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La Bible en chinois

D 27 janvier 2016     C 4 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   

Official Vatican Network : béatification prochaine de Fr Gabriele Maria Allegra, le missionnaire franciscain qui a supervisé la traduction de la Bible en chinois.
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4 Messages

  • Michaël Nooij | 5 février 2016 - 15:37 1

    Curieux de connaître l’impact de la première traduction de la Bible catholique nihil obstat en chinois (1968), j’ai demandé à Michel Masson, le directeur de l’Institut Ricci à Paris-Centre d’études chinoises :

    "Je voudrais en savoir davantage sur la réception dans le milieu lettré chinois de cette traduction
    ...est-ce que toute la poésie de la Bible est passée dans la langue chinoise ?
    Un jugement impartial, hors des cercles strictement catholiques, existe-t-il ?"

    Voici sa réponse :

    Monsieur,

    Les questions que vous posez au sujet de la traduction de la Bible publiée en 1968 à Hong Kong ne relève pas de ma spécialité. Juste quelques remarques…

    Publiée en 1968 pendant la Révolution Culturelle comme vous le soulignez, cette Bible n’a commencé à entrer en Chine qu’en 1979-1980 et avec beaucoup de précautions. Elle est maintenant présente dans les séminaires et paroisses comme la Bible catholique en chinois.

    En dehors du milieu catholique, ceux dans le « milieu lettré chinois » qui s’intéressent à la Bible ou qui donnent des cours sur le christianisme dans bon nombre d’universités, ont beaucoup d’autres traductions à leur portée, publiées par les protestants (à partir de 1840 environ) qui ont été en général plus en contact avec les intellectuels que les catholiques.

    « Est-ce que la poésie hébraïque est passée dans la langue chinoise ? »

    Ici, il ne faut pas rêver… Les Franciscains étaient des exégètes et ils ont voulu donner une traduction aussi exacte que possible du texte hébreu ou grec, en fonction des acquis de l’exégèse catholique du moment. Par ailleurs, catholiques ou non, les lecteurs de la Bible ont d’autres soucis que de savoir si la traduction rend compte de la poésie du texte original.

    Voilà, brièvement.

    Bien cordialement vôtre,

    Michel Masson


  • Michaël Nooij | 27 janvier 2016 - 17:30 2

    Merci Albert Gauvin pour ces précisions


  • Albert Gauvin | 27 janvier 2016 - 13:53 3

    Fait remarquable (et peu remarqué) : lors du voyage en Chine, Sollers le "maoïste", a emporté la bible avec lui. Il en parle dans Paradis. J’ai rappelé ce passage en 2008, dans Déroulement du Dao et Paradis :

    « oui en chine près de la luo noire argentée comme un vieux poisson du tréfonds tortueuse luo qui attend s’attarde s’élargit blanchit et se rétrécit [...] et plus tard le bain près de xian source chlorate sulfate sodium manganèse tiède pavillon des tang hors circuit petit geste des guides et alors là vraiment la surprise elle et moi parfumés nus muscles nourris de métal attente détente fou rire chez la favorite de l’empereur embrasse-moi mon enfant ma soeur lave-moi ma femme ma fleur jardin fermé fontaine scellée myrrhe encens canelle henné je t’ai éveillée là même où ta mère t’a conçue enfantée mets-moi comme un sceau sur ton corps amour fort de mort les grandes eaux ne peuvent pas l’éteindre les fleuves le submerger étincelle et couteau plongé c’est pourquoi quand l’écriture dit viens du liban à travers larynx langue lèvres dents c’est comme si la voix disait au verbe viens car la voix et le verbe sont un et la voix est le genre et le verbe l’espèce viens allonge-toi repose-toi contre moi montagnes rondes vertes on aurait cru flotter sel moussé tasse de thé bonbons cigarettes le soleil s’infiltre dans la pagode de la grande oie nuite dans la cité interdite colonnes rouges sang murs de sang jaune et rouge et jaune bleu rouge et orange bleuté ocre rouge disque blanc troué coupe ciel jade foutré contour miel escaliers blancs piano chance nuit éclairée premier mai porte de la cloche porte du tambour place de la paix céleste couvre-feu ou encore temple bleu or pavoisé drapeaux rouges bambous pliés aérés chine au ralenti nerfs au frais chine... »

    Le journal de Marcelin Pleynet indique que le séjour à Luoyang et à Xian eut lieu du 22 au 28 avril 1974. On peut sans doute considérer que c’est à ce moment-là (ou en souvenir de ce moment-là) qu’ont été écrites ces pages de Paradis.

    On aura noté que, dans le dernier passage, Sollers, depuis la Chine, réécrit le Cantique des cantiques.

    Dans Déroulement du Dao, il commente ainsi :
    « Nous étions dans Paradis, et vous avez vu en passant la Chine avaler en quelque sorte la Bible. Ici, Le Cantique des cantiques. C’est un livre où l’on peut suivre le dialogue, parfois violent, entre la Bible et le taoïsme ou la Chine. C’est-à-dire deux fonctions fondamentales qu’il s’agit de penser en tant que nous pourrions ouvrir un dialogue entre l’Occident et l’Orient. »


  • Michaël Nooij | 27 janvier 2016 - 10:50 4

    Fait remarquable : la Bible en chinois entre dans le milieu lettré chinois (1968) quand en Europe la jeunesse se prend pour Mao

    Le geste le plus révolutionnaire n’est pas celui qu’on croit