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Jean Genet - Journal du voleur, Querelle de Brest, Pompes funèbres

D 27 décembre 2011     C 1 messages Version imprimable de cette Brève Version imprimable   


JEAN GENET

Journal du voleur, Querelle de Brest, Pompes funèbres

Préface de Philippe Sollers
Gallimard (Biblos), 1993.

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Quatrième de couverture

« Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c’est en vous qu’elle produit des remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : "Un gars qui a de la gueule." Les traits délicats de Pilorge étaient d’une violence extrême. Leur délicatesse était violence. »

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A propos de la préface de Philippe Sollers

« À ma surprise, nous signalait Alma, dans le forum pileface, je n’ai pas retrouvé dans la liste des « préfaces » de Sollers que vous donnez dans la Bibliographie, l’important texte (une vingtaine de pages denses et éclairantes) intitulé Physique de Genet, qu’il signe en préface, justement, de Jean Genet - Journal du voleur, Querelle de Brest, Pompes funèbres. »

Ajouté depuis à la liste des préfaces dans la Bibliographie de Sollers.

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1 Messages

  • Alma | 15 février 2012 - 21:41 1

    Au fil de ma lecture récente de Journal du voleur, de Genet, je me suis surprise à revenir plus d’une fois à Portrait du joueur, de Sollers. C’est l’article défini « du » utilisé par les deux écrivains dans leur titre de roman respectif qui me jouait alors des tours...

    On sait que Sollers a fait grand cas du lapsus paru dans les médias lors de la sortie de Portrait du Joueur en 1984 : il voyait en gros (et à la blague) le remplacement de l’article défini « du » par l’article indéfini « d’un » dans le titre de son roman comme un refus de lui accorder son « dû ». On trouve ça dans un entretien avec Frans De Haes intitulé « Monnaie de singe » (L’Infini, 11, Été 1985, p. 91) et j’ajouterai ici que les médias ne sont pas les seuls à avoir commis ce lapsus puisque, en 1987, Gérard Genette le répète dans Seuils (Édition du Seuil, coll. Poétique, p. 333). La discussion à ce sujet sera par ailleurs reprise par le narrateur du C ?ur Absolu dans un dialogue avec Mex, un personnage du roman ayant fait le même lapsus : « Il s’agissait de me rendre indéfini. » (Le C ?ur Absolu, p. 39). On se retrouve donc là en présence d’une passerelle entre la fiction romanesque du C ?ur Absolu et l’entretien réellement paru dans la revue L’Infini... mais quoi qu’il en soit des avatars de l’article défini « du » et de l’anecdote sociale entourant la parution du roman leur ayant donné naissance en 1984, le « du » du titre est intéressant en soi parce qu’il intervient pour bien marquer qu’il s’agit de ce joueur-là et non pas d’un joueur parmi d’autres joueurs. En particularisant ce joueur-là, l’article défini oblige à prendre en compte que ce joueur-là, celui de la narration, est avant tout un écrivain : « À travers tous les paysages, tous les visages, toutes les situations, toutes les pièces d’habitation, toutes les saisons... Avec, chaque fois, le rappel intérieur, d’être le témoin dont l’acteur que je suis ne pourra jamais complètement rendre compte. J’étais là, je n’étais pas là. C’était dehors et dedans, ce n’est plus ni dehors ni dedans. C’est drôle, une vie qui s’oriente, et va s’immerger un jour, dans ce point obscur, permanent, sans contours, sans fin, qui a l’air d’être là « en plus », assigné à tout autre chose, à une immense distraction sans raison... La trotteuse des secondes a la même vitesse, juste un peu décalée, coup par coup, que le pouls... 60 secondes, 72 pulsations : voilà le narrateur au repos, à l’écoute. Aujourd’hui, le narrateur va considérer son corps. (Portrait du Joueur, p. 193)

    Or un phénomène identique est déjà à l’ ?uvre à la fois dans le titre et dans le corps du roman de Genet en 1949. Ce voleur-là est aussi, et avant tout, un écrivain : « Avec des mots si j’essaie de recomposer mon attitude d’alors, le lecteur ne sera pas dupe plus que moi. Nous savons que notre langage est incapable de rappeler même le reflet de ces états défunts, étrangers. Il en serait de même pour tout ce journal s’il devait être la notion de qui je fus. Je préciserai donc qu’il doit renseigner sur qui je suis, aujourd’hui que je l’écris. Il n’est pas une recherche du temps passé, mais une ?uvre d’art dont la matière-prétexte est ma vie d’autrefois. Il sera un présent fixé à l’aide du passé, non l’inverse. Qu’on sache donc que les faits furent ce que je les dis, mais l’interprétation que j’en tire c’est ce que je suis - devenu. » (Journal du voleur, p. 59)

    Ma propre lecture de Genet sera donc devenue plus « active » en fonction même d’une attention portée au fait que Sollers précise dans la préface intitulée Physique de Genet, qu’il a écrite pour l’édition Biblos (Gallimard, 1993) dont je dispose : « Je revois les livres que j’avais sur ma table en écrivant Portrait du Joueur : Le Joueur de Dostoïevski, Portrait de l’artiste de Joyce, Journal du voleur. (p. XXII) Portrait « du » Joueur, Journal « du » voleur. Amusant, non ? Voleur ou joueur, ils sont d’abord écrivains.