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« Sérotonine » : le livre-événement de la rentrée littéraire d’hiver signé Houellebecq

+ La critique de Frédéric Beigbeder + "Vous reprendre bien un peu de houellebecquine ?"

D 28 décembre 2018     A par Viktor Kirtov - C 6 messages Version imprimable de cet article Version imprimable    ................... PARTAGER . facebook


Livre événement de la rentrée littéraire d’hiver, le prochain roman de Michel Houellebecq aura pour titre "Sérotonine", a révélé mercredi son éditeur.

Le livre de 347 pages doit paraître le 4 janvier, quatre ans après "Soumission". Flammarion a prévu un tirage exceptionnel de 320.000 exemplaires. L’éditeur a demandé "très solennellement" aux médias de respecter un embargo total sur le contenu du livre jusqu’au 27 décembre.

"Soumission", le précédent roman de Michel Houellebecq (Prix Goncourt en 2010 pour "La carte et le territoire"), s’est écoulé à quelque 800.000 exemplaires.

ECHOS DANS LES MEDIAS :

"Sérotonine" et 493 romans prévus pour la rentrée de janvier

Selon l’hebdomadaire professionnel Livres Hebdo, 493 romans dont celui de Michel Houellebecq sont attendus en librairies à partir du 2 janvier.

L’annonce sur Huffpost

"Sérotonine", c’est le nom d’un neurotransmetteur, qui peut causer la dépression ou le bonheur. Tout un programme ! Parution le 4 janvier chez @Ed_Flammarion


Michel Houellebecq à la Foire de Francfort, octobre 2017 AFP CONTRIBUTOR VIA GETTY IMAGES

Par Pierre Lentz
Huffpost, 12/12/2018

Michel Houellebecq sort un nouveau livre, dont le nom est celui d’un neurotransmetteur qui influe sur notre état de bonheur : "Sérotonine".

LIVRE - Nous savions que Michel Houellebecq publierait un livre pour janvier 2019, mais nous n’avions ni la date exacte de sortie, ni le titre. Voilà qui est fait.

Bernard Lehut, journaliste littéraire chez RTL et Christophe Ono-Dit-Biot, écrivain et journaliste au Point, ont dévoilé ce mercredi 12 décembre une photo de la couverture des épreuves du prochain livre de Michel Houellebecq. Comme l’a confirmé Flammarion au HuffPost, son prochain roman s’intitule "Sérotonine". Il paraîtra le 4 janvier 2019 et son intrigue reste pour l’instant secrète.

Ce titre vous interpelle ? La sérotonine est le nom que porte un neurotransmetteur que fabrique notre cerveau et qui est, entre autre, lié à notre état de bonheur. Présente dans notre corps, cette molécule régule différentes fonctions comme le sommeil, l’appétit et l’humeur. En cas de dérèglement, ce neurotransmetteur peut être cause de dépression. On fait facilement le lien avec l’écrivain, lui-même dépressif, qui avait choisi un personnage souffrant de la même maladie pour héros de son premier roman Extension du domaine de la lutte (1994).

Aucun livre depuis "Soumission"

Si le simple titre de ce roman passionne les amateurs de Houellebecq c’est que l’attente a été longue.

"C’est un roman, vous saurez en janvier", avait bien voulu commenter l’écrivain de 62 ans à Europe 1 du 10 octobre 2018 (voir ci-dessous) , alors qu’il recevait le prix Château La Tour Carnet pour l’ensemble de son oeuvre (Les particules élémentairesou encoreLa carte et le territoire).

Depuis Soumission, son roman de politique-fiction relatant la victoire aux élections présidentielles françaises d’un parti de l’islam modéré, un roman sorti le même jour que les attentats de Charlie Hebdo en 2015, l’écrivain a quitté les radars médiatiques.

LCI : Mais de quoi parlera "Sérotonine", le nouveau roman de Michel Houellebecq ?

COMEBACK - Quatre ans après le controversé "Soumission", Michel Houellebecq, un des écrivains les plus controversés - et admirés - publiera son nouveau roman le 4 janvier prochain. Si on connaît son titre, "Sérotonine", son sujet restera tenu secret jusqu’au 27 décembre. Mystère. Consigne de son éditeur

Jérôme Vermelin, 12 déc.

L’hormone du bonheur... et de la dépression

Pour se faire une idée de l’intrigue de ce nouveau roman, direction les sites médicaux où on apprend que la sérotonine, découverte en 1946 par le pharmacologue italien Vittorio Erspamer, est surnommée "l’hormone du bonheur". Présente en grande partie dans la muqueuse gastro-intestinale, on la trouve également dans le cerveau.

D’où son implication déterminante dans des fonctions physiologiques comme le sommeil, l’agressivité ou la dépression. Michel Houellebecq a-t-il décidé de nous convier à un cours de biologie ? C’est peu probable. Mais sa sortie sera, quoi qu’il arrive, l’un des premiers grands événements littéraires de 2019.


Photo OLIVIER DION

Michel Houellebecq et son messager chimique

Par Christophe Ono-dit-Biot
Publié le 12/12/2018, Le Point.fr

Le titre du prochain livre de Michel Houellebecq est "Sérotonine".que, que Michel Houellebecq a choisi pour porter la nouvelle de son nouveau roman. Sérotonine, soit le nom de ce neurotransmetteur impliqué dans certaines fonctions physiologiques comme le sommeil, l’agressivité, ainsi que dans la dépression, et tempérant, lit-on ici ou là, les effets de la dopamine... Ah, voilà qu’on le retrouve, notre bon vieux Houellebecq, porté sur Baudelaire autant que sur la science. Et l’on commence, déjà, à fantasmer un peu sur l’intrigue, tant notre « Balzac XXIe siècle », qui nous confiait dernièrement « aimer se laisser contaminer »,a toujours le chic, et le talent, et l’humour, pour capter les enjeux majeurs de l’époque et les « romanesquiser » dans ses fictions très réalistes.

Lire notre interview Michel Houellebecq : « C’est pas mal de se laisser contaminer »

Alors, de quoi s’agira-t-il, avec ce Sérotonine ? On disait le dernier lauréat du prix Oswald-Spengler souhaiter un retour du christianisme : on dirait bien, pourtant, que cette fois la « soumission » sera non pas à l’opium du peuple, comme disait Marx, mais à certaines drogues très contemporaines. Des médicaments n’ont-ils pas été créés pour réguler notre taux de sérotonine ? S’agira-t-il d’une nouvelle carte pour un nouveau territoire, le cerveau humain, siège de ces ballets chimiques et hormonaux ? D’une nouvelleextension, psychique, physiologique, du domaine de la lutte ? Ou enfin d’un roman programmatique sur la meilleure façon de continuer à s’attelerà la poursuite du bonheur, ou du moins de s’aider à vivre avec quelques substances amortissant la violence de la réalité ? Espérons que la lecture de ce roman, porté par un tirage de 320 000 exemplaires (selonLivres hebdo), saura alléger un peu l’humeur des Français. De la sérotonine pourquoi pas, mais d’abord, vite, de la houellebecquine !

Le pitch d’Augustin Trapenard dans Boomerang

Lors de Boomerang du 13 décembre 2018, alors qu’il recevait Nina Bouraoui, Augustin Trapenard, dans sa brève évocation de l’actualité de la culture du jour, a eu ces mots en forme de pitch pour le livre de Houellebecq :

La lecture pataphysique de l’annonce par Fernando Arrabal

« Sérotonine », de 347 pages, le nouveau roman de Michel Houellebecq, paraîtra le 7 décervelage de l’an 145 de l’Ère Pataphysique (4 janvier 2019,v).

Fernando Arrabal
La Règle du Jeu, 13/12/2018

Interview EUROPE 1 - Michel Houellebecq : "Mes livres peuvent rendre inapte à la vie"

Michel Houellebecq s’était confié à Europe 1 le 10 octobre dernier alors qu’il recevait à Paris le prix Château La Tour Carnet pour l’ensemble de son œuvre.

EXCLUSIF

Les Particules élémentaires, La Possibilité d’une île, La Carte et le Territoire… L’œuvre de Michel Houellebecq a été tout autant acclamée des critiques littéraires que du public, toujours au rendez-vous. Mercredi soir, dans un restaurant parisien, l’écrivain a été auréolé du prix Château La Tour Carnet pour l’ensemble de sa carrière. Europe 1 en a profité pour poser quelques questions à ce personnage mystérieux, qui n’avait pas parlé publiquement depuis près d’un an.

"On peut me louer pour ça". Résolu mais pas nostalgique, Michel Houellebecq confie d’abord : "C’est l’âge des prix pour l’ensemble de l’œuvre. C’est un processus normal. Je suppose qu’il y a une cohérence…" Finalement, Michel Houellebecq ne trouve pas illogique d’être ainsi honoré. "Je suis plutôt pour l’idée. Il y a une catégorie de phénomènes du monde qualifiés de ’houellebecquiens’ qui n’avaient pas été décrits avant moi, c’est vrai. On peut me louer pour ça, pour avoir repéré des ’modes d’être’", estime-t-il.

Ses livres, des déclencheurs. Ces caractéristiques propres aux romans de Michel Houellebecq peuvent "changer la vie des gens s’ils décident d’un coup que ce monde leur est insupportable", assure l’intéressé. "Mes livres peuvent rendre inapte à la vie. Ça peut provoquer des ruptures dans un cours de vie. Mais je ne vais pas m’en excuser, car j’ai eu ça, moi aussi, avec des livres comme Les Fleurs du mal, ou ceux de Dostoïevski…"

Dès lors, Michel Houellebecq est bien conscient de la tâche qui lui incombe. "Oui, c’est une responsabilité lourde d’écrire des livres. Et je ne veux pas m’y soustraire. C’est une activité sérieuse", affirme-t-il au micro d’Europe 1.

"Pas si difficile que ça" de vivre avec un écrivain. Dans ce restaurant parisien jeudi soir, Michel Houellebecq se tient au côté de Lilys, son épouse depuis quelques jours Houellebecq, qui a toujours chéri sa solitude et en a fait le nid de son travail d’écriture, réussira-t-il à s’imposer le même tempo pour prendre la plume ? "J’écris au milieu de la nuit et jusque dans la matinée. Il suffit donc de prendre une femme qui se lève tard ! C’est con mais c’est vrai", répond-il, amusé. "Ce n’est pas si difficile que ça d’être avec un écrivain, mais il faut le laisser se coucher tôt et faire ses activités en pleine nuit", affirme-t-il.

Entre deux mondanités, Michel Houellebecq a pris le temps de nous glisser qu’il venait d’achever son nouveau roman. Rendez-vous "en janvier" pour en savoir plus.

*

La critique de Frédéric Beigbeder

Cet article est une catastrophe déontologique. Tout le monde sait que je suis un ami de Michel Houellebecq : cet éloge risque de passer pour du copinage éhonté. la faute de Jean-René Van der Plaetsen, notre directeur délégué de la rédaction. En principe, au « Figaro Magazine », c’est lui qui tient le rôle d’exégète de l’œuvre houellebecquienne car il a plusieurs fois interviewé l’écrivain à la parka kaki. Or, il se trouve qu’il est fâché avec lui en ce moment. « Ah non ! Cette fois, c’est toi qui t’y colles ! » m’a-t-il déclaré. J’hérite donc de ce portrait alors que mon objectivité sur le sujet peut être considérée comme totalement nulle. Cependant, en tant que témoin de son mariage le 21 septembre 2018, j’ai eu accès à des informations de première bourre. Par exemple, je peux vous dire qu’il y avait ·un karaoké chez Lapérouse le soir du mariage de Michel avec Lysis, sa « dame de Shanghaï », et que l’ auteur des « Particules élémentaires » a chanté ( presque juste) « Le Sud » de Nino Ferrer, en duo avec mon épouse, Lara.
Je peux aussi vous dire qu’Emmanuel Carrère a chanté (atrocement faux)« Les Mots bleus » de Christophe, que David Pujadas a entonné un « Que je t’aime » endiablé et que Pawel Pawlikowski, le réalisateur oscarisé d’« Ida », prix de la mise en scène à Cannes pour « Cold War », a chanté ( très juste) « Et si tu n’existais pas » de Joe Dassin. Quant à moi, j’ai pris moins de risques : en prononçant à voix grave les phrases d’Alain Delon dans « Paroles, paroles » de Dalida, j’étais quasiment sûr de ne pas me ridiculiser. Voilà pour la partie « variétés/name-dropping » de ce papier.

Houellebecq l’écrivain public n°1 Par Frédéric Beigbeder
Le « gilet jaune » de la littérature ?

PAR FRÉDÉRIC BEIGBEDER Son ami Frédéric Beigbeder nous dit tout sur « Sérotonine », le nouveau roman de l’écrivain français le plus célèbre au monde, qui sort la semaine prochaine sans qu’aucune information n’ait pu fuiter auparavant.


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Au mariage de Houellebecq, j’ai compris qu’une chose avait changé quand il est parti vers une heure du matin, avec son épouse au bras. Certes, il oublia son chapeau melon dans la fête, mais enfin, on n’a pas eu besoin de le porter jusqu’au taxi comme le soir de son Goncourt ; il y avait incontestablement un progrès.

La principale question qui se pose en lisant Sérotonine, le nouveau roman de l’écrivain français le plus célèbre dans le monde, est la suivante : comment un type aussi heureux dans la vie peut-il publier une histoire aussi triste ? Sérotonine relate l’existence d’un homme complètement insatisfait sur tous les plans : sa vie professionnelle (collabo de la destruction de l’agriculture française chez Monsanto puis au ministère de l’Agriculture) est une suite de renoncements et de trahisons de ses idéaux de jeunesse, sa vie amoureuse une accumulation de fiascos et une marche inéluctable vers la solitude et la maladie mentale. « L’idée qu’on ne peut de toute façon pas grand-chose à quoi que ce soit finissait tranquillement par s’imposer. » « Etais-je capable d’être heureux dans la solitude ? Je ne le pensais pas. Etais-je capable d’être heureux en général ? C’est le genre de questions, je crois, qu’il vaut mieux éviter de se poser. » « Mes journées s’écoulaient de plus en plus douloureusement en l’absence d’événements tangibles et simplement de raisons de vivre. » Le narrateur ne fait que boire et gober des antidépresseurs afin de booster cette hormone qui donne son titre au roman, et que les toxicomanes connaissent bien - la sérotonine est notamment stimulée par la consommation d’ecstasy ou de LSD.

Sérotonine raconte comment l’impuissance - politique, économique ou sexuelle, cela revient au même - mène à la désertion ainsi qu’à la révolte. Il faut bien comprendre que ce roman a été écrit en 2016 et 2017, une époque où Michel Houellebecq allait très mal, pour diverses raisons, à la fois terroristes, médicales et sentimentales. Une fois encore, sa peine existentielle a permis à ce sismographe de sentir une situation prérévolutionnaire dans le pays. De même que Plateforme en 2001 prévoyait les attentats islamistes (avant le 11 Septembre) et que Soumission en 2015, paru le jour de l’extermination de Charlie Hebdo par des djihadistes, imaginait un parti islamique au pouvoir, Sérotonine sort un mois après le mouvement des « gilets jaunes » mais fut rédigé bien auparavant, et décrit assez précisément le ras-le-bol et le désespoir qui ont paralysé la France au mois de décembre. Sérotonine respire la frustration et l’hébétude d’un peuple sans issue. L’antihéros de ce livre, Florent-Claude Labrouste (comme la salle grandiose où l’on décerne le prix de la BnF, que Michel Houellebecq a reçu en 2015), est une sorte de Xavier Dupont de Ligonnès light. Pas si loser que ça, il croise deux mignonnes Espagnoles dans une station-service mais - trop timide ou velléitaire - ne prend pas leur numéro. Il quitte sa petite amie japonaise après avoir découvert dans son ordinateur une vidéo où elle couche avec quinze hommes, puis trois chiens. Comme d’habitude, on rit énormément de la mollesse avec laquelle le narrateur contemple la déliquescence de sa vie (et plus globalement celle de l’Occident), en fumant clope sur clope, avant d’organiser sa propre disparition. Au passage, il lâche de nombreuses provocations destinées à faire enrager Mme Anne Hidalgo : « Je détestais Paris, cette ville infestée de bourgeois écoresponsables me répugnait (…) je roulais en 4 x 4 diesel - je n’aurais peut-être pas fait grand-chose de bien dans ma vie, mais au moins j’aurais contribué à détruire la planète. »

Il sera distrayant, dans les semaines à venir, de regarder les critiques bobos se tortiller pour récupérer un romancier qui flingue les féministes autant que les écologistes. Mais Sérotonine est aussi, comme toujours avec lui, une très belle histoire d’amour. Houellebecq fournit ce qu’on attend de lui : une description désopilante de notre naufrage national en même temps que celle d’un amour perdu. Chez lui, l’apocalypse ambiante épouse toujours une détresse romantique. Un grand écrivain, comme un grand musicien ou un grand cinéaste, c’est quelqu’un qui parvient à étonner son ¬public tout en restant rigoureusement fidèle à lui-même. Il y a tellement d’auteurs qui essaient d’écrire comme Houellebecq mais aucun n’a son courage, sa drôlerie, son chagrin, sa liberté, son obscénité aussi. Cette façon d’asséner des vérités atroces entre deux ¬fellations s’appelle, qu’on le veuille ou non, un style. Michel Houellebecq est le seul écrivain véritablement punk dans ce cloaque de « positive attitude » qu’est devenue notre littérature agonisante, frileuse et moralisatrice. Donc, pour schématiser :

Si l’on était chez Camus,
l’antihéros tuerait un Arabe sur une plage.
Si l’on était chez Céline,
il deviendrait médecin à Clichy.
Si l’on était chez Bret Easton Ellis,
il découperait des top-modèles avec une scie électrique
Black & Decker.
Si l’on était chez moi,
il snifferait un rail de coke dans les chiottes de France Inter.

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Mais l’on est chez Michel Houellebecq, alors Florent décide de disparaître sans laisser d’adresse. Il largue son boulot sinistre, son appartement glauque, sa fiancée zoophile : le tout prend une matinée. Puis il rend visite à Claire, une ex devenue hideuse et alcoolique, se souvient d’une autre ex plus jolie (Kate) et regrette la femme de sa vie (Camille). Enfin, il va revoir un vieux camarade de l’Agro, un aristocrate fumeur de joints dans son château en Normandie, entre Noël et le Nouvel An… Ils ¬picolent en écoutant Deep Purple et Pink Floyd. Le -copain (Aymeric) possède beaucoup de fusils de chasse… La catastrophe est inéluctable.

Et maintenant un peu de cuistrerie. Dans la ¬littérature russe, on oppose habituellement Gogol et ¬Dostoïevski. Pour simplifier, les personnages de Gogol agissent et parlent, alors que ceux de Dostoïevski ont des états d’âme. Sérotonine fait beaucoup penser aux Ames mortes de Gogol, dont le héros est l’escroc Tchitchikov, un type qui achète des âmes mortes à deux roubles cinquante pièce. Gogol le décrit comme « ni beau ni laid, ni gras ni maigre, ni jeune ni vieux ». Le cafardeux Florent Labrouste rappelle l’affreux Tchitchikov, qui est le père de tous les antihéros modernes. Chaque livre de Houellebecq est un hommage à un de ses auteurs fétiches : Les Particules élémentaires emboîtaient le pas d’Aldous Huxley, La Possibilité d’une île faisait de nombreuses références à ¬Schopenhauer, Soumission évoquait la crise de foi de Huysmans. Cette fois Houellebecq applique à la France de la fin des années 2010 la méthode sarcastique qui a permis à Nicolas Gogol de pondre la caricature la plus acérée de la Russie d’avant la révolution.

Avec Sérotonine, Houellebecq retourne aux fondamentaux de son œuvre : on retrouve l’humour du cadre moyen désespéré d’Extension du domaine de la lutte, le sexe triste de Plateforme et Lanzarote, les hypermarchés, les cafétérias, et même la Mercedes de La Carte et le Territoire. Lire le nouveau Michel Houellebecq est comme ¬reprendre une conversation avec un obsédé au cœur brisé, un frère aîné, sage sans être blasé, un réac tendre, un pessimiste qui ne se flingue pas mais envisage le suicide comme une libération. On appréciera particulièrement les souvenirs de sa période étudiante, durant les années 1970 ; ces pages sont sans doute les plus autobiographiques de toute l’œuvre de Houellebecq. « Les années d’études sont les ¬seules années heureuses, les seules années où l’avenir paraît ouvert, où tout paraît possible, la vie d’adulte ensuite, la vie professionnelle n’est qu’un lent et progressif enlisement. » Curieusement, ce qui a le plus évolué chez Houellebecq est formel : comme le montre la phrase qui précède, il utilise moins de points-virgules et davantage de virgules. Cette nouveauté permet aux phrases de s’enchaîner de ¬façon plus fluide, moins sentencieuse ou cassante. En 2027, un professeur en Sorbonne mettra quelques cen¬taines de pages à analyser ce phénomène mieux que votre serviteur. Il me semble que la prose de Houellebecq y ¬gagne en vitesse : certaines pages peuvent être comparées à une rafale de coups de poing dans la gueule. Pour le ¬taquiner, je dirais que son écriture s’américanise, ce qui lui flanquera probablement une éruption cutanée.

Avant de conclure en vous recommandant évidemment cette lecture qui agitera vos hormones comme une pilule de MDMA (si vous ne comprenez pas cette phrase, renseignez-vous auprès de vos enfants), il nous faut aussi parler de la curieuse position médiatique de Houellebecq en cette rentrée de janvier 2019. Il a annoncé ne plus accepter d’interviews, juste après avoir prononcé un discours résolument antieuropéen à Bruxelles en octobre 2018, en recevant le prix Oswald-Spengler. Discours qui se concluait par un appel à la renaissance du christianisme… qui résonne avec la fin de son livre. Il a également défendu le bilan de Donald Trump et s’est proclamé nationaliste il y a quelques jours dans le mensuel américain Harper’s. On va encore l’accuser de fomenter un coup marketing. Je pense qu’il tiendra sa promesse de se taire en France mais n’est pas à l’abri de se laisser surprendre lors de ses voyages en Allemagne, en Italie ou en Russie. Michel affirme qu’il refuse de s’exprimer parce qu’il est mauvais en interview, ce qui est faux ; la vérité est qu’en refusant de parler à la presse française, il réalise le rêve de tout écrivain respectable : n’être jugé, dans sa langue natale, que sur ce texte qu’il a sué sang et eau pour écrire. L’écriture est ¬désormais au premier plan, l’auteur (ses facéties, ses opinions, ses vêtements) caché derrière. Ce système de communication, qui imite celui de Milan Kundera, J.D. Salinger et Maurice Blanchot (lequel paradoxalement s’en prend plein la figure dans Sérotonine, via un paragraphe hilarant), permet de revenir au principe de base de la littérature : il s’agit d’écrire son livre et puis rien d’autre. Comment être lu quand on méprise Facebook et Twitter ? En disparaissant comme son personnage principal. Pourquoi faudrait-il parler quand on écrit ? Houellebecq est l’homme le mieux placé au monde pour savoir qu’une phrase mal interprétée peut conduire au mieux devant un tribunal, au pire devant des kalachnikovs. Et puis refuser les plateaux télé évite d’avoir à répondre à des questions idiotes, du genre : « Pourquoi dites-vous page 124 d’une femme de 50 ans qui ne vous fait pas bander qu’elle préfère “incriminer les antidépresseurs plutôt que ses propres bourrelets” ? Ce n’est pas très sympa pour vos lectrices quinquagénaires ! » Il est épuisant d’avoir sans cesse à rappeler la distinction entre l’auteur et le narrateur, ce b. a.-ba du ¬roman que les présentateurs télé ignorent car ils ont, littérairement, le niveau du BEPC, lequel d’ailleurs n’existe plus.

En janvier 2019, tout le monde va donc conjecturer sur ce que Michel pense. Est-il d’accord avec son personnage ? Misogyne et homophobe comme lui ? Pessimiste ou facho-bohème ? N’ayez crainte, -lecteurs progressistes. On peut parfaitement détester ¬Donald Trump (c’est mon cas) et hurler de rire en lisant Sérotonine. Ce n’est pas Houellebecq qui s’y exprime mais une autre version de lui-même. Labrouste est l’homme qu’il a failli être (il est ingénieur agronome, boit du Grand Marnier et habite une tour du XIIIe arrondissement comme lui) s’il n’avait eu la chance d’écrire des livres à succès. Le roman permet de s’imaginer d’autres destins. Un romancier se demande tout le temps : « Que ferais-je si j’étais quelqu’un d’autre ? » Le luxe suprême du romancier est de pouvoir se débarrasser de sa propre vie et jouer à cache-cache avec son lecteur. Même quand il est très intime, le roman libère toujours de soi. En ce sens, Sérotonine est un suicide réussi mais sans cadavre : bref, le crime parfait.

Ce que je peux trahir en tant que « proche », c’est qu’en rédigeant ce livre, Michel Houellebecq a clairement sauvé sa peau. Ce roman mérite bien son titre puisqu’il a été entamé par un être édenté, au bord du gouffre, et qu’il sort, trois ans plus tard, au moment où son auteur vient de se marier et se dit heureux, ayant abandonné sa parka kaki pour une jaquette gris souris. Comme l’a bien ¬résumé Agathe Novak-Lechevalier dans son essai ¬Houellebecq, l’art de la consolation (Stock), cet écrivain placide nous console, nous sert de soupape et de lanceur d’alerte, il nous défoule et, en nous montrant ce qui ne va pas dans notre société, il nous sauve. Je mets au défi n’importe quel être humain de lire les deux dernières pages de ce roman sans pleurer de joie.
Survivre : c’est à cela, et rien qu’à cela, que sert la littérature. ■

Sérotonine, Flammarion, 352 p., 22 €. A paraître le 4 janvier.

FRÉDÉRIC BEIGBEDER

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Autres critiques :

Libération HOUELLEBECQ, MORTES PASSIONS/houellebecq-mortes-passions_1699840]

par Claire Devarrieux.

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Culturebox : Pourquoi "Sérotonine" est le plus houellebecquien et le plus triste des romans de Houellebecq
Par Laurence Houot @Culturebox
Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox

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Le Point : « Sérotonine » : il faut imaginer Houellebecq heureux

Le nouveau roman de Michel Houellebecq est consacré au déclin de l’homme occidental. Et si « Sérotonine » était écrit pour notre bien ?
Par Christophe Ono-dit-Biot

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Le Parisien : « Sérotonine » de Houellebecq : attention chef-d’œuvre

Pierre Vavasseur

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Télérama  : “Sérotonine” : Houellebecq dans toute sa noirceur

Nathalie Crom

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Et si « Sérotonine », le nouveau roman de Michel Houellebecq sur le déclin de l’homme occidental, était écrit pour notre bien ?

PAR CHRISTOPHE ONO-DIT-BIOT

Houellebecq est-il enfin heureux ? C’est la question qu’on se pose en terminant son nouveau roman, consacré à la longue et lente dérive d’un homme que toute bonté a quitté, que toute culture a déserté, dont le nihilisme a grignoté toutes les cellules. Et l’on ne peut être qu’au zénith du bonheur pour écrire un tel traité du malheur. Serait-ce l’effet du mariage ? ·


La possibilité du bonheur. Le 21 septembre, à Paris, où l’écrivain épousa Qianyum Lysis Li.
Crédit : PHILIPPE MATSAS/OPALE - ZOOM : cliquer l’image

Bien sûr, tout le monde va parler avec « Sérotonine » d’un Houellebecq de nouveau prophétique et « gilet jaunisé », puisqu’il est question ici d’une révolte venue des profondeurs du pays, en l’occurrence la Basse-Normandie. Sauf que c’est tout le contraire d’une révolte populaire campant sur les ronds-points que décrit notre « mage » national, mais plutôt une vraie jacquerie menée par un aristocrate « ancien de l’Agro  », aussi à l’aise dans le maniement du fusil d’assaut que du pis de vache, et surtout possesseur, par son père, membre du Jockey Club, de la moitié de la région. Rien d’un Eric Drouet, donc. Ni même d’un Benjamin Cauchy.

Et puis Houellebecq gilet jaune, désolé, mais, même si l’image, visuellement, avec la parka, peut être jouable, ça ne colle décidément pas, son personnage ne ressentant ni indignation ni empathie - il n’en est plus capable - et se tirant fissa, dès que la mort a moissonné entre paysans et CRS, vers la capitale pour regagner son lit...

Nulle empathie dans ce nouveau livre,
plus rien non plus de la douceur résignée de « Soumission »,
mais tout d’un gigantesque plaisir cannibale
à tout sucer
on a toujours énormément sucé chez Houellebecq.

Même son voisin de bungalow, un ornithologue allemand pédophile, il n’a pas été capable de le dénoncer ni même, au minimum, de lui mettre son poing dans la figure, alors c’est dire. « Je me demandai s’il la payait, c’était difficile à savoir, mais la réponse à mon avis était probablement oui », préfere-t-il monologuer quand il croise la petite fille qu’il a vue nue sur les films tournés par l’Allemand. Non, nulle empathie dans ce nouveau livre, plus rien non plus de la douceur résignée de « Soumission », mais tout d’un gigantesque plaisir cannibale à tout sucer (on a toujours énormément sucé chez Houellebecq), à la façon d’un vampire, appliqué à vider de sa substance toute forme de vie (villes et campagnes, prolos et aristos, jeunes et vieux, Japonais et Hollandais - « vraiment des putes », sic). Un vampire punk qui, après ce festin et en attendant le suivant, éclaterait de rire, et certainement pas d’un rire jaune. Non, Houellebecq rit franchement, Houellebecq s’amuse comme un petit fou à nous peindre l’enfer occidental contemporain, à tout rendre absurde, mais ce faisant Houellebecq se moque de nous, et c’est en cela que Houellebecq est grand.

Gang bang et quotas laitiers. Passons, vite, sur l’intrigue de « Sérotonine » : il n’y en a presque pas et le plaisir n’est pas là. Florent-Claude vit avec Yuzu, une Japonaise œuvrant dans la culture et, sans lien de cause à effet, adepte du gang bang et zoophile à ses heures. Il ne l’aime pas, d’ailleurs il déteste les Japonais, qui « ne peuvent pas vraiment rougir, le mécanisme psychologique existe mais le résultat est plutôt ocre ». Il la quitte et se remémore son bonheur enfui avec la Danoise Kate et la Française Camille, deux filles qu’il aurait pu rendre heureuses, en se rendant heureux par ricochet, c’est-à-dire par amour, s’il avait été moins bête. Cette plongée dans son passé le ramène en Basse-Normandie, où, à peine trentenaire, il avait vaguement essayé d’aider les Normands à mieux valoriser leur production fromagère. Il travaillait à la DRAF (Direction régionale de l’agriculture et de la forêt), sorte d’intermédiaire régional du ministère, et il a échoué, à cause de la fin des quotas laitiers, à cause de l’Europe. Il a aussi échoué à garder Camille, pas à cause de l’Europe, quoique. Depuis il erre et il errera, se maintenant à flot grâce au Captorix, un médicament qui, jouant sur son taux de sérotonine, hormone décisive, l’aide à vivre, du moins à ne pas se tuer. On s’arrête là, pour ne pas « spoiler », comme on dit sur Le Point Pop.

Houellebecq se moque de nous, et c’est en cela que Houellebecq est grand, disions-nous. Pourquoi ? Parce que dans ce livre, encore plus que dans ses précédents, il assène que tout se vaut, que le beau n’est pas supérieur au laid, ni le vulgaire au raffiné, que le must dans une vie n’est pas de visiter la galerie des Offices à Florence, mais peut-être bien « le Centre Leclerc de Coutances », qu’un grand amour n’est jamais aussi émouvant qu’immortalisé par une photo de celle qu’on aime agenouillée avec un sexe dans la bouche, qu’un écran de télévision remplace avantageusement une vue sur mer, qu’il faudrait rebaptiser les « jeunes filles en fleurs » de Proust par « les jeunes chattes humides », que Goethe est un « vieil imbécile » et Laurent Baffie, « une belle personne ». C’est ce que Houellebecq veut nous faire croire.

Mais il n’en pense pas un mot. Ses détracteurs vont se régaler, et lui aussi assurément, tant il aime à donner à chacun ce qu’il adore détester. De la droite quand ils sont de gauche, du matérialisme quand ils le voudraient croyant, du beauf quand ils le voudraient branché. Houellebecq a tout compris de la France, parce qu’il la regarde de très haut et a trois coups d’avance. Il a tout compris du masochisme national, alors il y va, rase gratis (enfin, presque, pour 22 euros), remet de la mousse misanthropique, sachant que le traitement de choc implique le no limit.

Oui, « Sérotonine » prêtera le flanc aux polémiques


Trois coups d’avance. A New York, en 2017, Houellebecq présente son exposition photo « French Bashing » à la galerie Venus Over Manhattan.
ZOOM : cliquer l’image

Houellebecq a tout compris
du masochisme national, alors il y va,
rase gratis, remet de la mousse misanthropique, sachant que le traitement de choc implique le « no limit ».

parce que c’est un précipité de tous les romans de Houellebecq - sexe, 4 x 4 et burn-out-et que son narrateur s’essuie les pieds sur tout ce qu’on peut aimer, jusqu’aux enfants, qu’il met littéralement en joue. Pour les filles, « pute » doit revenir une bonne cinquantaine de fois, avec un petit côté syndrome de La Tourette à·l’effet prodigieusement comique. « Pédé » est très présent aussi. Les « bobos » sont ridicules ; et souvent alcooliques, surtout quand ils sont dans le cinéma. Quant aux aristocrates, ils sont quittés par leurs femmes et vivent dans des châteaux péraves. Seuls les animaux sont épargnés, il n’est pas juré du prix 30 Millions d’amis pour rien. Houellebecq, nouveau Céline ? Non, c’est le Lautréamont des « Chants de Maldoror ». Celui qui, assistant à un naufrage depuis la rive, au lieu d’aider les survivants, les abat à coups de fusil pour que les requins puissent davantage se rassasier. Et le pire, c’est que c’est drôle. Parfaitement, « Les chants de Maldoror », c’est drôle. Comme Houellebecq est parfaitement drôle quand il ne respecte rien et met en scène un médecin, le Dr Azote, qui, en guise de traitement, propose à son patient d’essayer « les putes », encore elles, et va jusqu’à lui donner le 06 d’une certaine Samantha qu’il vaut mieux « appeler de [s]a part » car « c’est des filles qui se méfient ». Hippocrate doit se retourner dans sa tombe de Thessalie.

2. Moral. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Non. Mais les héros de Houellebecq, si, et ça console. Ça décomplexe, aussi, le no limit. C’est cathartique. Houellebecq est grand parce qu’il nous redonne le rire. Le sur-rire , mieux que le sourire. Regardez, amis français, semble-t-il dire à ses compatriotes, vous n’en êtes pas là ! Vous n’êtes pas Florent-Claude, qui a peut-être 700000 euros sur son compte en banque mais qui est en train de mourir de chagrin parce qu’il a laissé partir Camille, celle qu’il aimait. Vous voyez bien que l’argent ne fait pas le bonheur et que seul l’amour compte ! On exagère à peine : l’écrivain l’écrivait déjà, dans un texte écrit pour Emmanuel Carrère : « Peut-être aussi que la question de la communauté humaine en général m’intéresse moins parce que je m’intéresse passionnément à cette communauté plus restreinte composée par un homme et une femme » [1]. Il nous le confiait déjà dans des interviews : « On a envie de se créer son petit truc à soi quand on voit que tout le reste, autour, merde » [2]. « Un couple. oui, c’est un but  » [3]. Houellebecq, cet amoral, est au fond très moral. Son nihilisme est un humanisme. N’ose-t-il pas citer « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé », de Lamartine ? Non, ne négligez pas votre Camille, nous dit son roman, l’amour vaut mieux que tous les Captorix. Laissez en paix votre taux de sérotonine et reprenez, plutôt, un peu de houellebecquine ! Oui, en ce moment, Houellebecq doit être très heureux. Il faut imaginer Houellebecq heureux.

« Sérotonine », de Michel Houellebecq (Flammarion, 352 p., 22 €).

Crédit : Le Point 2418, 3 janvier 2019.

On peut aussi lire « Houllebec face à Sollers », ICI

oOo

[1« Emmanuel Carrère, faire effraction dans le réel », sous la direction de Laurent Demanze et Dominique Rabaté (POL, 550 p., 37 €).

[2Le Point, 21 août 2014.

[3Le Point, 4 avril 2014.

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6 Messages

  • Viktor Kirtov | 2 janvier 2019 - 10:36 2

    JPEG - 368.6 ko
    Illustration DAMIEN CUYPERS

    L’écrivain, dont le nouveau roman sort ce vendredi, vient d’être fait chevalier de la Légion d’honneur, dans la traditionnelle promotion post-réveillon. Aux côtés de Nathalie Baye et des joueurs de l’équipe de France de foot.

    L’auteur des « Particules élémentaires » est loin d’être le seul à avoir été épinglé pour débuter l’année. « Cette promotion rassemble au total 402 personnes réparties à parité exacte hommes-femmes entre 345 chevaliers, 42 officiers, 9 commandeurs, 4 grands officiers et 2 grand’croix », a indiqué la grande chancellerie de la Légion d’honneur dans un communiqué.


  • John | 30 décembre 2018 - 12:16 3

    Michel Houellebecq est un romancier médiocre littérairement, et qui s’appuie sur l’expérience d’un être humain qui se trompe systématiquement sur tous les tableaux. On peut lire ses romans pour le constater à chaque page, à chaque phrase.

    Si, depuis le temps, la recette de la vie bonne se dit à la fois unique et qu’elle est pourtant si controversée, une chose est établie à son sujet : tout le reste concerne la somme des erreurs et des mauvaises solutions de ce qu’elle n’est pas. Michel Houellebecq s’échine à parcourir les possibles de ces erreurs et mauvaises solutions, à ses dépens personnels, et il y est même encouragé par tous ceux, à commencer par ses amis, qui lui mentent hypocritement, et qui se délectent de ce catalogue d’erreurs où ils évitent soigneusement de tomber.

    Pauvre vie littéraire française, qui adule un bouffon dont l’exemple est à craindre. Michel Houellebecq n’est pas le seul que l’on adule ainsi parce qu’ils font fausse route, c’est un genre à part entière, qui fait vendre du papier, et causer dans les postes. Mais il en est le champion.

    Voici la vie littéraire où elle se compromet : "Le roman de Houellebecq ? Remarquable ! Les Gilets Jaunes ? Quelle horreur !" Quand elle pense à part soi le contraire, voire l’inverse.


  • Viktor Kirtov | 30 décembre 2018 - 12:14 4

    Par Jérôme Dupuis et Marianne Payot,
    L’Expess
    Entre nos deux journalistes, les avis divergent : pour l’une, ce nouvel opus est une réussite, pour l’autre, c’est une accumulation des gimmicks. Leurs avis.

    Lire ICI


  • Albert Gauvin | 29 décembre 2018 - 12:26 5

    L’anti-héros de "Sérotonine" méprise "les pédés" et réduit les femmes à leurs "chattes". A-t-on vraiment envie de s’apitoyer sur son sort ? Pas sûr, estime ici Elisabeth Philippe. Houellebecq ou le lent (et nécessaire ?) suicide de l’homme blanc. pdf


  • Albert Gauvin | 27 décembre 2018 - 17:22 6

    Michel Houellebecq n’a pas le droit d’être heureux. On devrait le lui interdire. La France compte trop sur lui. Il est le visage creusé de la Nation. La Marianne de notre effondrement. (David Caviglioli)


    Michel Houellebecq décerne le prix 30 Millions d’amis, chez Drouant, à Paris, ce 20 novembre 2018.
    ©Marechal Aurore/Abaca. ZOOM : cliquer sur l’image.

    Deux premières recensions :
    Le nouveau Houellebecq : heureux en amour, icône de l’extrême droite, ami des stars... pdf
    Sérotonine » marque le retour de Michel Houellebecq à la littérature pdf