La liberté des m ?urs était extrême, mais la passion rare.  » Charmant Stendhal !
— Reconnaissez que les Polonais n’en demandent pas tant
.’
Vous voulez démontrer ça  ? Aujourd’hui ?
Voilà.
— Et Artaud ? Bataille ? Lacan ?
— Bien sûr.
Barthes ?
— Je l’ai connu mieux que personne.
Céline ?
— Naturellement.

« Vous êtes difficile ; et je vois que vous ne faites grâce qu’aux hommes sublimes.
Oui, aux échecs, aux dames, en poésie, en éloquence, en musique et autres fadaises comme cela. A quoi bon la médiocrité dans ces genres ?  »
— Nous nous sommes mis à parler comme Le Neveu de Rameau.
— J’allais vous le dire.

1er janvier 1983
Philippe Sollers, L’Infini n° 1


La version apocryphe

Philippe Sollers est-il actuel ? Trouve-t-on dans ses écrits le quota d’universalité que l’on est en droit d’attendre d’une vraie ?uvre littéraire ? Pour le savoir nous avons confié l’éditorial de L’Infini n°1, comme document de travail, à l’équipe de COM de Nicolas Sarkozy. Juste quelques mots changés. Résultat : ce « guideline » pour son prochain entretien TV, à l’issue des Municiplales 2008. Un brouillon sur lequel travaillait son équipe, un soir de défaite électorale...


"L’infini, l’affirmation, comme négation de la négation..."
(Hegel)

- « La Rupture est consommée. La Révolution infinie commence. » Que voulez-vous dire ?
- Ce n’est pas moi qui l’ai voulue.
- Les électeurs ?
- Oui. Consommée. Vous voulez faire une déclaration à ce sujet ?
- Non. Personne n’en a envie. C’est vieux
- Beaucoup de disparitions récemment ?
- Deuil et mélancolie ? Pas ici. Parlons plutôt du tassement général.
- Le passé semble loin, en effet. Tout est allé très vite ?
- La mort joue aux distances imaginaires. Elle donne les clés.
- Mais vous avez promis d’écrire une nouvelle page de l’Histoire de France et de la Méditerranée ?
- Certainement.
- Vous le ferez ?
- Oui. C’est même pourquoi il fallait ce déplacement.
- De dizaines de mairies ?
- Apparemment.
- Il y aura des révélations ? Un bilan ? Une critique ? Une autocritique ? Des documents inédits ? Une réévaluation des noms ? De nouveaux noms ? Une « ouverture » ?
- Mais oui.
- Et vous allez faire quoi ?
- Vous verrez.
- Vous pensez que ça pourra durer longtemps ?
- D’autant plus longtemps que le désir inverse aura été immédiatement passionné. Guerre des nerfs. Question d’habitude.
- Mais les autres partis ?

- Nous continuerons les réformes et l’ouverture. Pas de quota pour les compétences.
- Vous allez avoir plus de mal à recruter !
- Non ?
- Encore votre mégalomanie ! Qu’est-ce que vous pensez de la situation ?
- Tassée, je vous l’ai dit. Comme presque toujours.
- Le régime actuel ?
- Il régime.
- Le prochain ?
- Il régimera.
- Mais la politique ? Fascinante !
- Et les médias ?
- Fascinés !
- Pas dans le bon sens, quand même ?
- Le bon sens avance à travers le mauvais. Rien n’a lieu ; tout arrive ; rien n’arrive et tout a lieu. La mauvaise monnaie s’impose, occupe le terrain, cède au moment voulu, recommence, travaille au malentendu d’où sortent les valeurs éprouvées du temps. Automatique.
- Soit, mais enfin pourquoi
La Révolution infinie ? Vous tenez vraiment à irriter l’opinion ? Pourquoi pas ? C’est une méthode qui a fait ses preuves.
- On peut difficilement être plus provocant. C’est sérieux ?
- Pensez à Jaurès, à Jospin. À l’horizon pathétique des derniers soixante-huitards Cohn Bendit et Madelin. À la déchirure de Villepin.
- Vous allez refaire le coup de Dante et de la Théologie ? C’était comment, déjà, cette merveilleuse définition de Duns Scot reprise dans Paradis ?
- « La Théologie est la science de l’être singulier dont l’essence est individualisée par le mode de l’infinité. » Si le mot théologie vous choque, supprimez-le, et gardez celui de science. Drôle de science ! Du singulier !
- Vous persistez dans cet engagement ?
- Si vous voyez quelque chose qui puisse davantage choquer les tueurs officiels ou autres, dites-le. « L’incendie du siècle, 5 milliards en fumée à la Société Générale », tout le monde est d’accord. Mais personne, sauf moi, n’a l’air de vouloir en tirer les conséquences. Bouton est toujours là.
- Vous avez été capitaliste ?
- Évidemment. Sans quoi, comment savoir de quoi on parle ?
- Donc :
La Révolution ?
-
La Révolution infinie
- Je croyais que c’était
Réel ?
-
La Révolution infinie est bien mieux. Personne n’est allé jusqu’au bout. Jamais. Nulle part. Tout cela fait d’ailleurs plutôt haïku : La rupture - Réel - La Révolution infinie.
- Vous n’avez pas peur d’être à cent mille kilomètres des problèmes actuels ?
- Non. Je suis même persuadé du contraire.
- Tout de même,
La Révolution, là, comme ça, aujourd’hui, ça fait ridicule !
- A peu près autant qu’une formule pas si lointaine, rappelez-vous : « Soyez réaliste, demandez l’impossible.
- Mais
La Révolution infinie, c’est flou, pompeux, romantique ?
- Pas pour le Pascal du pari. Ni pour un mathématicien d’aujourd’hui.
- Vous ne faites pas de mathématiques !
- Après tout, qui sait ?
Les Chants de Maldoror ?
- Bien sûr ! Enfin, je ne les ai pas en tête en ce moment.
- « Ô mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon c ?ur, comme une onde rafraîchissante ; j’aspirais instinctivement, dès le berceau, à boire à votre source, plus ancienne que le soleil, et je continue encore de fouler le parvis sacré de votre temple solennel, moi, le plus fidèle de vos initiés... »
- C’est votre côté surréaliste ?
- Pas du tout.
- Aragon voulait écrire une « Défense de l’infini »... Hélas, hélas ! Elsa !
- Michaux parle « d’infini turbulent »...
- C’est l’aspect toxique.
- Et Blanchot « d’entretien infini »...
- La répétition ... Mais n’oubliez pas Lévinas :
Totalité et Infini.
- Critique de Heidegger ?
- Oh ! finalement, de toute philosophie ! Rien d’hébreu comme l’infini. D’où l’oubli. Et le malaise. C’est pour ça que je me bats pour qu’on n’oublie pas les enfants juifs de la Shoah. J’ai l’impression de prêcher dans le désert... Sollers à raison, je vais créer un poste de missionnaire pour l’enseignement de l’hébreu en primaire : chaque élève devra apprendre une phrase de la Torah en hébreu.

- Je vois que les sommets de la pensée ne vous effraient pas.
- Vous pouvez aussi bien penser à un nom de boîte de nuit.
À L’Infini. Ombres chinoises. Nus imprévus. Baroque. Musique jamais entendue. - Ça ne me renseigne pas sur vos intentions.
- Elles sont excellentes et méchantes. Au passage, je vous prie de remarquer que la Révolution infinie peut être aussi tout et rien, mais absolument nécessaire, comme la politique. C’est en somme un mot qui permet d’insister sur la forme conçue comme réel ultime. En ce sens, c’est encore un bien meilleur titre que
La Rupture. Lequel n’était qu’un succédané de fracture, qui, d’ailleurs, avait fait son temps.
- Vous ne changerez jamais !
- Si je changeais, on ne m’accuserait pas aussi fréquemment de changer sans cesse.
- Donc, si je vous comprends bien, une pensée de l’infini contre celle du centre ? Vous n’avez rien trouvé de mieux pour réduire ce centre au néant ? Ce point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’maginaire, la gauche et la droite, cessent d’être perçus contradictoirement ?
- L’idée fera son chemin par-delà les équivoques religieuses. Redécouverte des droits du sujet. Nouveau rapport de l’un au multiple calcul. Humour. Invention. Imagination. Sensibilité plus fine...
- Un dernier mot. Vous regrettez quelque chose ?
- Ah ! non, jamais ! Mais si nous parlions maintenant de détails intéressants ? Par exemple ?
- Vous vous rappelez le début de
La Chartreuse de Parme ?

- Vaguement.
- Nous sommes en 1796. Stendhal décrit l’arrivée des troupes françaises à Milan. Il assiste à l’histoire du monde nouveau. L’obscurantisme s’effondre. Or vous savez comment il caractérise soudain la société qui prend fin sous ses yeux ?
- J’ai oublié.
- « La liberté des m ?urs était extrême, mais la passion rare. » Charmant Stendhal !
- Il ne connaissait pas Carla Bruni Tedeschi.
- Vous voulez démontrer ça ?
Aujourd’hui ?
- Voilà.
- Et Bonaparte ? Jaurès ? Lacan ?
- Bien sûr.
- Vincent Bolloré ?
- Je l’ai connu mieux que personne.
- Patrick Balkany ?
- Naturellement.
- « Vous êtes difficile ; et je vois que vous ne faites grâce qu’aux hommes sublimes.
- Oui, aux échecs, aux dames, en poésie, en éloquence, en musique et autres fadaises comme cela. A quoi bon la médiocrité dans ces genres ? »
- Nous nous sommes mis à parler comme
Le Neveu de Rameau.
- J’allais vous le dire.

Dimanche 16 mars 2008
Nicolas Sarkozi,
draft d’intervention post Municipales,
préparé par son staff.

A l’infinie universalité de notre monde
Tel qu’il est écrit.
« Je veux le monde et le veux TEL QUEL,
et le veux encore
[...] : bis !
et non seulement pour moi seul,
mais pour toute la pièce et tout le spectacle ;
et non pour tout le spectacle seul,
mais au fond pour moi,
parce que le spectacle m’est nécessaire
- parce qu’il me rend nécessaire -
- parce que je lui suis nécessaire -
et parce que je le rends nécessaire. »

( in exergue de Tel Quel n° 1)

...En ce 169ème jour de l’année 120 du calendrier de Nietzsche.

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3 Messages

  • V.K. | 16 décembre 2011 - 19:15 1

    Merci Anne pour vos encouragements. Est-ce pendant vos heures de baby-sitting que vous vous posez des questions sur l’infini ?

    Oui l’infini, me fascine. C’est d’ailleurs pour cela que ce site utilise la spirale comme logo, à l’image du cosmos né du big bang, un point concentré réputé avoir été plus petit qu’une tête d’épingle, en expansion croissante (jusqu’à présent) !

    Mais cet infini spirale s’il n’a pas de fin, a un début, alors que l’infini mathématique représenté par un 8 « couché » reboucle sur lui-même, à l’infini, sans début, ni fin,
    ...à l’image de Dieu, « un être parfait qui a toujours existé et existera toujours » disait le petit catéchisme de ma petite enfance. Très intrigant pour un cerveau qui maîtrise à peine l’addition et la multiplication !

    Sollers n’est plus un enfant mais ne cesse de faire des pirouettes quand on lui lance le mot « infini » à la figure ! Et vous m’avez fait relire cet écrit apocryphe du staff de Sarkozy après la déroute aux élections législatives de 2008. Il pourrait être réactualisé aujourd’hui sur le thème de la spirale infernale dans laquelle nous sommes entraînés. La figure de la spirale exponentielle avec ses accélérations vertigineuses de dettes, d’écart de taux d’intérêts entre les pays européens pourrait aussi s’inviter comme ici :
    _ L’abîme de l’enfer à nos pieds d’où montent les clameurs : "A l’aide, au secours !", et ce constat ironique d’un physicien, Albert A. Bartlett :
    _ « La plus grande déficience de la race humaine est notre incapacité à comprendre la fonction exponentielle. »

    La notion d’infini nous fascine et nous échappe à la fois ; elle est restée longtemps
    mal comprise. C’est à Georg Cantor que nous devons la vision moderne du concept d’infini en mathématiques, mais lorsqu’il a présenté ses théories on l’a d’abord pris pour fou. Avec l’infini, la question sous-jacente est « jusqu’où peut-on aller ? » et la réponse sera toujours : « encore très loin ! »

    Mais les mathématiciens ne reculent devant rien, pas plus face à l’infini que face à des nombres transcendants !

    Nota :
    _ L’infini s’oppose au fini, (terme assez mal choisi au demeurant, même s’il y a quelque chose de pas fini, d’inachevé dans l’infini) Il s’agit ici de la conception de l’infini (« apeiron ») qui remonte à Aristote : l’infini n’est jamais « réalisé », « effectif » (« energeia » - force des choses), il n’est que « potentiel » (« dunamei »).
    _
    _

    En langage mathématique Cantor a reformulé Aristote, et un peu plus. Il s’est passionné pour les ordinaux qu’il convoque pour approcher l’infini. Avec les cardinaux ! Mettez dans un checker. Secouez en invoquant, parmi d’autres formules, le merveilleux « Théorème d’induction transfinie » :
    _
    « Toute propriété possédée par un ordinal dès que tous ceux qui le précèdent la possèdent, est possédée par tous les ordinaux »
    _
    _ (« On recommande poliment de relire cette phrase une bonne dizaine de fois si on veut espérer la comprendre... » nous dit David A. Madore, un autre mathématicien, à qui j’emprunte la trame de cet aparté. Qu’il me pardonne de ne retenir que « ça » d’un sujet aussi vaste...! Et si bien illustré de représentations mathématiques.)


  • Anne | 16 décembre 2011 - 09:43 2

    Salut,
    merci pour votre partage.
    Bonne continuation !

    Anne

    Voir en ligne : babysitting montpellier


  • A.G. | 16 mai 2008 - 22:18 3

    reproduit dans l’article ci-dessus et, auparavant, dans L’Infini n°14 (printemps 1986, p. 84)...

    « Déjà en 1986, des plaisantins ont prétendu avoir retrouvé, dans les archives d’une famille béarnaise, la véritable photographie, jusqu’alors perdue, de Lautréamont. Ils l’ont fait paraître comme illustration pour les billets d’une tranche de la Loterie nationale, et ont pensé ainsi authentifier bien assez l’imposture. Les naïfs vont trouver discutable cet insolent hommage au poète ; ne discuteront donc pas l’insignifiante photographie, qui bien sûr n’aura elle-même été prouvée par rien. Tous ces exemples sont des applications « culturelles » d’une théorie de Goebbels qui établissait qu’un mensonge, incroyable au premier regard, va passer d’autant mieux que son extravagance paraîtra plus incompatible avec son parrainage par des autorités officielles respectables. »

    Guy Debord, « Cette mauvaise réputation... » (folio, p. 90)